Béatrice Estelon se place derrière son piano et joue quelques gammes pour chauffer les voix. Quand tout le monde est prêt, les partitions fleurissent, les pupitres se regroupent et on attaque. L'ambiance est détendue mais studieuse. La bonne vingtaine de choristes – surtout des femmes – répètent chaque lundi soir. Tous ne lisent pas la musique, mais cela ne les empêche pas de partager le plaisir de chanter. D’habitude, la chorale prépare plusieurs oeuvres dans différents registres tout au long de l’année. Cette année, Béatrice s’est vaillamment attelée au Requiem de Fauré. Un concert clôturera ce travail monumental : le lundi 21 décembre à l’église arménienne, rue du Perche, à Paris (3e).
chorale.jpg La chef de choeur, par un mot, un geste, donne un conseil, replace une voix, puis une autre. « Chanter c’est aussi bouger », reprend-elle, « vous devez soutenir la voix avec votre respiration. » Béatrice n’hésite pas à hausser le ton pour équilibrer l’ensemble : « Les alti, on est au couvent des oiseaux ou quoi ? », dit-elle avec une pointe d’humour. Elle n’en oublie pas néanmoins de féliciter le choeur en fin de séance. Si bien qu’une poignée d’irréductibles en demande ! C’est bien après l’heure officielle que ces passionnés du chant finissent par se séparer.

Jonathan Lafont