Il nous est difficile de penser l’éducation hors de la forme scolaire. Depuis que l’école s’est imposée partout, nous avons du mal à imaginer l’éducation et l’instruction autrement que comme une série d’étapes successives, ordonnées selon une progression générale liée à l’âge des enfants. Dans cette conception, l’écrit a par ailleurs une place centrale. Il permet l’accumulation de savoir, devenu capital monnayable, pour l’individu comme pour la société.

Cette conception de l’éducation est devenue pour nous si naturelle que nous ne la percevons même pas, que nous n’avons pas conscience de sa singularité. La mettre en évidence, la cerner, la décrire, est pourtant essentiel pour se donner les moyens de la critiquer et éventuellement d’imaginer d’autres formes d’éducation, qui reposeraient sur d’autres principes.

Cinquième séance d'une série de discussions organisées par Charlotte Nordmann tous les mois à la Maison Verte, avec divers intervenants, militants et/ou chercheurs.

Guy Berger est professeur émérite en sciences de l’éducation à l’université de Paris 8-Vincennes, où il a enseigné depuis sa fondation.

Charlotte Nordmann est essayiste, traductrice, éditrice (Éditions Amsterdam), membre du collectif de rédaction de La Revue des Livres. Elle a enseigné la philosophie au lycée, et est l’auteur de Bourdieu/Rancièreet de La Fabrique de l’impuissance 2. L’école entre domination et émancipation.

Elle participe toute l'année à une résidence d'écriture à La Maison Verte avec le soutien du Conseil Régional d'Île-de-France.