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  <title>La Maison Verte, Fraternité de la Mission Populaire Evangélique (Paris 18) - Tag - théologie</title>
  <link>http://blog.lamaisonverte.org/</link>
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  <language>fr</language>
  <pubDate>Sat, 04 Oct 2008 14:50:41 +0200</pubDate>
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  <item>
    <title>Actes 2, 1 à 14 : « Pentecôte, c'est flou !»</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2007/06/01/Pentecote-cest-flou</link>
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    <pubDate>Fri, 01 Jun 2007 14:58:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Prédications</category>
        <category>Bible</category><category>Livre des actes</category><category>théologie</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le culte de Pentecôte a été célébré en commun par l'Eglise
évangélique du Congo (EEC), l'Eglise presbytérienne camerounaise (EPC), la
Native Baptist Church (Eglise baptiste du Cameroun) et Mission populaire
évangélique de France La Maison Verte (MPEF). Le pasteur Stéphane Lavignotte a
prononcé la prédication que voici.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://blog.lamaisonverte.org/public/preche.JPG&quot; alt=&quot;preche.JPG&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actes 2, 1 à 14.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;pre&gt;
  Le jour de la Pentecôte, ils étaient tous ensemble dans le même lieu. Tout à coup il vint du ciel un bruit comme celui d'un vent impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d'eux. Et ils furent tous remplis du Saint Esprit, et se mirent à parler en d'autres langues, selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer. Or, il y avait en séjour à Jérusalem des Juifs, hommes pieux, de toutes les nations qui sont sous le ciel. Au bruit qui eut lieu, la multitude accourut, et elle fut confondue parce que chacun les entendait parler dans sa propre langue. Ils étaient tous dans l'étonnement et la surprise, et ils se disaient les uns aux autres : Voici, ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens ? Et comment les entendons-nous dans notre propre langue à chacun, dans notre langue maternelle ? Parthes, Mèdes, Élamites, ceux qui habitent la Mésopotamie, la Judée, la Cappadoce, le Pont, l'Asie, la Phrygie, la Pamphylie, l'Égypte, le territoire de la Libye voisine de Cyrène, et ceux qui sont venus de Rome, Juifs et prosélytes, Crétois et Arabes, comment les entendons-nous parler dans nos langues des merveilles de Dieu ? 
Ils étaient tous dans l'étonnement, et, ne sachant que penser, ils se disaient les uns aux autres : Que veut dire ceci ? Mais d'autres se moquaient, et disaient: Ils sont pleins de vin doux.
&lt;/pre&gt;
&lt;p&gt;On a souvent l’idée que pour être compris, il faut être précis dans ce qu’on
raconte, utiliser les bons mots. D’ailleurs, &lt;ins&gt;combien de polémiques&lt;/ins&gt;
dans les médias suite à un mot dit pour un autre par un homme politique.
&lt;ins&gt;Nous-mêmes,&lt;/ins&gt; nous nous empoisonnons souvent l’existence en repensant
à des choses qu’on nous a dites : pourquoi a-t-il ou a-t-elle dit &lt;ins&gt;ce
mot là&lt;/ins&gt; ? Qu’y a-t-il derrière ? ça cache quoi ? Et bien
dans ce texte, Dieu nous dit que nous avons tort d‘être si pointilleux. Nous
avons d’un côté les apôtres, de l’autre le public des juifs des nations.
Comment les uns parlent aux autres ? Nous allons d’abord voir les choses
du côté de ceux qui parlent, les apôtres. Nous regarderons ensuite du côté de
ceux qui écoutent. Les peuples. Les apôtres. Combien sont-ils. Sont-ils les 12
apôtres ou les 120 missionnaires que Pierre a embauché au chapitre
précédent ? Ou les 12 + les 120 ? S’ils sont 132, ils ne peuvent pas
rentrer dans la Maison dont parle le texte. Mais s’ils ne sont que 12 comment
font -ils pour parler les 17 langues des peuples présents ? Ce n’est pas
pratique : ça veut dire que 5 apôtres sur 12 doivent parler deux langues
en même temps. On imagine qu’il faut placer deux phrases de cappadocien au
milieu d’une tirade en pamphylien. Imaginez le mélange, on ne doit pas
comprendre grand-chose. Voilà qui &lt;ins&gt;sont&lt;/ins&gt; les apôtres. Mais que
&lt;ins&gt;font&lt;/ins&gt;-ils ? Ce n’est guère plus clair. Ils revivent en partie
quelque chose qui s’est déjà passé il y a longtemps. Ceux qui vivent l’épisode
de Pentecôte, ou ceux qui lisent le texte des actes des apôtres reconnaissent
en effet dans ce qui arrive les même signaux qu’envoie Dieu quand il fait
descendre les Tables de la Loi, sur le Sinaï en Exode 19, 16-19. Sur le Sinaï
comme à Pentecote, il y des coups de tonnerres, des éclairs, le feu, une
épaisse nuée. Mais il y a une différence importante entre l’épisode sur le
Sinaï et l’épisode de Pentecôte. Dans le texte de l’Exode évoqué - la descente
de la loi au Sinaï - on est dans le précis, il y a des faits dont on nous dit
qu’ils se passent réellement : &lt;ins&gt;il y eut des tonnerres, des éclairs,
et une épaisse fumée. Le seigneur descendait dans la fumée, cette fumée
s’élevait.&lt;/ins&gt; C’est différent dans ce qui arrive aux apôtres. Il advint tout
à coup du ciel un fracas comme si un vent violent se mettait à souffler.
Apparurent à eux des langues comme du feu. Ils parlaient en d’autres langues
&lt;ins&gt;comme&lt;/ins&gt; si l’esprit se donnait de s’exprimer à eux. Ça veut dire quoi
ce &lt;ins&gt;comme&lt;/ins&gt; ? C’est un drôle de mot, &lt;ins&gt;comme&lt;/ins&gt; : Il
veut dire à la fois : “ c’est pareil ”. Et en même temps : “ C’est un
peu différent ”. ça veut dire : “ Je vous dis une chose pour que vous
compreniez mieux autre chose ”. C’est tout sauf précis. Compliqué ? Pas
tant que ça. On fait tous cela. Une soirée est prévue chez des amis ou des
cousins. Pour dire « je n’ai pas envie d’y aller », on ne dit pas
« je n’ai pas envie d’y aller », mais peut-être « je ne me sens pas
bien », « je n’ai rien à me mettre », « je me lève tôt demain matin
». Contrairement à ce qu’on croit souvent, à ce qui nous semble évident,
l’imprécision semble donc un moyen de se faire comprendre. Reprenons le
déroulement du récit : Se pose sur chacun d’eux une langue
&lt;ins&gt;comme&lt;/ins&gt; du feu : Quelque chose apparaît qui s’adapte à chacun des
apôtres. Ils se mirent à parler dans chaque langue, &lt;ins&gt;comme&lt;/ins&gt; si
l’esprit saint parlait par eux. L’imprécision d’un nouveau &lt;ins&gt;“ comme ”&lt;/ins&gt;
permet à chacun de ceux-là, de parler dans la langue de chacun des autres
auquel il s’adresse. De chacun selon ce qu’il est - différent, et il faut s’y
adapter - à chacun selon ce qu’il comprend : lui aussi différent, et il
faut s‘y adapter. Ce flou du côté des émetteurs, de ceux qui parlent, ce flou
voulu par Dieu, permet de mieux se comprendre. Il y a également du flou du côté
de la &lt;ins&gt;réception&lt;/ins&gt;. Intéressons-nous maintenant comme annoncé à ceux
qui reçoivent le message. Qui sont-ils ? C’est d’abord très imprécis. On
parle d’une manière vague des juifs pieux vivants dans tous les pays. Puis cela
se précise : il y a cette longue liste de nationalités qui &lt;ins&gt;nous&lt;/ins&gt;
parait bizarre. Mais une liste qui pour les auditeurs de l’époque &lt;ins&gt;est
familière&lt;/ins&gt;. Cette liste des nations, on la trouve déjà dans l’ancien
testament : c’est la liste des tribus issues de Noé, juste avant l’épisode
de Babel : La tour de Babel, une histoire de langues qui se mélangent,
mais où à la différence de Pentecôte, on ne se comprend pas. Est-ce exactement
la même liste ? Pas tout à fait : Rome a été ajoutée à la liste de
Babel. Là on pourrait se dire qu’on est précis quand même. Pourtant sont encore
ajoutés deux peuples qui mettent carrément le bazar. Les Crétois et les Arabes.
