L 'idée est venue d'Audrey, bénévole auprès des collégiens pour le soutien scolaire. Franco- américaine, elle a passé une dizaine d'années entre New York, Los Angeles et Montréal. Avec ses amies Nastasia et Atte (puis Hatoumata), elle a pensé intéresser les jeunes au rap en partant des origines, dans les années 1970, dans les quartiers noirs du Bronx. Ce rap qui dénonçait l'injustice et les difficultés de vie dans les ghettos, à travers notamment le groupe The Last Poets et le légendaire Grand Master Flash et son The Message. « Le rap qu'on privilégie, c'est le rap qui a du sens : le rap “engagé”, qu'on distingue du “bling-bling” ». Comment les séances se passent-elles? Pendant une heure et demie, le travail se déroule de façon très cadrée : dix minutes de warm'up (échauffement, parole libre) ; quinze minutes de « quiz » (Qu'a-t-on fait la semaine dernière?). Ensuite, un des jeunes présente un rappeur américain qu'il aime et le clip d'une de ses chansons. Alors on étudie le clip de près, on développe, on cherche à bien comprendre, et on translate – on ne parle pas de traduire, mais de trouver les paroles les plus justes – en anglais, pendant 35 minutes. L'exercice de rimes, qui dure quinze minutes, est le plus productif. Les participants ont donc la plume libre pour écrire des rimes, in english of course! Voici un exemple de texte réalisé :

I LIKE MY NEIGHBORHOOD

BECAUSE PEOPLE ARE SO FRESH AND COOL

ME AND MY FRIENDS ARE THE QUEENS OF STREETS

BECAUSE WE HAVE THE BEST KICKS ON OUR FEET.

Kady

Pas mal, non?

BRIGITTE STRAUCH