Préchi-précha…
Par Editeur le mercredi 1 juillet 2009, 20:30 - Prédications - Lien permanent
Amont - Aval
Pour tout cours d’eau, l’eau vient de l’amont et coule vers l’aval.
L’histoire du peuple juif s’organise autour du Jourdain qui coule des montagnes
du Liban, en direction de l’Egypte, vers la mer Morte, une mer salée dans
laquelle on a l’impression que rien ne vit. Et très symboliquement, le peuple
d’Israël fait régulièrement le chemin inverse : par exemple, sous la
conduite de Moïse puis de Josué, il va quitter l’Egypte et remonter le
Jourdain. De la mort, de l’esclavage, vers la vie, vers la renaissance.
Et nous-mêmes, comme eux, quand l’aval est mortifère, nous suffit-il de le
quitter ? Certes, nous sommes en aval car nos corps sont comme des mers
qui reçoivent l’eau après son chemin. Composés à 80 % du précieux liquide, nos
corps en dépendent et nous sommes à la merci de l’état dans lequel il nous
arrive. Ainsi, dans les pays du Sud, une maladie sur cinq chez les moins de 13
ans est liée la mauvaise qualité de l’eau.
Mais ne sommes-nous pas aussi en amont ? C’est nous qui sommes tout au
long du fleuve et qui polluons l’eau, la consommons, la pompons et faisons
qu’en aval, il en reste assez – ou pas –, et assez propre – ou pas – pour les
autres.
Et ce n’est pas valable que pour l’eau. Les rejets de gaz carbonique de nos
consommations provoquent une crise climatique qui concerne toute la
planète.
Il n’y a plus d’aval à fuir : nous ne pouvons plus aujourd’hui nous
contenter de quitter le désert car, où que nous allions, nous rencontrons les
conséquences de nos actes. Aujourd’hui, il s’agit de changer nos habitudes. Se
« déplacer » signifie alors prendre de la distance, aller à
contre-courant, remonter en amont de nos façons de vivre, revenir sur nos
certitudes.
Sous la conduite de Dieu, les Hébreux mirent quarante ans à remonter de
l’Egypte vers Israël. Voilà que pour nous, il vient d’inventer le pélerinage à
domicile...
Stéphane Lavignotte