Ce qui dans le vocabulaire de l’époque signifie : tous ceux qui habitent à
l’ouest, tous ceux qui habitent à l’est ! On a une liste précise et puis
on rajoute : et puis tous les gens qui habitent à l’est et à
l’ouest ! Ça y est c’est encore à peu près autant imprécis que ça l’était
du côté du nombre des apôtres. Que font-ils ? Le miracle jusque-là c’était
quoi ? Les apôtres « &lt;ins&gt;parlent&lt;/ins&gt; en d’autres langues ». Mais
du côté des auditeurs juifs, c’est différent. Ils disent : “ Alors qu’ils
sont galiléens, comment se fait-il que chacun de nous les &lt;ins&gt;entende&lt;/ins&gt;
dans sa langue maternelle. ” Ils ne disent pas : “ Comment se fait-il
qu’ils &lt;ins&gt;parlent&lt;/ins&gt; dans nos langues maternelles. Mais bien :
Comment se fait-il que chacun de nous les &lt;ins&gt;entende&lt;/ins&gt; dans sa langue
maternelle ? Alors quel est le miracle ? Le miracle est-il de parler
la langue de l’autre ? De &lt;ins&gt;comprendre&lt;/ins&gt; la langue de
l’autre ? D’entendre l’autre comme s’il parlait ma langue alors qu‘il
parle la sienne ? Quelqu’un qui parlerait en kikongo et que je
comprendrais en français ? Que ce soit du côté de ceux qui parlent ou de
ceux qui écoutent, on est en tout cas loin de l’idée que pour être compris de
l’autre, il faudrait être précis : Chacune des parties en présence à une
identité imprécise. L’action elle-même, la nature du miracle – miracle du
parler ? miracle de l’écoute ? – n’est pas claire. La façon de
s’exprimer – l’importance du « comme » évoquée au début – laisse une
marge de quiproquo, d’erreur possible. Et ceux qui sont à l’extérieur de la
scène et la voient, qu’en pensent-ils ? Ils étaient &lt;ins&gt;stupéfaits&lt;/ins&gt;,
perplexes termine le texte. Et ils s’interrogent : Qu’est-ce que cela
signifie ? Qu’on pourrait traduire plus littéralement par : où
veulent-ils en venir ? Et vous vous demandez peut-être aussi : et lui
aussi , où veut-il lui en venir ? Je veux en venir à cela : ce qui
est fort, c’est que malgré les flous et les imprécisions, ils ont compris le
message. Le texte dit : “ Et pourtant, nous les entendons parler dans nos
diverses langues des grandes œuvres de Dieu ”. C’est cela le miracle. Que
malgré cette imprécision, ils se comprennent, et surtout, ils comprennent
&lt;ins&gt;les œuvres de Dieu&lt;/ins&gt;. Et nous pouvons-nous revivre ce miracle ?
Qu’est-ce qui nous permettrait de le revivre ? Nous, quand nous
rencontrons des gens qui n’ont pas les même langues que nous, comment cela se
passe-t-il ? Quand deux personnes de langues différentes se rencontrent,
on sait ce qui gêne dans la communication : on ne parle pas la même
langue. Alors, on utilise des gestes, des mimiques, le regard, « comme une
troisième langue », un « comme » qui permet d’échanger. On accepte
l’imprécision, jusqu’au flou total - parler avec les mains - pour essayer de
comprendre l’autre. Et n’est-ce pas finalement dans les cas où l’on croit
parler la même langue qu’on a parfois le plus de mal à se comprendre ? On
a l’impression que parce qu’une personne parle le français - ou le douala, ou
le kikongo - comme nous, il parlerait la même langue que nous. On s’accroche à
cela. Alors c’est autre chose qui peut nous gêner. Les fautes de grammaire ou
au contraire une langue trop bien léchée, trop maniérée. Il y peut y avoir le
maquillage, les habits, le fait que le pasteur porte ou pas une robe, ou a un
rabat mal placé, la façon qu’il ou elle a d’être plus ou moins collé ou à
distance de moi... Des façons d’être qui montrent différents rapports aux
normes du masculin ou du féminin. Ça crée comme un brouillard, quelque chose
qu’on ne perçoit pas toujours, d’inconscient mais qui nous trouble. Ainsi
naissent sans doute des rejets, des agacements, des gênes, des “ ils ne sont
pas comme nous ” qu‘on a du mal à identifier. Le texte d’aujourd’hui nous
invite pourtant à faire une place au flou, même si dans un premier temps, ce
flou nous gêne et nous désarçonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dieu nous invite à ne pas attendre des autres, à ne pas imposer aux autres
une trop grande obligation de précision dans leur façon de se présenter, de
s’exprimer. Faire l’effort d’être disponible à la langue de l’autre, de chacun,
de la personne que je rencontre. Et ce qui est valable pour nos sœurs et frères
humains, ne l’est-il pas aussi pour Dieu ? Trop souvent, n’attendons-nous
pas de Dieu des signes précis, des messages évidents. Parfois, il nous en
envoie. Mais parfois il décide d‘être flou, imprécis dans sa manière de
s‘adresser à nous. Pour que l’esprit saint puisse travailler, pour que son
message puisse s’adapter à nous. Et peut-être aussi pour que nous gardions
notre liberté, que nous ne devenions pas ses simples pions, d‘un Dieu qui nous
dirigerait comme un général dirige ses soldats avec des ordres précis et brefs.
A mon commandement, droite ! Cela ne nous dit-il pas aussi des choses sur
nos façons de construire nos églises ou la vie en société ?
