Pour la deuxième édition du rassemblement « Protestants en fête », le maire de Paris a offert un cocktail de bienvenue et le ministre de l’Intérieur a assisté au culte à Bercy. La couverture médiatique a été discrète mais les réseaux sociaux n’ont pas manqué de remarquer « samedi soir vous avez aimé Manu Dibango voici Manu Valls ! ». Dans son message d’envoi le pasteur François Clavairoly, le nouveau président de la Fédération protestante de France a rappelé que notre mission était de « contester l'injustice, plaidant pour le plus vulnérable, l'exclu, autrement dit le plus petit de nos frères, que l'on voit humilié chaque jour ». Mais l’heure n’était pas au sermon. Le rassemblement se nomme « Protestants en fête ». L’objectif de visibilité de protestants unis a été atteint. Le partage s’est fait dans la joie et la fête était au rendez-vous.

Parmi une cinquantaine de lieux et une centaine d’animations, il fallait choisir entre les expositions, les tables rondes, les concerts, la visite des villages. Avec mes deux enfants de 6 et 8 ans, nous nous sommes concentrés sur un lieu (Batignolles) et trois animations : - Un concert proposé par les chorales de l’église protestante malgache en France avec une centaine de choristes qui mêlaient gospel, chants malgaches traditionnels et cantiques classiques.

- Un labyrinthe qui consiste pour le participant en un parcours dans l’obscurité avec un baladeur sur les oreilles qui contient des méditations sur fond musical. Même les plus jeunes profitaient de ce moment calme qui leur offrait des sensations inhabituelles et une expérience de la foi par les sens. - Un atelier de danses méditatives animé notamment par le pasteur Eliane Wild avec des courtes lectures et des mouvements en cercle sur des musiques nous faisant voyager à travers le monde et les siècles.

Si les enfants avaient compris qu’il y aurait beaucoup de monde au culte le dimanche, l’enceinte du palais omnisports de Bercy les a rendus quelque peu silencieux. La croix géante et clignotante nous toisait alors que nous sentions l’importance de cette rencontre en voyant des milliers de personnes se réunir pour célébrer le culte, soutenu par une direction musicale inspirée. Nous avons remué notre écharpe verte avec vigueur, entonné « A toi la gloire » avec bonheur et dansé pour dire qu’« il n’y a vraiment personne comme Jésus ». Le message répété par l’assemblée « Dieu de la vie, conduis-nous vers la justice et la paix » nous accompagnera jusqu’à Lyon.

Le culte a été porté par la musique et les mille choristes qui ont mené avec le pasteur Gill Daudé les paroissiens de Bercy vers le recueillement et l’écoute. Dans un lieu plus habitué à recevoir the Who ou Jay-Z, la bonne nouvelle a été annoncée et partagée dans une communion fraternelle qui réunissait plusieurs familles du protestantisme. En acceptant le fait que nous ne sommes pas dépositaires d’une foi, d’une église, d’une spiritualité, nous sommes alors prêts à suivre Jésus et être des témoins dans le monde d’aujourd’hui (au- delà de notre personne et de l’institution) d’une espérance qui remet debout et d’une parole qui nous met en marche comme l’a dit François Clavairoly.

Finalement la croix lumineuse, plus qu’un élément de décor spectaculaire, était là pour nous rappeler que nous étions réunis au nom de Jésus-Christ. Et c’est très bien ainsi.

B. E. Ladrière