Je m'approche, intrigué, et je vois inscrit rouge sur blanc, CGT, FO, CFTC, CFDT, CNT. Toutes tendances confondues, tous unis dans le 18e. Je remarque une superbe métisse de la CGT et je lui demande: « Pourquoi manifestez-vous ? ». Sa réponse : «Comme aux Antilles, on revendique 200€ pour les bas salaires tout de suite plus quelques avantages, notamment un panier-repas ! ». Avant de la quitter je lui dis confiant : « Vous aurez vos 200€ ! » . La fille de la CGT me répond : « Si Dieu le veut ». Je pars en formulant intérieurement : « Que Dieu vous entende ma fille ». Depuis, j'ai appris que les manifestants s'étaient regroupés, de différentes agences de sécurité et de surveillance dans le 18e. Ils s'étaient retrouvés tous ce jour-là au siège rue Ordener de l'ISS (Informations service sécurité).

Voulant savoir l'avancée du combat, j'y suis retourné et j'ai demandé à 4 ou 5 sbires qui barraient l'entrée comment je pouvais joindre la militante de la CGT qui manifestait. L'un d'entre eux m'indique le 78 rue Championnet. Je m'y pointe. Reçu par une autre métisse, pas de CGT : là c'est le sous-siège ISS, la sous-direction. Je me présente alors comme journaliste du 18e et désireux de rencontrer quelqu'un de la sous-direction, la réponse est catégorique : « Impossible ». Est-ce que je peux téléphoner ou prendre rendez-vous ? Nouveau refus, il me faut écrire. Je pars en me promettant de retourner le plus rapidement à la haute direction pour avoir la suite donnée à la manif et savoir si les salariés ont eu leur panier-repas. Mais je suis sûr que je vais encore me faire jeter…

Jean Paul J.