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  <title>La Maison Verte, Fraternité de la Mission Populaire Evangélique (Paris 18) - engagement</title>
  <link>http://blog.lamaisonverte.org/</link>
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  <language>fr</language>
  <pubDate>Sat, 19 Jul 2008 21:59:43 +0200</pubDate>
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  <item>
    <title>La Maison Verte, la lutte contre le racisme, les discriminations et pour la dignité des étrangers</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2008/07/06/La-Maison-Verte-la-lutte-contre-le-racisme-les-discriminations-et-la-dignite-des-etrangers</link>
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    <pubDate>Sun, 06 Jul 2008 19:08:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Notre histoire...</category>
        <category>discriminations</category><category>engagement</category><category>sans-papiers</category>    
    <description>&lt;p&gt;Dans notre travail quotidien (alphabétisation, accompagnement social...),
dans nos mobilisations pour les sans-papiers de La Maison Verte ou d'ailleurs
(Cercle de silence...), nous nous battons pour la dignité des personnes que
l'ont dit &amp;quot;étrangères&amp;quot;, mais qui ne le sont pas pour nous... Quelques dates de
l'histoire de La Maison Verte sur ces questions...&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://blog.lamaisonverte.org/public/./.Nouvelle_image_m.jpg&quot; alt=&quot;82maisonverte&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;82maisonverte, juil 2008&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Grèves de la faim de réfugiés Kurdes en mai 82.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'époque du pasteur Jean Joussellin&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1942-1944 Cache des enfants juifs par Jean Joussellin et Renée David&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'époque du pasteur Charly Heydrich (1969-1980)&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27 octobre 1971 assassinat de Djilali Ben Ali, jeune Algérien de 15 ans,
dans le quartier de la Goutte d’Or à Paris, par le concubin de la concierge de
l’immeuble où il habitait. Le comité de soutien (Secours Rouge, Michel
Foucault, Claude Mauriac, Maurice Clavel etc.) se réunit à La Maison Verte.
Charly Hedrich manifeste en tête d'une manifestation de 3000 personnes contre
le meurtre.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Novembre 1972 Participation de La Maison Verte au mouvement contre la
circulaire Fontanet. Grève de la faim de Saïd Bouziri (aujourd'hui
vice-président de la Ligue des droits de l'homme).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin novembre 72 Création du Comité de Défense de la Vie et des Droits des
Travailleurs Immigrés (CDVDTI). Une partie des activités a lieu à La Maison
Verte.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11 février 1980 17 ouvriers (dont une femme) tous de Turquie et sans papiers
travaillant dans la confection entament une grève de la faim à la Maison Verte.
Un collectif de soutien (MTI, GISTI, Groupe de femmes algériennes, LCF, OCT,
FASTI, PS, PSU…) appelle à une solidarité active.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17 février 1980 M. Lionel Stoléru, secrétaire d’Etat aux travailleurs
immigrés, leut rend visite à La Maison Verte puis déclare « Leur
régularisation est malheureusement impossible… Paris ne doit pas devenir
Hong-Kong sur Seine ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'époque du pasteur Jean-Jacques Dietsch (aout 1980 - juillet
84)&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Jacques Dietsch : « Pour ce qui est des « étrangers »,
nous avions parmi nous Françoise Demeure qui revenait du Vietnamet nous y
sensibilisait. Nous avons vendu le Temple de la rue du Simplon aux orthodoxes
Serbes. Cela a été l’occasion de contacts plus étroits avec eux. Il y avait le
groupe des femmes immigrées du lundi après-midi pour lequel il était absolument
souhaité que les hommes de la maison soient absents. (Cela a été l’occasion
pour moi d’aller suivre les cours de Jean Baubérot pour un séminaire sur les
sociologies do protestantisme.). Ces femmes, essentiellement marocaines et
africaines, apportaient des recettes de cuisine et nous en avons bien profité
par la suite !&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait aussi Kurt Anschutz, pasteur allemand ordonné au ministère
pastoral à la Maison Verte, (avec Georges Casalis) et le « groupe de
solidarité avec les tous peuples opprimés ». Cela nous a valu beaucoup de
contacts avec des gens d’Amérique Latine et Centrale (Nicaragua, Guatemala, San
Salvador, Chili)… et aussi un petit procès entre deux associations qui avaient
pris le même nom. C’est un peu par ces contacts que Jean-François Fourel (un
des permanents de la Maison Verte à l’époque) est parti plus tard au
Nicaragua.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons reçu au moins deux grèves de la faim avec des Kurdes (janvier 81
et mai 82, voir photo) et puis en mars 83 celle organisée par les amis de de
Vanni Mulinaris, un italien emprisonné soupçonné d’avoir été le cerveau des
brigades rouges. L'abbé Pierre, oncle de la compagne de Giovanni Mulinaris
avait prêché au culte du dimanche lors de cette grève de la faim.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les associations partenaires actives, qui nous ont sensibilisés à la
présence et à la relation aux « étrangers » de notre quartier, il y
avait le MRAP (Mouvement contre Le Racisme et l’Amitié entre les
Peuples.)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait aussi, par le truchement des réseaux d’églises, des contacts
nombreux avec des africains et des malgaches, accompagnements ponctuels
d’urgence ou partenariat plus régulier …&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe Zachée avait choisi en1981-82, comme thème de l’année
« l’étranger et l’hospitalité »&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1983, étaient présentes, par exemple, en plus du MRAP, une association
marocaine, une permanence anti-expulsion, les Togolais à Paris. Il était de bon
ton d’être anti-raciste à l’époque à la Maison Verte.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne me souviens pas d’une résistance de la part du Conseil presbytéral de
l’Eglise Réformée de Montmartre ou même du milieu populaire de l’époque.
C’était aussi l’époque du syndicaliste Lech Walesa et de Solidarnosk en
Pologne, qui nous ont valu de nombreuses réunions et le port, par plusieurs
d’entre nous de l’insigne « Solidarnosk ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui a aidé, aussi, c’est sans doute la présence de nombreux stagiaires
étrangers (en particulier de Villigst, (cet organisme allemand donnant des
bourses aux jeunes étudiants intéressés par la lutte contre le fascisme) et les
américains comme Steve et Jean, qui montraient bien que l’on peut ne pas avoir
toujours tout juste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'époque du pasteur Jean-Paul Morley (92-99)&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Paul Morley : « Je ne sais plus trop… En fait, la MV, de ‘mon
temps’ n’était pas tellement militante, et se concentrait plutôt sur le travail
de terrain, y compris création de l’Association Intermédiaire Eureka, qui
faisait travailler des centaines, ou le vestiaire, qui s’accompagnait de
démarches papiers et autres, ou le soutien scolaire et les camps de vacances,
en majo bien sûr pour des enfants étrangers, des cultes franco-africains,
etc... Bref, on cultivait le vivre-ensemble plus qu’on ne le promouvait en
réseaux etc.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais même plus pourquoi était la grève de la faim déroulée chez nous…
Et puis il y a eu l’occupation, brève, de la MV par un collectif de
sans-papiers/sans abris… On a participé à une fête de baptêmes républicains
d’étrangers… Mais nos partenaires étaient plus souvent des associations locales
françaises que des nationales plus militantes. »&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Sans-papiers : le mouvement de 1972</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2008/03/30/Sans-papiers-%3A-le-mouvement-de-1972</link>
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    <pubDate>Sun, 30 Mar 2008 23:03:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Notre histoire...</category>
        <category>engagement</category><category>sans-papiers</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Le mouvement des sans-papiers lors de la publication le 16 octobre 1972 de
la circulaire Fontanet se déroule notamment dans le 18e avec la figure de Saïd
Bouziri, actuellement responsable national de la Ligue des droits de l'homme.
Une partie des réunions se passa sans doute à La Maison Verte et &amp;quot;le pasteur du
coin, très actif&amp;quot; dont parle Saïd Bouziri est bien sûr Charly Hedrich...
&lt;a href=&quot;http://www.gisti.org/doc/plein-droit/11/clandestinite.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Voir l'interview de Saïd Bouziri sur le site du GISTI.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Luc 25,14-33 : Jésus, gourou ?</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2007/10/12/Jesus-gourou</link>
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    <pubDate>Fri, 12 Oct 2007 16:45:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Prédications</category>
        <category>Bible</category><category>engagement</category><category>Evangile de Luc</category><category>Jésus</category>    
    <description>&lt;p&gt;Jésus pose des questions impossible pour le suivre. Une dérive sectaire en
Galilée ? Luc 25,14-33&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;De grandes foules faisaient route avec Jésus. Il se retourna, et leur
dit:&lt;br /&gt;
Si quelqu'un vient à moi, et s'il ne hait pas son père, sa mère, sa femme, ses
enfants, ses frères, et ses soeurs, et même à sa propre vie, il ne peut être
mon disciple.&lt;br /&gt;
Et quiconque ne porte pas sa croix, et ne me suis pas, ne peut être mon
disciple.&lt;br /&gt;
Car, lequel de vous, s'il veut bâtir une tour, ne s'assied d'abord pour
calculer la dépense et voir s'il a de quoi la terminer,&lt;br /&gt;
de peur qu'après avoir posé les fondements, il ne puisse l'achever, et que tous
ceux qui le verront ne se mettent à le railler,&lt;br /&gt;
en disant: Cet homme a commencé à bâtir, et il n'a pu achever?&lt;br /&gt;
Ou quel roi, s'il va faire la guerre à un autre roi, ne s'assied d'abord pour
examiner s'il peut, avec dix mille hommes, marcher à la rencontre de celui qui
vient l'attaquer avec vingt mille?&lt;br /&gt;
S'il ne le peut, tandis que cet autre roi est encore loin, il lui envoie une
ambassade pour demander la paix.&lt;br /&gt;
Ainsi donc, quiconque d'entre vous ne renonce pas à tout ce qu'il possède ne
peut être mon disciple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand j’ai lu ce texte de l’évangile de Luc, je vous avoue que j’ai pris
peur.&lt;br /&gt;
Je n’ai pas reconnu le Jésus qui aimait bien les prostituées, les
fonctionnaires véreux et les voleurs.&lt;br /&gt;
Je me suis dit : qu’est-ce qui lui prend de donner l’impression de vouloir
recruter une armée de purs, durs et saints, près à tout abandonner pour lui.
Est-ce bien raisonnable Monsieur Jésus-Christ ?&lt;br /&gt;
Imaginez-vous que ce texte tombe dans les mains d’un pasteur peu scrupuleux
?&lt;br /&gt;
Où aujourd’hui demande-t-on de préférer le chef de l’église à sa famille,
jusqu’à rompre ses liens avec elle et même la haïr, car le texte en grec parle
bien de haïr son père sa mère, son père etc. ?&lt;br /&gt;
Où cultive-t-on la haine de soi pour préférer le chef ?&lt;br /&gt;
Où demande-t-on d’abandonner ses richesses… pour les donner au chef ?
Aujourd’hui quelqu’un qui dirait cela publiquement, on dirait que c’est le
dangereux gourou d’une dangereuse secte, et pas un gourou très malin car en
général, les sectes aboutissent à cela mais sous couvert de vous vendre du
développement personnel, des mystères ésotériques et ce genre de
mayonnaise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui, je me suis inquiété.&lt;br /&gt;
Voilà que Jésus nous dit que pour être ses disciples, il faut d’abord
s’asseoir, réfléchir aux conséquences et se dire qu’on va en assumer clairement
toutes les conséquences.&lt;br /&gt;
Et ce n’est qu’après cela qu’on doit s’engager.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, souvent, quand on a eu un baptême enfant, on est rentré progressivement
dans la foi. La rencontre s’est faite petit à petit.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Même moi qui ai été incroyant les – allez, – 25 première années de ma vie
avant de faire un baptême d’adulte – d’ailleurs ici même à La Rencontre – j’ai
bien rédigé une confession de foi, où je disais ce en quoi je croyais.&lt;br /&gt;
Mais si on m’avait présenté ce texte en disant : en voilà les
conséquences, es-tu prêt à les assumer jusqu’au bout est-ce que j’aurais signé
?&lt;br /&gt;
Pas sûr !&lt;br /&gt;
D’ailleurs je crois qu’il y aurait trois filles à la maison pour m’en empêcher
!&lt;br /&gt;
Imaginez-vous présenter cela à des adolescents qui font leur confirmation.
