Pour ne rien arranger au sort des étrangers sans titre de séjour demandeurs de l'Aide médicale d'Etat (AME), le gouvernement a instauré depuis 2011 un droit d'entrée de 30 euros dont ils doivent s'acquitter. Pour enfoncer le clou, l'Assurance maladie de Paris a décidé, fin 2011, de centraliser les demandes d'AME dans deux caisses primaires désormais « spéciales sans-papiers ». Seulement deux centres pour « gérer annuellement 65 000 AME, soit chaque jour, 270 personnes en situation précaire à accueillir et aider pour ouvrir ou renouveler leur droit », note l'ODSE (Observatoire du droit à la santé des étrangers). Aujourd'hui, le dispositif est en état de « paralysie totale ». Et de plus en plus de personnes en rupture de soins viennent, en dernier recours, rejoindre les salles d’attente des urgences hospitalières déjà saturées, dans un état de santé dégradé qui coûtera plus cher à la collectivité. Ceux qui finiront par obtenir le sésame de l'AME ne seront pas au bout de leur peine. Les quelque 230 000 bénéficiaires actuels, à l'image des bénéficiaires de la CMU, seront fréquemment victimes de refus de soins de la part de la médecine de ville.