Le mardi 7/11, le Tribunal administratif a finalement annulé l'arrêté d'expulsion du Préfet de police à l'encontre d'un papa d'une école du 18e vers le Mali qu'il a fuit avec sa femme pour soustraire sa petite fille à la menace de l'excision. Un autre papa d'une école voisine (Max Dormoy) - depuis 20 ans en France - était lui aussi menacé. Grêve de l'école, goûter militant tous les soirs de 16h à 18h, mobilisation de RESF : l'expulsion a aussi été empêchée. Ces expulsions ont donc pour l'instant empêchée, mais les deux familles ne sont pas régularisée. Cette mobilisation a permis qu'un comité RESF se créée sur l'école Guadeloupe. Quatre autres familles de cette école ont vu leurs dossiers réfusés dans le cadre de la "circulaire Sarkozy" de l'été. La lutte continue !

Communiqué de presse de Stéphane Lavignotte, pasteur de La Maison Verte du 5 novembre 2006. Communiqué de RESF expliquant la première affaire. Communiqué du comité d'école expliquant la seconde.

Communiqué de presse de Stéphane Lavignotte, pasteur de La Maison Verte du 5 novembre 2006 :

La menace d'expulsion qui pèse sur M. Touré est doublement innaceptable. Elle viole le droit fondamental à la vie en famille, puisque sa femme et ses enfants vivent en France. Elle menace une enfant - scolarisée dans le 18 - et une famille de retomber dans le cauchemar de l'excision.

Nous nous étonnons que cette deuxième raison n'ait pas amené le prefet de police à revenir sur sa décision : à la Maison Verte, nous accompagnons plusieurs femmes victimes d'excision et qui ont obtenu le statut de réfugié pour que leurs enfants échappent à ce traitement inhumain.

Nous savons la réalité du traumatisme que cela représente et le courage qu'il faut à ces familles pour rompre avec leur entourage, leurs traditions, leur pays et devoir recommencer une vie à zéro, dans un pays étranger. Il est affligeant que seule la réponse de l'administration à ce choix de protection de leurs enfants soit la menace de les renvoyer vers ce qu'ils ont fuit.

Comme pasteur de La Maison Verte, je serai présent mardi 7 à 8h30 au Tribunal administratif pour apporter mon soutien à la famille Touré.

Stéphane Lavignotte, La Maison Verte


COMMUNIQUE DE PRESSE RESF le 4 novembre 2006

La chasse à l’homme continue !

La France renvoie les petites filles aux mains des bourreaux qui pratiquent les mutilations génitales !

Placé en garde à vue au commissariat du 10ème arrondissement de Paris pour défaut de titre de séjour jeudi 2 novembre, M Alkaidaly Touré a été transféré en centre de rétention de Vincennes le vendredi 3 novembre vers 16h30.

M Touré vit en France depuis 1999, sa femme l’a rejoint en 2003 afin d’apporter des soins à leur petite fille, alors âgée de 4 ans, suite à son excision et infibulation totale pratiquée par leur entourage sans que les parents aient pu s’y opposer. Des complications suite à cette mutilation ont nécessité une intervention chirurgicale à l’hôpital Necker. Leur fille a aujourd’hui 7 ans, elle est actuellement en classe de CE1 dans une école du 18ème arrondissement.

Depuis ce couple a eu une autre petite fille née sur le territoire français, elle est maintenant âgée de 18 mois. Retourner au Mali signifierait pour elle la même mutilation, contre la volonté de ses parents.

Tous les documents prouvant toutes les informations que nous avançons ont été communiqués au commissariat de police du 10ème arrondissement dès les premières heures de la garde à vue. Et bien que la France reconnaisse l’excision comme une pratique mutilante et dégradante et qu’elle la condamne, la préfecture de police de Paris a délivré un arrêté de reconduite à la frontière à M Touré avant de le placer en centre de rétention en vue de préparer son expulsion. Une fois de plus les actes démentent les beaux discours télévisés!. La préfecture de police de Paris alertée, dès jeudi soir, des menaces gravissimes qui pèsent sur les petites filles de la famille Touré a choisi de participer servilement à la course effrénée aux 25000 expulsions dans laquelle s’est lancé Sarkozy.

Nous tenons également à nous élever contre les méthodes employées à l’encontre des militants du Réseau Éducation Sans Frontières, repoussés sans ménagements par des CRS deux fois plus nombreux qu’eux, pour permettre l’évacuation de M. Touré vers le centre de rétention. Nous condamnons les pressions psychologiques dont Mme Touré a fait l’objet, de la part du commissaire de police du 10° arrondissement, juste après avoir vu son mari partir en direction du centre de rétention, menotté comme un criminel. Le traitement dont cette famille fait l’objet est indigne, à la hauteur des buts poursuivis par le ministre de la Chasse à l’enfant qui se rend maintenant complice des partisans de l’excision et de l’infibulation en s’apprêtant à les alimenter en matériel humain.

M. Touré passe au 35bis du TGI Paris demain dimanche à 10h.

L’audience au TA de Paris aura lieu mardi à 8h30.

M Touré doit retrouver la liberté,

ses filles doivent être protégées de l’excision !

Nous ne les laisserons pas faire ! :


COMMUNIQUE DE PRESSE

Collectif des parents-enseignants de l’école maternelle Marx Dormoy

Une enfant de notre école est sur le point d’être séparée de son père sans papier. M. Turé TUNCAM, arrêté vendredi dernier alors qu’il faisait des courses pour ses filles, a été placé en centre de rétention et déféré au Tribunal Administratif.

Jugé aujourd’hui, jeudi 9 novembre, sa demande d’annulation d’Arrêté Préfectoral de Reconduite à la Frontière a été rejetée. Il est susceptible d’être expulsé par le premier avion.

Il faut savoir que M. TUNCAM vit, travaille et paie ses impôts en France depuis une vingtaine d’années et qu’il a trois filles, toutes trois nées en France, dont une scolarisée dans notre école. Monsieur TUNCAM a quitté la Guinée-Bissau il y a 20 ans. S’il est expulsé, il laisse sa femme et ses trois filles en bas âge sans ressources. Cette famille fondée en France doit pouvoir continuer à y vivre. Les enfants TUNCAM ne doivent pas être séparés de leur papa !

Nous demandons sa libération et sa régularisation immédiate.

De nombreuses familles sont menacées dans les écoles du quartier. A l’école maternelle Marx Dormoy d’autres enfants sont concernés. Le climat d’angoisse permanent que génèrent ces interpellations abusives est intolérable. Pour éviter que cela ne continue et qu’une situation aussi dramatique ne se reproduise, nous demandons que tous les parents sans papier de l’école soient régularisés.

Pour manifester leur colère et leur détermination, les parents d’élèves décident d’occuper l’école tous les soirs en organisant de 16h à 18h un goûter de solidarité en présence de personnalités venant soutenir le mouvement.

Monseigneur Gaillot sera présent à l’école 53 bis rue Marx Dormoy, Paris 18ème, lundi à partir de 16h30.