On a rencontré dans le 18e: Le Funambule, un message par le rire
Par Editeur le lundi 1 mars 2010, 10:15 - Notre quartier - Lien permanent
Le théâtre du Funambule est dirigé depuis trois ans et demi par un jeune
couple. Son mot d’ordre : amuser tout en créant le débat d’idées.

« Maman, on peut se mettre au fond comme la dernière fois ? »
C’est aujourd’hui la première du spectacle pour enfants Motordu. Vous savez, ce
héros né de la plume de Pef et qui déforme les mots. Le pauvre prince de
Motordu se plaint qu’il a pâle au ventre et se retrouve à l’hôpital pour une
opération de lapin-dixhuîtres. Une heure de bonheur assurée, aussi bien pour
les enfants que pour les parents !
Un gravier dans une chaussure
Que tout le monde s’amuse : c’est bien l’objectif que se sont fixé
Julien Héteau et Sandra Everro, codirecteurs et propriétaires du théâtre du
Funambule, rue des Saules, à deux pas de La Maison Verte. Le jeune couple a
repris le théâtre il y a trois ans et demi. Comédiens, ils cherchaient une
salle pour jouer. Ils ont fini par acheter. Au-dessus de la salle de cent
places se trouvent la régie et le bureau. Les locaux ressemblent à un
appartement aménagé. Dans le bureau, des affiches partout, des dossiers, deux
ordinateurs. « Vous m’excuserez, le téléphone risque de sonner lors de
notre rencontre », prévient Julien. Une énergie débordante se dégage de cet
ancien pâtissier loquace, à l’allure décontractée et néanmoins assurée. Il a
réalisé son rêve d’enfant : après avoir suivi le cours Viriot, place de
Clichy, où il a rencontré Sandra, il est devenu comédien. En quatre saisons, le
couple a su instaurer un style propre, combinant liberté d’expression et
création, s’inscrivant dans une démarche non élitiste. En dehors des spectacles
pour enfants, le lieu propose aux adultes des comédies qui traitent de sujets
de société. « Nous sommes favorables aux spectacles qui défendent des
idées, explique Julien. Notre démarche est philosophique plutôt que politique.
Nous aimons les spectacles riches d’une nouvelle idée. Nous cherchons à mettre
un gravier dans une chaussure. » La programmation propose actuellement une
moyenne de vingt-deux représentations par semaine, avec une salle remplie à
moitié en général.
Indépendance de ton
« Nous cherchons à nous ancrer dans le quartier, à créer du lien. Des
places sont offertes pour la tombola des écoles du quartier. En juin, la salle
est mise à la disposition d’associations du 18e. Une carte d’abonnement de 10
euros donne droit à 30 % de réduction. » Julien ne cesse de répondre au
téléphone pour donner un renseignement, noter une réservation. Sa voix
accueillante invite à participer à son aventure. « Nous travaillons
beaucoup, mais c’est un choix. C’est sans doute la peur du vide. » Le
couple est très vigilant sur sa programmation. Il auditionne les compagnies
après avoir sélectionné le projet sur dossier. Actuellement, il produit le
spectacle Brassens, Brel, Ferré, créé au Funambule et qui se joue au Café de la
gare jusqu’en juin. Les recettes des spectacles et la location de la salle
suffisent à les faire vivre, garantissant ainsi leur indépendance de ton et
leur exigence de qualité. Jeunes troupes et acteurs confirmés se croisent dans
ce théâtre, qui défend une réputation acquise en vingt-trois ans d’existence.
Et si vous voulez connaître la suite de lisse poire, rendez-vous au T-âtre du
fût n’en bulle.Vous ne pourrez pas le rater : au coing d’une rue, la FA
Sade est roux-je.
Caroline Langlois
Le spectacle Motordu se joue les mercredis et samedis jusqu’au 14
avril
Théâtre du Funambule 53, rue des Saules - 75018 Paris. Tél. : 01 42 23 88 83. www.funambule-montmartre.com