Bienvenue à Ecobox ! Non, ce n’est pas le dernier né des coffrets cadeau mais un lieu alternatif situé impasse de la Chapelle, dans le 18 e arrondisse- ment. Constituée autour d'un jar- din et gérée par des bénévoles et deux salariés, l'association n'a pas seulement vocation à créer du lien social dans le quartier à tra- vers des concerts ou des apéros à ciel ouvert, mais elle veut propo- ser des initiatives concrètes pour « reprendre la ville ».

Reprendre la ville, notamment à tra- vers un « jardin partagé ». Héritier des jardins ouvriers, c’est un coin d’espace vert en ville où se rencon- trent et jardinent des dizaines d'habi- tants. C’est également un lieu péda- gogique qui permet de découvrir la nature, d’expliquer aux enfants que les fraises ne poussent pas toute l’an- née sur les étals des supermarchés, mais seulement de mai à octobre dans les jardins partagés parisiens. On y cultive en effet toutes sortes de fruits et légumes, de l’oseille, des tomates, des pommes de terre ou des herbes aromatiques. Une ruche, bourdonnante d’abeilles, est venue agrémenter la panoplie de ce petit bout d’agriculture urbaine en pro- duisant l’an dernier ses 40 premiers kilos de miel.

Eviter les supermarchés

Comme les jardins ne permettent pas de faire de l’agriculture vivrière à grande échelle, les consom- acteurs qui veulent aller plus loin peuvent aussi se tourner vers les Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap). Elles

permettent de s’alimenter avec des

produits de saison, locaux et le plus souvent bio. Plutôt que de passer par les supermarchés, les fruits et légumes sont vendus directement par un producteur d’Ile-de-France aux consommateurs. A la différence du marché de quartier, la produc- tion est achetée en pré-vente afin de soutenir le « maintien » du travail de l’agriculteur sur une année. Un maraîcher de Beauvais vient ainsi livrer ses paniers chaque semaine à Ecobox. D'autres Amap se dévelop- pent dans le 18 e , comme à La Maison Verte à travers les paniers bio du Val de Loire. La Maison Verte accueille égale- ment les activités d'une coopérative alimentaire, l’Indépendante. Elle propose des aliments secs comme du sucre, de l'huile, des pâtes, du riz ou encore des produits de toi- lette, fabriqués localement ou issus du commerce équitable. Comme l’explique Hervé Krief, à l'initiative de la coopérative, « c’est un complé- ment aux Amap pour éviter d’aller faire ses courses au supermarché ». Dans cette épicerie solidaire, « les produits sont vendus à prix coûtant, sans aucune marge ». Organisé sur le principe de l'autogestion par des adhérents bénévoles, l’Indépen- dante est ouverte chaque jeudi rue Marcadet.

Une volonté de rassemblement

Ceux qui n’ont pas de frigo pour conserver les courses peuvent s'en procurer un à l’Interloque, au 7 ter rue de Trétaigne. Ils pourront aussi trouver dans cette « ressource- rie » des habits, des meubles, des livres, toutes sortes d'objets à prix modique et auxquels on donne une seconde vie. Ces initiatives, qui semblent dispa- rates, s’inscrivent en réalité dans le mouvement des « villes en transition ». Apparu en 2005 dans la ville de Totnes (Grande-Bretagne), ce mouvement s’est exporté jusque dans le 18 e . Une association, Quartiers en transition (1), tâche d'ailleurs de rassembler des habitants et des habitantes du territoire qui prennent déjà part à cette multitude d’actions qui préfigu- rent des solutions pour une société plus écologique et solidaire. Il s'agit ainsi d'enclencher une réflexion sur les questions liées au changement climatique et au pic pétrolier et sur leurs profondes conséquences sur notre mode de vie, notre économie et nos usages quotidiens. Quartiers en transition a ainsi pour objectif de développer des formes d'autonomie locale, de trouver des solutions énergétiques, d’amélio- rer l’environnement, les transports ainsi que la santé. De nouvelles initiatives voient le jour, notamment celle des Vergers urbains ou du Festival de la transition qui aura lieu en Ile-de-France, et notam- ment dans le 18 e arrondissement, du 28 septembre au 7 octobre.

SIMON COTTIN-MARX et ANTOINE LAGNEAU

31.05.12.03.png