17.2.12.04.pngQui n’a jamais rêvé de consommer des produits sains, bons pour la santé, à des prix abordables ? C’est aujourd’hui le pari de quelques associations et défenseurs des produits bio qui se mobilisent pour une alimentation biologique solidaire. Ils sont une quarantaine d’adhérents, la plupart du quartier, à s’être regroupés pour lancer une coopérative alimentaire, qui fonctionne depuis la rentrée scolaire à La Maison Verte : riz, pâtes, farines, sucre, café, légumineuses, etc. Le principe est de proposer des aliments secs, sains (pas d’OGM), le plus souvent produits localement, au prix coûtant (celui des producteurs) et respectueux de l’environnement. « Les produits bio ont plus de goût et renforcent le système immunitaire », soutient Hervé Krief, l’un des initiateurs de la coopérative avec Evelyne Kerfant. « Le bio ne doit pas être réservé à une population aisée. Notre objectif est de le rendre accessible à un large public par des achats en gros », poursuit cette dernière. Leur démarche se veut aussi militante : l’idée est de « court-circuiter les grandes surfaces pour soutenir les producteurs locaux », rappelle Hervé Krief. D’où le nom « L’indépendante » pour cette coopérative qui souhaite inventer ensemble un lieu alternatif, avec des produits locaux et équitables.

Implication

« Il faut mettre en place d’autres façons de fonctionner pour créer plus d’harmonie entre les gens et plus de solidarité », souligne Michèle, bretonne d’origine et nouvellement adhérente. Un des maîtres mots de la coopérative est l’implication de chacun : toutes les décisions sont prises au consensus. « C’est l’expérience de la collectivité qui m’anime, explique Cyril, on ne vient pas chercher uniquement son café ou son sucre mais on participe à la mise en place des produits, on gère soit même son compte, et puis c’est l’occasion de rencontrer des gens. » Ainsi, le principe d’une cagnotte solidaire a été voté au consensus pour permettre à chacun de payer, s’il le souhaite, un peu plus pour ceux qui sont dans le besoin. Une dizaine de familles en difficulté pourront rejoindre le groupe des adhérents grâce à cette cagnotte. En échange, La Maison Verte propose ses locaux pour stocker les produits. Le prix de l’adhésion est libre, de 2 à 10 euros. Mais comment sensibiliser les familles populaires aux produits bio ? Un questionnaire a été transmis aux mamans qui suivent les leçons de français, pour connaître leurs habitudes alimentaires. « Dans l’ensemble, elles sont intéressées, explique Danielle Petit, coordinatrice du cours ; c’est le prix des produits qui soulève le plus de questions. » Pour la solidarité, chacun fait appel à sa créativité. « Si on ne peut pas donner de l’argent, on peut donner du temps en aidant ici ou là », suggère Amandine de Coninck, chargée du dossier de la solidarité pour La Maison Verte. Des événements (projection de films, débats) sont proposés pour sensibiliser aux problématiques alimentaires. La participation est libre. L’argent récolté contribuera à financer la solidarité.

Paniers solidaires

17.2.12.06.pngDepuis quelques mois, plusieurs adhérents des paniers de légumes et de fruits du Val-de-Loire ont décidé de mettre en place des paniers solidaires à moindre coût (un prix préférentiel de 7 euros au lieu de 13) pour des familles à petits revenus de La Maison Verte. Une dizaine de paniers hebdomadaires environ est envisagée. Chacun contient à peu près 4 kg de légumes et 1 kg de fruits. « De quoi nourrir une famille de deux adultes et un enfant pour la moitié des repas de la semaine », évalue Anne Julie Auvert, fervente adepte des paniers bio. Plusieurs sources de financement sont évoquées. Une aide bien concrète – un don de 1 000 euros de l’Entraide protestante du Val-de-Salendrinque (Gard) – a déjà permis de lancer le projet. Le groupement des Paniers bio du Val-de-Loire serait prêt à donner un ou deux paniers gratuits dans sa livraison. D’autres appels à la solidarité sont prévus : auprès de la municipalité et auprès des adhérents eux-mêmes. La démarche est lancée, des idées nouvelles sont les bienvenues. Les bonnes volontés sont là.

Nathalie Pollet