« Maman, papa, je préfère Jésus, vous et aussi mes frères et sœurs, je
vous hais ! ». Quel succès nous aurions dans les familles !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’ailleurs chose étonnante, ce passage sur les parents est complètement
contradictoire avec l’obligation posée par le Décalogue de respecter ses
parents. Ne pas respecter le Décalogue, donné par Dieu lui-même sur le Mont
Sinaï, on voit bien qu’il y a quelque chose qui cloche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors, comment comprendre ce discours de Jésus ?&lt;br /&gt;
Il faut avoir l’honnêteté de dire, que oui, rien n’interdit de l’interpréter
comme un appel à une discipline de disciples qui frise la secte. Mais rien
n’interdit non plus d’essayer d’aller un peu plus loin que cette première
impression qui tranche avec le Jésus dont je parlais au début, l’ami des
prostituées, des fonctionnaires véreux et des voleurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Première hypothèse : contrairement à l’évidence, Jésus ne parle pas de ses
disciples, il ne parle pas à la foule des conditions pour être disciple, il ne
parle pas de notre vie de disciple. Juste avant, on vient de lui annoncer
qu’Hérode le cherchait pour le tuer. Dans les mises en garde sur ce qui risque
d’arriver aux disciples, il indique que chacun devra porter sa croix de
lui-même. Si aujourd’hui, c’est devenu une expression courante – chacun porte
sa croix- ce n’était sûrement pas le cas à l’époque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Peut-être que Jésus ne parle pas de la vie de disciple mais qu’il parle de
lui-même.&lt;br /&gt;
Ce texte est une des nombreuses annonces à ceux qui le suivent qu’il va être
arrêté, torturé, crucifié. On sait que ceux qui le suivent, et qui pensent
qu’il est le Messie juif qui va amener la fin des temps, ont du mal à entendre
qu’il va lui arriver une chose pareille. Il devra leur répéter de nombreuses
fois. Il ne parle pas de la vie disciple, mais il parle de sa mort
future.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deuxième hypothèse, qui n’exclue pas la première : Jésus avec cette liste
d’exigence, contrairement à l’évidence, ne pose pas des conditions pour être
disciple. Il les met en garde. Dans la première parabole utilisée, la
construction d’une tour, il parle de la dépense qui va être nécessaire.&lt;br /&gt;
Car jusque-là, la vie de disciple était plutôt dans le tout bénéf’ que dans la
dépense. Jusque-là, suivre Jésus, ça ressemblait à une partie de campagne
doublée d’un spectacle de magie. On se promène à travers toute la Galilée. On
assiste à des miracles, des guérisons. On fait des pique-niques où il y a à
manger pour tout le monde même quand on est arrivé les mains vides.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jésus prévient, qu’être disciple, ça risque de ne pas toujours être comme ça.
On risque de ne pas être compris par sa famille, jusqu’à une haine réciproque.
On risque d’être moqué. On risque d’être crucifié. Ou peut-être pire, comme le
roi de la dernière parabole, être obligé de faire la paix, se compromettre avec
un ennemi qu’on détestait tellement qu’on était prêt à lui faire la guerre. Et
finalement, si on pense que Jésus avec ce texte ne pose pas des conditions
d’adhésions aux disciples, mais les met en garde sur ce qui leur arrivera par
la suite, alors, il n’est pas si dur que cela.&lt;br /&gt;
Il est même en deçà de la réalité. Les disciples de Jésus vont êtres rejetés
par la synagogue, autant dire pas seulement par les parents, mais par toute la
société juive. Ils vont être lapidés, comme Étienne sous les yeux de Paul. Ils
vont devoirs s’exiler en Syrie. Ils vont devoir se cacher dans les catacombes
et même finir mangés par des lions. Voyez, Jésus est en dessous de la réalité
!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand il leur dit ça, il leur redit aussi ce qui était notre première
hypothèse. Si les disciples de Jésus vont avoir un tel sort, c’est qu’il n’est
pas le Messie à la manière juive, celui qui amène le Royaume. Car le Royaume,
c’est d’abord la fin des temps, la fin des violences et des injustices pour
tous. Un temps où le lion dort avec l’agneau, et pas un temps où le lion bouffe
le disciple !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais j’ai une troisième hypothèse : Jusque-là, suivre Jésus ressemblait à
une partie de campagne. Ça ressemblait aussi à « Amélie Poulain en Galilée
». La foule entendait des belles histoires, pleine de tendresse sur les
derniers qui seront les premiers, sur l’obligation de s’occuper des pauvres.
D’être gentil, quoi. Qu’en pensent ces auditeurs ?&lt;br /&gt;
Vu le succès qu’il a, Jésus est en droit de se demander s’il n’y a pas
ambiguïté sur ce qu’il raconte.&lt;br /&gt;
Le risque est le suivant : que ses auditeurs entendent ses paraboles, se
disent juste : ouais, c’est sympa, des belles histoires, c’est sûr, il
faut être gentil. Alors je pense que dans ce passage, ce que fait Jésus c’est
d’abord ça : Mettre les points sur le i. L’appel au partage des richesses,
celui à réhabiliter le jubilé, cette tradition de l’ancien Israël d’abolir
toutes les dettes, de libérer les esclaves, de se remettre à égalité de
richesse, ce ne sont pas que des mots pour Jésus : il veut que les gens
essayent de le vivre pour de vrai.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’appel à renverser les castes qui divisaient la société israélienne, laissant
les samaritains de côté, partageant la société entre purs et impurs : ce
n’est pas de la blague. Et bien d’autres choses dont il veut que la foule les
prenne au sérieux, tente de les vivre dans la réalité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Face à cette foule, Jésus fait un choix. Soit, il continue dans le succès. Mais
sans avoir mis les points sur le i, il risque d’avoir une grande église mais
qui ne dira plus rien du tout, et ne changera rien du tout. Soit il met les
points sur les i, quitte à faire partir du monde. Mais il aura derrière lui une
minorité active, qui s’engage réellement dans ce qu’il dit, change les choses,
influence la société. Et continuera à les changer, même quand il ne sera plus
là.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il choisit donc d’avoir - non pas une foule qui continue à faire route dans
tous les sens - mais un groupe moindre, Un groupe qui prend le temps de
s’asseoir de temps en temps et de se dire : en quoi est-ce que je
crois ? Qu’est-ce qui est le plus important pour moi ? Qu’est-ce que
je suis prêt à changer de mon mode de vie ? Comment je m’engage dans le
monde ?&lt;br /&gt;
Et je crois qu’elle est là, l’actualité de ce texte pour nous.&lt;br /&gt;
Nous n’avons pas le soucis, comme les lecteurs de l’époque où a été écrit ce
texte, de comprendre pourquoi Jésus n’a pas été un Messie juif qui a fait
advenir le royaume, centre des deux premières hypothèses. Pour nous, le Messie,
il meurt et il ressuscite, nous insistons sur la résurrection, et sur le
Royaume, mais au moment de son retour. Nous ne sommes pas dans la déception
d’un Messie qui n’a pas amené le Royaume, mais dans l’attente d’une Messie qui
va revenir et va installer le Royaume. Et notre boulot, c’est de préparer les
chemin de ce Royaume.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jésus, veut que ceux qui entendent son message, hier/aujourd’hui, prennent au
sérieux ce qu’il nous dit sur les modes de vie, sur les relations entre les
personnes, sur l’engagement face aux injustices du monde. Ce texte nous invite
donc à arrêter de temps en temps de faire route. À se demander quelles sont nos
attaches, ce qui est plus important pour nous. Jésus ? Notre
famille ? Notre travail ? Notre petit confort ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que voudrait dire pour nous renoncer à tous nos biens ? Pourquoi
sommes-nous attachés à ce point à nos biens ? Qu’est-ce que cela dit sur
l’importance que nous donnons par rapport à nos biens, à nos liens, familiaux,
communautaires, sociaux ? À notre richesse intérieure, à notre lien avec
Jésus ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Préférer Jésus à notre propre vie, ne serait-ce pas nous demander si nous
sommes prêt à tout pour conserver notre vie, notre façon de vivre, même si il
est contradictoire avec les appels de Jésus à respecter le plus petit, le plus
faible, à être à l’écoute de la nature ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Être prêt à porter sa propre croix pour suivre Jésus, n’est-ce pas nous
demander si parfois, nous ne la faisons pas porter par d’autres ?&lt;br /&gt;
Nos soucis de boulot à notre famille. Nos névroses d’enfance à nos
enfants ? Ne pas faire porter notre croix à d’autres, n’est-ce pas se
demander si nous ne faisons pas travailler d’autres en contradiction avec ce
que signifie éthiquement être disciple de Jésus ?&lt;br /&gt;
/////&lt;br /&gt;
Après que Jésus ait prononcé ce discours très dur, le texte ne dit rien sur le
nombre de personnes qui ont continué à le suivre. On ne dit pas que tout le
monde l’abandonne. Difficile de croire pour autant qu’ils se soient tous mis à
haïr leurs parents, ou ont abandonné toutes leurs richesses. Jésus dans les
chapitres qui suivent parle ensuite du sel qui ne doit pas perdre de sa saveur
et surtout de la brebis perdue plus importante que le troupeau. Il retrouve son
côté indulgent, d’abord héraut de l’amour. Il sait que nous sommes tous et
toutes des brebis perdues au regard de ce qu’il nous propose comme vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous ne sommes pas placés devant le choix de tout appliquer à la lettre ou de
ne plus être disciple de Jésus. Non, Jésus, qui sait que nous sommes ses brebis
perdues, nous demande au moins, de temps en temps, d’arrêter de courir par
monts et par vaux, de s’asseoir, et de délibérer en soi. D’entrer en débat avec
soi-même sur notre propre vie, d’au moins oser nous poser les questions sur ce
qui est important pour nous.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déjà, et ce n’est pas si facile, de temps en temps, se poser ces
questions.&lt;br /&gt;
J’ai dit.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>« Tolérer n'est pas accepter... »</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2007/06/01/Tolerer-nest-pas-accepter</link>
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    <pubDate>Fri, 01 Jun 2007 15:00:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Inclusivité</category>
        <category>engagement</category><category>homosexualité</category><category>Inclusivité</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lors de la célébration interreligieuse du 17 mai à La Maison Verte,
dans le cadre de la Journée mondiale contre l'homophobie, Jean-loup Othenin a
lu ce texte en introduction.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://blog.lamaisonverte.org/public/homophobie.JPG&quot; alt=&quot;homophobie.JPG&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;ins&gt;Homophobie&lt;/ins&gt;…il s’agit bien-sûr de la peur, la phobie, inspirée par
les homos, entendez les homosexuels. Mais étrangement ce mot, pris au sens
littéral, semble nous dire autre chose. Homo-phobie… ce n’est autre que la
peur, la phobie, toujours, mais inspirée par le semblable, le même. Ce n’est
certes pas ce que voulaient dire ceux qui ont construit le mot, mais c’est
pourtant ce qu’il dit de lui-même.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Serait alors homophobe celui qui aurait peur de ses semblables, de ceux qui,
au final, lui ressemblent, plus qu’ils ne diffèrent de lui. Tiens donc, idée
étrange a priori que celle-là : la peur et la haine de l’autre qu’elle
engendre pourrait donc provenir de ce que cet autre est un peu trop semblable à
moi, qu’il n’est pas assez différent, au point qu’on risque de me confondre
avec lui, au point que je puisse, si je n’y prend garde, me reconnaître en lui,
ou pire encore me découvrir au travers de lui. Tiens donc… étrange idée ?
Peut-être pas si étrange que cela. Mais continuons notre cheminement. S’il
s’agit bien d’une haine des semblables, l’homophobie devrait se manifester
surtout à l’égard de tout ce qui risque de confondre les homosexuels, pardon
les homos, les semblables, avec le reste de la population. Et, a contrario, les
homos qui acceptent de rester à une place suffisamment distincte du reste de la
société, à la marge, seraient finalement relativement bien tolérés.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais n’est-ce pas effectivement ce que nous constatons ?
