Ca se passe à La Maison Verte : Le soutien scolaire, un temps pour comprendre, apprendre et vivre ensemble
Par Editeur le lundi 1 février 2010, 20:28 - Découvrir nos activités régulières - Lien permanent
Près de soixante écoliers et collégiens viennent deux fois par semaine à La
Maison Verte faire leurs devoirs avec l'aide de bénévoles. On y travaille pour
l'école, mais pas comme à l'école.

Les marches de l’escalier à peine franchies, on entend un brouhaha en
continu… Des petits groupes d’enfants sont répartis ici et là, autour des
tables, entourés d'adultes affairés. L’un répète ses tables de multiplication.
Une autre debout, récite un poème, tandis qu’une plus petite s’évertue à
égrener les lettres de l’alphabet. « Tu nommes chacune des lettres et tu
l'écris », encourage Odile, l’une des accompagnatrices du soutien
scolaire, qui estime que « si l’ambiance apparaît dissipée, ils sont en
réalité assez disciplinés et obéissants ». Julie, 6 ans, au CP, lit
attentivement son cahier de textes. Elle arrive toujours à l’heure pour réviser
ses leçons. Younes, même âge et même classe, se distrait plus facilement. Pour
l’instant, il est assis sagement sur les genoux de Nicole, une autre bénévole,
qui a commencé l’accompagnement scolaire au début de l’année. Ils sont
vingt-huit petits écoliers, du cours préparatoire à la troisième, à venir
faire leurs devoirs à La Maison Verte, soutenus par une dizaine de bénévoles.
« Cette année, nous sommes suffisamment nombreux pour les encadrer par
groupe de deux et les répartir de façon homogène entre même niveau scolaire »,
explique Odile.

Les garçons plus dissipés
Quand on arrive chez les « grands », les collégiens, l’espace
semble se diviser en deux avec d’un côté les filles, regroupées près de la
fenêtre, et de l’autre les garçons. Pas un bruit, les collégiennes semblent
attentives et appliquées. Pauline*, 13 ans, en cinquième, le nez rivé sur
ses cahiers, écoute en même temps son Ipod. Elle rencontre surtout des
difficultés en français, mais aujourd’hui elle arrive avec une série
d’exercices de physique-chimie. Martine*, ancien ingénieur à présent à la
retraite, l’aide pas mal dans cette matière. Chez les garçons, le climat est
plus détendu, voire assez dissipé chez les plus jeunes. « S’il n’y a pas
de devoirs, ce n’est pas la peine de venir ! », martèle Julia, une
ancienne de La Maison Verte, qui aide les collégiens depuis quinze ans.
« Il faut toujours les avoir à l’œil, les sixièmes ! »,
confie-t-elle, un brin exaspérée mais gardant toujours son calme et un sourire
en réserve. Cette année, ils sont nombreux dans cette classe, des garçons pour
la plupart, soit un peu moins de la moitié des dix-huit collégiens
inscrits au soutien. « A cet âge, ils n’ont pas beaucoup de devoirs,
certains pas du tout, alors ils s’agitent. Les parents préfèrent qu’ils
viennent à La Maison Verte plutôt qu'ils regardent la télé ou jouent aux jeux
vidéo. On revoit avec eux certaines lacunes. Mais on ne se limite pas aux
cours. Il faut aussi leur apprendre à dire bonjour, au revoir, à ramasser les
papiers, à écouter. »
« Ici, je me sens encouragé »
Tous les écoliers ont d'ailleurs reçu une charte de bonne conduite à
respecter : arriver à l’heure, être poli, rapporter ses affaires de
classe, etc. Les bénévoles, professeurs ou professionnels à la retraite pour la
plupart – excepté un étudiant en école d’ingénieur – s’engagent à
participer à l’accompagnement scolaire tout au long de l’année. Des complicités
se créent et l’envie d’apprendre grandit aussi. « Ici, je me sens
encouragé », confie Dylan, 12 ans, en cinquième. « Catherine me
fait bien travailler car elle est gentille », dit spontanément Joséphine,
9 ans, en CM1. « Il ne faut pas non plus être rigide. Une journée à
l’école, c'est long pour les primaires, souligne Odile. On peut aussi proposer
des jeux éducatifs, un puzzle ou un scrabble. »
Réussir à l'école
Les parents veulent que leurs enfants réussissent. Issus du milieu populaire
et/ou d’origine étrangère – africaine, maghrébine, sri-lankaise mais aussi
chinoise, polonaise –, ils sont aussi un peu dépassés par le système
scolaire. Les enfants viennent en majorité des écoles du quartier, dont trois
sont classées en zone d’éducation prioritaire (ZEP). Ils viennent deux fois par
semaine à La Maison Verte. Des sorties leur sont aussi proposées. Lors du
20e anniversaire de la Convention de droits de l’enfant, les plus jeunes
seront invités à participer aux animations. La fête de Noël sera aussi
l’occasion de valoriser d’autres talents plus artistiques : ils
interpréteront des chants, des sketches ou encore des poèmes.
Nathalie Pollet
* Les prénoms ont été modifiés.