Collectivement, ensemble, nous pouvons aussi inventer, pas seulement des
dogmes, des textes intelligents, des positions politiques, des dispositifs qui
marchent mais aussi inventer des “ comme ” : des liturgies, des chants,
des gestes, des flous, des ambiances. Des choses pas très précises mais qui
permettent de trouver des manières de dire les choses ensemble, qui laissent de
la place à chacun, quels que soient les horizons de la terre ou de l‘expérience
humaine dont nous venons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela est nécessaire pour une raison fondamentale : Pourquoi malgré
leurs différences, les personnages de Pentecôte arrivent-ils à se
comprendre ? Grâce à l’Esprit saint. En laissant du flou, de la place, de
l’imprécision et pas seulement des choses bien réglées, nous laissons de la
place pour que l’Esprit saint, Dieu, puisse s’insinuer, venir faire bouger les
choses, venir nous aider à nous comprendre les uns les autres. On ne respire
pas en fermant la bouche et le nez. On ne laisse pas rentrer l’esprit saint en
fermant, calfeutrant les portes et les fenêtres de nos vies, de nos églises, de
nos pays. &lt;strong&gt;Stéphane Lavignotte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Genèse 15,1-15 : Abraham, un peu juste ?</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2007/03/04/Genese-151-15-%3A-Abraham-un-peu-juste</link>
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    <pubDate>Sun, 04 Mar 2007 17:46:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Prédications</category>
        <category>Genèse</category><category>grâce</category><category>justice</category><category>théologie</category>    
    <description>&lt;p&gt;Pouvons-nous être justes aux yeux de Dieu ? Prédication de Stéphane
Lavignotte, pasteur-proposant de La Maison Verte du 4 mars 2007 sur Genèse
15,1-15. &amp;quot;Abram eut confiance en l'Éternel, qui le lui imputa à justice&amp;quot; :
tout un programme...&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;br /&gt;
Genèse 15&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15.1 Après ces événements, la parole de l'Éternel fut adressée à Abram dans
une vision, et il dit: Abram, ne crains point; je suis ton bouclier, et ta
récompense sera très grande.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15.2 Abram répondit: Seigneur Éternel, que me donneras-tu? Je m'en vais sans
enfants; et l'héritier de ma maison, c'est Éliézer de Damas.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15.3 Et Abram dit: Voici, tu ne m'as pas donné de postérité, et celui qui
est né dans ma maison sera mon héritier.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15.4 Alors la parole de l'Éternel lui fut adressée ainsi: Ce n'est pas lui
qui sera ton héritier, mais c'est celui qui sortira de tes entrailles qui sera
ton héritier.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15.5 Et après l'avoir conduit dehors, il dit: Regarde vers le ciel, et
compte les étoiles, si tu peux les compter. Et il lui dit: Telle sera ta
postérité.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15.6 Abram eut confiance en l'Éternel, qui le lui imputa à
justice.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15.7 L'Éternel lui dit encore: Je suis l'Éternel, qui t'ai fait sortir d'Ur
en Chaldée, pour te donner en possession ce pays.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15.8 Abram répondit: Seigneur Éternel, à quoi connaîtrai-je que je le
posséderai?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15.9 Et l'Éternel lui dit: Prends une génisse de trois ans, une chèvre de
trois ans, un bélier de trois ans, une tourterelle et une jeune
colombe.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15.10 Abram prit tous ces animaux, les coupa par le milieu, et mit chaque
morceau l'un vis-à-vis de l'autre; mais il ne partagea point les
oiseaux.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15.11 Les oiseaux de proie s'abattirent sur les cadavres; et Abram les
chassa.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15.12 Au coucher du soleil, un profond sommeil tomba sur Abram; et voici,
une frayeur et une grande obscurité vinrent l'assaillir.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15.13 Et l'Éternel dit à Abram: Sache que tes descendants seront étrangers
dans un pays qui ne sera point à eux; ils y seront asservis, et on les
opprimera pendant quatre cents ans.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15.14 Mais je jugerai la nation à laquelle ils seront asservis, et ils
sortiront ensuite avec de grandes richesses.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15.15 Toi, tu iras en paix vers tes pères, tu seras enterré après une
heureuse vieillesse.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15.16 A la quatrième génération, ils reviendront ici; car l'iniquité des
Amoréens n'est pas encore à son comble.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15.17 Quand le soleil fut couché, il y eut une obscurité profonde; et voici,
ce fut une fournaise fumante, et des flammes passèrent entre les animaux
partagés.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15.18 En ce jour-là, l'Éternel fit alliance avec Abram, et dit: Je donne ce
pays à ta postérité,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mine de rien, ce passage de la Genèse - un peu confus - est un des plus
importants de l’histoire de la théologie.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car en son milieu, il y a une phrase qui a provoqué des siècles de
controverse. Au verset 6, il est dit « Abram eut confiance en l'Éternel,
qui le lui imputa à justice. ». Cette phrase est difficile à comprendre.
L’apôtre Paul la traduit comme cela : « Abraham eut foi et cela lui
fut compté comme justice ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on essaie encore de le traduire dans notre langue d’aujourd’hui nous
dirions : « Abraham eu foi, confiance en Dieu et Dieu par ce fait
considéra qu’ Abraham était quelqu’un de juste ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a plein de difficultés là-dedans. La question est : qu’est-ce qui
fait qu’aux yeux de Dieu, on est un juste, quelqu’un de « bien »,
quelqu’un qui n’est pas « mauvais ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La première chose c’est qu’être juste aux yeux de Dieu, et contrairement à
ce que nous dirions spontanément, à ce que défend la théologie catholique, être
juste, cela ne passe pas par les actes que nous faisons. De quels actes
parlons-nous ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La première famille d’actes, c’est respecter ou non la loi religieuse. C’est
la question qui intéresse l’apôtre Paul dans l’épître aux romains. A l’époque
de Paul, des premiers chrétiens, la question est : faut-il ou non
respecter toutes les lois, toutes les règles du judaïsme, et en premier lieu,
faut-il se faire circoncire, la première des lois du judaïsme ? Paul
souligne quelque chose, que nous avons entendu tout à l‘heure dans les
lectures. Au moment où Dieu compte Abraham comme juste, il n’a pas été encore
été circoncis. La justice est donc donnée avant qu’existe toute loi. Et
d’ailleurs, les lois du judaïsme ne seront données que bien plus tard, les dix
commandements ne l’étant que lors de l‘Exode. Le fait d’être juste n’est donc
pas lié au respect des lois religieuses, pas plus celle du judaïsme hier, que
le respect du carême aujourd’hui. Paul insiste dans l’épître aux Romains :
« L’homme est justifié indépendamment des œuvres de la loi ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxième famille d’actes, c’est de bien se comporter dans ce monde. Faire
des bonnes actions, aider les pauvres, aider son prochain. Faire des
« œuvres » comme on dit. Est-ce cela qui nous rend juste devant
Dieu ? C’est sur cette deuxième famille d’acte qu’insisteront les
fondateurs du protestantisme, les réformateurs, Luther et Calvin. A leur
époque, l’église catholique a inventé un tarif. Suivant les actes que vous
faites - les actes religieux comme les pèlerinages ou les bonnes actions pour
les pauvres - vous avez des points. Et il faut un certain nombre de point pour
être considéré comme juste et aller au paradis. Et si vous voulez avoir des
points sans rien faire, et bien vous pouvez les acheter à l’église, avec de
l’argent, c’est ce qu’on appelait les indulgences. Cela révolte Luther.