L’homosexualité est relativement bien tolérée tant qu’il s’agit du fait
d’individus marginaux avec lesquels il n’y a pas de risque pour la majorité
d’être confondus. Une procession de chars défilant bruyamment dans les rues
avec à son bord un aréopage folklorique de jeunes gens à moitié nus se
déhanchant lascivement sur de la techno, cela peut encore choquer quelques
braves gens, mais c’est finalement assez rassurant, y compris et surtout pour
ces mêmes braves gens. Cela permet à chacun de se dire que nous vivons dans une
société ouverte et intelligente qui accepte la différence, ou tout au moins qui
la laisse s’exprimer… pour peu qu’elle reste justement, une
différence.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si ces mêmes homos (ou plutôt non, d’autres, plus pervers) se mettent à
porter des costumes-cravates, ou des tailleurs, commencent à se fondre dans la
masse, revendiquent les mêmes droits que de la majorité (la bénédiction
d’union, le mariage, le droit à l’adoption d’enfant, …), ou pire, sont autre
chose que des individus créés ex-nihilo, et ont des ascendants et des velléités
de descendance… c’est la panique et la masse prend peur.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’homophobie est là, quand ceux qui sont à la marge, qui ont été jetés hors
du général, commencent à vouloir refuser de porter leurs signes distinctifs,
leur étoile jaune, ou plutôt arc-en-ciel, pour oser dire : nous ne sommes
pas si différents de vous. La société est certes prête à tolérer, car on tolère
ce qui est différent, et finalement pour tolérer, nul n’a réellement besoin de
se remettre en cause soi-même. Mais cette même société n’est pas prête à
accepter, car pour cela, il faut écouter, débattre, comprendre, poser des
questions qui dérangent l’ordre des choses, il faut savoir accueillir, être
prêt à inclure, et donc repenser son identité… Il en va sur ce point des
homosexuels comme des étrangers. Une société qui tolère n’est pas une société
qui accepte. Ne parlons même pas d’une société qui face à tous les semblables
dont elle voudrait à tout prix se distinguer, prise d’une peur panique contre
tous ceux qui tentent de lui dire ce qu’elle n’est pas prête à entendre, se
mure dans la tolérance zéro.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand puis-je savoir qu’il fait jour, interroge le Talmud. Est-ce quand je
peux distinguer le figuier de l’olivier ? Non. Est-ce alors quand je peux
distinguer le chien de la brebis ? Non plus. La réponse est à la fois plus
simple et plus dérangeante : car c’est bien au contraire quand toute
distinction s’estompe, et que dans l’autre, celui que je ne connais pas et qui
s’approche de moi, je reconnais un frère, une sœur, bref un semblable. En
d’autres termes, il commence à faire jour quand je cesse d’être
homophobe…&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Loup Othenin-Girard&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Dessin de Catherine Letienne illustrant le livret du 17 mai. Amoureuse
de la vie et des femmes, Catherine a rejoint le Dieu d'Israël le 11 novembre
2005.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>« Le chrétien, un homme révolté ?»</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2007/05/31/Le-chretien-un-homme-revolte</link>
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    <pubDate>Fri, 01 Jun 2007 14:57:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Articles, billets, chroniques</category>
        <category>Bible</category><category>engagement</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cet article de Jean-Loup Othenin, nouveau membre du conseil de La
Maison Verte, paraîtra en juillet dans le journal Présence de la Mission
Populaire. Fortement inspiré par le résultat des dernières élections et
l'inquiétude pour la situation des sans-papiers.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;André Trocmé&lt;img src=&quot;http://blog.lamaisonverte.org/public/trocm_.JPG&quot; alt=&quot;trocm_.JPG&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; /&gt; et Albert Camus&lt;img src=&quot;http://blog.lamaisonverte.org/public/camus.JPG&quot; alt=&quot;camus.JPG&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C’est quoi, être chrétien ?&lt;/strong&gt; C’est aimer son prochain, c’est
annoncer la bonne nouvelle de l’avènement du Royaume de Dieu, c’est tendre
l’autre joue à celui qui nous frappe, c’est pardonner à ceux qui nous ont
offensé et les aimer quand même car &lt;em&gt;&lt;strong&gt;« ils ne savent pas ce
qu’ils font »&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; ? Pour beaucoup c’est être docile et modéré,
fraternel diront certains. Pour beaucoup aussi, c’est respecter les autorités
humaines car &lt;em&gt;« il n’y a pas d’autorité qui ne vienne de Dieu »&lt;/em&gt;
(Romain, 13, 1). Pourtant Jésus lui-même a dit de rendre à César ce qui est à
César et à Dieu ce qui est à Dieu ; ce qui revient à distinguer clairement
les autorités humaines, de Dieu lui-même, et à dissocier les ordres qui
viennent des hommes, des obligations de notre conscience et de notre foi. Alors
que faut-il faire ? Que faire en face d’autorités dont les pratiques se
révèlent contraire à notre foi ? Obéir et se résigner, ou se révolter et
s’opposer ? Durant la seconde guerre mondiale, c’est cette question qui
s’est posée à tous les chrétiens du monde et notamment aux habitants du plateau
du Chambon-sur-Lignon, terre d’accueil de la Montagne Protestante, et seul
village honoré collectivement plusieurs années ensuite par Yad Vashem de la
médaille des Justes pour avoir caché et sauvé plusieurs milliers de juifs (des
enfants pour la plupart) ainsi que des refugiés de toutes origines et
confessions. En juillet 1943, le pasteur Daniel Curtet fait un exposé aux
jeunes du plateau dans lequel il leur explique que le chrétien se trouve, sur
ce sujet, en équilibre entre deux abîmes : accorder trop d’importance aux
lois humaines, ce qui serait contraire au message du Christ, et nier purement
et simplement les autorités en place (en l’occurrence l’Etat Français de Pétain
et la puissance occupante nazie), ce qui serait contraire à Romain 13. Or la
réponse se trouve aussi dans la Bible : chaque fois qu’il y a conflit
entre la foi et la loi, &lt;em&gt;« il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes
»&lt;/em&gt; (Actes 5, 29). Et le pasteur Curtet de dégager aussitôt trois cas où le
chrétien se doit d’entrer en résistance : lorsque l’Etat veut être le
maître absolu, lorsque l’Etat ne laisse pas l’Eglise prêcher librement, et
surtout lorsque l’Etat ne respecte pas les droits de la personne. C’est au
cours de l’été 1942, sur ce même plateau du Vivarais-Lignon, en Haute-Loire, à
l’extrême nord des Cévennes, à moins d’un kilomètre à vol d’oiseau du
Chambon-sur-Lignon, qu’est venu s’installer un jeune écrivain souffrant de
tuberculose. Il venait profiter du bon air... il s’appelait Albert Camus et
travaillait alors sur ce qu’il appelait une &lt;em&gt;« sorte de roman »&lt;/em&gt; et
qui sera publié quelques années plus tard, en 1947, sous le titre de La Peste.
Dans son carnet, il notera : &lt;em&gt;&lt;strong&gt;« je me révolte donc je suis
»&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;. Dans L’Homme Révolté, en 1951, il reprendra cette réflexion
fondamentale en lui donnant une portée universelle et une dimension
collective : &lt;em&gt;&lt;strong&gt;« Je me révolte donc nous sommes
».&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, ce qui fonde l’homme, ce qui fait qu’un homme est un homme, ce ne
serait donc pas seulement d’être conscient de penser, comme le disait Descartes
avec son célèbre &lt;em&gt;« cogito ergo sum »&lt;/em&gt; (je pense donc je suis),
mais ce serait de se révolter. En effet à quoi bon être capable de penser, si
penser conduit seulement à constater l’absurdité du monde et des comportements
humains dans ce monde ? Donc si je me révolte, je suis, mais plus
encore : nous sommes… Car en se révoltant, l’homme ne devient pas
seulement homme lui-même, il fonde et proclame l’humanité toute entière par sa
propre révolte. L’homme révolté fait ce saut qualitatif qui justifie l’homme.
Pour le chrétien, il y a là comme une rédemption à portée de chacun. Nous,
chrétien ou non, n’avons donc jamais été aussi égaux et libres que devant la
révolte. Son cri n’est pas intellectuel, il est instinctif. Pousser le cri de
la révolte contre l’intolérable, dénoncer et refuser l’inacceptable, c’est non
seulement pour celui qui pousse ce cri proclamer qu’il existe lui-même, mais
c’est aussi et surtout entrainer à sa suite toute l’humanité dans le mouvement
inverse de celui de la chute. &lt;em&gt;&lt;strong&gt;« Quiconque sauve une vie, sauve
l’humanité toute entière »&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;, rappelle le Talmud cité sur la plaque
honorant les Justes et posée en 1979 par Yad Vashem en face du Temple du
Chambon-sur-Lignon. Pousser le cri de la révolte, c’est avoir une foi en éveil,
une foi vivante et agissante, c’est donner un sens à cette foi, c’est être
vigilant et être prêt à résister, au nom de l’homme, que Jésus Christ (faut-il
le rappeler) a tenu à replacer au centre de la foi, notamment un jour de
Sabbat, en rappelant que la loi (la loi divine, et donc a fortiori la loi des
hommes), était faite pour l’homme et non l’inverse. Nul n’est plus libre que le
chrétien ; nul ne devrait être plus conscient de ses responsabilités.
Résister, ce mot devrait être gravé dans la conscience des chrétiens et plus
encore dans celle des protestants, comme Marie Durand l’a gravé dans la pierre
de la Tour de Constance. Dans un exposé fait en 1948 au couvent des dominicains
de Latour-Maubourg, Albert Camus concluait son intervention en ces
termes : &lt;em&gt;« Les chrétiens sont nombreux. (…) Si les chrétiens s’y
décidaient, des millions de voix, des millions vous m’entendez, s’ajouteraient
dans le monde au cri d’une poignée de solitaires, qui sans foi ni loi, plaident
aujourd’hui un peu partout et sans relâche, pour les enfants et pour les
hommes. »&lt;/em&gt; Que ne pourrait-on pas avoir le même regret aujourd’hui ?
Oui, mais nous ne sommes plus en guerre, me direz-vous. Mais en 1948, la menace
nazie était déjà écartée. En fait, ce dont Albert Camus avait pleinement
conscience, c’est que les menaces qui pèsent sur l’homme sont permanentes et
multiformes. Son roman La Peste, dont, rappelez-vous, la première version a été
écrite alors qu’il séjournait au Chambon-sur-Lignon en 1942-43, se termine sur
ces mots : &lt;em&gt;« Ecoutant, en effet, les cris d’allégresse qui
montaient de la ville, Rieux se souvenait que cette allégresse était toujours
menacée. Car il savait ce que cette foule en joie ignorait, et qu’on peut
pourtant lire dans les livres, que le bacille de la peste ne meurt ni ne
disparaît jamais, qu’il peut rester pendant des années endormi dans les meubles
et le linge, qu’il attend patiemment dans les chambres, les caves, les malles,
les mouchoirs et les paperasses, et que, peut-être, le jour viendrait où, pour
le malheur et l’enseignement des hommes, la peste réveillerait ses rats et les
enverrait mourir dans une cité heureuse. »&lt;/em&gt; Alors je me pose la question,
comme je vous la pose aussi : Sommes-nous des chrétiens ? Sommes-nous
prêts ? Ce que notre conscience nous demande, notre foi l’exige !
