On aime bien dans le 18e : Associations à but citoyen
Par Editeur le lundi 1 février 2010, 16:09 - Notre quartier - Lien permanent
Le collectif Associations en danger se mobilise depuis plus d'un an pour défendre la spécificité de l'action sociale, face à la volonté de l'Etat d'une « marchandisation » de ce secteur.
Le torchon brûle entre les associations et l'Etat. A travers la Révision
générale des politiques publiques et la Politique de la Ville, la puissance
publique cherche en effet aujourd'hui à réduire ses dépenses dans le secteur,
mais aussi à réorienter l'activité associative.
Associations prestataires plutôt que partenaires
Dès 1998, Pierre Vergnolle(1), actuel directeur de la salle Saint-Bruno, une
association de quartier implantée à la Goutte d'Or, participe à la création du
collectif Associations en danger Paris. A cette époque, il dirigeait le foyer
Le Picoulet, une mission populaire implantée dans le 11e arrondissement. Fin
2008, une structure nationale, Associations en danger, est créée sous
l'impulsion de la Ligue des droits de l’homme (LDH). Elle rassemble plus de
cent associations.
Même si les résultats de cette action collective restent peu probants,
« on montre au moins qu’on est présent et qu’on ne va pas se laisser faire
», pense Pierre Vergnolle. L'Etat souhaite aujourd'hui que les associations
soient des prestataires, des sous-traitants, avant d'être des partenaires. Les
autorités lancent des appels d'offre, qui mettent en concurrence les
associations entre elles ou avec des structures à but lucratif. On assiste à
une « marchandisation des actions sociales », insiste Pierre
Vergnolle. Cela aboutit au déploiement, à tous les coins de rue, de boîtes
telles qu'Acadomia, qui proposent du soutien scolaire. Le hic, c'est que c’est
payant ! Donc exit toute une catégorie de la population. En outre, les
appels d'offre ont pour effet pervers de formater l'action des associations. Le
projet associatif, fruit d'un travail de longue haleine impliquant les citoyens
des quartiers, devient secondaire. Il faut répondre scrupuleusement au cahier
des charges. Les associations pourraient ainsi en venir à restreindre, par
exemple, leur accompagnement à la scolarité.
Des sources de financement vouées à disparaître
Le collectif s'inquiète aussi du démantèlement programmé de l’Agence
nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances (Acsé) et du
transfert prochain de certaines de ses compétences vers l’Office français de
l’immigration et de l’intégration (Ofii). Cette réorganisation devrait conduire
à une diminution de 20 % des finances destinées à l’intégration. Pierre
Vergnolle s’interroge notamment sur le financement des associations, non plus
comme prestataires de services à l'Etat, mais comme partenaires bénéficiaires
de subventions. Les emplois aidés, largement utilisés dans les associations,
sont menacés. Par ailleurs, les contrats urbains de cohésion sociale (Cucs),
autre source de financement, ont baissé de 50 % en 2008.
Deuxième conférence de la vie associative
Le 17 décembre prochain aura lieu, à Paris, la deuxième conférence de la vie associative (la première s'est tenue en 2006), présidée par Martin Hirsch, Haut commissaire à la jeunesse chargé du développement de la vie associative. Des représentants de tous les acteurs concernés sont associés depuis le mois de septembre aux travaux préparatoires, menés au sein de groupes de travail thématiques (9 groupes de 10 associations à Paris, Dijon et Bordeaux). Deux associations du 18e, membres du collectif, ont participé à ces regroupements : la salle Saint-Bruno et Le Petit Ney. Le collectif parisien souhaite se mobiliser pour l’occasion. Reste à se mettre d’accord sur la forme et à ne pas s'essouffler. Car les revendications des associations de proximité sont toujours intactes.
Caroline Langlois