On aime bien dans le quartier : La ressourcerie L’interloque
Par Editeur le mardi 31 mars 2009, 20:04 - Notre quartier - Lien permanent
Rue de Trétaigne, à quelques mètres de La Maison Verte. Première vitrine :
on est devant une sorte de Troc 2000 de quartier où s'amoncellent bouquins de
poche vieillis et vieux objets esquintés… Deuxième vitrine : le
dépôt-vente s'est désengorgé, le vieux mixeur retapé et vendu 5 euros côtoie le
miroir dépoussiéré et lustré.

Un lapin crucifié par l’économie de marché
Trottoir d'en face, troisième vitrine : on croit débarquer dans une
galerie d'artiste bobo. Le pneu de vélo crevé est devenu le cadre d'un tableau,
la canette de soda éventrée s'est métamorphosée en cendrier « trendy »,
l'argenterie ringarde de grand-mère a même servi à la conception d'un crucifix
sur lequel est représenté un lapin (voir photo en haut à droite) et au-dessus
duquel est indiqué : « Lapin fut arrêté, condamné à mort et crucifié
par l'économie de marché et la myxomatose. Le témoignage des recycleurs
proclame qu'il est ressuscité trois jours après. » C'est un peu ça
l'Interloque : La résurrection des sacrifiés sur l'autel du consumérisme.
L’association est labellisée « ressourcerie » (appartenant au réseau
national des ressourceries : http://www.ressourcerie.fr) : « On
fait de la valorisation à travers du réemploi, de la réutilisation et du
recyclage », résume Fanny Van Brederode, chef de projet. « La revente
permet de remettre les objets en circulation tout en favorisant une
consommation responsable. » En dehors des objets retravaillés par des
artistes, la plupart des articles sont vendus à des prix très abordables.
Atelier Eugène Poubelle
Dans l'atelier « Eugène Poubelle », situé en sous-sol de boutique, on
s'affaire à la réfection du stock qu'alimentent habitants et commerçants du
18e : réparation, nettoyage, ponçage, peinture, relooking… Une dizaine de
bénévoles se relaie : « Avant d'être une ressourcerie, l'Interloque
était surtout une association qui faisait de l'accueil et des activités auprès
de personnes en difficulté sociale », rappelle Fanny. Progressivement, les
activités de ressourcerie se sont structurées pour finalement constituer le
« cœur de métier » de l'association. « On est toujours sur un
projet de création et de consolidation d'emplois », continue Fanny. Ainsi,
Martin a connu l'Interloque alors qu'il était au chômage. Il y a effectué un
stage avant d'être embauché en CDD. Il est responsable de la vente dans l'une
des trois boutiques : « Je peux aussi faire de la comptabilité, du
tri ou de l'artisanat. Ici, on touche à tout. » Créée en 2002 par son
actuel directeur, Giancarlo Pinna, l'association mène des actions de
sensibilisation dans les écoles ou auprès des bailleurs sociaux. Aujourd'hui,
elle se fixe un objectif plus large : faire du 18e arrondissement un
quartier témoin pour que d'autres quartiers puissent mettre en place des
ressourceries. La Maison Verte s'est d'ailleurs montrée intéressée pour
intégrer le réseau national, à travers ses activités de braderie et de
vestiaire.
Julia Pascual
Les trois missions de l'Interloque
Le réemploi : remettre dans le circuit un objet, un
meuble ou un vêtement, nettoyé, testé, réparé si besoin, en conservant sa
fonction d'origine.
La réutilisation : utiliser l'objet en le détournant
de sa fonction initiale à travers de l'artisanat de récupération. C'est le
vinyle qui devient horloge, le pneu de vélo qui devient cadre.
Le recyclage : l'Interloque noue des partenariats avec
des éco-organismes qui viennent récupérer matériaux en tout genre : lampes
à néon, bouchon en plastique, cartouches d'encre, équipements électro-ménagers…
pour ensuite les recycler.
L’Interloque en fait des tonnes : En 2008, l’association a collecté 120 tonnes d'objets et en a valorisé 100.
L’Interloque : 7 – 7ter, rue de Trétaigne, 75018 Paris. Métro Jules
Joffrin.
Tél. : 01 46 06 08 86. Site :
http://www.interloque.com.
Ouvert du lundi au samedi de 10 à 13 heures et de 14 à 19 heures