C’est peut-être là le vrai Réveil... Aujourd’hui, les paroles prononcées en
chaire dans le Temple du Chambon-sur-Lignon par le pasteur André Trocmé un
certain dimanche 23 juin 1940, bien avant la proclamation des lois anti-juives
de Vichy, sont d’une étrange actualité : &lt;em&gt;&lt;strong&gt;« Le devoir des
chrétiens est d’opposer à la violence exercée sur leur conscience les armes de
l’esprit. Nous résisterons chaque fois qu’on exigera de nous des soumissions
contraires aux ordres de l’Evangile. Nous le ferons sans crainte, comme aussi
sans orgueil et sans haine. »&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Loup Othenin-Girard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>La Maison Verte, une des paroisses de référence du Christianisme social</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2007/01/03/La-Maison-Verte-une-des-paroisses-de-reference-du-Christianisme-social</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:439035424c5a374e9f605588b9ba4ea4</guid>
    <pubDate>Thu, 31 May 2007 15:26:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Une présentation générale...</category>
        <category>engagement</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Implantée dès 1873 dans le 18e arrondissement, La Maison Verte est une des
premières implantations du Christianisme social en France et à Paris. Tout au
long de son &lt;a href=&quot;http://blog.lamaisonverte.org/category/Notre-histoire&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;histoire&lt;/a&gt;, La
Maison Verte s'est engagée dans l'histoire de son temps. Pour mieux connaître
le Christianisme social, allez voir les pages qui lui sont consacrées sur
&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Christianisme_social&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;wikipédia&lt;/a&gt; et sur le &lt;a href=&quot;http://www.museeprotestant.org/Pages/Notices.php?noticeid=316&amp;amp;scatid=11&amp;amp;lev=1&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Musée virtuel du protestantisme&lt;/a&gt;. Feu Klauspeter Blaser a
également consacré un &lt;a href=&quot;http://www.vandieren.com/Blaser_Social.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ouvrage&lt;/a&gt; très pédagogique sur le sujet aux éditions Patrick
Van Dieren.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Marc 14,1-11 : Jésus, le parfum, la femme et les sans-papiers.</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2007/04/21/Jesus-le-parfum-la-femme-et-les-sans-papiers</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:4f90e0cbeaac9901812b3f3515c9d9af</guid>
    <pubDate>Sat, 21 Apr 2007 17:20:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Prédications</category>
        <category>engagement</category><category>Evangile de Marc</category><category>femmes dans la Bible</category><category>sans-papiers</category>    
    <description>&lt;p&gt;Les gens que nous aidons ont-ils besoin d'action patiente ou de gestes
fous ? Prédication de Stéphane Lavignotte, pasteur de La Maison Verte, du
15 mars sur Marc 14,1-11 (La femme au parfum).&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Marc 14&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La fête de Pâque et des pains sans levain devait avoir lieu deux jours
après. Les principaux sacrificateurs et les scribes cherchaient les moyens
d'arrêter Jésus par ruse, et de le faire mourir.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Car ils disaient: Que ce ne soit pas pendant la fête, afin qu'il n'y ait
pas de tumulte parmi le peuple.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Comme Jésus était à Béthanie, dans la maison de Simon le lépreux, une
femme entra, pendant qu'il se trouvait à table. Elle tenait un vase d'albâtre,
qui renfermait un parfum de nard pur de grand prix; et, ayant rompu le vase,
elle répandit le parfum sur la tête de Jésus.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Quelques-uns exprimèrent entre eux leur indignation: A quoi bon perdre ce
parfum?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. On aurait pu le vendre plus de trois cents deniers, et les donner aux
pauvres. Et ils s'irritaient contre cette femme.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Mais Jésus dit: Laissez-la. Pourquoi lui faites-vous de la peine? Elle a
fait une bonne action à mon égard;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. car vous avez toujours les pauvres avec vous, et vous pouvez leur faire
du bien quand vous voulez, mais vous ne m'avez pas toujours.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Elle a fait ce qu'elle a pu; elle a d'avance embaumé mon corps pour la
sépulture.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. Je vous le dis en vérité, partout où la bonne nouvelle sera prêchée, dans
le monde entier, on racontera aussi en mémoire de cette femme ce qu'elle a
fait.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. Judas Iscariot, l'un des douze, alla vers les principaux sacrificateurs,
afin de leur livrer Jésus.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. Après l'avoir entendu, ils furent dans la joie, et promirent de lui
donner de l'argent. Et Judas cherchait une occasion favorable pour le
livrer.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte du nouveau testament, nous l’avons souvent entendu.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arrivons-nous à encore saisir combien la scène qu’on nous raconte est
étrange ? Combien elle bouscule nos habitudes ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes dans le temps du repas. Le repas même aujourd’hui, dans nos
familles, cela garde encore des aspects rituels. Certains jours précis – et pas
d’autres – il y a certains plats : chez moi c’est vendredi soir
pizza-glace, le dimanche midi on grignote des petits trucs et le dimanche soir
soupe. Chacun a plus ou moins un rôle pour mettre la table ou la
desservir.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et encore, ce n’est rien par rapport au repas dans les sociétés
traditionnelles, comme celle de Jésus. Qui est debout ? Qui est
couché ? Qui est assis ? Qui mange d’abord, qui mange ensuite
?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est dans cette ambiance très rituelle, très organisée que débarque cette
femme.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la présence ou l’absence autour de la table est très codifié -
cela dit de chacun qui il est, on sait qui est qui, qui mange avec qui – on ne
sait rien d’elle. On ne sait rien de son identité.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant on donne un luxe de détail sur le vase – un vase d’albâtre d’un
parfum de nard garanti d’un grand prix – autant on ne sait rien sur
elle.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que tout les gestes du repas ont du sens, elle fait des gestes qui
n’ont rien à voir avec ce qui se passe dans un repas. Elle est complètement
décalé par rapport au repas. Elle y sème le bazar et fait déraper le repas en
querelle, en zizanie.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les décalages ne s’arrêtent pas là.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que nous avons un texte très bavard où le peuple qui assiste à la
scène parle beaucoup, où Jésus lui-même fait de longue tirades, la femme - elle
- ne dit pas un mot. Elle ne dit rien. Elle n’annonce pas ce qu’elle fait, elle
ne le commente pas, ne l’explique à aucun moment. Alors qu’elle fait un acte
éclatant, plein de panache, un acte coûteux… elle le fait en silence. Le geste
est visible, éclatant… mais silencieux. Ce geste pourtant détonnant n’est pas
justifié, il n’est pas négocié, il n’y a aucun dialogue, personne n’est
prévenu.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le décalage de la forme traduit bien sûr un énorme décalage sur le
fond.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le public a une approche rationnelle des choses. Une approche que toute
personne censée partage. Une opinion qu’au premier abord partage toute personne
qui comme moi travail dans le social, pour les plus petits et les plus pauvres.
Si vous avez un objet de grande valeur, plutôt que de le dilapider, que de
l’utiliser pour un usage fugace, un usage frivole et qui ne durera que quelques
temps, mieux vaut le vendre pour permettre un travail utile et sur le long
terme. Et le travail avec les SDF, avec les demandeurs d’asile, avec les jeunes
en difficulté, bien sûr qu’il ne porte des fruits que s’il est patient et sur
le long terme.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D’ailleurs remarquez que Jésus ne contredit pas complètement les
interlocuteurs qui défendent ce point de vu. Il ne leur dit pas :
« ça ne sert à rien que vous vous occupiez des pauvres et que vous le
fassiez avec patience et économie » . Il dit : « des pauvres,
vous en aurez toujours, et quand vous le voulez, vous pouvez leur faire du
bien » . C’est bien une action sur le long terme avec les pauvres qu’il
leur trace et même une action sur un sacré long terme. Il leur indique qu’il ne
faudra pas s’occuper d’eux seulement un mois, un an mais… toujours. Qu’il y a
aura une action rationnelle et patiente. Une action à l’économie pour une durée
de : toujours.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’action de la femme est bien sûr complètement décalée par rapport à cela.
Elle ne dure qu’un temps, qu’un bref instant. Elle donne l’impression de
l’absurdité : gaspiller un parfum de grand prix pour un inconnu qui va
être condamné à mort.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant Jésus donne du prix à cette action. Comment la
qualifie-t-il ? Une œuvre. Et il insiste sur ce terme. Dans le texte grec
c’est : une belle œuvre elle oeuvra sur moi. Il s’agit donc bien d’une
œuvre. Le même terme qu’on utilise quand on s’occupe des pauvres, des petits,
des personnes dans le besoin. D’une action donc utile.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais alors, si vendre le parfum pour s’occuper des pauvres sur le long
terme, c’est une œuvre, et gaspiller le parfum pour pas grand chose, c’est
aussi une œuvre, quelle différence ? Et pourquoi Jésus défend-il à ce
moment-là le geste de la femme, tout en disant au public qu’il n’a pas tort de
vouloir s’occuper des pauvres sur le long terme ? Comment peut-on dire les
deux en même temps ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et bien Jésus peut le dire parce que justement on n’est pas exactement dans
le même temps. Le public et la femme ne sont pas dans le même temps. Il sont
dans deux fuseaux spatio-temporelles différents comme on dit dans les films de
science-fiction. Le public est encore dans le début de l’évangile. Il en est
encore à voir en Jésus un maître de sagesse qui donne des conseils sur le
comment bien se comporter, comment s’occuper des pauvres ? Peut-on entrer
dans le royaume de Dieu si on possède des parfums de grand prix ? Ils en
sont encore à se demander s’il est ou non le messie. Quand la femme lui verse
le parfum sur la tête, ils voient un geste qui signifie : il est le messie
d’Israël qui va faire advenir le Royaume, faire tomber le pouvoir romain. Et
d’ailleurs s’ils protestent, c’est qu’ils n’y croient pas trop et qu’ils sont
donc bien coincé dans l’image de « Jésus rabbin super sage qui donne des
bons conseils ». Mais pas messie et encore moins crucifié .&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La femme, elle, a compris quelque chose. Juste avant l’épisode du parfum, on
parle des grands prêtres et des scribes qui cherchent comment tuer Jésus. Juste
après, Judas les rejoint pour négocier - une autre histoire d’objet de grand
prix – la tête de Jésus. La femme sait quelque chose que Jésus sait aussi, que
les grands prêtres et les scribes savent aussi : il va être tué. Le geste
de la femme, c’est ce qu’en dit Jésus : c’est le geste d’une femme qui
verse les aromates, les parfums sur un mort, un geste qu’on fait habituellement
trois jours après sa mise au tombeau. Le geste que les femmes viendront faire
et qu’elle ne pourront pas faire car le tombeau sera à ce moment-là
vide.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple est dans le temps du début des évangiles.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La femme est déjà dans le temps de la fin des évangiles, dans ce temps qui
s’accélère et qui va mener Jésus jusqu’à la mort, puis à la résurrection. La
femme est dans un temps de l’exceptionnel, de l’incroyable, de ce qui nous
bouscule.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment donc Jésus dit-il, autorise-t-il, en même temps ces deux
choses : l’action patiente et le geste fou ? Comment donc Jésus
dit-il, autorise-t-il, en même temps ces deux choses, toutes les deux comme des
oeuvres ? Et c’est la question que nous pourrions nous-mêmes nous
poser : les gens que nous aidons ont-ils besoin d’action patiente ou de
gestes fous ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jésus veut faire saisir à son public qu’au moment où la femme fait ce geste
apparemment irrationnel, c’est un moment particulier : « moi, vous ne
m’aurez pas pour toujours ». C’est un moment où les choses s’accélèrent, où les
choses se referment, où les choses deviennent violente. Un moment particulier,
pas tout à fait comme les autres, un moment qui n’est plus celui de l’action
patiente, économe, prudente, rationnelle. Il est le temps d’un geste
fou.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’action rationnelle et patiente n’est pas invalidée, elle est toujours
légitime. Mais elle est mise entre parenthèse le temps de ce geste fou. Elle
reprendra ensuite, car des pauvres, nous en auront toujours.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce geste fou est une œuvre oui, un geste pour le bien, oui. Mais de quel
ordre puisqu’il n’aide pas concrètement les pauvres ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fin du texte nous dit : Amen, je vous le dit à vous, là où est
proclamé l’Évangile dans le monde entier, on racontera aussi en souvenir d’elle
ce qu’elle a fait ». Ce geste, cette oeuvre est de l’ordre de la proclamation,
de l’annonce de la bonne nouvelle, de l’annonce du cœur de ce à quoi nous