D’autant que lui, a l’impression de n’arriver jamais à être juste. Il a
l’impression - et peut-être parfois ressentons-nous cela comme lui - que malgré
les efforts qu’il fait, il n’arrive jamais à suffisamment bien se comporter, et
ne se sent jamais juste devant Dieu. Luther va trouver dans la lecture que Paul
fait d’Abraham la fin de ses tourments.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous l’avons dit, Paul souligne qu’Abraham a été compté comme juste sans
respecter la loi religieuse. Mais qu’en était-il de ses actes ? Abraham
n’est pas parfait : quand il rencontre pharaon, pour sauver sa peau, il
n’hésite pas à mentir en faisant passer sa femme pour sa sœur, et la donner à
Pharaon quitte à ce qu’il abuse sexuellement d’elle. Mais malgré tout, Abraham
avait tout quitté, son pays, sa famille, il avait tout quitté, juste sur un
ordre de Dieu. Il allait vivre des choses très difficiles. Dieu allait lui
demander de sacrifier son fils, et il allait montrer qu’il était près à le
faire. Sans doute, aurons-nous beaucoup de mal à être aussi juste qu’Abraham
dans nos actions. Si on était juste par ses actes, alors c’est bien avec
Abraham qu’on pourrait le voir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, ce que nous dit le texte c’est que ce n’est pas en raison de ses actes -
mais de sa foi - que Dieu le considère comme juste. Il n’attend d’ailleurs pas
la fin de ses aventures, pour voir s’il se comporte assez bien pour être
considéré comme juste. Non, il le considère comme juste dès les premiers temps
de l’épopée, sans voir ce qu’il va faire ensuite. Le fait qu’il soit considéré
comme juste par Dieu n’a donc rien à voir avec ses actes.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul va dire dans l‘épître aux Galates : « Ni la circoncision, ni
l’incirconcision ne sont efficaces, mais la foi agissant par l’amour
».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul dira aussi dans l’épître aux romains - et Luther le lit comme une
révélation : « Nous estimons en effet que l’homme est justifié par la
foi indépendamment des œuvres de la loi ». Luther dans sa traduction de Paul
dira : par la foi seulement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’homme a beau faire, il n’arrive jamais à être juste. Nos œuvres sont
toujours imparfaites, insuffisantes. Face à Dieu, nous sommes trop petits pour
que nous puissions par nos actes, par nous même, être justes. Ce qui est
demandé est tel - donner son manteau, tout quitter de nos richesses matérielles
- que nous ne pouvons y arriver. Mais la justice de Dieu n’est pas une justice
humaine. Ce n’est pas : j’ai fait quelque chose de bien, j’ai un bon
point. J’ai fait quelque chose de mal, j’ai un mauvais point. Alors, comment
fonctionne-t-elle ? Il y a ce mot bizarre dans le texte
d’aujourd’hui : Dieu le lui compta comme justice. On traduit aussi :
Dieu le lui imputa comme justice. Parce que nous ne pouvons y arriver, la
justice c’est Dieu - qui nous aime - qui nous l’impute. Comme si nous étions
chauve, et qu’il nous implante les plus beaux cheveux du monde. Comme un
professeur qui sait que la réponse n’est pas exactement juste, mais qui
dit : « allez, je te le compte comme juste ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous considère comme juste, même si nous ne le sommes pas. Cette
générosité, c’est-ce qu’on appelle la grâce. Comme des condamnés, nous sommes
graciés. Ça ne veut pas dire que nous n’avons pas fait des choses mauvaises. Ça
ne veut pas dire que nous sommes devenus bons. Dieu a ce geste souverain, qui
dépend uniquement de sa bonne volonté : Il nous gracie. Il nous fait
juste. Dans nos actes, devant les hommes, nous sommes toujours injustes. Mais
nous sommes justes aux yeux de Dieux, car il nous regarde avec les yeux de
l’amour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la foi ? Le texte d’aujourd’hui dit : « Abram eut
confiance en l’éternel, qui lui imputa comme justice ». Paul dit :
« L’homme est justifié par la foi indépendamment des œuvres de la loi ».
Alors, ce ne serait pas les œuvres mais le fait de croire qui nous permettrait
d’être juste ? Il ne faudrait pas des kilos d’actes, de bonnes actions,
mais des kilos de foi pour être juste ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est ce qu’une lecture rapide peut donner à penser. Je crois que l’ensemble
du texte dit autre chose.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D’un côté il y a dans ce texte un dialogue.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dieu dit au début : Abram, ne craint point, je suis ton bouclier, et ta
récompense sera très grande. Puis plus loin : « Abram eut confiance
en l’éternel, qui lui imputa comme justice ». On a donc l’impression que c’est
bien la foi d’Abram qui entraîne le fait que Dieu le considère comme
juste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d’un autre côté, il y a tout le reste du texte. Abraham aurait
confiance ? Il aurait foi ? Mais quelle est la foi d’Abraham ?
Quand Dieu lui dit : « Abram, ne craint point, je suis ton bouclier,
et ta récompense sera très grande. », Abraham doute et discute avec Dieu. Il
lui fait remarquer qu’il n’a toujours pas d’héritier, que si ça continue, c’est
un de ses esclaves qui va hériter de lui. Dieu lui assure qu’il aura bien un
héritier, une descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel, un pays
qu‘il possédera. Mais Abraham ne se contente pas de la parole de Dieu, il
demande des preuves. Alors Dieu consent et lui propose de faire un sacrifice,
qui va se traduire par le prodige des flammes qui passent entre les deux
animaux coupés.&lt;/p&gt;
&lt;pre&gt;
Et ce sacrifice n’est pas seulement un sacrifice. Cette façon de couper des animaux en deux et de les mettre en vis-à-vis, c’était un rituel dans le Moyen-Orient de l’époque quand deux souverains passaient une alliance. C’est un geste juridique. C’est une garantir juridique.
