Toutes les semaines à la Maison Verte : A pas de tango vers l’Argentine
Par Editeur le mercredi 25 mars 2009, 17:56 - Nos petits événements de la maison - Lien permanent
Tous les mardis soirs, dès 19 h 30, Miguel Gabis transmet l’amour de la danse de couple à son cours de tango.
« Vamos ! » Les talons aiguilles tournent. Ils se mêlent aux pas
des hommes. Les jupes virevoltent sur un tango de Carlos Di Sarli.
« Accueillez la femme », ordonne Miguel Gabis à ses élèves. La première
partie de la leçon est consacrée aux débutants. Les initiés arrivent plus tard.
« Recapitulación », prévient le professeur argentin, un
« porteño » (originaire de Buenos Aires). Conduisant sa partenaire au
centre de la salle, il enseigne les pas. « On dirait qu’il est né dedans
», lance, admirative, Béatrice, une jeune recrue de 44 ans. « C’est fou
l’harmonie qui peut exister entre deux personnes », commente Gilles, un garçon
de 15 ans qui suit les cours depuis le mois de septembre. Tous les âges se
côtoient parmi les 150 adhérents de l’association « Mordida de Tango ». Et
les leçons accueillent, presque toujours, autant d’hommes que de femmes. Depuis
sa création en 1998, Miguel Gabis et Charlotte Hess en assument la direction
artistique. Journal de réflexion autour de la danse, cours, pratiques, stages,
expos, voyage annuel des adhérents à Buenos Aires, les deux professionnels
initient leurs élèves à la musique de l’amour. Miguel Gabis a pratiqué la danse
contemporaine et classique à l’Opéra de la capitale argentine. Il s’est tourné
vers le théâtre. C’est dans le tango qu’il a trouvé : « la meilleure
façon d’exprimer ses émotions et d’investir ses expériences de vie ». Il
enseigne d’abord en Espagne, en Allemagne et c’est en France qu’il s’installe,
« un peu par hasard », il y a dix ans. Avec Charlotte Hess, il emménage un
temps rue Marcadet et suit des cours d’alphabétisation à la Maison Verte :
« C’est un lieu où l’on se sent très bien, il y a une âme de tango »,
confie-t-il. Les activités de « Mordida » s’implantent durablement
dans le 18e arrondissement : « C’est un quartier incroyablement
créatif. Beaucoup d’artistes y évoluent ». En France et en Europe, il continue
de se produire, tour à tour danseur ou chorégraphe, habitué du festival
d’Avignon où il a présenté deux spectacles. À la Maison Verte, les élèves de
Miguel Gabis miment le jeu de séduction, l’histoire d’une rencontre commençant
dans le regard et se poursuivant dans l’ « abrazo », l’étreinte.
Julia Pascual