croyons.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l’annonce de la mort et de la résurrection, de l’annonce de la vie
toujours plus forte que la mort.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela répond-il à notre question : les gens que nous aidons ont-ils
besoin d’action patiente ou de gestes fous ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui et non.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, ça ne répond pas à notre question car Jésus n’est mort qu’une fois,
c’est un événement unique. Pour les chrétiens un acte sans pareil dans
l’histoire du monde. Il ne se reproduit jamais.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et oui en même temps, cela répond à notre question.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre monde, il nous arrive de voir des situations qui nous rappellent
la crucifixion, comment la cène que nous partagerons nous rappelle le dernier
repas du Christ. Nous nous rappelons le crucifié quand un enfant est battu par
ses parents, une femme par son mari. Quand on rencontre un SDF dont on se
demande s’il est encore vivant ou n’en donne que l’apparence. S’il est mort et
s’il peut revivre. Quand on suit, aide, accompagne, des demandeurs d’asile, des
sans-papiers, on peut avoir l’impression qu’à certains moment le monde se
referme, que les choses deviennent violentes.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c’est sans parler des situations dans les pays du Sud, d’Afrique par
exemple : les guerres, le Sida, la misère. Tout cela peut nous rappeler le
temps de la crucifixion.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et nous, que faisons-nous ? Nous continuons patiemment nos actions, en
utilisant au mieux les moyens que nous avons. Et nous avons raison de faire
cela, d’appliquer cette éthique, ce « comment faire au mieux », que nous a
enseigné Jésus.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais parfois quand nous sommes à notre action patiente, économe,
persévérante voilà qu’une femme vient y mettre le bazar, la zizanie, vient
gaspiller.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me pose souvent la question : comment est-ce que je réagirais si un
collectif de sans-papiers débarquait à La Maison Verte, dans ma paroisse
?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S’ils débarquaient sans prévenir, encadré par un groupe d’extrême gauche ou
un autre ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question a du se poser pour les gens du Centre d’Action social protestant
quand les Don Quichotte ont planté leur tente Canal Saint Martin. La question
s’est posée quand le troisième collectif de sans-papiers a débarqué au Foyer de
Grenelle de la Mission populaire en 1997, mettant le bazar en plein milieu
d’une braderie, source importante de revenu pour la Fraternité. Cela s’est posé
plusieurs fois dans l’histoire de La Maison Verte.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes à notre travail sérieux, patient, économe, le seul utile dans le
long terme.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et voilà que débarque une initiative qui nous met un bazar sans nom… comme
la femme est sans nom. En général, nous n’avons pas été prévenu, rien n’a été
négocié, ça débarque… comme la femme débarque sans rien dire, sans prévenir,
sans expliquer.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui portent l’action sont des groupes inconnus, souvent un peu
gauchistes… guère plus fréquentables et dignes de crédibilité, qu’une femme au
temps de Jésus.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur discours nous apparaissent extrêmes, pas très cohérents, pas très
crédibles. A vrai dire, leur geste compte plus que leur parole… comme la femme
parle d’abord par des gestes fous, grandiloquents, spectaculaires.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et comme le repas de l’évangile, un débarquement de sans-papiers peut faire
déraper en querelle, en zizanie l’ambiance d’une paroisse, d’un diaconat car
c’est difficile à vivre, à gérer.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tout cela nous fait gaspiller beaucoup d’énergie. Il n’est pas question
d’un parfum cher que nous pourrions vendre et dépenser pour les pauvres. Mais
d’une énergie que ce débarquement va nous faire gaspiller, dépenser, nous qui
travaillons déjà, avec la Cimade, le CASP, nos diaconats. Nous ne savons pas
trop si la débauche de cette énergie qui est si rare va servir à quelque chose,
si cela va aboutir à quelque chose de concret. Les actions des sans-papiers,
des sans-logis, des SDF apparaissent souvent sans avenir. Et nous pouvons nous
dire : nous ferions mieux d’économiser notre énergie pour aider les
pauvres sur le long terme.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelques chose de difficile à vivre, et nous avons du mal à réagir
quand arrive des actions comme celles évoquées. En raison de tout les décalages
que nous venons d’évoquer.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais aussi car se confrontent les deux temps dont nous avons parlé au début.
Notre temps de la patience. Et un temps de l’urgence qui nous est imposé de
l’extérieur.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu’en général, ces actions tombent toujours au mauvais moment :
au moment où nous organisons une braderie, au moment où notre paroisse nous
apparaît fragile.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cela se passe, c’est que peut-être à ce moment-là, au moment de ce
débarquement inattendu, il se passe un moment, un temps particulier.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un moment où comme avec la femme, comme le dit le texte : « ce
qu’elle pouvait faire, elle l’a fait ». Ou si les sans-papiers font cette
action à ce moment-là, c’est qu’ils peuvent enfin le faire, qu’ils ont enfin
réussi à se regrouper, à regrouper leur force, leur courage, en avoir assez
pour pouvoir le faire. Et ça tombe rarement au moment où nous, nous sommes
prêts.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S’il font cela à ce moment, c’est qu’ils « en ont assez », assez
d’énergie, mais aussi qu’ils « en ont assez » dans le sens où ils
sentent que ce moment pointe un moment de ras-le-bol, un moment où ils n’en
peuvent plus… un moment de la fin où des personnes se sentent crucifiées, où le
monde se referme sur eux, où la violence s’installe. Un moment particulier, un
peu fou, un peu hors norme, qui nous rappelle, nous fait faire mémoire, du
moment de la fin dans les évangiles, de la crucifixion.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saurons-nous discerner quand cette violence « d’intrus qui
débarquent » correspond à ce moment particulier, à ce moment de la fin, et
les cas où il s’agit seulement de gens qui profitent de notre bonne volonté,
comme cela peut exister ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saurons-nous discerner comment ce qui se passe avec l’apparence de
l’activisme, de l’irresponsabilité, de l’irrationalité est peut-être une œuvre,
comme le geste de la femme est une œuvre aux yeux de Jésus, et même une œuvre
belle, précise-t-il ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saurons-nous saisir quand ce moment pointe que des personnes sont crucifiés,
que le monde se referme sur eux, que la violence s’installe. Que le temps pour
eux tire vers la fin, que comme l’a femme « avait pour faire », ils
« en ont assez» réuni, assez de richesses, de force, de courage, de
ras-le-bol pour maintenant agir avec ce qu’ils ont.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et que cette bousculade que nous fait subir une femme sans-nom ou un groupe
de sans-papiers, ou un SDF qui veut tout tout de suite, ou un groupe de jeune
qui a une idée géniale, c’est une occasion de proclamation, de confession de
foi. Une occasion de dire, devant le monde que des personnes sont crucifiés,
que le monde se referme sur eux, que la violence s’installe.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais aussi de proclamer que la vie est plus forte que la mort, que la vie
que Dieu nous donne en abondance sera toujours toujours plus forte que toutes
les morts sociales, politiques, culturelles, physiques, spirituelles qui
tentent de s’imposer dans ce monde.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gens que nous aidons ont-ils besoin d’action patiente ou de gestes
fous ? Ils ont besoin de notre aide patiente. Mais saurons-nous lire dans
les gestes fous qui nous bousculent, saurons-nous y lire des œuvres belles, des
proclamations, des occasions de faire mémoire de cette femme qui brisa un
flacon pour verser un parfum de grand prix sur un inconnu qui allait vers la
mort ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est toujours plus facile à dire dans une prédication que face à la
réalité. Et je préfère lâchement être à en parler devant vous ce matin que
d’être dans la situation de nos sœurs et frères de l’Église réformée d’Orléans
qui ont été occupés pendant cinq jours par un groupe de sans-papiers.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’ai dit.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>« Jousselin, un juste à la Maison Verte »</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2007/03/01/Jousselin-un-juste-a-la-Maison-Verte</link>
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    <pubDate>Thu, 01 Mar 2007 12:12:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Notre histoire...</category>
        <category>engagement</category><category>judaïsme</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jeudi 18 janvier, lors d’une cérémonie, Jacques Chirac a dévoilé la
plaque rendant hommage à plus de 2 700 « justes » français : des
personnes qui ont sauvé des juifs de la barbarie nazie. Parmi eux, Jean
Jousselin, pasteur de la Maison Verte en 1942...&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://blog.lamaisonverte.org/public/1945.JPG&quot; alt=&quot;1945.JPG&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Jean Jousselin, pasteur de la Maison Verte (où une salle porte son nom), fut
le fondateur du CPCV , qui servit de couverture pour protéger, en particulier,
les enfants juifs pendant la deuxième guerre mondiale. Nous reproduisons un
extrait du site internet du CPCV : une interview de sa femme, Renée
Jousselin-David, qui fut secrétaire générale du CPCV de 1943 à 1948.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pouvez-vous nous dire quelques mots sur les origines du CPCV
?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En septembre 1942, Jean Jousselin fut nommé pasteur à la Maison Verte - un
poste de la Mission Populaire Evangélique - à Paris dans le dix-huitième
arrondissement. Dans ce quartier, il y avait un grand nombre de familles de
condition sociale modeste. Le scoutisme était interdit en zone nord. Mais,
malgré tout, des groupes de jeunesse furent constitués. De nombreux enfants du
quartier venaient le soir après l'école. Il y avait du soutien scolaire et des
activités le jeudi et le dimanche. J'étais cheftaine des Eclaireurs. En avril
ou mai 1943, des parents sont venus nous demander d'organiser un long séjour de
vacances pour les enfants. C'est ainsi qu'est née l'idée de créer le CPCV, pour
servir de paravent et mettre ainsi des enfants juifs à l'abri.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est-ce que Jean Jousselin et vous-même connaissiez le sort tragique
réservé à la population juive ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande rafle du Vélodrome d'Hiver avait eu lieu à Paris en juillet 1942.
Nous étions parfaitement au courant des arrestations de juifs dans la capitale.
Mon frère, qui était au lycée, a eu plusieurs camarades déportés dès 1941. On
ne pouvait pas ne pas savoir qu'il y avait des arrestations.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment avez-vous procédé pour protéger les enfants juifs
?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Jousselin s'est adressé aux Eclaireurs Unionistes et aux Eclaireurs de
France qui possédaient conjointement le Château de Cappy, dans l'Oise, près de
Compiègne. C'était une curieuse bâtisse entourée de bois. Elle a été prêtée
fraternellement pour y accueillir les enfants. La colonie a donc commencé à la
fin de l'année scolaire 1943 avec soixante-dix à quatre-vingt-dix enfants.
Lorsqu'il a été question de rentrer à Paris, en septembre, des parents nous ont
dit : ‹‹ Notre vie est trop difficile, pouvez-vous garder nos
enfants ? ›› Alors, un certain nombre d'enfants juifs est resté à temps
complet pendant l'année scolaire 1943-1944. Les petits restaient au château
pendant la journée pendant que les plus grands allaient à l'école de Verberie.
Il faut souligner que le maire de la commune et les instituteurs ont été
parfaits. Ils n'ont jamais posé de questions. Les enfants avaient conservé
leurs noms patronymiques, car nous avions pensé, à tort ou à raison, que cela
compliquerait les choses qu’ils se fassent appeler Dupont ou Durand.
Heureusement, il n'y a eu aucune difficulté. A partir de mai 1944, nous avons
reçu beaucoup de demandes pour accueillir des enfants juifs. Elles venaient
d'autres postes de la Mission Populaire, de paroisses protestantes. Il a donc
fallu ouvrir une seconde maison d'enfants. Nous avions trouvé un lieu à
Gouvieux, dans l'Oise, mais une rampe de lancement de missiles V1 était
installée non loin de la ville, et cela n'était pas rassurant. Il a fallu
déménager et ramener tout le monde à Cappy, en juillet 1944. Le jour de la
Libération, le 31 août 1944, il y avait cent trente-cinq personnes au château,
dont quatre-vingt-sept enfants et adolescents, et quelques adultes.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les moniteurs avaient-ils conscience des risques qu'ils prenaient
?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi curieux que cela puisse paraître, nous ne parlions pas de ces risques
et nous n'avions pas peur malgré les difficultés de l'époque. Nous ne nous
sommes pas posés de questions. Il fallait le faire. Nous ne pouvions pas dire
non. Les cartes d'alimentation des enfants juifs étaient marquées d'un J.