&lt;/pre&gt;
&lt;p&gt;Au passage, Abraham s’endort, et il est assailli par la peur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est donc une drôle de foi qu’a Abraham. Une foi qui ne se contente pas de
ce que dit Dieu, mais qui le conteste, le discute à deux reprises. Une foi qui
demande des preuves. Une foi qui ne se contente pas d’un prodige de Dieu, mais
qui en plus demande un contrat, une alliance juridique entre lui et Dieu, une
garantie juridique des promesses de Dieu. Et malgré tout ça, il n’est pas
rassuré, il est assailli par la peur.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est donc loin d’être une foi parfaite.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n’est donc pas parce qu’Abraham aurait - au moins à ce moment là - une
foi exemplaire que Dieu lui donne sa justice. Nos actes sont trop minables pour
qu’ils puissent justifier la justice que nous compte Dieu. Mais la foi
d’Abraham ne permet pas plus cela. Notre foi non plus. Ce n’est donc ni notre
quantité d’acte, ni notre quantité de foi qui fait que Dieu nous considère
comme juste. Même avec une foi imparfaite, même avec une foi qui le conteste,
le discute, demande des preuves, des contrats, des garanties juridiques, et
bien Dieu le compte, nous compte, comme juste.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Là encore, c’est un acte de Dieu, indépendamment de nos mérites, qui fait
que nous sommes justes à ses yeux. Nous sommes justes à ses yeux, parce qu’il
nous aime, parce qu’il a pour nous les yeux de l’amour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais alors, à quoi servent les œuvres, à quoi sert la foi ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce cadeau que nous fait Dieu, de nous aimer, de nous considérer comme des
gens « bien » alors que nous nous considérons si imparfaits, il n’est
pas facile à accepter. Nous avons du mal à le comprendre et encore plus à le
vivre, à le ressentir alors que ça devrait nous faire bondir de joie. La foi -
et c’est sans doute Dieu aussi qui nous la donne - c’est cela : cela ne
sert pas à devenir juste, cela sert à ressentir que nous sommes justes aux yeux
de Dieu. La foi c’est le moyen de faire confiance en Dieu.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La foi c’est quand nous croyons assez en Dieu pour accepter, vivre,
ressentir l’idée que Dieu nous considère comme juste. La foi, c’est d’accepter
d’être accepté par Dieu bien que nous nous sachions inacceptables.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi, les œuvres, a quoi servent-elles alors ? Nous l’avons dit, ce
cadeau de la justice de Dieu est tellement gros que nous avons du mal à
l’accepter. Et Abraham, pour l’accepter, il demande des preuves, des
garanties.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous aussi, dans nos vies, nous cherchons des preuves. Nous nous appuyons
sur des béquilles parce que notre foi est vacillante. Quand nous agissons pour
les autres, nous donnons, mais nous recevons beaucoup. Des « mercis », des
sourires, des joies… Ce ne sont pas des garanties ou des assurances que nous
serions justes, ou sur le bon chemin. Ce sont plutôt des images, des paraboles,
des signes qui nous font comprendre, ressentir, sentir ce que veut dire se
sentir accepté alors qu’on se sent petit, pauvre, sans rien.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour à notre tour, le ressentir pour nous-mêmes devant Dieu. Quand nous
donnons gratuitement aux autres, quand nous nous consacrons à l’action pour les
autres, notre cœur, notre tête fonctionnent différemment. Et par cela,
peut-être arriverons-nous à mieux recevoir à notre tour, à mieux recevoir ce
cadeau gratuit de Dieu, ce cadeau en échange de rien que nous fait
Dieu.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En soi, cela ne nous sert à rien. Ce ne sont ni nos actes ni notre foi qui
font que Dieu nous considère comme juste. C’est Dieu qui nous l’offre. Notre
foi, nos œuvres, ce sont les béquilles qui nous permettent de recevoir ce
cadeau de Dieu. Ce sont des béquilles. Le moteur c’est Dieu et son
amour.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le schéma est inversé par rapport à ce que nous croyons
souvent.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n’est pas : je fais des choses bien, Dieu voit que je crois en lui,
Dieu compte tout ça, il trouve que j’en ai fait assez, il me considère comme
juste. C’est l’inverse : Dieu me considère comme juste. Si je le réalise,
si j’ai assez de foi pour le ressentir, l’accueillir dans ma vie, et bien je
n’ai plus à me soucier de moi, de mon avenir, je suis libéré de mes soucis, du
soucis de moi et je peux agir pour les autres. Les œuvres sont un moyen de
ressentir ce don de Dieu, Est-ce que je fais quand j’ai reçu ce don de
Dieu.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tout commence parce que Dieu, par amour, me considère comme juste. Et
cela nous met en route sur un chemin de justice et d’amour.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Luc 4,1-13 : Epreuve ou tentations ?</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2007/02/25/Luc-41-13-%3A-Epreuve-ou-tenations</link>
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    <pubDate>Sun, 25 Feb 2007 17:11:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Prédications</category>
        <category>Evangile de Luc</category><category>Jésus</category><category>théologie</category>    
    <description>&lt;p&gt;Prédication de ce dimanche 25 février 2007 de Stéphane Lavignotte,
pasteur-proposant à La Maison Verte sur Luc 4,1-13. Jésus est tenté après 40
jours de jeûne dans le désert. Comme les hébreux pendant 40 ans dans le
désert ?&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Luc 4 1. Jésus, rempli du Saint Esprit, revint du Jourdain, et il fut
conduit par l'Esprit dans le désert,&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. où il fut tenté par le diable pendant quarante jours. Il ne mangea rien
durant ces jours-là, et, après qu'ils furent écoulés, il eut faim.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Le diable lui dit: Si tu es Fils de Dieu, ordonne à cette pierre qu'elle
devienne du pain.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Jésus lui répondit: Il est écrit: L'Homme ne vivra pas de pain
seulement.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Le diable, l'ayant élevé, lui montra en un instant tous les royaumes de
la terre,&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. et lui dit: Je te donnerai toute cette puissance, et la gloire de ces
royaumes; car elle m'a été donnée, et je la donne à qui je veux.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Si donc tu te prosternes devant moi, elle sera toute à toi.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Jésus lui répondit: Il est écrit: Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et
tu le serviras lui seul.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. Le diable le conduisit encore à Jérusalem, le plaça sur le haut du
temple, et lui dit: Si tu es Fils de Dieu, jette-toi d'ici en bas; car il est
écrit:&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet, Afin qu'ils te
gardent;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. et: Ils te porteront sur les mains, De peur que ton pied ne heurte
contre une pierre.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12. Jésus lui répondit: Il es dit: Tu ne tenteras point le Seigneur, ton
Dieu.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13. Après l'avoir tenté de toutes ces manières, le diable s'éloigna de lui
jusqu'à un moment favorable.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;p&gt;Jésus est dans le désert, 40 jours. Ce n’est bien sûr pas un lieu et un
chiffre choisis au hasard.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela rappelle le peuple juif qui fuit l’Égypte et erre 40 ans dans le désert
du Sinaï.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour bien nous le rappeler, la première tentation fait directement référence
à cela. Cette histoire de pierre à transformer en pain rappelle un passage du
Deutéronome, au chapitre 8 que nous avons lu tout à l’heure :
« Souviens-toi de tout le chemin que l'Éternel, ton Dieu, t'a fait faire
pendant ces quarante années dans le désert, afin de l'humilier et de
t'éprouver, pour savoir quelles étaient les dispositions de ton coeur et si tu
garderais ou non ses commandements. (…) il t'a fait souffrir de la faim, et il
t'a nourri de la manne, (…) afin de t'apprendre que l'homme ne vit pas de pain
seulement, mais que l'homme vit de tout ce qui sort de la bouche de l'Éternel.
