Le juge de la détention a finalement maintenu Dick au centre de rétention de Voncennes. Le rendez-vous est ce mercredi 15/11 à 8h30 au Tribunal administratif de Paris 4, 7, rue de Jouy, M° Saint Paul. Ci-dessous : - les explications de Douglas Nelson - les modèles de lettres à envoyer - le billet de Stéphane Lavignotte du 13/11 sur Fréquence protestante sur cette affaire.


Chers amis,

Suite à une entretien téléphonique avec l'avocat de Dick Nkanga, voici le dernier point sur sa situation et une proposition d'action de soutien en concertation avec le groupe local d'Amnesty International.

Dick Nkanga est actuellement retenu au centre de retention de Vincennes. Son avocat va plaider, normalement demain matin, devant le juge de la détention et des liberté pour demander sa remise en liberté conditionnelle. Si le juge accepte, Dick serait assigné à résidence et pourrait être libéré en attendant son audition devant le Tribunal Administratif, normalement le lendemain, qui devrait statuer de savoir s'il peut être expulsé ou non.

Les audiences sont publiques et si nous pouvons être quelqu'uns à y assister, cela est certainement positif. Dès que l'avocat m'aurait communiquer les dates et l'heure de ces audiences, je vous les transmettrai.

Vous pouvez aussi envoyer des mails au ministère de l'Intérieur et à la Préfecture de police de Paris en précisant, le cas échéant, que vous êtes membre de l'Eglise Réformée et demandant que Dick ne soit pas expulsé.

Vous trouverez ci-après deux modèles de courriel dont vous pouvez vous inspirer.

Vous trouvez aussi ci-après le texte de la lettre que j'ai écrit au Préfet de Police de Paris et au Ministre de l'Intérieur pour accompagner la petition que plusieurs parmi vous ont signé ce matin et que je faxerai demain avec une copie au Député-Maire de Saint-Mandé.

Sachez enfin qu'Olga se réunit avec des amis pour faire une veillée de prière cette nuit. Je crois que nous serions beaucoup à être solidaires de cette démarche.

Bien fraternellement,

Douglas NELSON

  • Ministère de l'Intérieur :*

Secrétaire général C. GUEANT claude.gueant@interieur.gouv.fr sec.gueant@interieur.gouv.fr G. Larrivé (Conseiller chargé de l'immigration ) sec.larrive@interieur.gouv.fr guillaume.larrive@interieur.gouv.fr M. Tandonnet (Conseiller chargé de l'immigration) sec.tandonnet@interieur.gouv.fr maxime.tandonnet@interieur.gouv.fr Standard 01 40 07 60 60 Fax 01 40 07 21 09 Fax secrétaire général 01 40 07 13 90

*Préfecture de police de Paris*

prefpol.dpg-etrangers-secretariat@interieur.gouv.fr cabcom.prefecturepoliceparis@interieur.gouv.fr

Deux modèles de courriel :

Monsieur le Conseiller,

Comme membre de l' Eglise Réformée de France et d'Amnesty International je suis très concerné par le sort de Dick Nkanga. Celui-ci a été placé en garde à vue vendredi dernier à la suite d'un contrôle d'identité. Originaire de la RDC, Dick Nkanga est arrivé en France il y a huit ans. Membre de notre communauté religieuse nous pouvons attester de sa parfaite intégration. Aussi je me permets de vous demander de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour que sa situation soit régularisée et qu'il ne soit pas renvoyé dans son pays car nous craignons pour son intégrité physique en cas de renvoi. Dans l'attente , je vous prie de croire, Monsieur le Conseiller, en l'expression de mes sentiments les meilleurs.

Monsieur,

Dick Nkanga, originaire de RDC, vit en France depuis 8 ans mais n'a jamais fait l'objet d'une régularisation. Il est parfaitement intégré dans notre pays, notamment dans la Communauté Protestante à laquelle il appartient.

Il a récemment été arrêté lors d'un contrôle de police. S'il est renvoyé dans son pays, il est à craindre que son intégrité physique ne soit menacée.

Je vous demande d'intervenir afin que son cas soit envisagé avec bienveillance et qu'il puisse être autorisé à rester en France.

Respectueusement.

