Que signifie Sea Shepherd ? Quel est votre symbole ?

Sea Shepherd veut dire « berger de la mer ». Notre symbole est un drapeau de pirate, mais, à la place des os humains, nous avons dessiné le bâton du berger et le trident de Neptune, le dieu de la mer. L’idée est que Sea Shepherd protège les troupeaux marins contre leurs assaillants.

Comment procédez- vous ?

En Antarctique, des navires-harpons vont chasser les baleines et les ramènent ensuite vers un « navire-usine » où elles sont découpées et congelées. Notre objectif est de trouver le plus vite possible le navire-usine, la pièce maîtresse de la chasse baleinière, pour le neutraliser et paralyser l’ensemble de la chasse. Comme une baleine, une fois harponnée, pourrit extrêmement vite si l’on bloque la rampe arrière par laquelle les pêcheurs hissent les baleines à bord de l’usine, les harponneurs ne pourront plus travailler. Actuellement, les pêcheurs font tout ce qu’ils peuvent pour nous empêcher de trouver leur navire- usine. Par exemple, ils nous suivent pour donner notre position en permanence et pouvoir ainsi nous échapper… ce qui les occupe à autre chose qu’à chasser. Et pour rentabiliser leurs expéditions en Antarctique, les Japonais doivent tuer au moins 700 baleines. Grâce à nos actions, ils perdent du temps, et ça fait plus de cinq ans qu’ils n’ont pas atteint ce seuil.

Vous défendez d’autres espèces que les baleines ?

Nous défendons la vie marine dans son ensemble. Les baleines monopolisent la plupart de nos moyens mais nous faisons aussi des campagnes pour le thon rouge, les requins, le concombre des mers, les phoques… toutes les espèces qui intéressent moins le grand public, mais sont menacées par le braconnage.

Le fondateur de Sea Shepherd, Paul Watson, est en fuite, menacé par un mandat d’arrêt international en raison de ces actions. Où en est-il ?

Il est aujourd’hui en mer et va participer à notre campagne en Antarctique. Il est en position délicate car, s’il passe une frontière, il risque d’être arrêté. Nous avons créé un comité de soutien pour que la France le reconnaisse comme le premier réfugié politique écologique. Nous aimerions que la France l’accueille car elle travaille à l’ONU pour la sauvegarde des océans, mais aussi parce qu’elle se revendique comme « le pays des droits de l’homme ». Or, Paul Watson est un opposant politique qui nuit aux intérêts économiques d’un pays, le Japon. Et ce pays a obtenu l’aide de l’ensemble des gouvernements pour traquer cet homme-là. Pour nous, c’est véritablement un signal lancé à tous les militants écologistes. C’est effrayant, car un monde qui est prêt à traquer Paul Watson est un monde qui est prêt à vivre sans baleines. Si on n’arrive pas à sauver les baleines, qui sont des animaux charismatiques, on n’arrivera pas à sauver la mer, on n’arrivera pas à nous sauver nous- mêmes.

Quelles sont les actions menées par Sea Shepherd en France ?

L’antenne française de Sea Shepherd est la plus importante d’Europe. Notre objectif est de faire connaître les enjeux sur lesquels nous travaillons et de développer nos campagnes en Europe. Dans le 18 e arrondissement, nous avons un coin dédié dans le Hope café (restaurant et épicerie bio au 64, rue Lamarck), où sont vendus des casquettes, des tee- shirts et, bientôt, des bandes dessinées.

 PROPOS RECUEILLIS PAR
 SIMON COTTIN-MARX