L'époque du pasteur Jean Joussellin

1942-1944 Cache des enfants juifs par Jean Joussellin et Renée David

L'époque du pasteur Charly Heydrich (1969-1980)

27 octobre 1971 assassinat de Djilali Ben Ali, jeune Algérien de 15 ans, dans le quartier de la Goutte d’Or à Paris, par le concubin de la concierge de l’immeuble où il habitait. Le comité de soutien (Secours Rouge, Michel Foucault, Claude Mauriac, Gilles Deleuze, Maurice Clavel etc.) se réunit à La Maison Verte. Charly Hedrich manifeste en tête d'une manifestation de 3000 personnes contre le meurtre.

Novembre 1972 Participation de La Maison Verte au mouvement contre la circulaire Fontanet. Grève de la faim de Saïd Bouziri (aujourd'hui vice-président de la Ligue des droits de l'homme).

Fin novembre 72 Création du Comité de Défense de la Vie et des Droits des Travailleurs Immigrés (CDVDTI). Une partie des activités a lieu à La Maison Verte.

11 février 1980 17 ouvriers (dont une femme) tous de Turquie et sans papiers travaillant dans la confection entament une grève de la faim à la Maison Verte. Un collectif de soutien (MTI, GISTI, Groupe de femmes algériennes, LCF, OCT, FASTI, PS, PSU…) appelle à une solidarité active.

17 février 1980 M. Lionel Stoléru, secrétaire d’Etat aux travailleurs immigrés, leut rend visite à La Maison Verte puis déclare « Leur régularisation est malheureusement impossible… Paris ne doit pas devenir Hong-Kong sur Seine ».

L'époque du pasteur Jean-Jacques Dietsch (aout 1980 - juillet 84)

Jean-Jacques Dietsch : « Pour ce qui est des « étrangers », nous avions parmi nous Françoise Demeure qui revenait du Vietnamet nous y sensibilisait. Nous avons vendu le Temple de la rue du Simplon aux orthodoxes Serbes. Cela a été l’occasion de contacts plus étroits avec eux. Il y avait le groupe des femmes immigrées du lundi après-midi pour lequel il était absolument souhaité que les hommes de la maison soient absents. (Cela a été l’occasion pour moi d’aller suivre les cours de Jean Baubérot pour un séminaire sur les sociologies du protestantisme.). Ces femmes, essentiellement marocaines et africaines, apportaient des recettes de cuisine et nous en avons bien profité par la suite !

Il y avait aussi Kurt Anschutz, pasteur allemand ordonné au ministère pastoral à la Maison Verte, (avec Georges Casalis) et le « groupe de solidarité avec les tous peuples opprimés ». Cela nous a valu beaucoup de contacts avec des gens d’Amérique Latine et Centrale (Nicaragua, Guatemala, San Salvador, Chili)… et aussi un petit procès entre deux associations qui avaient pris le même nom. C’est un peu par ces contacts que Jean-François Fourel (un des permanents de la Maison Verte à l’époque) est parti plus tard au Nicaragua.

Nous avons reçu au moins deux grèves de la faim avec des Kurdes (janvier 81 et mai 82, voir photo) et puis en mars 83 celle organisée par les amis de de Vanni Mulinaris, un italien emprisonné soupçonné d’avoir été le cerveau des brigades rouges. L'abbé Pierre, oncle de la compagne de Giovanni Mulinaris avait prêché au culte du dimanche lors de cette grève de la faim.

Parmi les associations partenaires actives, qui nous ont sensibilisés à la présence et à la relation aux « étrangers » de notre quartier, il y avait le MRAP (Mouvement contre Le Racisme et l’Amitié entre les Peuples.)

Il y avait aussi, par le truchement des réseaux d’églises, des contacts nombreux avec des africains et des malgaches, accompagnements ponctuels d’urgence ou partenariat plus régulier …

Le groupe Zachée avait choisi en1981-82, comme thème de l’année « l’étranger et l’hospitalité »

En 1983, étaient présentes, par exemple, en plus du MRAP, une association marocaine, une permanence anti-expulsion, les Togolais à Paris. Il était de bon ton d’être anti-raciste à l’époque à la Maison Verte.

Je ne me souviens pas d’une résistance de la part du Conseil presbytéral de l’Eglise Réformée de Montmartre ou même du milieu populaire de l’époque. C’était aussi l’époque du syndicaliste Lech Walesa et de Solidarnosk en Pologne, qui nous ont valu de nombreuses réunions et le port, par plusieurs d’entre nous de l’insigne « Solidarnosk ».

Ce qui a aidé, aussi, c’est sans doute la présence de nombreux stagiaires étrangers (en particulier de Villigst, (cet organisme allemand donnant des bourses aux jeunes étudiants intéressés par la lutte contre le fascisme) et les américains comme Steve et Jean, qui montraient bien que l’on peut ne pas avoir toujours tout juste.

L'époque du pasteur Jean-Paul Morley (92-99)

Jean-Paul Morley : « Je ne sais plus trop… En fait, la MV, de ‘mon temps’ n’était pas tellement militante, et se concentrait plutôt sur le travail de terrain, y compris création de l’Association Intermédiaire Eureka, qui faisait travailler des centaines, ou le vestiaire, qui s’accompagnait de démarches papiers et autres, ou le soutien scolaire et les camps de vacances, en majo bien sûr pour des enfants étrangers, des cultes franco-africains, etc... Bref, on cultivait le vivre-ensemble plus qu’on ne le promouvait en réseaux etc.

Je ne sais même plus pourquoi était la grève de la faim déroulée chez nous… Et puis il y a eu l’occupation, brève, de la MV par un collectif de sans-papiers/sans abris… On a participé à une fête de baptêmes républicains d’étrangers… Mais nos partenaires étaient plus souvent des associations locales françaises que des nationales plus militantes. »