Marc 13,24-32 : sacrés humains, même pas cap' de produire une vraie fin du monde !
Par Editeur le jeudi 12 novembre 2009, 17:50 - Prédications - Lien permanent
Prédication de Stéphane Lavignotte du jeudi 12 novembre
Marc 13,24-32.
Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « En ces temps-là,
après une terrible détresse, le soleil s'obscurcira et la lune perdra son
éclat. Les étoiles tomberont du ciel, et les puissances célestes seront
ébranlées. Alors on verra le Fils de l'homme venir sur les nuées avec grande
puissance et grande gloire. Il enverra les anges pour rassembler les élus des
quatre coins du monde, de l'extrémité de la terre à l'extrémité du ciel. Que la
comparaison du figuier vous instruise : Dès que ses branches deviennent
tendres et que sortent les feuilles, vous savez que l'été est proche. De même,
vous aussi, lorsque vous verrez arriver cela, sachez que le Fils de l'homme est
proche, à votre porte. Amen, je vous le dis : cette génération ne passera
pas avant que tout cela n'arrive. Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne
passeront pas. Quant au jour et à l'heure, nul ne les connaît, pas même les
anges dans le ciel, pas même le Fils, mais seulement le Père.
Les étoiles tombent du ciel, l'atmosphère nous cache le soleil et rend pâle
la lune. Est-ce le climat qui se détraque, la pollution qui cache le firmament.
C'est vrai, on dirait presque le film de Nicolas Hulot ou ce film catastrophe
d'il y a quelques années : le jour d'après...
La crise écologique serait-elle la fin du monde qu'annonce la bible ?
Après tout, on pourrait se dire voilà ce qui arrive quand on se prend pour
Dieu. On croit pouvoir faire ce qu'on veut avec la création, y compris la
détruire, et on oublie un peu vite qu'elle nous a été confiée, comme un
seigneur confie un territoire à un suzerain : pour s'en occuper, la faire
fructifier et rendre des comptes à celui auquel elle appartient et aux
générations futures que fait naître Dieu. Mais est-ce que les hommes ne se
prennent pas pour Dieu quand ils s'autorisent à provoquer un déluge qui
engloutira demain les iles du Pacifique ou le Bangladesh.
Les hommes se donnent ce droit de provoquer le déluge, alors que dans la
Genèse, c'est une action de Dieu ; alors que Dieu a promis, lui, de ne
plus le faire.
Les hommes s'autorisent ce que Dieu ne s'autorise pas. Ils se prennent pour
Dieu quand ils s'autorisent à sonner la fin de la partie à la place de
Dieu.
En croyant cela – qu'ils peuvent et qu'ils ont le droit de provoquer la fin
du mode - ils se trompent lourdement. Parce que la fin des temps qu'annonce la
Bible n'est pas une catastrophe.
Du Messianisme juif au retour anoncé de Jésus, ce que promettent les écritures
avec la fin du monde, c'est l'avénement d'un Royaume de justice, d'un monde
sans violence, où le loup et l'agneau dormiront ensemble. La fin du monde, ce
n'est pas la destruction de la planète, mais la réconciliation de la création
avec elle-même et donc avec l'humanité.
Ainsi, quand les humains détruisent la biosphère, ils n'accélèrent pas la fin
des temps, ils ne font pas la fin du monde comme l'annonce la Bibles : ils
se détruisent eux-mêmes en détruisant leur environnement.
Ils se comportent finalement en riche, au sens où l'entendait Jacques
Ellul : ils se comportent comme s'ils n'avaient plus besoin ni de la
nature, ni de Dieu, ni des autres humains.
Pour Ellul, le riche, c'est celui qui est complétement auto-suffisant, n'a
besoin de personne. C'est parce qu'ils sont ainsi riches qu'ils auront plus de
mal à acceder au Royaume qu'un chameau à passer par le chas d'une aiguille. Les
hommes en faisait cela mettent fin à ce monde et brulent les vaisseaux qui
leurs permettaient d'accéder à l'autre monde, celui caché derrière le chas de
l'aiguille.
Mais là encore, ils se trompent. S'ils ne décident pas de la fin des temps,
s'ils n'en connaissant ni le jour, ni l'heure, ils ne décident même pas de
s'empecher d'accèder au Royaume par leur mauvaises actions. C'est Dieu qui
décidera, au moment qu'il voudra. C'est lui et lui seul qui décidera quand est
la fin du monde et qui, au quatre coins du monde, seront les élus.
Alors, pouvons-nous encore faire quelque chose puisque tout est entre les
mains de Dieu ?
Nous savons quoi ne pas faire : ne pas se prendre pour Dieu, ne pas
mépriser sa création, ne pas se comporter en riche, auto-suffisant
suffisants.
Mais quoi faire ?
Ne pas se faire riche et fort, mais tendre comme le figuier. Non pas persévérer
dans des modes de vie destructeurs mais être capable de se laisser renouveler,
de mourir régulièrement pour renaître en permanence comme la nature avec le
passage des saisons. Scruter les figuiers de ce monde pour se laisser émouvoir
par la tendresse de leurs branches et la verdure de leurs feuilles. Regarder
les étoiles, le soleil et la lune, suffisamment les observer pour savoir dire
si elles sont encore à la même place qu'hier. Parce que, si demain une étoile
changeait de place, nous en apercevrions-nous, alors que nous ne regardons plus
le ciel, et que d'ailleurs les lumières de la ville nous en empêchent ?
Préparer le Royaume, ce n'est peut-être plus comme hier déménager et
chambouler le monde. Applanir les chemins pour celui qui arrive, ce n'est plus
sortir le buldozer.
C'est peut-être beaucoup plus simple, et donc pour nous beaucoup plus
compliqué : savoir regarder et interpréter notre monde pour y voir ces
signes de Dieu, ces signes du printemps qui vient et fait monter en nous une
sève nouvelle.
Pas la fin du monde, mais d'un monde, et la naissance d'un nouveau.