Odette se souvient qu’avant la naissance de sa fille, en 1989, elle fréquentait déjà La Maison Verte, autrement dit voilà plus de vingt-trois ans. Ce qui fait d’elle la bénévole la plus ancienne. Elle est venue au début comme… amatrice de brocantes. En voisine, elle venait chiner. De fil en aiguille, et entraînée par une amie, elle en est venue à participer bénévolement à l’organisation de ces brocantes. « ll fallait prévoir tout le week-end », explique-t-elle, pour l’organisation, puis le rangement. Odette est bretonne d’origine. Elle est arrivée à Paris avec ses parents à l’âge de 7 ans : son père avait trouvé du travail à la capitale. Après avoir vécu en banlieue, la famille s’est installée à Paris. Et elle-même s’est si bien habituée qu’elle est maintenant, et depuis longtemps, une « Parisienne de cœur » qui n’imagine pas sa vie ailleurs. Sauf en vacances bien sûr (il y a encore de la famille en Bretagne). Toute sa vie professionnelle, Odette l’a passée à l’hôpital Necker en tant que secrétaire médicale. Au sein d’un laboratoire où elle a toujours trouvé plaisir à travailler, « un bon service ». Et de bons souvenirs.

Rendre service, rencontrer des gens

A La Maison Verte, Odette a trouvé des gens à son goût, partageant ses valeurs d’échange, de franchise : « Rendre service, connaître des gens sympas, pas égoïstes », telles sont ses motivations. « Les gens sont généreux, ils m’apportent quelque chose. » Elle n’habite pas loin, ce qui facilite les allées et venues, mais ne prétend pas accomplir une mission quelconque. Elle aime venir, ce qu’elle fait est intéressant, utile ou bien lui plaît, et c’est bien ainsi.

Un goût pour la culture

Jusqu'à l'année dernière, il y avait un atelier de dessin où elle prenait plaisir à venir, car Odette est artiste. On lui doit le trombinoscope, en cours de réactualisation, et le fameux phénix qui renaît de ses cendres. C’est un collage qu’elle a voulu faire pour illustrer la vitalité de La Maison Verte après l’incendie qui l'a ravagée en 2011. Elle fréquente avec intérêt les réunions de bénévoles, les concerts aussi. Les années passant, entre loi- sirs et bénévolat, Odette s’est de plus en plus engagée dans cette maison de quartier où les activités n’ont fait que se développer, surtout depuis l’arrivée de Stéphane. Au moment de la retraite, il y a cinq ans, il n’était pas question de se laisser aller à l’inactivité. De fait, son implication s’est accentuée à ce moment-là. Alors, le lundi après-midi, elle aide Jean-Pierre au tri du courrier, volumineux puisque La Maison Verte, agréée pour la domiciliation administrative, assume cette fonction auprès de 1 500 personnes. Le mardi et vendredi, c’est à Martine et Liliane, au tri des vêtements et objets, qu’elle donne un coup de main. Le jeudi, elle s'active au vestiaire… Depuis trois ou quatre ans, elle a pris la responsabilité de la bouquinerie : il y avait de plus en plus de livres à La Maison Verte, objets de dons pour la plupart ; et pour chaque brocante, il fallait faire une sélection. Odette s'y est attelée. Ce n’était pas son job, mais la reconver- sion s’est bien effectuée. Parce que ce travail à part entière nécessite concentration, classement et inventaire réguliers compte tenu des mouvements fréquents dans le stock de livres (dernièrement, une librai- rie en ligne qui avait trop de stock a donné ses surplus !). Le plaisir d’être en relation avec autrui et de rendre service, voilà ce qui a fait d’Odette la plus ancienne des bénévoles…

 BRIGITTE STRAUCH