Psaume 23,1-6 et Philippiens 4,12-20 : la foi, un tranquilisant, un excitant... ou autre chose ?
Par Editeur le dimanche 12 octobre 2008, 23:00 - Prédications - Lien permanent
Prédication du 12 octobre par Marina
Lettre aux Philippiens Chapitre 4 12-20
Frères,
je sais vivre de peu, je sais aussi avoir tout ce qu'il me faut.
Être rassasié et avoir faim,
avoir tout ce qu'il me faut et manquer de tout,
j'ai appris cela de toutes les façons.
Je peux tout supporter avec celui qui me donne la force.
Cependant,
vous avez bien fait de m'aider tous ensemble quand j'étais dans la
gêne.
Vous, les Philippiens,
vous le savez :
dans les premiers temps où vous avez reçu l'Évangile,
au moment où je quittais la Macédoine,
je n'ai eu ma part dans les recettes et dépenses d'aucune Église, excepté la
vôtre.
A Thessalonique déjà, vous m'avez envoyé,
et même deux fois, ce dont j'avais besoin.
Je ne recherche pas les dons ;
ce que je recherche, c'est le bénéfice qui s'ajoutera à votre compte.
J'ai d'ailleurs tout reçu,
j'ai tout ce qu'il me faut,
je suis comblé depuis qu'Épaphrodite m'a remis votre envoi :
c'est un sacrifice que Dieu trouve agréable et qu'il accepte parce qu'il lui
plaît.
Et mon Dieu subviendra magnifiquement à tous vos besoins selon sa richesse,
dans le Christ Jésus.
Gloire à Dieu notre Père pour les siècles des siècles. Amen.
Psaume 23
Le Seigneur est mon berger :
je ne manque de rien.
Sur des prés d'herbe fraîche,
il me fait reposer.
Il me mène vers les eaux tranquilles
et me fait revivre ;
il me conduit par le juste chemin
pour l'honneur de son nom.
Si je traverse les ravins de la mort,
je ne crains aucun mal,
car tu es avec moi :
ton bâton me guide et me rassure.
Tu prépares la table pour moi
devant mes ennemis ;
tu répands le parfum sur ma tête,
ma coupe est débordante.
Grâce et bonheur m'accompagnent
tous les jours de ma vie ;
j'habiterai la maison du Seigneur
pour la durée de mes jours.
je ne manque de rien.
Sur des prés d'herbe fraîche,
il me fait reposer.
Quand j'étais petite au catéchisme on faisait des fioretti. Il s'agissait de
sacrifier des petites choses, par exemple des bombons, afin d'être agréables au
Seigneur.
Dans la même ligne les grands étaient censés offrir leur peine au Seigneur, les
douleurs d'une maladie, d'une perte.
Combien de fois m'est arrivée d'entendre expliquer la foi religieuse comme
quelque chose qui aide à vivre mieux, qui donne de l'espoir, un peu comme un
calmant ou un excitant.
De non croyants, souvent avec un peu de paternalisme, expliquent ainsi la foi
des petits gens, comme un outils qui permet de supporter les épreuves. Une
bouée de secours.
Des croyants arrivent à la même conclusion: croire donne un sens à la vie et
regardent avec un peu de supériorité ces pauvres non-croyants perdus dans le
non-sens de la vie et surtout, de la mort.
Tout le monde à l'air d'avoir oublié Job et sa persévérance à demander à Dieu
compte de sa souffrance.
Les uns et les autres partagent la même conception de la religion, comme
quelque chose qui concerne l'au-delà, les réalités ultimes, ce qui arrive après
la mort. Et paradoxalement dans cette idée de la foi c'est ce qui arrive dans
la mort qui donne sens à la vie : pour les individus le paradis, l'enfer
ou le purgatoire pourquoi pas ; pour le monde, Armagaddeon, le jugement
universel, le royaume de Dieu. Tout cela concerne l'après, l'au-delà, le futur
tellement lointain, ce serait ça l'espoir, notre espérance !
Il a une subtile différence de sens entre espérer et espérance. On ne peut
espérer que ce qu'on n'a pas. Espérer c'est attendre, c'est souhaiter, c'est un
acte qui est tout dans le futur, qui a sa racine dans une absence, dans un
manque du présent.
Dans l'espérance on y est, c'est un état, c'est aujourd'hui, c'est du présent.
C'est le présent qui est notre espérance. Il ne concerne pas ce qui n'existe
pas, ce qu'on n'a pas, mais ce qu'y existe, ce qu'on a.
Notre couple c'est notre espérance, notre communauté c'est notre espérance,
notre monde c'est notre espérance. Notre vie enfin c'est notre espérance et
aucune morte, aucune fin peuvent nous l'enlever car elle, aujourd'hui,
est.
C'est comme cela que je lis: Le seigneur est mon berger, je ne manque de
rien.
Car je n'espère pas dans le demain, mais aujourd'hui je suis dans
l'espérance.
Et notre espérance elle n'est pas petite, médiocre, car nos habits sont plus
magnificents ceux de Salomon.
Quand je lis Paul qui s'adresse aux Philippiens je ne trouve pas des petites
vertus, pas de sacrifice en attente d'une récompense, pas de calcul et de peur
de la vie. Il n'y a pas d'éloge de l'épargne, mais de la générosité et de
l'indifférence face à l'argent ; pas de prudence, mais du courage devant
au danger ; pas du calcul mais franchise et amour de vérité ; pas de
diplomatie mais amour du prochain et abnégation ; pas de désir de succès
mais désir d'être et de savoir.
Il y a aussi la capacité à demander à nos frères ce dont on a besoin, ce n'est
pas facile de demander.
Même si on sais manquer de tout, comme Paul nous sommes heureux de recevoir
l'aide des nos frères, car être dans la gêne ce n'est pas bien. Ce n'est pas la
volonté de Dieu sacrifier ses enfants.
Même si on sait manquer de tout, ceux qui nous aident font le bien, et comme
dit Paul ils le font d'abord pour eux, car il sera compté à leur
bénéfice.
Le Royaume des Cieux c'est un banquet de noces auquel on est invités,
acceptons cette invitation, honorons notre hôte mettant nos meilleurs habits,
en mangeant et en buvant.
Vivons avec gourmandise et ne refusons pas cette invitation en pensant que nous
avons mieux à faire.