Texte du lettre envoyée au Préfet et au Ministre de l'Intérieur avec copie à Monsieur Patrick Beaudouin, Député-Maire de Saint-Mandé :

Monsieur le Préfet (Monsieur le Ministre),

C'est avec beaucoup d'émotion et de consternation que les membres de notre paroisse et moi-même avons appris l'arrestation et la mise en détention de Monsieur NKANGA WAKU vendredi 10 novembre lors d'un contrôle d'indentité à la gare de Lyon.

A l'issue de sa garde à vue samedi matin, il lui a été délivré un APRF contre lequel il a déposé un recours auprès du Tribunal Administration. Il est actuellement retenu au centre de retention de Vincennes.

Monsieur NKANGA WAKU est actif dans la paroisse réformée de Vincennes-Montreuil depuis septembre 2000. Il chante dans la chorale et depuis la rentrée scolaire 2005 fait partie de l'équipe de catéchètes. Sa présence dans la paroisse est très appréciée, comme témoigne la pétition ci-jointe qui a été signée par 65 paroissiens présents au culte ce matin.

Il ne fait aucun doute pour nous que Monsieur NKANGA est capable et désireux de s'intégrer dans la société française. C'est pourquoi avec l'appui du Député-Maire de Saint-Mandé, Monsieur Patrick BEAUDOUIN, nous avons soutenu sa demande de régularisation qui a été introduite récemment auprès de la Sous-préfecture de Nogent-sur-Marne.

Malgré le refus qui a été opposé à cette demande, nous persistons à croire que cette décision est injuste. Nous vous demandons instamment d'annuler l'APRF et que Monsieur NKANGA soit autorisé à rester en France, car nous craignons pour son intégrité physique si jamais il est renvoyé dans son pays.

Veuillez croire, Monsieur le Préfet (Monsieur le Ministre), à l'expression de ma considération respectueuse.

Douglas NELSON

Pasteur


Le billet de Stéphane Lavignotte du 13/11 sur Fréquence protestante sur cette affaire.

Douglas Nelson, pasteur de Vincennes vient de lancer un appel. Un de ses paroissiens, Dick Nkanga est actuellement retenu au centre de retention de Vincennes. En France depuis 8 ans, il risque d'être renvoyé en République démocratique du Congo. Il y risque sa vie.

La semaine dernière, je faisais ma première déclaration publique comme Pasteur de La Maison Verte. Un parent d'élève dans une école du 18e risquait d'être expulsé vers le Mali. Ce pays, il l'avait fui avec sa famille pour que leur dernière petite fille ne soit pas excisée, comme l'avait été ses sœurs et avant-elles leur mère. La famille avait le choix : entre être séparée, ou rejoindre le père au Mali si il y était expulsé, au risque de voir la petite dernière être excisée à son tour.

Le même jour que ce papa, était arrêté un autre parent d'élève, d'une école voisine. En France depuis 20 ans. Il risquait le même sort.

Finalement, ces deux papas ont été relachés, n'ont pas été expulsés. Le premier grâce à une décision du tribunal administratif, le second grâce à la mobilisation.

Ces arrestations, elles donne l'impression de s'accélérer. Nicolas Sarkozy a fixé un quota : il faut au moins 25 000 expulsions dans l'année. On arrive en décembre, il faut accélerer pour que les chiffres soient réalisés. Un peu comme ces histoires qu'on nous raconte, un peu surréaliste où l'armée doit utiliser tout ses stocks d'essence pour qu'on ne lui en affecte pas moins l'année suivante. Alors, elle fait tourner ses camions pour rien, pour dépenser les stocks.

Mais l'absurdité, ça n'a pas le même sens quand ça touche des humains. Il ne s'agit pas de camion, de stocks d'essence. M. Sarkozy, ses services, voient des chiffres. Nous voyons des parents des copains d'école de nos enfants, des parents d'élèves comme nous, des voisins, des amis, des paroissiens qui chantent avec nous le dimanche matin.

Nous voyons des prochains. Ils sont différents et ils sont avec nous, ils sont d’autres nous-mêmes.

On espère que le juge administratif et la mobilisation permettent que Dick Nkanga, paroissien de Vincennes soit lui aussi libéré. Ça dépend de nous, de vous.

Sur le site internet de La Maison Verte j’ai mis l’appel de Douglas Nelson, il y a des modèles de lettres à envoyer par mail ou par fax. Le site internet de La Maison Verte www.lamaisonverte.org