Marie-Céline et Nordine ont passé tout l’été dans les dossiers de demande de régularisation et sont encore là ce samedi 26 août en tête du cortège RESF dans la manifestation qui arrive à République, parti de l’église Saint-Bernard pour fêter les 10 ans de l’occupation de l’église. " Jamais passé un été pareil ! " plaisante Marie-Cécile, pleine d’énergie et d’humour, qui en plus du suivi des dossiers est allée de l’université des Verts, à celle du Mouvement des jeunes socialistes pour porter la bonne parole. Dans le 18e, 200 à 300 dossiers de régularisation (tous ne sont pas passés par RESF) ont été déposés par des familles qui espéraient bénéficier de la circulaire Sarkozy. Après le temps du dépôt des dossiers, est venu celui des réponses et… des refus. Une dizaine de refus tombent à chaque permanence hebdomadaire (elle devrait redevenir bi-hebdomadaire en septembre) de RESF 18e depuis la fin août. " On a vu un changement très net, raconte Marie-Cécile. En juillet, la plupart des réponses étaient positives. En août, ils étaient négatifs ". Entre temps, étaient passées les déclarations de Sarkozy fixant à 6000 le nombre de personnes pouvant être régularisées, bien que plus de 30 000 dossiers aient été déposés. D’un simple " faisceau d’indices pour prouver l’intégration, on est passé à des demandes de pièces de plus en plus tatillonnes " racontent les animateurs de RESF 18e. La plus grande incertitude règne sur ce qui va se passer à la rentrée pour ces dizaines de milliers de personnes à qui a été signifié un refus et dont la préfecture a dorénavant les adresses. Des expulsions en masse ? Même si les rafles se multiplient à Belleville mais aussi à Château Rouge et Barbès, même si Sarkozy n’a pas hésité à expulser pendant l’été des lycéens pourtant très soutenus, Marie-Cécile n’y croit pas : " ça fait trop de monde. Ils n’arrivent déjà pas à exécuter tous les arrêts de reconduite à la frontière ". Pas question non plus de rédiger 20 000 recours. Les premiers jours de septembre vont être l’occasion pour les comités RESF de mettre au point une nouvelle stratégie dans cette période pré-électorale très sensible. La mobilisation va donc reprendre dans les presque 30 écoles du 18e qui sont mobilisées sur le sujet, à la suite de l’école Vauvenargues qui soutenait deux familles colombiennes. Mobilisation élargie Là comme ailleurs, la mobilisation est allée bien au-delà des militants habituels. Marie-Cécile est enthousiaste : " Une des clés du succès, c’est la diversité : certains s’engagent pour des raisons politiques, d’autre dans une simple démarche humaniste. Des écoles pour qui pétitions et banderoles sont un mode d’action trop " militantes " se contentent d’afficher des témoignages. Et surtout, les gens ont appris à nouveau à se connaître, cela a recréé du lien social. Ça été la clé du succès de RESF ". La première ligne de manifestants qui porte la banderole de RESF ne mollit pas : " A la rentrée, pas d’expulsion ! Nous les prenons, sous notre protection ! ". Stéphane Lavignotte

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