»&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Dernière tentation rappelle aussi le désert. Le passage de l’écriture que
cite Jésus - tu n’éprouveras pas le seigneur ton Dieu - fait référence à un
autre passage du Deutéronome en 6,16 : « Vous ne provoquerez pas le
seigneur ton Dieu comme vous l’avez provoqué à Massa ». A Massa, les Israélites
sont prêts à lapider Moïse : ils ont soif et ils se demandent pourquoi
Dieu les a fait sortir d’Égypte si c’est pour les laisser mourir de soif. Alors
Dieu ordonne à Moïse de frapper son bâton contre un rocher et une source en
jaillit. Le lieu s’appelle Massa parce que cela signifie
« provocation » en hébreu.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela signifie-t-il que c’est la même chose de devoir accepter des épreuves
envoyées par Dieu comme pour les israélites et de devoir résister à des
tentations du Diable comme Jésus ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le texte grec, c’est le même mot qui désigne épreuve et tentation. Mais
en Français, nous faisons la différence. D’après le petit Larousse, une
épreuve, c’est un conflit éprouvant le courage ou la résistance de quelqu’un.
Une tentation, toujours d’après le même dictionnaire, c’est l’attrait vers
quelque chose de défendu par une loi morale ou religieuse, l’incitation ou le
péché, la révolte contre une loi divine.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette définition de la tentation s’applique-t-elle à la situation de
Jésus ? Dans le texte que nous venons de lire, transformer une pierre en
pain, n’est pas en soi contraire à la morale, ce n’est pas défendu par une loi
morale et religieuse. Ce n’est pas la transformation de la pierre en pain qui
est en soi un problème. Quelle est donc la raison de Jésus pour résister à
cela ? Celle qu’il évoque lui-même est : « L’humain ne vivra pas
de pain seulement ». Mais il l’évoque alors qu’il est dit au début du texte
qu’il a faim. Il est aussi précisé qu’il a achevé ses quarante jours de jeûne
et la faim arrive ensuite. Le problème n’est donc pas que cela lui ferait
rompre son jeûne. Quel est donc le problème, d’autant qu’après tout, s’il
transformait la pierre en pain, quelle différence cela ferait-il avec Dieu qui
fait tomber la manne ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et bien la différence, elle est justement là. Qui fait quoi aux ordres de
qui et au profit de qui ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas de la manne, C’est Dieu qui agit. Il le fait pour les
israélites. Certes, ils ont râlé et protesté mais c’est Dieu qui a décidé. Dans
le cas de la pierre et du pain, l’ordre viendrait du Diable et c’est Jésus qui
déciderait de cet acte de puissance à la suite du diable.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, quand Jésus multiplie le pain et les poissons, ou transforme l’eau
en vin, il montre sa puissance et c‘est lui qui en décide. Oui, mais dans le
cas de la pierre et du pain, il le ferait pour lui, alors que dans le cas du
pain et des poisson ou de l’eau et du vin, il le fait pour d’autres. Et vous
remarquerez que dans les évangiles, Jésus, n’utilise jamais sa puissance pour
lui-même, même quand sa propre vie est en jeu. De plus, dans le cas du pain et
des poissons comme du pain et du vin, il le décide poussé par ses proches,
après pas mal de résistance.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a comme une espèce de séparation des pouvoirs, une volonté d’éviter les
conflits d’intérêts : ne jamais utiliser ses pouvoirs pour soi et à partir
de sa seule volonté.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tentation, ce serait alors moins une histoire de violer une règle morale
que le risque d’utiliser sa puissance à son propre profit, et non pour autrui.
Et il y aurait une circonstance aggravante : quand le donneur d’ordre est
douteux, une puissance négative ou soi-même pour son propre profit. En tous
cas, la tentation à laquelle il faut dire non est du côté de la puissance et du
pour soi.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l’épreuve ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D’abord, celui qui organise la situation, à la différence de la tentation,
ce n’est pas le diable mais Dieu. C’est donc censé être une bonne chose une
épreuve, quand la tentation en est une mauvaise. C’est Dieu qui crée le conflit
dont parle la définition du Petit Larousse. Il envoie les israélites dans le
désert. Il ordonne à Abraham d’aller sacrifier son fils. Il y a conflit alors
pour les personnes entre ce que leur ordonne Dieu et leur intérêt - manger,
boire…- ou leur sentiment profond - l’amour d’Abraham pour son fils. Il y a
conflit entre leur fidélité à leur intérêt, à leur famille et la fidélité à
Dieu. Dans l’épreuve, ils sont donc tentés de refuser l’ordre de Dieu. Quand
dans la tentation ils sont tentés d’accepter l’ordre du diable. Comme le dit la
définition du Petit Larousse, leur courage ou leur résistance sont éprouvés.
Arriveront-ils à continuer à dire « oui » à Dieu ? Face à la
tentation, arriveront-ils à dire « non » ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sent bien que la nuance est mince entre la tentation et l’épreuve :
dans les deux cas, il s’agit de savoir si on fait ou non quelque chose. Cette
nuance est d’autant plus difficile que dans la vie, on n‘a rarement l’occasion
d’avoir des signes pour savoir si la situation est organisée par Dieu ou le
diable, puisqu’elle l’est en général par les hommes.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour essayer d’avancer, reposons la même question que pour la tentation.
Dans la situation de l’épreuve, qui fait quoi aux ordres de qui ? Les
israélites ou Abraham obéissent à dit Dieu. Que font-ils ? Ils vont
jusqu’au bout du projet qu’il leur a été proposé. Ils continuent de dire
« oui ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la tentation essaie de nous pousser à une réponse à une situation par un
acte ponctuel - transformer une pierre en pain - l’épreuve est du côté de la
durée, de la persévérance.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la tentation est du côté de l’acte qui emmène un bénéfice pour soi,
l’épreuve n’amène pas un bénéfice évident. C’est presque de l’ordre de
l’absurde : à quoi sert de sacrifier son fils pour Abraham ? Cela ne
sert qu’à obéir à Dieu.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la tentation est du côté de la volonté de puissance à laquelle il faut
résister, l’épreuve est donc du côté de la confiance dans laquelle il faut
perdurer. Parfois jusqu’à l’absurde.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poser cela, c‘est éviter des contresens meurtriers qui ont parfois été
entretenus.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La thématique de l’épreuve a fait bien des dégâts notamment à cause des
églises. On a appelé « épreuve » des situations de détresses où les
gens subissaient une violence pendant longtemps. Une femme qui se fait battre
pendant des années par son conjoint, par exemple. On a reproché aux églises de
pousser à la passivité par rapport à cela. Ce type de violence, ce serait des
épreuves qu’il faudrait endurer. C’est bien sûr un contresens
complet.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment penser qu’une telle situation ait pu être installée par Dieu, comme
dans le cas de l‘épreuve ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N y a-t-il pas là au contraire une situation où une personne - le mari
violent - s’est complètement laissé piéger par la tentation d’une surpuissance
pour soi, contre l’autre ? Où quelqu’un n’a pas sûr dire « non »
à la tentation de la puissance. S’il y a quelque chose à apprendre de l’épreuve
dans ce genre de situation qui n‘ont rien d‘une épreuve envoyées par Dieu,
c’est de garder la confiance en Dieu, de garder la confiance en soi. D’avoir
suffisamment confiance en soi; non pas pour endurer et supporter la situation
sans rien faire, mais pour oser un acte de puissance pour soi : quitter le
domicile conjugal, porter plainte, dénoncer le mari violent. Et avoir
suffisamment de confiance pour essayer de le faire une nouvelle fois quand le
courage a manqué une première, une deuxième ou une dixième fois.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inversement, face à de nombreuses situations politiques, ne sommes nous pas
piégés par des tentations, là où nous avons à faire à des épreuves, même si ce
ne sont pas des épreuves envoyées par Dieu.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face au terrorisme, à la délinquance, à l’insécurité (des conflits qui
mettent à l’épreuve notre courage, notre persévérance) il y a la tentation
d’agir vite, d’agir fort, de bombarder un pays, de renforcer les forces de
police, bref de s’accorder un surcroît de puissance, quand la réponse demande
du courage, du sang-froid, du temps, de la persévérance.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les relations familiales, face à des enfants ou adolescents qui nous
cassent les pieds, n’y a-t-il pas aussi parfois la tentation de la puissance,
quand la réponse est la persévérance, le courage, le dialogue ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le plus grand risque pour nous croyants n’est-il pas de nous
transformer en tentateurs vis-à-vis de Dieu ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est sur cette idée que se termine le texte d’aujourd’hui. Le diable pousse
Jésus à sauter du pinacle du temple pour que Dieu envoie ses anges le sauver.
