Non à la directive de la honte
Par Editeur le lundi 11 février 2008, 00:09 - Solidarité migrants - Lien permanent
Des associations européennes dont la CIMADE s'inquiétent d'une directive européenne sur la rétention des étrangers en situation irrégulière.
Samedi 19 janvier, plusieurs milliers de personnes ont manifesté dans toute
l'Europe contre un projet de directive prolongeant à 18 mois la possibilité de
maintenir en rétention les étrangers. Le Pasteur de La Maison Verte, Stéphane
Lavignotte a participé à la marche qui se déroulait en Ile-de-France, du Musée
l'immigration au centre de rétention de Vincennes.
Ci-dessous la pétition lancée au niveau européen contre cette
circulaire.
« Au cours de l'année 2008, un projet de directive sur la rétention et
l'expulsion des personnes étrangères sera soumis au Parlement européen. Depuis
1990, la politique européenne conduite par les gouvernements en matière
d'immigration et d'asile s'est traduite par une réduction continue des
garanties et des protections fondamentales des personnes. L'Europe se
transforme en une forteresse cadenassée et met en oeuvre des moyens démesurés
pour empêcher l'accès à son territoire et expulser les sans-papiers.
Le projet de directive, s'il était adopté, constituerait une nouvelle régression. En prévoyant une rétention pouvant atteindre 18 mois pour des personnes dont le seul délit est de vouloir vivre en Europe, il porte en lui une logique inhumaine : la généralisation d'une politique d'enfermement des personnes étrangères qui pourrait ainsi devenir le mode normal de gestion des populations migrantes. En instaurant une interdiction pour 5 ans de revenir en Europe pour toutes les personnes renvoyées, ce projet de directive stigmatise les sans-papiers et les transforme en délinquants à exclure. Le projet de directive qui sera présenté au Parlement est le premier dans ce domaine qui fasse l'objet d'une procédure de co-décision avec le Conseil des ministres. Le Parlement a donc enfin la possibilité de mettre un terme à cette politique régressive qui va à l'encontre des valeurs humanistes qui sont à la base du projet européen et qui lui donnent sens.
Les parlementaires européens ont aujourd'hui une responsabilité
historique : réagir pour ne pas laisser retomber l'Europe dans les heures
sombres de la ségrégation entre nationaux et indésirables par la
systématisation des camps et de l'éloignement forcé.. »
http://www.directivedelahonte.org/