Chaque mois, elles donnaient droit à des tickets d'alimentation qui nous
étaient remis dans la plus grande discrétion à la mairie du dix-huitième. J'ai
eu peur une seule fois : le jour où j'ai accompagné un garçon de treize
ans à Cappy. Je lui avais enlevé son étoile jaune à la gare du Nord et là, j'ai
craint que nous ne soyons pris. Pendant tout le séjour, il n y a pas eu une
seule épidémie, ni un enfant à transporter à l'hôpital. A posteriori, on peut
dire que c'est un miracle.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment s'est déroulée la période de la Libération
?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 30 août 1944, il faisait un temps gris, des soldats allemands sont venus
s'installer dans le parc du château le matin. Puis ils sont partis en direction
de Compiègne vers cinq heures de l'après-midi. Le lendemain matin, il faisait
un temps radieux, les Américains étaient alors à trois cent mètres de là, sur
le bord de la route. Les premiers que j'ai vus étaient deux noirs, endormis
dans une jeep. Cette image me restera pour la vie. Elle disait :
« C'est fini ». Les Américains sont entrés dans le château, et nous avons
passé une journée complètement folle. Ils avaient apporté du chocolat, des
cigarettes, du pain blanc et les adultes ont failli se rendre malades en
consommant trop d'extrait de café. Paris était libéré. Cappy était libéré. Le
centre a fermé début octobre 1944. Les enfants ont dans l'ensemble retrouvé
leurs parents. Quelques-uns n'avaient plus que leurs mères, car leurs pères
avaient été déportés, avec les frères et sœurs aînés. Pendant ces années-là,
notre action a été de mettre des enfants à l'abri. Ils n'ont pas eu peur. Ils
ont conservé de bons souvenirs, et tout le monde est rentré sain et sauf. Dès
octobre 1944, le CPCV est devenu un organisme protestant de formation de cadres
pour les centres de vacances et une fédération de centres de vacances
protestants. Il a poursuivi sa route.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Gérard Bonnefon&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;pre&gt;
 &lt;strong&gt;Le CPCV est une association nationale protestante de formation et d'éducation populaire, d'organisation laïque.&lt;/strong&gt;
&lt;/pre&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://blog.lamaisonverte.org/post/2007/03/01/www.cpcvunion.asso.fr&quot; title=&quot;fr&quot;&gt;http://www.cpcvunion.asso.fr&lt;/a&gt;/&lt;/strong&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.lamaisonverte.org/public/1945.JPG&quot; alt=&quot;1945.JPG&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Vrac de nouvelles</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2007/02/03/Vrac-de-nouvelles</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:24d246c86a768b131476334d34b1f25d</guid>
    <pubDate>Mon, 26 Feb 2007 23:01:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Ça se passe chez nous...</category>
        <category>engagement</category><category>oecuménisme</category><category>sans-papiers</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En un mois à la Maison Verte, il se passe bien des choses !&lt;/strong&gt;
&lt;strong&gt;Petit survol de quelques aventures !&lt;/strong&gt; &lt;img src=&quot;http://blog.lamaisonverte.org/public/resf.JPG&quot; alt=&quot;resf.JPG&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Interpellation&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Le vendredi 19 janvier&lt;/strong&gt;, la Maison Verte a accueilli la
cérémonie oecuménique dans le cadre de la Semaine de prière pour l’unité des
chrétiens. Six paroisses catholiques, un représentant des assyro-chaldéens, la
paroisse luthérienne de Saint Paul, l’Eglise évangélique du Congo et la Mission
populaire évangélique de La Maison Verte étaient représentés. Après une
prédication énergique d’Antoine Delzan, prêtre de Sainte geneviève des grandes
carrières, il a été inscrit sur de grandes feuilles les interpellations de nos
communautés en direction des Eglises afin qu’elles prennent plus bruyamment la
parole sur certains sujets : la place des étrangers dans la société et
dans nos communautés, la puissance de la consommation et de la publicité en
particulier sur les jeunes, la situation des sans domicile fixe, la violence
des relations de travail et de certaines méthodes de « gestion des
ressources humaines »… Cela a été aussi l’occasion lors d’un pot de l’amitié de
mieux se connaître entre membres et responsables des différentes églises
chrétiennes.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Solidarité&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Vendredi 2 février&lt;/strong&gt; était une journée « écoles
mortes » dans le 18e arrondissement. 12 écoles ont fermé leurs portes,
deux étaient occupées par les parents pour protester contre les expulsions de
familles et de parents sans-papiers d’enfants scolarisés dans le 18e. Une
manifestation a réuni un millier de personnes entre la Mairie du 18e et
Saint-Bernard. Des familles participant aux activités de la Maison Verte ainsi
que Stéphane Lavignotte, le directeur et pasteur ont participé à la
manifestation. La journée d’action avait pour but que « cessent les
contrôles d’identité, les rafles et les expulsions de sans-papiers dans le
18ème arrondissement… que les enfants puissent poursuivre sereinement leur
scolarité, sans vivre dans la peur de l’arrestation et de la rétention … que
revienne Mélanie, expulsée à Madagascar, arrachée à sa fille Winnie, trois ans
et demi, scolarisée à l’école Marx Dormoy. Tous les citoyens doivent s’alarmer
de ces interpellations et expulsions sauvages qui bafouent les lois européennes
et les traités internationaux sur les droits de l’homme, de l’enfant et de la
famille. Nous appelons à une mobilisation citoyenne élargie pour que ces
familles déjà vulnérables ne soient plus aveuglément déchirées et qu’une
régularisation massive soit appliquée. »&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Ça avance !&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;L’équipe journal est en route !&lt;/strong&gt; Plusieurs réunion ont permis
d’avancer sur un projet de nouvelle formule. Un premier numéro devrait paraître
en avril. Plus de reportages, de portraits, des nouvelles de La Maison Verte,
du quartier, un texte de réflexion issu d’une prédication… L’équipe peut encore
s’élargir, avis aux amateurs !&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://blog.lamaisonverte.org/public/journalMV.JPG&quot; alt=&quot;journalMV.JPG&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les jeunes d’Unis-cité&lt;/strong&gt; ont bien avancé dans leurs chantiers
(voir la Gerbe du mois dernier). En plus du tri efficace de la cave, ils
accueillent des SDF (autour de 5-6) tous les jeudis après-midi autour de café,
de jeux, de discussion. Cela va s’élargir au vendredi après-midi. On commence à
réfléchir à l’après : faut-il continuer l’activité avec des
bénévoles ? Là aussi, si ça vous intéresse, signalez-vous…&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Extase !&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;SETA , KOUTA ET LE BOUDDHA&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://blog.lamaisonverte.org/public/seta_kouta.JPG&quot; alt=&quot;seta_kouta.JPG&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt; Jeudi 1er février, nous étions une douzaine
de l’atelier conversation/socialisation pour les femmes étrangères parties
visiter le Musée Cernuschi , musée des arts de l'Asie . C'est une petite
merveille, la visite commence avec des objets, surtout de la poterie, vieux de
5000 ans et continue jusqu'à notre ère avec des objets utilitaires, religieux,
décoratifs, beaucoup de statuettes représentant la vie quotidienne, des
personnages mythiques , des chimères, des petits dieux protègeant les tombes de
personnages importants… Quelques objets rappellent d'ailleurs certaines formes
d'art amérindien ( les motifs décoratifs des nations de la côte nord-ouest des
Etats-Unis et certaines statues des grands empires d'Amérique du Sud ). Et il y
a surtout un Bouddha, de plusieurs mètres de haut, d'origine japonaise, en
bronze noir. Il est situé en hauteur, il faut lever la tête pour le voir: il
nous regarde avec bonté, majesté, sérénité, il est extraordinaire. Séta et
Kouta étaient venues avec leurs deux petits bout'choux, les poussettes étaient
interdites, il fallait porter, allaiter, calmer…C'était sûrement très fatigant
pendant la visite. Quand nous rameutons le groupe pour repartir, je les vois
toutes les deux assises sur un banc, les petites sur les genoux, le regard
perdu vers le haut, crevées, quoi ! Je m'approche et leur demande si elles
sont très fatiguées. Elles me répondent en le montrant : &amp;quot; Regarde comme
il est beau…&amp;quot; Je les croyais crevées, elles étaient bouleversées par la
présence du Bouddha.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Rencontres&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Vendredi 26 janvier, une équipe de la Maison Verte est allée aux journées
portes-ouvertes du Centre d’action social protestant (CASP). Cela a permis de
voir l’ampleur de leur travail, de prendre des contacts. De faire aussi un
constat : si les associations savent accompagner les plus en difficulté,
l’absence de logements sociaux « classiques » bloque tous les
dispositifs. Faute de trouver un logement en « sortie », les personnes
restent « coincées » dans les circuits d’aide qui sont à leur tour
« bouchés » pour des nouveaux venus… Le jeudi 1er février, Stéphane
Lavignotte, comme pasteur de La Maison Verte a participé à la pastorale
(réunion de tous les pasteurs) de l’Ile-de-France qui réunissait luthériens et
réformés. L’occasion de faire le point sur le rapprochement entre les deux
églises protestantes. D’ici 2013, elles devraient avoir des instances
nationales communes, et un même nom (comme l’église protestante d’Alsace
Lorraine). La Mission populaire s’inscrit dans ce mouvement : après avoir
signé des conventions avec l’Eglise réformée de France, il vient d’être fait de
même avec l’Eglise luthérienne de France.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>« Entendre et parler »</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2007/01/08/Entendre-et-parler</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:b08f8b8362fb13aec7806eeb57b224b4</guid>
    <pubDate>Mon, 08 Jan 2007 20:00:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Les Cultes à La Maison Verte</category>
        <category>engagement</category><category>sida</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le vendredi 19 janvier à 20h, La Maison Verte accueillera les
églises catholiques et luthérienne du 18e arrondissement pour une célébration
dans le cadre de la Semaine de prière pour l’unité des Chrétiens.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.lamaisonverte.org/public/entendre_et_parler.JPG&quot; alt=&quot;entendre_et_parler.JPG&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;« Il fait entendre les sourds et parler les muets» (Marc 7,31-37) – tel
est le thème de la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens 2007. Le thème
de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens de cette année nous vient de
l’expérience des communautés chrétiennes de la région d’Umlazi, près de Durban,
en Afrique du Sud. Chaque année, un premier projet de textes pour la Semaine de
prière est préparé par un groupe local particulier puis est adapté pour un
usage international avant d’être distribué partout dans le monde où il est
finalement adapté pour être utilisé au niveau local. Les textes de cette année
reflètent les préoccupations d’Umlazi, une « township » fondée sous
l’apartheid pour une population majoritairement noire. Le racisme, le chômage
et la pauvreté hérités de ce régime continuent à représenter un énorme défi
pour les habitants qui ne bénéficient pas d’écoles en nombre suffisant, ni de
centres médico-sociaux et de logements adéquats. La pauvreté et le chômage
ambiants sont la cause d’un haut pourcentage de criminalité et de mauvais
traitements dans les familles et les communautés. Mais la plus grande
difficulté qui se pose à la population des bidonvilles et des townships est
actuellement celle du Sida. On estime en effet que 50 % des résidents d’Umlazi
sont contaminés par le VIH.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La honte&lt;/strong&gt; Quand récemment des responsables de diverses
communautés chrétiennes d’Umlazi se sont rencontrés pour réfléchir à ce qu’ils
pourraient faire ensemble pour affronter les défis qui écrasent leur
population, ils ont réalisé qu’un des facteurs aggravant leur situation
actuelle est la honte qui empêche les personnes maltraitées, victimes de viols
ou contaminées par le Sida, de parler ouvertement de leurs problèmes. Les
conventions culturelles du lieu font que parler de sujets liés à la sexualité
est totalement inconvenant. En langue zoulou, le mot ubunqunu, qui signifie
littéralement « nudité », indique que ces sujets sont tabous. Par
conséquent, nombreux sont ceux qui hésitent à rechercher l’assistance dont ils
pourraient bénéficier – souvent financièrement assurée par la collaboration
oecuménique des églises locales –, à savoir l’écoute et l’accompagnement
pastoral, les soins à domicile, les centres municipaux d’assistance et de
soins. Etant donné que les personnes – et en particulier les jeunes – sont
clairement ou tacitement encouragées à garder le silence sur les problèmes
qu’elles rencontrent, les responsables locaux des églises d’Umlazi ont conçu un
temps de prière oecuménique ayant pour thème central « briser le silence
». Au cours de cette célébration, les jeunes d’Umlazi sont invités à trouver le
courage de parler de ce qui est considéré comme « innommable » et à
rechercher de l’aide, en ayant conscience que garder le silence pourrait être
tout simplement synonyme de mort. Les églises hors d’Afrique du Sud et les
autres nombreuses régions gravement atteintes par le Sida sont également
invitées à rompre ce silence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La lumière&lt;/strong&gt; Un des membres du groupe préparatoire a pu
rencontrer le groupe international responsable de la préparation des textes
définitifs de la Semaine de prière. Cela leur a permis de réfléchir ensemble à
la recherche de la pleine unité visible des églises chrétiennes à la lumière de
l’expérience des chrétiens d’Umlazi et de leur invitation à « briser le
silence » qui opprime et isole les personnes dans leur souffrance. D’un
commun accord, ils ont choisi Mc 7, 31-37 comme texte biblique central pour la
Semaine de prière et un cadre biblico-théologique portant sur l’écoute, la
parole et le silence, dans lequel s’insèrent à la fois la recherche de l’unité
et la recherche d’une réponse aux souffrances humaines. Il a été décidé de
maintenir ce double thème pour la célébration oecuménique et les méditations
des huit jours, l’intention étant donc d’aborder ces deux réalités dans chaque
texte : la souffrance humaine et la recherche de l’unité visible de tous
les chrétiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Cette Semaine est célébrée traditionnellement du 18 au 25 janvier dans
l'hémisphère nord. Ces dates furent proposées en 1908 par Paul Wattson de
manière à couvrir la période entre la fête de saint Pierre et celle de saint
Paul. Dans l'hémisphère sud, où cette période est celle des vacances, les
Eglises choisissent souvent une semaine proche de Pentecôte, autre date
symbolique de l'unité de l'Eglise.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Textes extraits du document œcuménique de préparation&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Sida : un silence suivi d'un cri</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2006/11/13/La-Parole-contre-lindifference</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:65cd91e1d0f6320329f9e8aa0b86de81</guid>
    <pubDate>Mon, 13 Nov 2006 13:33:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Inclusivité</category>
        <category>engagement</category><category>Inclusivité</category><category>sida</category>    
    <description>&lt;p&gt;Le vendredi 1er décembre, 80 personnes à La Maison Verte pour une cérémonie
œcuménique dans le cadre de la journée mondiale contre le sida. Témoignage .
