Chaque année à la rentrée, se réunissent les « équipiers » de la Mission populaire évangélique. Les équipiers sont les permanents qui - pasteur, directeur, ou autres - assument l’animation des postes locaux de la Mission populaire comme La Maison Verte. Cette rencontre est une occasion de découvrir les nouveaux venus, pour les nouveaux d’échanger avec les anciens. J’ai ainsi pu rencontrer Jean-Jacques Dietsch qui fut le pasteur de La Maison Verte entre 1980 et 1984.

C’est aussi une occasion de faire remonter les questions de « la base » à la direction nationale. En l’occurrence, les équipiers ont fait remonter la question de la « fonction employeur » : la MPEF ne devrait-elle pas s’entourer de plus de compétences en terme de droit du travail et de gestion des ressources humaines ? Qu’en est-il des différences de conditions de travail dans les différents Fraternités de la Mission Populaire ?

Mais le sujet principal était la question de savoir quelle parole publique pouvait et devait avoir la Mission populaire. Le travail a eu lieu à partir d’un exposé du théologien suisse Henri Mottu, de textes proposés par les participants et d’études de textes bibliques. Henry Mottu a insisté sur la présence du terme grec parrhêsia lors de nombreuses annonces publiques de Jésus (Mc 8,32, Jn 7,26, Ac 28,30-31, Eph 3,12) : ce mot signifie liberté, courage, dire les choses ouvertement etc. Pour lui, l’objectif est d’ « identifier le Dieu vivant en relation avec les idoles ». Il s’agit à la fois de ne pas laisser Dieu être transformé en idole qu’on n’aurait pas le droit de critiquer et inversement s’autoriser à critiquer les puissances du monde (argent, pouvoir, science, technique) qui se posent en idoles intouchables.

Quelle spécificité de la parole de la MPEF ? Face à la saturation des expressions dans l’espace public, n’est-ce pas de faire remonter la parole des milieux populaires ? En cela l’expérience des EOP, équipes ouvrières protestantes, présentées lors de ce week-end est précieuse. Elles organisent des groupes de parole sur l’actualité . Une piste pour la Maison Verte dans l’optique des élections de 2007 et 2008 ?
Stéphane Lavignotte