« Jette ton pain à la surface des eaux, avec le temps tu le retrouveras », lit-on dans la Bible (Ecclésiaste, Chap. 11/1).

Notre culture occidentale, notre mode de vie et la crise – mot alibi (ou maux alibi!) – ont fait de nous des êtres profondément individualistes et majoritairement préoccupés par notre propre être ou bien-être. Même en Eglise, lorsqu'il s'agit de parler de cible et de solidarité, on rue dans les brancards : telle église locale n'a qu'à faire plus d'efforts, ce n'est pas aux autres de payer... chacun sa mouise ! L’Ecclésiaste nous appelle alors à deux choses, essentielles pour un possible vivre ensemble avec Dieu et avec les autres : le lâcher-prise sur ses biens, et la confiance. Je lâche prise sur mes propres aspirations, mon confort, mes certitudes qui me protègent. Et démuni de cela, je fais confiance, en Dieu et en les autres, parce qu'être vecteur de bénédiction, c'est s'ouvrir à d'autres bénédictions. Jeter son pain à la surface des eaux, c'est alors prendre le RISQUE de « céder » à d'autres de son essentiel, sans voir directement d'ailleurs ce que cela deviendra ( jetez une tranche de pain à la mer, vous ne verrez pas ce qu'elle devient!) La bénédiction attire la bénédiction On est plongé là dans le partage et la solidarité, dans le don de ce que l'on a de meilleur, de ce que l'on est de meilleur. Une sorte de lâcher-prise et de non-calcul ; exactement l'inverse de notre nature. Bien plus que tous les discours politiques, le Dieu de Jésus-Christ, ici par la voix de l'Ecclésiaste, nous invite à aller à contre-sens de la frilosité, du repli sur soi, de l'égocentrisme, de la morosité et de la pensée enfermante pour oser le don, oser l'enthousiasme, oser la confiance, oser le partage. Et à ceux qui vivent cela, il y a « retour sur investissement » ! Non pas salut par les œuvres ; je crois sincèrement que la bénédiction est un aimant... qui attire la bénédiction. NATHALIE PAQUEREAU