L’année 2006 a été marquée par le licenciement du directeur ayant fonction pastorale et, à la suite, le changement de président et la démission de quatre membres du Conseil. Du fait de ce conflit, 2006 a été une année difficile. L’arrivée d’un nouveau pasteur-directeur, d’un nouveau président, et d’un nouveau bureau, la fidélité des salariés et des bénévoles au lieu ont permis que les personnes accueillies ne souffrent pas de ce conflit. Une nouvelle dynamique se dessine.

Accueil social Un salarié et deux bénévoles animent l’accueil social. Une permanence 8 demi-journées par semaine. En 2006, 328 personnes ont été domiciliées et suivies, 90 seulement suivies, 183 seulement domiciliées. 38% ont été suivi pour obtenir le RMI et l’AME, presque autant pour la CMU, trois types de demandes pour lesquels nous sommes agréés par la préfecture. A noter que 40% sont SDF. Le trop-plein des domiciliations est un problème récurrent. La Maison Verte travaille avec de nombreuses associations non seulement du 18e mais de tout le nord et l’est de Paris. (voir page suivante, les éléments chiffrés).

Solidarité par le vêtement, récupération. Une salariée et une dizaine de bénévoles animent deux vestiaires d’une journée complète chaque mois et six braderies par an. Cette activité représente 12% des revenus de la maison, un tiers des ressources propres. Depuis juillet, les braderies rapportent 60% en plus. L’accueil d’une équipe de jeunes volontaires d’Unicité pendant trois mois a permis de compléter les vestiaires de janvier à mars 2007 par des animations pour les SDF (jeux, cartes, discussions, film…). Les activités de vestiaires se veulent non seulement un moyen de dépanner les plus en difficulté, mais l’occasion de prendre contact pour un suivi plus approfondi, et un moment de plaisir où l’on peut choisir des vêtements. Les braderies sont une des rares occasions où la diversité du quartier (bobos, comédiens de théâtre, familles étrangères, SDF, retraités sans le sou…) se retrouve autour de la fouille dans les tas de vêtements, un café ou un gâteau de notre buffet « commerce équitable ».

L’accompagnement à la scolarité Plus de 70 enfants des classes primaires à la seconde sont accompagnés par une vingtaine de bénévoles, trois fin d’après-midi par semaine et le samedi matin. Les bénévoles sont fiers de pouvoir dire que l’an dernier un seul enfant a redoublé. L’équipe fonctionne bien même si le retrait de l’animatrice de l’activité – qui a trouvé du travail dans une école pour accompagner les enfants handicapés – a obligé à la rentrée 2006 à commencer à se réorganiser.

Atelier de conversation et de socialisation Depuis la rentrée 2005 fonctionne un atelier de socialisation à composante langagière : apprentissage du français à partir de la conversation et de choses pratiques : lecture des factures, papiers de la vie quotidienne, cuisine, couture, sorties au musée. Un groupe d’une quinzaine de bénévoles et d’une vingtaine de femmes accueillies s’est constitué qui a une vraie vie de groupe, notamment grâce au développement en 2006 des activités « cuisine » et « couture ».

Les concerts Une dizaine de concerts par an sont organisés le dimanche après-midi en collaboration avec l’association Les Vocations d’Euterpe. Ces concerts en libre participation accueillent entre 50 et 120 personnes. Ils ont parfois du mal à s’équilibrer financièrement, les défraiements des musiciens, le coût de l’accord du piano ont du mal à être équilibrés par des participations financières d’un public un peu radin (moins de 5 euros). En revanche – et cela ne suffit pas à expliquer le faible niveau de participation financière – la diversité du public, la participation importante de personnes des milieux populaires du quartier est une vraie satisfaction. La réflexion est entamée pour accentuer cette dimension d’éducation populaire.

Jeunesse Il n’y a plus d’activité jeunesse à La Maison Verte depuis 1999. Des activités de culture et de loisir s’organisent ponctuellement – et devraient se développer en 2007 – en prolongement de l’accompagnement scolaire et de l’atelier de conversation : sorties au musée, sorties à des spectacles etc. La venue d’un TIG (travail d’intérêt général, peine alternative à la prison) « rappeur » a permis d’animer pendant quelques semaines un atelier d’écriture rap/slam pendant quelques mercredis après-midi. Idem d’une petite activité jeux/chant grâce à deux stagiaires suisses allemandes. Cinq enfants des femmes du groupe de conversation sont partis en vacances dans des familles en Suisse et à Mazamet à l’été 2006 avec La Mission populaire.

Troisième âge. En collaboration avec une association du 18e arrondissement (EMANA), la Maison Verte a accueilli tous les dimanche midi de l’été un « pique-nique » pour les personnes âgées. Malgré la faible participation, il y a volonté de recommencer. Le pasteur a repris à la fin 2006 les visites aux personnes âgées de la communauté.

La vie communautaire Comme dans beaucoup de lieux, les bénévoles participant aux diverses activités se croisent souvent sans se rencontrer. Des efforts ont été faits pour essayer d’y remédier. Depuis octobre 2006, le journal de La Maison Verte s’est étoffé, moins dans son nombre de pages que dans son contenu pour donner un sentiment d’appartenance en communiquant sur ce qui se passe à La Maison Verte. La fête de Noël a pour la première fois été ouverte à l’ensemble des accueillis des différentes activités, et organisée par des bénévoles des différentes activités qui ont partagé un repas ensemble le midi de la fête. Des réunions d’activités sont organisées – pas assez régulièrement – et une réunion au moins toutes les trois semaines de l’équipe salariée (5 personnes avec le pasteur) ce qui est une nouveauté. Une insistance particulière a été faite pour inciter les bénévoles à participer à l’assemblée générale du 15 mars 2007 avec un temps de réflexion en groupe. Des petits travaux ont été effectués – pas forcément chers mais qui traînaient parfois depuis des années – pour mettre fin à un sentiment de délabrement du lieu. La Maison Verte reste en attente d’une deuxième rénovation – comme celle réalisée dans les années 90 avec Jean-Paul Morley – qui permette non seulement de redonner une nouvelle fraîcheur au lieu mais surtout d’avancer sur la réduction des nuisances sonores pour le voisinage.

Stéphane Lavignotte, directeur et pasteur