Manchala Deenabandhu est pasteur Indien, il se présente comme un théologien militant. Membre du Conseil mondial des Eglises il nous en explique ses activités. Lui-même se veut actif autour des questions de castes, de racisme, d’exclusion des intouchables, des personnes handicapés, immigrées. Dans les Eglises il nous faut travailler à rendre crédible le message évangélique pour dépasser la culture de l’exclusion-domination. L’hospitalité de l’autre n’induit-elle pas aussi une idée de pouvoir de sens unique c’est l’autre qui est accueilli. Alors que l’inclusivité renvoie à un échange, un partenariat avec une transformation-formation des deux : accueillant et accueilli. L’altérité a été créée artificiellement, avec l’appui implicite des Eglises, l’autre est devenu le « lointain », l’invisible. La justice est aussi un défi spirituel à affronter : pensons aux « ouvriers de la 11 ème heure », la justice divine s’adressse à tous, l’injustice des castes repose sur l’exclusion. Mais alors dans le souci de l’unité des chrétiens n’y a-t-il pas négation de la diversité. Il nous faut négocier le vivre ensemble avec nos différences.Valérie Rodriguez est directrice du Foyer de Trappes. Elle évoque d’abord son travail avec la communauté des gens du voyage.

Pour elle le point de départ est ce souci du toujours lisse, ne pas dépasser, être dans la boule. Le slogan est toujours « ils ne veulent pas s’intégrer », mais s’ils souhaitaient s’inclure ! Une législation abondante s’est constituée autour des gens du voyage, dès 1969 un quota de ces personnes par commune est institué et freine leur nombre, jusqu’en 2012 leur droit de vote est particulièrement réglementé et les obligeait à résider 3 ans dans la même ville avant de pouvoir y voter. Depuis 13 ans la loi oblige les communes au-delà de 3000 habitants à posséder une aire d’accueil : seules 50 % des villes sont en conformité à ce jour. On veut bien accueillir mais plutôt intégrer et que les personnes soient invisibles.

Joan Dauphin est diacre à l’Eglise épiscopalienne américaine de Paris, la branche américaine anglicane sous l’autorité donc de l’archevêque de Canterbury. Le meilleur lieu pour faire partie être en communion c’est bien la table eucharistique, c’est la table du Seigneur, pas la nôtre, celle où on fête et célèbre l’honneur de recevoir l’autre quel qu’il soit. Cette communauté a beaucoup travaillé à la place des femmes : diacre, prêtre, évêque aujourd’hui. Depuis 1990 la communauté a aussi beaucoup travaillé la question du VIH, chaque année une célébration inclusive est organisée la veille de la Marche des Fiertés. Maintenant la réflexion autour de la bénédiction de couples de personnes de même sexe a abouti en 2012 à la constitution de la liturgie d’un contrat d’alliance, car « tous les chrétiens sont appelés à témoigner de la bonne nouvelle, dans la fidélité, l’engagement, la joie accompagnés de la grâce de Dieu.

(notes de Pierre Brénugat-Valpreda)