&lt;img src=&quot;http://blog.lamaisonverte.org/public/dieu.JPG&quot; alt=&quot;dieu.JPG&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Lors de cette cérémonie organisée par La Maison Verte et des associations et
groupes paroissiaux gays, lesbiens, bi, trans et gay friendly* on a pu entendre
des prières, des prédications mais aussi des témoignages très forts.
Ci-dessous, celui de Jean-Loup, militant de La Maison Verte. « Vous voulez
que je vous parle de moi ? Je ne suis pas sûr que ce soit le plus
intéressant. Que vous dire ? Que j’ai 33 ans et que je suis séropositif
depuis 11 ans ? Que j’ai des diarrhées le jour et des angoisses la
nuit ? Que j’ai envie de crier à Dieu : pourquoi ? Pourquoi
moi ? Pourquoi ça ? Et quand ma tête et mon cœur me font trop
souffrir, je m’entends crier : pourquoi ne me laisse-t-on pas mourir de ce
qui m’empêche de vivre ? La réponse, c’est peut-être que ce qui m’empêche
de vivre n’est pas ce qui porte atteinte à ma santé. Aujourd’hui, dans nos
sociétés occidentales, plus riches que savantes, on ne meurt pratiquement plus
du sida. Le corps survit, mais c’est l’âme qui meurt. Et, croyez-moi, on peut
mourir dans un corps vivant. Cela s’appelle la solitude, l’indifférence,
l’abandon, le silence. Cela s’appelle le désespoir, cette maladie mortelle
qu’on ne soigne pas parce qu’on ne s’en donne pas les moyens. Un cri suivi d’un
silence symbolise la mort ; un silence suivi d’un cri marque un renouveau,
une nouvelle naissance dans un ultime sursaut de vie, comme un appel au
secours. Certains cris résonnent à jamais, à condition toutefois qu’ils aient
été entendus. Si Dieu n’intervient pas dans la vie de tous les jours, comme je
le crois, il se peut qu’il nous appelle parfois et que cet appel prenne alors
la forme d’un cri lancé par quelqu’un de notre entourage dans le désert de
notre quotidien. Il se pourrait alors que Dieu s’exprime en définitive beaucoup
plus souvent qu’on ne le croit. Mais ces cris, encore faut-il être prêt à les
entendre. Suis-je prêt à entendre le cri des autres ? Etes-vous prêts à
entendre le mien ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commode d’en vouloir Nous avons tous vu, il y a de cela plusieurs années,
les images du Sidaction et l’attitude de ce représentant d’Act Up qui se
révolte et prend les médias et les spectateurs à partie. Combien d’entre nous,
moi le premier, ne se sont pas sentis agressés ? Combien n’en avons-nous
pas voulu à ce type et à son association d’avoir, par leur colère mal
contrôlée, porté un coup hélas fatal au Sidaction ? Mais n’était-ce pas
plus commode de leur en vouloir à eux, plutôt qu’à la masse des donateurs
potentiels qui se sont aussitôt arrêtés de donner ? Combien d’entre nous
ont ensuite cherché à connaître cet homme ? A savoir qui il était et
pourquoi il en était venu à exploser de la sorte ? Il ne s’agit pas de ne
pas lui en vouloir. Il s’agit de ne pas être indifférent, d’être capable de
dépasser le stade de l’agression. Je ne partage pas toujours les idées d’Act Up
et trouve souvent leurs méthodes discutables. Mais suis-je prêt à voir plus
loin que la violence des actes et des paroles ? Suis-je prêt à entendre
leur cri, à me poser la question dérangeante du pourquoi ? La vérité,
c’est que je ne suis pas toujours sûr d’être prêt. Et vous, êtes-vous
prêts ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui est le séropositif pour chacun de nous ? Si nous voulons que cette
cérémonie ait un sens et qu’elle soit un peu utile, qu’elle nous édifie, comme
l’écrivait l’apôtre Paul, demandons-nous qui est le séropositif pour chacun
d’entre nous, qui est le malade qui nous interpelle, qui est cet autre qui nous
dérange, qui nous agresse dans notre petit confort, qui est cet autre nous-même
dans lequel nous ne voulons pas nous reconnaître, de peur de nous y découvrir
tels que nous sommes réellement, avec nos lâchetés et nos bassesses, mais aussi
avec nos colères et notre violence qui peut être salvatrice. Qu’est-ce qu’être
séropositif ? Je ne sais pas répondre à cette question. Certains diront
que c’est être contaminé par une maladie sexuellement transmissible et
mortelle. Mais n’est-ce pas ce qu’est la vie elle-même ? Etre séropositif,
c’est vivre, lutter pour vivre et donc aimer la vie, car on ne se bat jamais
que pour ce qui a de la valeur à nos yeux. Etre séropositif, c’est aussi
devenir de plus en plus intolérant envers tous ceux qui tolèrent un peu
rapidement et un peu facilement l’intolérable, qui laissent les choses se
faire, sans chercher à comprendre, sans se poser de questions, sans se remettre
eux-mêmes en cause. Alors oui, je l’avoue, je le confesse même ici publiquement
devant vous qui êtes témoins de mon témoignage : je suis intolérant et je
crie ma révolte. Et s’il vous plaît, ne me trouvez pas d’excuses, car c’est à
vous-mêmes que vous en trouveriez. Sentez-vous agressés par mon cri. Soyez
choqués et osez me le dire. C’est cela qui s’appelle le dialogue et c’est comme
ça qu’on peut lutter contre le désespoir. D’avance pour moi-même comme pour
tous ceux qui crient, merci. »&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Chrétiens et Sida, Communion Béthanie, David et Jonathan, Devenir Un En
Christ, Le groupe Lambda de la Cathédrale Américaine de Paris, La Maison Verte,
Rendez-vous chrétien&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>« La bible, le parti de l’étranger »</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2006/11/13/La-bible-le-parti-de-letranger</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:4cd622e78440d097654a11057966719e</guid>
    <pubDate>Mon, 13 Nov 2006 10:29:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Solidarité migrants</category>
        <category>Bible</category><category>engagement</category><category>sans-papiers</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour la semaine de la Bible, du 26 novembre au 3 décembre 2006,
l’Alliance biblique française a choisi le thème des étrangers. Le groupe Zachée
de La Maison Verte traitera de ce thème dans sa rencontre du 9 novembre en
l’étudiant dans l’épopée d’Abraham.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://blog.lamaisonverte.org/public/etranger.JPG&quot; alt=&quot;etranger.JPG&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Le fossé se creuse en matière de bien-être, de démocratie et de paix civile
entre les pays développés et les autres. Beaucoup de jeunes dans les pays non
développés n’ont d’autre avenir que de partir et de tenter leur chance
ailleurs. Les conflits ethniques et les guerres jettent sur les routes des
familles entières, des nourrissons jusqu’aux vieillards. Ce triste état du
monde alimente en Occident la peur d’un déferlement incontrôlé d’étrangers.
