T out est parti de la rencontre au camp de Aïda, tout près de Bethléem, avec l’association culturelle Al Rowwad (Les Pionniers), créée il y a quinze ans, et qui accueille les enfants après l’école de façon active et épanouissante, à travers le théâtre en particulier. « Lorsque nous les avons rencontrés, nous avons voulu les aider à partir de la France. C’était d’autant plus facile que Abdel Fatah Abu Srour, le directeur du Centre Al Rowwad, est parfaitement francophone », explique Sylvie Ponsin, la responsable du lieu. Une troupe de théâtre Projets et partenariat ont pu voir le jour. C’est ainsi que s’est créée la Société des amis d’Al Rowwad. Des tournées en France ont été organisées pour la troupe d’Al Rowwad à plusieurs reprises, grâce au réseau d’associations qui, en France, soutiennent les initiatives palestiniennes.

Le théâtre est un vecteur d’expression important pour les Palestiniens : il permet de « lutter par le langage et l’expression corporelle contre la souffrance de l’occupation ». Ainsi s’exprime un responsable du Yes Theater de Hébron, qui a le vent en poupe également. Il ajoute: « La pra- tique du théâtre est, à tout âge, un moyen de se libérer, de s’exprimer, de développer son imaginaire. » A Aïda, la salle de spectacle où se produisent les jeunes du camp se nomme Naji Al-Ali/ Jean-Claude Ponsin, en hommage à la fois au caricaturiste palestinien assassiné en 1987, et au mari de Sylvie (voir encadré plus loin) mort en 2011.

Gérée par la Société des amis d’Al Rowwad, la boutique de la rue Custine vend les produits de l’artisanat fabriqués dans le camp d’Aïda. Il y a notamment Palextile, une ligne de vêtements créée par une styliste de haute couture française en coopération avec les fabricantes du camp. L’exigence est très grande pour cette partie du travail : « C’est palestinien, ça ne doit pas être bâclé! », insiste Sylvie. Des broderies palestiniennes sont insé- rées dans les vêtements, mais avec discrétion. La ligne Palextile reste assez chère cependant et se vend moins que les keffiehs, les poteries, ou les accessoires, qui ont plus de succès.

La boutique sert donc de vitrine aux produits d’artisanat fabriqués dans le camp d’Aïda, de soutien aux activités d’Al Rowwad, avec des propositions de volontariat dans le camp et d’appui à l’information, bien sûr. Elle n’est ouverte que deux jours par semaine car elle appartient aux Ponsin qui, dans le passé, l’ont utilisée pour l’artisanat du Salvador et du Guatémala.

Que cela ne vous empêche pas d’aller y faire un tour!

BRIGITTE STRAUCH

Les Amis d’Al Rowwad

24, rue Custine 75018 Paris

Boutique ouverte le mercredi après- midi

et le samedi de 11 à 19 h.

www.amis-alrowwad.org