Tous les jeudis nous étions un groupe d’enfants puis d’adolescents à passer la journée avec catéchisme (ou plutôt des moments de discussion et de mise en scène du nouveau testament le matin dans la salle Josselin) et centre aéré l’après-midi impasse des cloïys, un endroit hors d’âge avec une maison ouverte et un grand terrain où on enchaînait jeux et balles au prisonnier jusqu’à épuisement. Pendant cette période j’ai été marquée par trois rencontres, trois figures, trois personnalités différentes. Le Pasteur Vosges, discret et paternel, Andrew Parker, pasteur à Nemours, militant insoumis chez qui nous allions passé la journée quelque fois et, bien sûr Charly et Vérene Hédrich pour lesquels j’ai eu une grande affection. On a dit beaucoup de choses sur Charly et cette période à La Maison Verte. De mon regard d’enfant, subsiste l’image d’un homme très généreux, très sécurisant et très réconfortant. Totalement inconscients de ce qui se jouait dans le monde des adultes avec ces nombreux combats politiques, ces engagements contre l’injustice et ces actes fondateurs, je me souviens en revanche de l’effervescence qu’il y régnait, et des discussions que mon père avaient certains dimanches quand je l’accompagnais au culte. Aujourd’hui je suis la Coordinatrice de l’activité d'Accueil à la Maison Verte. J’ai comme le sentiment d’avoir bouclé une boucle.

Sylvie Assourd