Bernard Serres a 73 ans. Il est membre de la Mission Populaire Evangélique de France (MPEF) depuis 22 ans. Lorsqu’il intègre la MPEF, il est installé à Nantes pour des raisons professionnelles : « J’étais à la paroisse de l’Eglise réformée et puis je me suis rapproché de la Fraternité. J’ai beaucoup apprécié son mode de fonctionnement fondé sur le travail de terrain, le dialogue et l’ouverture ». Ingénieur en travaux publics, puis responsable de la formation du personnel dans une usine, son travail lui offre peu de disponibilité : « Je n’assumais pas de véritables responsabilités mais je me suis investi dans le soutien à l’insertion, les activités à destination des jeunes ou encore la tenue de vestiaires ». Ce qui l’interpelle dans la Fraternité, c’est l’engagement qu’elle implique : « Les Fraternités se sont crées dans des quartiers populaires pour y implanter des centres sociaux. A travers l’action des envoyés de la Mission Populaire, il s’y développe un esprit évangélique mais laïc. Le principe fondateur étant le refus de l’injustice ». Lorsqu’il prend sa retraite, il y a dix ans, Bernard Serres et sa femme retournent à Paris, d’où ils sont originaires. Lui se rapproche de la fraternité de Trappes : « Pendant longtemps il n’y a pas eu de pasteur à Trappes. Le Bureau National de la Mission Populaire (dont il est élu secrétaire en 2000, ndlr) m’y a donc envoyé en tant que représentant national ». Là-bas, il assume un rôle de liaison et aide à résoudre les problèmes internes. « Il s’agissait de difficultés de gestion. J’ai aussi aidé à formuler un projet pédagogique. J’ai parfois mené un travail de médiation. Le tout avec peu de moyens et une foule de besoins. » Pendant qu’il évolue à Trappes, sa femme s’investie à la Cimade (service œcuménique d’entraide, ndlr). Aujourd’hui, il quitte Trappes pour la Maison Verte : « Je serais bien resté mais il aurait fallu que je prenne plus de recul, en tenant désormais compte de la présence du pasteur Robert Mollet ». C’est alors que Stéphane Lavignotte et Jacques Vérot, respectivement pasteur et président de la Maison Verte, lui « font signe ». « J’avais croisé Stéphane à la Fraternité de Grenelle et dans des manifestations politiques », se souvient-il. Invité à intégrer le conseil d’administration de la Maison Verte, il dit vouloir « connaître mieux les activités ». « On réfléchit à formuler de nouveaux objectifs en fonction du public auquel on s’adresse. Et puis j’aimerais développer davantage encore la coordination entre les quatre Fraternités de la région parisienne (Foyer Picoulet, Grenelle, Trappes, Maison Verte, ndlr). On ne communique jamais trop ».

Liliane Mathieu a 63 ans. Elle est depuis sept ans bénévole à la Maison Verte. Elle gère le vestiaire régulièrement et tient la caisse à chaque braderie. « Je veux mettre mon temps libre au profit d’associations utiles. En même temps, je m’occupe. C’est un service réciproque », explique cette ancienne fleuriste. Liliane Mathieu est également volontaire à l’hôpital Lariboisière. Elle y tient un petit commerce d’articles d’hygiène personnelle dont les bénéfices sont reversés à l’amélioration de l’environnement hospitalier à Paris. Il y a 14 boutiques semblables dans la capitale. « Nous avons pu financer la création d’une salle de classe à l’hôpital Necker pour les enfants dont le séjour hospitalier est de longue durée. Nous avons décoré des maternités ou encore créé un espace vert pour le service de gériatrie de l’hôpital Bichat », évoque-t-elle. De confession catholique, Liliane Mathieu trouve à la Maison Verte le moyen de mener de front une action sociale : « On doit pallier les difficultés de personnes démunies, qui n’ont plus de repères, explique-t-elle. On doit surmonter une souffrance psychologique très forte ». Le choix de se porter candidate à l’élection des nouveaux membres du conseil d’administration n’est pas anodin. Liliane Mathieu souhaite « faire prendre conscience aux membres du conseil des problèmes d’organisation de la Maison Verte ». En effet, elle estime que « beaucoup d’entre eux ne sont pas sur le terrain » et que le « regard d’un bénévole pourrait être bénéfique ». Liliane Mathieu pense que la Maison Verte a « beaucoup de potentiel » et c’est en misant sur l’avenir qu’elle entend faire valoir son point de vue en conseil d’administration.