L'abri du 127 rue Marcadet
Par Editeur le jeudi 8 novembre 2007, 12:54 - Notre histoire... - Lien permanent
Un livre et un article du Nouvel Obs Paris évoquent la protection offerte pendant la guerre par le Pasteur de la Maison Verte - Jean Jousselin - aux enfants juifs du 18e.
Dans le ParisObs de cette semaine (jeudi 18 Octobre), un dossier est consacré aux lieux secrets de la capitale ayant abrité la résistance. Page 18 de cette édition numérique téléchargeable sur le net, un article évoque le rôle joué par la Maison Verte et le pasteur Joussellin, en venant en aide à des enfants juifs. Voir ce lien et ci-dessous.
Les lieux de la Résistance
Paris
Anne Thoraval
Éd. Parigramme
127-129, rue Marcadet, sauvetage d'enfants juifs.
1942-1944
Le pasteur Jean Jousselin est nommé courant 1942 directeur de la Maison
verte, mission populaire évangélique de la rue Marcadet. Ce patronage accueille
les enfants après l'école, leur propose des jeux, les aide à faire leurs
devoirs. Si les familles juives sont nombreuses à Montmartre, elles ne se
sentent pas particulièrement traquées jusqu'à la grande rafle de
juillet.
À partir du 16 juillet, il ne fait cependant plus aucun doute pour personne
que l'État français ne protège nullement ces citoyens. La détresse gagne.
Comment partir, comment se cacher avec de jeunes enfants ?
Jean Jousselin mesure l'ampleur du drame. Nombreux sont les parents qui
connaissent la générosité et le courage du pasteur pour avoir déjà confié leurs
enfants à la Maison verte. L'accueil des enfants juifs se poursuit. Afin de
fournir aux parents des hébergements plus aisés chez des particuliers, on
trouve en mai 1943 le moyen d'éloigner de Paris les plus jeunes : sous
couvert d'un Comité protestant des colonies de vacances, Jean a réussi à
obtenir toutes les autorisations nécessaires pour ouvrir un centre dans l'Oise,
au château de Cappy.
Les enfants y sont conduits pour les vacances. Mais en septembre, les
parents demandent au pasteur de ne pas les faire revenir à Paris. Tous les
enfants envoyés à Cappy y demeurent.
Rue Marcadet, Jean Jousselin continue d'accueillir, puis d'évacuer, par la
gare du Nord, les jeunes persécutés. Les parents donnent ce qu'ils peuvent pour
la pension, tandis que la mairie du 18e arrondissement continue, sans
sourciller, de fournir des tickets d'alimentation sur présentation des cartes
« J » d'enfants déjà évacués.
À l'été 1944, cent trente-cinq personnes dont quatre-vingt-sept enfants et
adolescents juifs, séjournent au château de Cappy. Tous sont sauvés.
Nº348_2241
SEMAINE DU JEUDI 18 Octobre 2007
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Planqués au milieu de la foule
Dans les quartiers populaires, les caches sont nombreuses : chez
l'habitant, dans une boutique ou encore au sein d'une institution religieuse.
Récits.
18e Pasteur Joussellin
L'abri du 127 rue Marcadet
Le 16 juillet 1942, Paris bascule dans l'horreur : 9000 policiers
parisiens arrêtent près de 13 000 juifs. C'est la rafle du Vél' d'Hiv. A
Montmartre, où résident de nombreuses familles juives, le pasteur Joussellin
mesure l'ampleur de la tragédie. Nommé début 1942 directeur de la Maison verte,
une mission populaire évangélique logée au 127-129 rue Marcadet, il accueille
en secret des enfants, avant de mettre sur pied, en mai 1943, une véritable
filière de sauvetage. Sous couvert d'une colonie de vacances protestante, il
ouvre un centre dans l'Oise, au château de Cappy. A l'été 1944, 135 personnes
dont 87 enfants et adolescents juifs y habitent. Tous seront sauvés.
10e 131, bd de la Villette, l'arsenal du PC
En 1941, la possession d'armes est interdite, les Parisiens jettent
revolvers, pistolets et fusils de criasse dans les caniveaux et les égouts de
la capitale. Précieux rebuts, que récupèrent les combattants issus du Parti
communiste, les premiers à choisir la lutte armée. Les «ramasseurs» arpentent
les sous-sols de Paris et confient leurs trouvailles à Paul et Marie-Thérèse
Lefèbvre. Le couple tient un atelier de réparation de cycles au 131 boulevard
de la Villette. La boutique ne désemplit pas : les Parisiens circulent de
plus en plus à bicyclette. La couverture est parfaite, elle favorise les
discrètes allées et venues et le camouflage du matériel. Chaque soir, Paul
remet en état les armes enrayées et fabrique des explosifs. Efficace mais
éphémère.
Dès la fin de l'année 1941, les inspecteurs de la Brigade spéciale pénètrent
au numéro 5 de l'avenue Debidour, dans le 19e et découvrent le principal
laboratoire clandestin d'explosifs de l'Organisation spéciale (communiste). Les
policiers décident de filer les chefs. Qui les conduiront tout droit au dépôt
d'armes de la Villette. En novembre 1941, Marie-Thérèse et Paul Lefèbvre sont
arrêtés, ainsi que 25 de leurs compagnons. Le couple échappe à la condamnation
à mort.
17e 66, rue Truffaut
La planque des soeurs Benoît
Prisonniers de guerre évadés, aviateurs alliés, juifs, dès 1941, Paris
fourmille de têtes traquées. Et de planques. Pas simple : l'occupant a
réquisitionné bon nombre d'immeubles et les bombardements réduisent encore
davantage les possibilités d'hébergement discret. Quant aux hôtes, ils risquent
gros : la torture et la déportation. Les soeurs Benoît n'ont pas froid aux
yeux. Etudiantes, elles font de leur appartement situé au 66 rue Truffaut un
véritable refuge pour pilotes et résistants en fuite. Début 1944, Francine et
Denise abritent un Canadien et deux Américains lorsque débarquent chez elles
deux responsables du réseau SOE (Spécial Opération Executive, service
britannique spécialisé dans la guerre subversive en Europe occupée). Après
plusieurs tentatives d'exfiltration malheureuses, ils retournent chez les
soeurs Benoît. Au printemps 1944, l'un des deux hommes les prévient de
l'arrivée imminente de la Gestapo. Elles se sauvent de justesse.
Louise Couvelaire
Paris Obs