Jésus répond : tu ne tenteras pas le seigneur ton Dieu. Tu ne le pousseras
pas à montrer sa puissance.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi faudrait-il éviter que Dieu montre sa puissance ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-être parce que Dieu veut une autre relation avec l’humanité. Il
pourrait intervenir à tout bout de champs, arrêter une guerre par ci, une autre
par là, faire tomber à manger sur un pays qui a faim…&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais que resterait-il de l’homme dans ce cas là ? Il ne serait plus
rien, plus qu’un fétu de paille dans un monde entièrement régenté par Dieu. Il
ne serait qu’une marionnette dans les mains d’un grand marionnettiste. Au bout
du compte, ce surcroît de puissance de Dieu qui en serait bénéficiaire ?
L’humanité ? Ou plutôt, Dieu qui se serait un accordé un surcroît de
puissance pour lui-même.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dieu aurait alors succombé à la tentation, la même tentation à laquelle
résiste Jésus.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jésus nous invite à ne pas tenter Dieu à ne pas solliciter sa puissance, car
si Dieu attend que nous ayons confiance en lui, c’est qu’il a confiance en
nous. Il nous a laissé libre de gérer le monde qu’il nous a donné, il nous en a
laissé responsable. C’est souvent pour lui une épreuve, quand l’humanité
s’enfonce dans les guerres, dans les génocides, dans la destruction de la
planète. Mais il continue à nous faire confiance, et cela depuis des centaines
d’années. Il nous fait confiance même si c‘est beaucoup plus pénible que de
passer 40 ans dans le désert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pensons à cela quand nous prions Dieu.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand nous nous adressons à lui, est-ce que nous le tentons en lui demandant
d’intervenir par la puissance ou est-ce que nous exprimons notre confiance en
lui dans nos épreuves ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que nous évoquons nos problèmes pour qu’il les résolve à notre place
ou est-ce que nous le faisons pour qu’il soit toujours à côté de nous et nous
renouvelle sa confiance pour que nous puissions nous-mêmes sortir de nos
problèmes, pour que nous puissions nous-mêmes résister aux tentations des
réponses par la puissance ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Marc 13,24 : Royal, signe du Royaume ?</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2006/11/19/Royale-signe-du-Royaume</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:33d9ed45ee2ece3e10d13a84e9658a88</guid>
    <pubDate>Sun, 19 Nov 2006 23:38:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Prédications</category>
        <category>Evangile de Marc</category><category>théologie</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Prédication du 19 novembre 2006 consacrée par Stéphane Lavignotte,
pasteur proposant à La Maison Verte à Marc 13,24-33. Dans notre vie, dans notre
société, peut-on discerner des signes du Royaume ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;''Marc 13,24 24. Mais dans ces jours, après cette détresse, le soleil
s'obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière, 25. les étoiles tomberont du
ciel, et les puissances qui sont dans les cieux seront ébranlées. 26. Alors on
verra le Fils de l'homme venant sur les nuées avec une grande puissance et avec
gloire. 27. Alors il enverra les anges, et il rassemblera les élus des quatre
vents, de l'extrémité de la terre jusqu'à l'extrémité du ciel. 28.
Instruisez-vous par une comparaison tirée du figuier. Dès que ses branches
deviennent tendres, et que les feuilles poussent, vous connaissez que l'été est
proche. 29. De même, quand vous verrez ces choses arriver, sachez que le Fils
de l'homme est proche, à la porte. 30. Je vous le dis en vérité, cette
génération ne passera point, que tout cela n'arrive. 31. Le ciel et la terre
passeront, mais mes paroles ne passeront point. 32. Pour ce qui est du jour ou
de l'heure, personne ne le sait, ni les anges dans le ciel, ni le Fils, mais le
Père seul. 33. Prenez garde, veillez et priez; car vous ne savez quand ce temps
viendra.''&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;p&gt;Une femme plus jeune que la moyenne, avec des idées nouvelles a gagné les
élections internes au Parti socialiste. Ségolène Royal sera la candidate de ce
parti à la présidentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeudi, plusieurs lycées parisiens se sont mis en grève, sont partis en
manif, ont exigé d'être reçus par le Préfet de police de Paris. Ils
protestaient contre la menace qui pèse sur un lycéen du 20e
arrondissement : de nationalité étrangère, il doit être expulsé de
France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le même jour, avec un bénévole, nous sommes allés discuter politique,
actualité, avec les personnes accueillies au vestiaire de la Maison Verte.
Elles ont peu d'espoir que les choses changent, mais elles ont un vrai appétit
de politique, de débat, d'échange sur le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On aimerait que ce soit des signes que les choses peuvent changer. On
aimerait que naisse là un futur un peu moins dur que le présent que nous
vivons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On aimerait que ce soit comme au début du texte de Marc que nous avons lu.
Dans les temps sombres, que ce soit des signes que le Royaume de Dieu, va
venir. Que ce temps où Jésus reviendra, où le paradis s'instaurera sur terre,
où il y aura le lait et le miel, que ce temps-là, il est pour bientôt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pouvons-nous en discerner les signes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce titre, le texte d'aujourd'hui est déroutant. Les signes du royaume sont
présentés en trois temps, de trois manières différentes qui se succèdent sans
se ressembler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Première manière : On donne d'abord des images astrologiques : le
soleil s'obscurcit, la lune ne donne plus sa clarté, les étoiles tombent du
ciel. Cela enchaîne avec des images presque de mythes grecs où Jésus ressemble
à Zeus : Jésus revient sur des nuages, il envoie ses anges. Que
remarquons-nous ? ce sont des signes surnaturelles, d'un autre monde. Ce
sont d'abord des signes négatifs - le soleil, la lune etc. - qui annoncent des
signes positifs. Le négatif annonce le positif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxième manière. Une autre série d'image est donnée. On parle d'un figuier.
