« Au cœur de la torpeur estivale, voilà que l’on entend déjà des rumeurs électorale. Comme pour nous faire plus peur ? Comme pour nous faire plus mal ! On nous propose une logique de purification de l’enclos des moutons. L’Evangile dit exactement le contraire. « Si quelqu’un parmi vous possède cent moutons et qu’il perde l’un d’eux, ne va-t-il pas laisser les quatre vingt dix-neuf autres dans leur pâturage pour partir à la recherche de celui qui est perdu jusqu’à ce qu’il le retrouve ? Et quand il l’a retrouvé, il est tout joyeux : il le met sur ses épaules, rentre chez lui, puis appelle ses amis et ses voisins et leur dit : ‘Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé mon mouton, celui qui était perdu !’ » (Luc 15. 4-7). Il arrive un moment, lorsque l’on est chrétien, où l’on ne peut plus se taire. Où l’on doit proclamer combien il est plus important de rassembler et de chercher la paix que de dessiner des moutons noirs et traiter les gens en boucs émissaires. Car savez-vous pourquoi Jésus raconte cette petite parabole ? Parce que comme il fait bon accueil à des gens de mauvaise réputation - voleurs, traîtres, profiteurs et autres – leur parle et mange avec eux, il se trouve des bien-pensants pour dire qu’au lieu de se souiller ainsi il ferait mieux de laisser ces gens de côté. C’est à ces bien-pensants que Jésus donne une leçon sur l’art d’être berger, et de résoudre les problèmes plutôt que les chasser. Sûr, c’est bien plus exigeant et compliqué de dialoguer que de cataloguer, mais là-dessus Jésus ne transige pas et choisit toujours la première option. Il sait bien que la paix est à ce prix. Alors quand vient notre tour, quel regard voulons-nous porter sur notre humanité – celle, déjà, qui peuple notre pays ? Il arrive un moment, lorsque l’on est chrétien, où l’on ne peut plus se taire ; où l’on doit crier haut et fort que c’est trahison d’oser donner à cet enclos la forme d’une Croix. »