Comment as-tu connu La Maison Verte ?

Mon frère avait vécu ici un an pendant ses études donc je la connaissais de nom, mais j’ignorais que c’était une maison de quartier. J’ai découvert ça en arrivant. En revanche, je connaissais déjà le pasteur Stéphane Lavignotte. Il a été suffragant (suppléant, ndlr) il y a quelques années dans la paroisse de Lasalle (Cévennes) où vit ma famille. Mon père est président du conseil presbytéral.

Pourquoi t’es-tu investi en tant que bénévole ?

En arrivant ici, Stéphane m’a dit qu’il cherchait quelqu’un pour s’occuper des éclaireurs. J’ai commencé le soutien scolaire pour les collégiens en même temps. Et après, je me suis intéressé à tout ce qui se passe autour. Parce que c’est assez formidable, le côté cité sociale, la fraternité. C’est extraordinaire. Nous avons par exemple organisé une fête à Noël avec des enfants de tous les âges et de tous les milieux… Ici, la solidarité, le vivre ensemble, ce ne sont pas des mots vains, ça se passe vraiment.

Que fais-tu avec les Eclaireurs ?

Je suis le « chef de meute », c’est- à-dire le directeur du groupe de louveteaux, une dizaine d’enfants de 8 à 12 ans. Avec deux autres responsables, Athenaïs et Vanessa, on fait des week-ends en forêt, du scoutisme d’inspiration protestante. En janvier, par exemple, on lance ce qu’on appelle les pistes : ce sont des moments où les enfants sont en semi-autonomie, il décident d’un projet, en photo, en cuisine… Ils préparent un petit challenge. On décrit ensemble ce qu’ils ont envie de faire, ce qui est réalisable. Et on les aide à avancer là-dessus.

Tu aides aussi Stéphane pour le culte…

Stéphane m’a sollicité pour que je joue certains cantiques à la flûte traversière. Venant d’une contrée de protestantisme vieillissante, j’ai connu ici des choses totale- ment différentes. Je n’avais pas le même regard sur certains moments du culte. Dans les églises que j’ai côtoyées, la prière d’intercession est par exemple une prière comme une autre où le prédicant lit un texte, ou ce qu’il a écrit. Et il peut y avoir un moment court où chacun prie pour soi. A La Maison Verte, il y a un moment où on dit pour qui on aimerait prier et il y a un grand moment de silence où chacun peut parler. Si des gens veulent prier à haute voix, ils le font. Je n’arrive pas à prier dans ce genre de situation mais je conçois très bien que d’autres en aient besoin. C’est un peu la portée évangélique de La Maison Verte qui transparaît là-dedans. Dans les églises très réformées, la prière n’est pas au centre de la vie communautaire, ce sera davantage la prédication, on va plus s’attarder sur la parole. Au départ, cela m’a interrogé. J’interroge souvent Stéphane sur l’intérêt théologique de la chose. J’essaye de comprendre. J’ai d’ailleurs été convié au groupe d’animation de la vie spirituelle. On y réfléchit à la mise en place des moments cultuels. C’est Stéphane qui l’anime, c’est un peu comme les conseils d’administration…

Dont tu fais partie, aussi !

Je suis pour le moment invité per- manent tant que je n’ai pas été élu en assemblée générale. Et c’est avec plaisir ! Tant que j’ai le temps, je le fais. Avant, je voyais surtout mon père qui s’investissait dans sa paroisse. Mais, en arrivant sur Paris, ça m’a semblé naturel de m’engager. J’ai la chance d’avoir La Maison Verte à côté de moi et je trouve ça vraiment bien. Le problème c’est qu’on commence mais on ne sait pas quand on finit !

PROPOS RECUEILLIS PAR JULIA PASCUAL