2.14 Alors Pierre, se présentant avec les onze, éleva la voix, et leur parla en ces termes: Hommes Juifs, et vous tous qui séjournez à Jérusalem, sachez ceci, et prêtez l'oreille à mes paroles!
2.15 Ces gens ne sont pas ivres, comme vous le supposez, car c'est la troisième heure du jour.
2.16 Mais c'est ici ce qui a été dit par le prophète Joël:
2.17 Dans les derniers jours, dit Dieu, je répandrai de mon Esprit sur toute chair; Vos fils et vos filles prophétiseront, Vos jeunes gens auront des visions, Et vos vieillards auront des songes.
2.18 Oui, sur mes serviteurs et sur mes servantes, Dans ces jours-là, je répandrai de mon Esprit; et ils prophétiseront.
2.19 Je ferai paraître des prodiges en haut dans le ciel et des miracles en bas sur la terre, Du sang, du feu, et une vapeur de fumée;
2.20 Le soleil se changera en ténèbres, Et la lune en sang, Avant l'arrivée du jour du Seigneur, De ce jour grand et glorieux.
2.21 Alors quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé.

On connait tous la phrase de Thomas quand Jésus revient au milieu des disciples :
Si je ne vois pas la marque des clous, si je ne met pas mes doigts dans les blessures, je ne croirai pas.
Ce que les gens ont retenu en : je ne crois que ce que je vois. Et souvent ça veut dire : je ne crois pas le texte, la bible, qui raconte l'histoire de Jésus, je voudrais le voir pour le croire.

Mais cette deuxième partie du texte de Pentecote nous raconte le contraire.
Il y a eu juste avant, au début du chapitre 2 des Actes des apotres, la scène de Pentecote que tout le monde connait : un bruit du ciel, un vent violent, des langues de feu, ils parlent en langue.
Pour voir des choses, ça, ils en ont vu.
Et pourtant, ils n'ont pas cru. A la fin de la scène, il est dit qu'ils furent tous remplis d'un grand étonnement.
C'est après le discours de Pierre, lisant la bible, relisant un passage du prophète Joël, le passage que nous avons lu ce matin, qu'ils ont cru : le texte dit : un grand nombre d'entre eux acceptèrent les paroles de Pierre, et furent baptisés.

Thomas disait :  je ne crois que ce que je vois, pas ce qu'on me raconte.
Mais à Pentecôte, c'est le contraire : ils ne croient pas ce qu'ils voient, mais ce qu'on raconte.

Est-ce si étonnant ?
Réfléchissons à nous.
La plupart des gens voient le malheur dans le monde, les guerres, la misère, le Sida, ils voient les SDF dans la rue tous les jours, ils vient des reportages sur les familles sans-papiers qu'on expulse et déchire, et ils ne font rien.
La plupart des gens savent pour la pollution, et ils continuent à vivre la même manière.
Ils voient les malheurs mais n'y croient pas. Car s'ils y croient, ils changeraient, non ?

Sommes nous indifférents ? Méchants ? Je ne le pense pas.

Réfléchissons dans nos vies et dans l'histoire.
Il y a eu l'esclavage, et c'était tellement énorme comme crime, qu'on a toujours du mal à le réaliser.
Il y a eu l'extermination des juifs pendant la guerre, et on mis longtemps à réaliser combien c'était important. Les gens qui sont rentré des camps n'ont pas parlé pendant plusieurs dizaines d'années.
On sait. Certains ont vu. Et on a du mal à croire.
Et comment arrive-t-on à le réaliser, à comprendre les choses ?
Parce qu'on le raconte, qu'il y a des romans, des films.
Parce qu'il y a des cérémonies, des célébrations.
Pourquoi faut-il des cérémonies, des films, des romains ?
Parce que ce sont des choses tellement énormes, qu'on ne peut passer derrière qu'en tournant autour.

C'est ça une parabole. Il y a des choses tellement grosses qu'on a du mal à les comprendre.
Alors on raconte une histoire qui tourne autour pour mieux le comprendre.
Jésus racontait des histoires, des paraboles quand il voulait aider les disciples à comprendre des choses compliquées.
Les romans, les cérémonies, les célébrations sont aussi des paraboles quand quelque chose comme l'esclavage des noirs ou l'extermination des juifs a été trop énorme pour qu'on arrive à le comprendre directement.

