C’était à la Maison Verte : Avec les sans-papiers, mobilisations dans le 18e
Par Editeur le samedi 25 octobre 2008, 18:46 - Solidarité migrants - Lien permanent
Une réunion a eu lieu en octobre (2008) dans l’objectif d'aborder le thème des couples et des travailleurs.
Une cinquantaine de personnes ont répondu à l'appel de quelques associations
du 18e.
Cette réunion a eu lieu dans le cadre du mois de mobilisation pour les
sans-papiers, dans les locaux de la Maison Verte. C'était la quatrième et
dernière réunion de ce mois de mobilisation qui avait pour appel « En
couple et sans papiers, contraintes et témoignages ». Deux associations étaient
appelées à témoigner. Tout d'abord le collectif des Amoureux au ban public et
ensuite l'ARDHIS (Association pour la reconnaissance des droits des personnes
homosexuelles et transsexuelles à l'immigration et au séjour). Le collectif des
Amoureux au ban public est un collectif qui s'occupe des couples mixtes
composés d'une personne française et de l'autre étrangère.
L'Ardhis, quant à elle, est une association qui accompagne les demandeurs
d'asile, ou les sans papiers qui sont dans le milieu LGBT ( lesbien, gay, bi,
trans) défendant ainsi des dossiers de personnes poursuivies par les autorités
de leur pays où l'homosexualité est un délit.
Les deux associations nous ont brièvement dévoilé leur combat quotidien,
ainsi que les principales difficultés qu'elles rencontrent dans leur travail au
jour le jour. N'hésitant pas à rappeler que l'État français est la principale
cause des difficultés subies par les candidats à l'immigration ou à la
régularisation.
Situations dramatiques
A suivi un long moment de débat, pendant lequel différentes personnes ont pu
témoigner de leur situation personnelle et de leur parcours pour obtenir des
papiers. A l'occasion de ce débat, nous avons pu malheureusement constater les
situations dramatiques encore très vivaces dans nos quartiers et nos villes.
Ainsi, l'exemple de cette dame qui, avec un mari malade et vivant avec 4
enfants dans une chambre, se voit refuser ses papiers pour manque de lien avec
le pays et qui est partie précipitamment de la réunion car elle ne voulait pas
rentrer trop tard craignant les contrôles de police. D'autres personnes ont
témoigné sur leur conditions de travail. En tant que travailleurs sans-papiers,
ils sont exploités (dix heures de travail par jour payé 3,80 € de l'heure) par
leur patron et ne peuvent pas demander le respect de leurs droits sous peine de
perdre le travail et du même coup se retrouver dans une situation encore plus
précaire.
Les personnes en situation les plus instables sont les femmes puisqu'elles
travaillent principalement dans le secteur du service à la personne, dans
lequel les contrats de travail sont très rares puisqu'il faut multiplier les
employeurs pour pouvoir s'en sortir. Le travail est donc le plus souvent au
noir et les employeurs refusent de signer des promesses d'embauche.
Toute cette discussion a amené inexorablement la question de l'avenir et des
mesures à mettre en place afin de diffuser et de communiquer notre engagement
dans ce combat quotidien. A la fin de la réunion, plusieurs propositions ont
été lancées mais rien n'a pour l'instant été mis en place. A
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Jonathan Lafont