C'est le printemps, la sève y monte, il fait des nouvelles feuilles. Cela
annonce l'été, la bonne saison. Que remarquons-nous ? C'est une image
naturelle cette fois-ci et non plus surnaturelle. Ce sont des signes positifs,
qui annoncent des choses positives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La première manière et deuxième manière sont différentes. Pour savoir si le
Royaume va venir, on ne sait plus trop s'il faut regarder en l'air - le soleil,
la lune, les étoiles -, chercher du surnaturel. On en bas - le figuier, la
nature, les saisons - et chercher du naturel. On ne sait pas trop si le positif
du Royaume est annoncé par des signes négatifs comme dans la première image. Ou
par des signes positifs, comme dans la seconde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, dans ce texte de Marc, apparaît une troisième manière. Jésus fait une
troisième annonce aux gens qui sont avec lui. Une troisième façon de dire quand
le Royaume va venir : Jésus dit : le royaume va arriver avant que
vous ne mouriez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule difficulté, c'est que certes Jésus l'annonce de son vivant. Mais ce
texte est écrit au moins trente ans après cette annonce, trente ans après sa
mort. Certaines des personnes à qui il a annoncé cela sont déjà mort, et le
Royaume n'est pas arrivé. Et nous nous savons que deux mille ans après,
plusieurs générations après, malgré cette annonce, le royaume n'est pas arrivé.
La troisième façon de dire quand le Royaume va venir est une annonce - cela
viendra avant que cette génération ne meurt -, mais une annonce qui va échouer,
qui ne va pas se réaliser alors qu'elle est annoncée par Jésus lui-même.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle conclusion tirer de ces trois façon d’annoncer le royaume ?
Peut-on prévoir le Royaume ? Y a-t-il des signes qui peuvent nous faire
dire : ça y est, il arrive ? Résumons-nous. Ce texte suit une
progression. Au début, des images très précises de lune, de soleil, d'ange. Au
début la réponse est oui. Il y a des signes qui permettent de prévoir :
des choses inquiétantes et surnaturelles. Puis, vient l'image du figuier. Oui,
on peut prévoir. Mais les signes sont contradictoires avec les
précédents : le royaume n'est pas annoncé par des choses surnaturelles
mais naturelles, il n’est pas annoncé par des choses négatives, mais positives.
Puis cette histoire d'annonce. Une annonce que le royaume va arriver. Mais une
annonce qui va être démentie par la réalité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus on avance dans le texte, puis les choses se brouillent quant à la
possibilité de prévoir. On passe de franchement oui, à plutôt non. Et le texte
termine brutalement : peut-on deviner à travers des signes que le royaume
arriver ? Le texte dit : Au sujet de ce jour et de cette heure là,
personne ne peut savoir. Ni les anges - dont on parlait au début - ni le fils -
dont on parle au début et qui fait cette annonce démentie à la fin -, il n'y a
que le père qui sait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lecteurs qui auraient aimé avoir une réponse précise sur les signes qui
annoncent le Royaume restent sur leur fin. La quête des signes n'est
accessible, ni aux anges, ni à Jésus, ni à personne, pas à nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans les quelques lignes de la fin, il y a autre chose qui apparaît.
Nous ne pouvons pas savoir quand ça va arriver ? On pensait que ça allait
arriver avant la mort de la génération de Jésus, et ça fait 2000 ans qu'on
attend ? Alors, que faire puisque cette quête de signe est
illusoire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conclusion dit : Prenez garde, rester éveillés, car vous ne savez
pas quand le moment viendra. Il ne s'agit pas de guetter les signes. Ou alors,
on peut les guetter, mais on doit abandonner l'espoir de savoir les déchiffrer.
En revanche, il faut prendre garde et rester éveillé. Ça veut dire quoi prendre
garde et rester éveillé ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je soulignerai deux choses dans le texte : Le ciel et la terre
disparaîtront, mais mes paroles ne disparaîtront pas, au verset 32. Et ces deux
idées au milieu du texte, aux versets 28 et 29. Le moment du Royaume est
proche. Jésus est proche, il est à la porte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a la parole du seigneur, qui restera, même quand le Royaume sera venu
et qu'il n'y aura plus ni ciel ni terre. La parole du seigneur est toujours
avec nous. Nous pouvons la méditer, nous en nourrir. Nous ne savons quand ça va
arriver, ni comment, mais la parole, elle, sera toujours là.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis cette idée du proche. C'est un petit mot en grec eggus. Il veut dire
à la fois proche dans le temps et proche géographiquement, physiquement. Le
royaume n'est pas loin. Il peut venir à n'importe quel moment. Jésus n'est pas
loin. Il peut revenir à n'importe quel moment. Certes, faire venir le royaume,
faire revenir Jésus, on ne peut pas le prévoir et on ne peut pas le faire
nous-même.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais réaliser qu'il est proche de nous, cela ça dépend de nous. Méditer sa
parole, vivre les commandements d'amour qu'il nous a laissé, vivre son appel à
rencontrer et accueillir chacun quel qu'il soit, ne pas avoir peur de défier
les conformismes, et les autres autorités de notre temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne serons pas Jésus pour autant. Cela ne le fera pas venir. Cela ne
nous permettra pas de découvrir, de déchiffrer les signe du Royaume, cela ne
nous permettra pas de faire venir le royaume. Mais nous nous rapprocherons de
lui qui est proche de nous. Nous serons sur nos gardes, nous serons éveillés.
Quand il viendra, nous pourrons dire : nous avons tout fait pour vivre
selon ta parole, pour être proche de toi en étant proche de ta parole et de nos
sœurs et frères.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pendant tout ce temps, notre cœur aura battu plus fort. Notre amour aura
grandi. Nous aurons vécu de belles choses. Et en attendant sereinement le
royaume, le monde sera peut-être devenu plus humains. Plus humains pour ceux
qui croient comme ces militants du parti socialiste, ou ces militants
d'ailleurs, d'autres partis, de la Cimade ou de la Mission populaire, qui
croient qu'on peut changer le monde en s'engageant. Plus humain pour ces élèves
sans papiers et leurs camarades qui les soutiennent. Plus humains pour ce SDF,
ce retraité sans le sous, ce travailleurs immigré qui cherche du travail,
toutes ces personnes rencontrées jeudi dernier au vestiaire de La Maison Verte.
Non seulement, ce monde sera plus humain, plus éveillé, plus proche. Mais ce
monde se sera rapproché de ce que serait un monde où le Royaume serait venu, ou
Jésus serait revenu. Nous ne pouvons pas lire les signes. Mais pour pouvons
être nous-mêmes des signes, non pas des signes que le royaume va venir, là,
maintenant, mais que le royaume est proche, que Jésus est proche de nous, de
nos vies, des vies de nos contemporains. Que oui, un jour, le royaume
viendra.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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