Il y a deux sortes de témoins. Il y a ceux qui ont vu, qui étaient là et à qui on peut demander : alors qu'avez-vous vu ? Que s'est-il passé ? Il y a dans les Evangiles une seconde sorte de témoins. Ils n'ont pas vu ce qui est arrivé à Jésus, ils sont arrivés une génération ou deux ensuite, mais on leur a raconté. Ils sont témoins parce qu'il leur tient à coeur que cette histoire continue à être racontée, qu'on ne l'oublie pas qu'elle puisse se vivre dans le présent.

Nous lançons un appel à ces deux sortes de témoins. Ceux et celles qui savent des choses sur ce qui s'est passé pendant la guerre 39-45 à La Maison Verte, en particulier sur la mise à l'abri d'enfants juifs au château de Capy et sur la création du CPCV. Nous avons rencontré Renée Joussellin, veuve de Jean Joussellin et une des principales chevilles ouvrières de cette aventure. Ce que Renée Joussellin a raconté à Bernadette Sauvaget et à moi est une histoire simple, belle, forte courageuse. Elle doit prendre toute la place qu'elle mérite dans l'histoire de la Maison Verte, du quartier, de la Mission populaire, du protestantisme. Pour de mauvaises raisons, elle a été trop occultée.

C'est pour qu'elle ne soit plus occultée que nous lançons aussi un appel à la deuxième sorte de témoins : ceux qui veulent que cette histoire ne soit pas oubliée, qu'elle continue à pouvoir rencontrer nos vies aujourd'hui. Si vous voulez travailler sur l'histoire de la Maison Verte, nous avons besoin de vous. Si vous voulez que cette histoire continue en vous engageant pour ceux qui sont le plus en difficulté qui ont à faire face aux puissances de mort – économiques, sociales, culturelles, nous avons aussi besoin de vous.

Stéphane Lavignotte, pasteur er directeur de La Maison Verte