Une cinquantaine de personnes ont répondu à l'appel de quelques associations du 18e.

Cette réunion a eu lieu dans le cadre du mois de mobilisation pour les sans-papiers, dans les locaux de la Maison Verte. C'était la quatrième et dernière réunion de ce mois de mobilisation qui avait pour appel « En couple et sans papiers, contraintes et témoignages ». Deux associations étaient appelées à témoigner. Tout d'abord le collectif des Amoureux au ban public et ensuite l'ARDHIS (Association pour la reconnaissance des droits des personnes homosexuelles et transsexuelles à l'immigration et au séjour). Le collectif des Amoureux au ban public est un collectif qui s'occupe des couples mixtes composés d'une personne française et de l'autre étrangère.

L'Ardhis, quant à elle, est une association qui accompagne les demandeurs d'asile, ou les sans papiers qui sont dans le milieu LGBT ( lesbien, gay, bi, trans) défendant ainsi des dossiers de personnes poursuivies par les autorités de leur pays où l'homosexualité est un délit.

Les deux associations nous ont brièvement dévoilé leur combat quotidien, ainsi que les principales difficultés qu'elles rencontrent dans leur travail au jour le jour. N'hésitant pas à rappeler que l'État français est la principale cause des difficultés subies par les candidats à l'immigration ou à la régularisation.

Situations dramatiques

A suivi un long moment de débat, pendant lequel différentes personnes ont pu témoigner de leur situation personnelle et de leur parcours pour obtenir des papiers. A l'occasion de ce débat, nous avons pu malheureusement constater les situations dramatiques encore très vivaces dans nos quartiers et nos villes. Ainsi, l'exemple de cette dame qui, avec un mari malade et vivant avec 4 enfants dans une chambre, se voit refuser ses papiers pour manque de lien avec le pays et qui est partie précipitamment de la réunion car elle ne voulait pas rentrer trop tard craignant les contrôles de police. D'autres personnes ont témoigné sur leur conditions de travail. En tant que travailleurs sans-papiers, ils sont exploités (dix heures de travail par jour payé 3,80 € de l'heure) par leur patron et ne peuvent pas demander le respect de leurs droits sous peine de perdre le travail et du même coup se retrouver dans une situation encore plus précaire.

Les personnes en situation les plus instables sont les femmes puisqu'elles travaillent principalement dans le secteur du service à la personne, dans lequel les contrats de travail sont très rares puisqu'il faut multiplier les employeurs pour pouvoir s'en sortir. Le travail est donc le plus souvent au noir et les employeurs refusent de signer des promesses d'embauche.

Toute cette discussion a amené inexorablement la question de l'avenir et des mesures à mettre en place afin de diffuser et de communiquer notre engagement dans ce combat quotidien. A la fin de la réunion, plusieurs propositions ont été lancées mais rien n'a pour l'instant été mis en place. A Suivre...

Jonathan Lafont