Elena Lasida enseigne l’économie solidaire et le développement durable à l’Institut catholique de Paris.

   Dans son livre Le Goût de l’autre, on découvre  l’économie sous un jour radicalement nouveau : lorsqu’elle accepte de quitter ses certitudes et ses régularités de gestion des biens et des besoins matériels, cette économie apparaît comme un lieu où se construit la société et son « vivre ensemble », elle devient un facteur de médiation sociale, et se révèle  être source de richesse relationnelle.
   Au long de dix chapitres d’une trentaine de pages, faciles à lire,  illustrées d’expériences personnelles, de paradoxes, de résonances bibliques, etc., l’auteure nous invite à constater que la fragilité du modèle dominant, mise en évidence par les crises multiples que nous vivons, est « la fêlure par laquelle l’inattendu peut arriver ! »
    Accueillir « l’évènement », moment de crise et de vérité,  nous demande de voir dans le « déséquilibre » une source d’innovation possible, et dans « l’incertitude » une émergence à envisager. L’économie solidaire, c’est le commerce équitable, l’entreprise d’insertion, le « Pédibus » (accompagnement des enfants à l’école) et une foule d’autres créations. 
   Nous sommes dans un  « temps favorable » pour faire émerger du « radicalement nouveau ». Avec Michel  Serres (Temps des crises, 2009) Elena  Lasida conclut que, même si le succès n’est pas garanti, il n’y a rien de plus passionnant que de chercher à inventer d’autres voies, et l’économie peut faire partie de cette aventure…
   «  Bienheureux les fêlés, car ils laisseront passer la lumière ! » (inspiré par un dialogue de l’auteure  avec des handicapés de L’Arche, de Jean Vannier).
    Bernard Serres,  avril 2011