Et dans nos vies c'est pareil.
Quand quelqu'un qu'on aime vient de mourir, le mari, le père, la mère, la femme, le fils, la fille, la tante, l'oncle ou le cousin qu'on aimait tant, c'est toujours incompréhensible. C'est trop gros.
Et c'est pour cela qu'il y a les visites de la famille et des amis, les soirées de prière, les célébrations, l'enterrement, le culte de souvenir. Ce sont des paraboles pour comprendre cette chose incompréhensible. Une manière de tourner autour pour mieux le comprendre.
Pour réussir à croire ce qu'on a vu.

Et c'est ce que fait Pierre. Ils ont du mal à comprendre cette chose incroyable qui s'est passé à Pâques.
Alors il fait un discours. Il raconte une histoire qui est dans l'ancien testament, l'histoire de Daniel.
Il fait une parabole.
Il utilise un écrit, un récit, un récit de Daniel qui est d'ailleurs encore plus extraordinaire que celui de Pentecôte, mais ils croient.

Il y a besoin d'une parabole, d'un récit, d'une histoire pour croire ce qui a été vu.
Et d'ailleurs, nous sommes dans ce cas là.
Nous n'étions pas à Pentecôte. Il n'y a pas de vidéo, même pas sur You tube, du miracle de Pentecôte.
Nous lisons le miracle. Et peut-être que si nous l'avions vu, nous n'y aurions pas cru.
Et d'ailleurs c'est le cas de tout les miracles :
ils ont convaincu et converti bien plus de monde depuis 2000 ans qu'on les raconte que quand ils ont leu lieu.
C'est ce qui fait que nous sommes là vous et moi.

Je voudrai terminer en disant une chose : les paraboles ce ne sont pas que des textes, des écrits, des récits.
Les paraboles, ils n'y a pas que ceux qui savent bien écrire avec une joli plume qui en font.
Vous êtes tous et toutes, nous sommes tous des paraboles de la bible, de l'amour de Dieu, du royaume.
Quand on a préparé ce culte, Anne-Charlotte m'a raconté qu'elle avait reçu une éducation chrétienne, le catéchisme et tout et tout. Mais que la foi, elle ne l'avait pas eu comme ça, mais par des rencontres.
Par le témoignage des personnes. Par leur façon de vivre. Par des proches à qui elle faisait confiance et qui croyaient.
Le vrai bonheur se trouve quand on aime son prochain, comme Dieu nous a aimé. C'est une idée tellement forte, tellement incroyable qu'on a du mal à le croire. Et on le croit, Anne-Charlotte l'a cru quand on voit d'autre le vivre, quand d'autres sont des paraboles de cela.

Quand on a préparé ce culte Jean-Daniel m'a raconté que lui avait commencé à croire quand il a vu des sourds nigérians qui croyaient. Dieu aime et accueille tout le monde quel qu'il soit, quelle que soit sa couleur de peau, son origine, son orientation sexuelle, c'est une idée tellement forte, tellement difficile à croire pour certains, que que nous avons besoin de personnes qui le vivent, qui sont paraboles pour le croire.

Dieu est toujours dans nos vies, il est toujours dans ce pays au milieu des hommes et des femmes. Beaucoup de gens dans ce pays ne le croient plus. Ils croient que Dieu les a abandonné.
Non, Dieu n'abandonne jamais ses enfants.
C'est une idée que beaucoup d'habitants de ce pays ont du mal à croire. Et vous églises africaines, vous êtes les paraboles, paraboles que vous montrez aux habitants de ce pays de cela : Dieu est toujours là, on peut le rencontrer, il ne nous abandonnes pas.

La Maison Verte quand elle accueille tout le monde, qu'elle essaye d'aider les personnes en difficulté, nous ce matin qui sommes réunis, tous humains, tous enfants de Dieu et tous si différents,
nous sommes une parabole.
Nous sommes la parabole de ce qu'ont vécu les personnages de la bible qui était très différents les uns des autres, une parabole de ce qui est écrit  dans la Bible, des très différentes et parfois contradictoires de ce qui est écrit dans la Bible.

Nous sommes une parabole qui nous permet de croire cette chose incroyable : Dieu a fait son humanité diverses, en train de devenir de plus en plus diverse et en même temps Dieu l'aime toute, avec toute ses différences, et en même temps toute son humanité va s'aimer, nous allons nous aimer les uns les autres comme Dieu nous a aimé.

Tout ça, je le vois devant moi maintenant, avec tous et toutes qui étes là. Et je le crois.