Pour satisfaire la partie la plus conservatrice de leur électorat, les
gouvernants ferment les voies légales aux personnes qui cherchent à fuir des
situations insupportables, et les demandes d’asile se multiplient. De plus en
plus de personnes risquent leur vie pour rejoindre l’Europe, apportant par là
une terrible et involontaire confirmation aux images d’un flux impossible à
endiguer. Réfugié ou non, clandestin ou non, l’étranger est ressenti comme une
menace pour l’économie, pour la culture, pour les traditions
religieuses.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est la part de légitimité et quelle est la part de fantasme dans ce
sentiment ? Comment la foi en Jésus-Christ interfère-t-elle sur la
question de l’étranger ? Depuis le début de l’humanité, les populations
ont été amenées à se déplacer, pour fuir la famine ou la guerre, ou pour
trouver des régions plus hospitalières. La Bible porte la trace de ces
migrations : les fils d’Israël eux-mêmes ont dû se réfugier en Égypte ou
ont été emmenés de force à Babylone. Voilà pourquoi les auteurs bibliques ont
développé à propos de l’étranger une attitude tout à fait originale et
novatrice dans le contexte de l’époque, où la xénophobie était souvent érigée
en religion. Malgré l’exigence forte donnée à Israël de ne pas se laisser
influencer par les croyances des peuples étrangers, la Bible présente l’accueil
de l’étranger comme un impératif. De façon surprenante, elle montre que Dieu se
préoccupe en priorité des sans-droits : les veuves, les orphelins, les
étrangers. Elle commande même de les aimer. Quelle provocation pour nous, au
moment où l’Europe ferme ses frontières et où les étrangers y subissent
humiliation sur humiliation ! Pour préparer le dossier de la Semaine de la
Bible 2006, l’Alliance biblique française s’est associée avec la Cimade, une
association œcuménique qui travaille depuis plus de 60 ans avec les réfugiés et
les étrangers. Ensemble, les deux organisations souhaitent apporter aux
chrétiens de France des éléments de réflexion sur cette question au cœur de
l’actualité.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;''Bernard Coyault, secrétaire général de l’Alliance biblique''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Mode d’emploi :&lt;/strong&gt; L’Alliance biblique a réalisé un dossier avec
des documents pour – en groupe ou individuellement – réfléchir sur le statut
des étrangers dans la bible et même des canevas de prédication. Sur son site
peuvent aussi être téléchargés des documents de la Cimade.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alliance biblique française&lt;/strong&gt; B.P. 47 F-95400
Villiers-le-Bel&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tél. : 01 39 94 50 51 Fax. : 01 39 90 53 51&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Internet : &lt;strong&gt;www.la-bible.net&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CCP : PA 241085E&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Des textes pour réfléchir…&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel est le statut de l’étranger ?&lt;/strong&gt; &lt;em&gt;Dieu aime
l’étranger&lt;/em&gt; Deutéronome 10.12-22 ; 24.17-22 ; Plus étranger, mais
de la maison de Dieu éphésiens 2.11-22&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tous humains, donc tous frères&lt;/strong&gt; &lt;em&gt;Tous nés à Sion&lt;/em&gt;
Psaume 87 ; étrangers et voyageurs Hébreux 11.13-16&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Semblables, mais différents&lt;/strong&gt; &lt;em&gt;Un modèle
d’intégration&lt;/em&gt; Ruth 1–4 ; &lt;em&gt;Le communautarisme est-il bon ou mauvais
?&lt;/em&gt; 2 Corinthiens 6.1–7.1&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Riches ou pauvres, mais graciés&lt;/strong&gt; &lt;em&gt;Un étranger guéri&lt;/em&gt;
2 Rois 5.1-19 ; &lt;em&gt;Une étrangère exaucée par Jésus&lt;/em&gt; Matthieu
15.21&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Textes dans l’épopée d’Abraham&lt;/strong&gt; &lt;em&gt;Abraham étranger en
Egypte&lt;/em&gt; Gen. 12,10 à 12,20 ; &lt;em&gt;Abraham et les étrangers
Melchisédek&lt;/em&gt; Gen. 14 ; Abimeleh Gen. 20-21-22&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Appel à l'action : un paroissien de Vincennes menacé d'expulsion</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2006/11/13/Appel-a-laction-%3A-un-paroissien-de-Vincennes-menace-dexpulsion</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:2400772dc35563e9c9bdb4c99f99bd5e</guid>
    <pubDate>Mon, 13 Nov 2006 10:24:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Solidarité migrants</category>
        <category>engagement</category><category>sans-papiers</category>    
    <description>&lt;p&gt;Un paroissien de l'Eglise réformée de Vincennes est menacé d'expulsion vers
la RD du Congo. Douglas Nelson, pasteur de Voncennes, nous appelle à venir
mercredi matin pour venir le soutenir au Tribunal administratif et à envoyer
mail et lettre pour empêcher cette expulsion. Dans l'article, les infos
précises.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Le juge de la détention a finalement maintenu Dick au centre de rétention de
Voncennes. Le rendez-vous est ce mercredi 15/11 à 8h30 au Tribunal
administratif de Paris 4, 7, rue de Jouy, M° Saint Paul. Ci-dessous : -
les explications de Douglas Nelson - les modèles de lettres à envoyer - le
billet de Stéphane Lavignotte du 13/11 sur Fréquence protestante sur cette
affaire.&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;p&gt;Chers amis,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite à une entretien téléphonique avec l'avocat de Dick Nkanga, voici le
dernier point sur sa situation et une proposition d'action de soutien en
concertation avec le groupe local d'Amnesty International.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dick Nkanga est actuellement retenu au centre de retention de Vincennes. Son
avocat va plaider, normalement demain matin, devant le juge de la détention et
des liberté pour demander sa remise en liberté conditionnelle. Si le juge
accepte, Dick serait assigné à résidence et pourrait être libéré en attendant
son audition devant le Tribunal Administratif, normalement le lendemain, qui
devrait statuer de savoir s'il peut être expulsé ou non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les audiences sont publiques et si nous pouvons être quelqu'uns à y
assister, cela est certainement positif. Dès que l'avocat m'aurait communiquer
les dates et l'heure de ces audiences, je vous les transmettrai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous pouvez aussi envoyer des mails au ministère de l'Intérieur et à la
Préfecture de police de Paris en précisant, le cas échéant, que vous êtes
membre de l'Eglise Réformée et demandant que Dick ne soit pas expulsé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous trouverez ci-après deux modèles de courriel dont vous pouvez vous
inspirer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous trouvez aussi ci-après le texte de la lettre que j'ai écrit au Préfet
de Police de Paris et au Ministre de l'Intérieur pour accompagner la petition
que plusieurs parmi vous ont signé ce matin et que je faxerai demain avec une
copie au Député-Maire de Saint-Mandé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sachez enfin qu'Olga se réunit avec des amis pour faire une veillée de
prière cette nuit. Je crois que nous serions beaucoup à être solidaires de
cette démarche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien fraternellement,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Douglas NELSON&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Ministère de l'Intérieur :*&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Secrétaire général C. GUEANT claude.gueant@interieur.gouv.fr
sec.gueant@interieur.gouv.fr G. Larrivé (Conseiller chargé de l'immigration )
sec.larrive@interieur.gouv.fr guillaume.larrive@interieur.gouv.fr M. Tandonnet
(Conseiller chargé de l'immigration) sec.tandonnet@interieur.gouv.fr
maxime.tandonnet@interieur.gouv.fr Standard 01 40 07 60 60 Fax 01 40 07 21 09
Fax secrétaire général 01 40 07 13 90&lt;/p&gt;
&lt;pre&gt;
*Préfecture de police de Paris*
&lt;/pre&gt;
&lt;p&gt;prefpol.dpg-etrangers-secretariat@interieur.gouv.fr
cabcom.prefecturepoliceparis@interieur.gouv.fr&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux modèles de courriel :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monsieur le Conseiller,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme membre de l' Eglise Réformée de France et d'Amnesty International je
suis très concerné par le sort de Dick Nkanga. Celui-ci a été placé en garde à
vue vendredi dernier à la suite d'un contrôle d'identité. Originaire de la RDC,
Dick Nkanga est arrivé en France il y a huit ans. Membre de notre communauté
religieuse nous pouvons attester de sa parfaite intégration. Aussi je me
permets de vous demander de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour que sa
situation soit régularisée et qu'il ne soit pas renvoyé dans son pays car nous
craignons pour son intégrité physique en cas de renvoi. Dans l'attente , je
vous prie de croire, Monsieur le Conseiller, en l'expression de mes sentiments
les meilleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monsieur,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dick Nkanga, originaire de RDC, vit en France depuis 8 ans mais n'a jamais
fait l'objet d'une régularisation. Il est parfaitement intégré dans notre pays,
notamment dans la Communauté Protestante à laquelle il appartient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a récemment été arrêté lors d'un contrôle de police. S'il est renvoyé
dans son pays, il est à craindre que son intégrité physique ne soit
menacée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous demande d'intervenir afin que son cas soit envisagé avec
bienveillance et qu'il puisse être autorisé à rester en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Respectueusement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Texte du lettre envoyée au Préfet et au Ministre de l'Intérieur avec copie à
Monsieur Patrick Beaudouin, Député-Maire de Saint-Mandé :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monsieur le Préfet (Monsieur le Ministre),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est avec beaucoup d'émotion et de consternation que les membres de notre
paroisse et moi-même avons appris l'arrestation et la mise en détention de
Monsieur NKANGA WAKU vendredi 10 novembre lors d'un contrôle d'indentité à la
gare de Lyon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'issue de sa garde à vue samedi matin, il lui a été délivré un APRF
contre lequel il a déposé un recours auprès du Tribunal Administration. Il est
actuellement retenu au centre de retention de Vincennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monsieur NKANGA WAKU est actif dans la paroisse réformée de
Vincennes-Montreuil depuis septembre 2000. Il chante dans la chorale et depuis
la rentrée scolaire 2005 fait partie de l'équipe de catéchètes. Sa présence
dans la paroisse est très appréciée, comme témoigne la pétition ci-jointe qui a
été signée par 65 paroissiens présents au culte ce matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne fait aucun doute pour nous que Monsieur NKANGA est capable et désireux
de s'intégrer dans la société française. C'est pourquoi avec l'appui du
Député-Maire de Saint-Mandé, Monsieur Patrick BEAUDOUIN, nous avons soutenu sa
demande de régularisation qui a été introduite récemment auprès de la
Sous-préfecture de Nogent-sur-Marne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgré le refus qui a été opposé à cette demande, nous persistons à croire
que cette décision est injuste. Nous vous demandons instamment d'annuler l'APRF
et que Monsieur NKANGA soit autorisé à rester en France, car nous craignons
pour son intégrité physique si jamais il est renvoyé dans son pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Veuillez croire, Monsieur le Préfet (Monsieur le Ministre), à l'expression
de ma considération respectueuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Douglas NELSON&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pasteur&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;p&gt;Le billet de Stéphane Lavignotte du 13/11 sur Fréquence protestante sur
cette affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Douglas Nelson, pasteur de Vincennes vient de lancer un appel. Un de ses
paroissiens, Dick Nkanga est actuellement retenu au centre de retention de
Vincennes. En France depuis 8 ans, il risque d'être renvoyé en République
démocratique du Congo. Il y risque sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La semaine dernière, je faisais ma première déclaration publique comme
Pasteur de La Maison Verte. Un parent d'élève dans une école du 18e risquait
d'être expulsé vers le Mali. Ce pays, il l'avait fui avec sa famille pour que
leur dernière petite fille ne soit pas excisée, comme l'avait été ses sœurs et
avant-elles leur mère. La famille avait le choix : entre être séparée, ou
rejoindre le père au Mali si il y était expulsé, au risque de voir la petite
dernière être excisée à son tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le même jour que ce papa, était arrêté un autre parent d'élève, d'une école
voisine. En France depuis 20 ans. Il risquait le même sort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, ces deux papas ont été relachés, n'ont pas été expulsés. Le
premier grâce à une décision du tribunal administratif, le second grâce à la
mobilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces arrestations, elles donne l'impression de s'accélérer. Nicolas Sarkozy a
fixé un quota : il faut au moins 25 000 expulsions dans l'année. On arrive
en décembre, il faut accélerer pour que les chiffres soient réalisés. Un peu
comme ces histoires qu'on nous raconte, un peu surréaliste où l'armée doit
utiliser tout ses stocks d'essence pour qu'on ne lui en affecte pas moins
l'année suivante. Alors, elle fait tourner ses camions pour rien, pour dépenser
les stocks.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'absurdité, ça n'a pas le même sens quand ça touche des humains. Il ne
s'agit pas de camion, de stocks d'essence. M. Sarkozy, ses services, voient des
chiffres. Nous voyons des parents des copains d'école de nos enfants, des
parents d'élèves comme nous, des voisins, des amis, des paroissiens qui
chantent avec nous le dimanche matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voyons des prochains. Ils sont différents et ils sont avec nous, ils
sont d’autres nous-mêmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On espère que le juge administratif et la mobilisation permettent que Dick
Nkanga, paroissien de Vincennes soit lui aussi libéré. Ça dépend de nous, de
vous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le site internet de La Maison Verte j’ai mis l’appel de Douglas Nelson,
il y a des modèles de lettres à envoyer par mail ou par fax. Le site internet
de La Maison Verte www.lamaisonverte.org&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Echec à deux expulsions de parents d'élèves dans le 18e</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2006/11/05/Expulsion-vers-lexcision</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:e1f779ac905bddc4cda0e3a7303f6e59</guid>
    <pubDate>Sun, 05 Nov 2006 14:59:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Solidarité migrants</category>
        <category>engagement</category><category>sans-papiers</category>    
    <description>&lt;p&gt;Chaude actualité dans les écoles du 18e depuis une semaine : deux
parents étaient menacés d'expulsions. Finalement cela a été empêché.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Le mardi 7/11, le Tribunal administratif a finalement annulé l'arrêté
d'expulsion du Préfet de police à l'encontre d'un papa d'une école du 18e vers
le Mali qu'il a fuit avec sa femme pour soustraire sa petite fille à la menace
de l'excision. Un autre papa d'une école voisine (Max Dormoy) - depuis 20 ans
en France - était lui aussi menacé. Grêve de l'école, goûter militant tous les
soirs de 16h à 18h, mobilisation de RESF : l'expulsion a aussi été
empêchée. Ces expulsions ont donc pour l'instant empêchée, mais les deux
familles ne sont pas régularisée. Cette mobilisation a permis qu'un comité RESF
se créée sur l'école Guadeloupe. Quatre autres familles de cette école ont vu
leurs dossiers réfusés dans le cadre de la &amp;quot;circulaire Sarkozy&amp;quot; de l'été. La
lutte continue !&lt;/p&gt;
&lt;pre&gt;
Communiqué de presse de Stéphane Lavignotte, pasteur de La Maison Verte du 5 novembre 2006. Communiqué de RESF expliquant la première affaire. Communiqué du comité d'école expliquant la seconde.
&lt;/pre&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;p&gt;Communiqué de presse de Stéphane Lavignotte, pasteur de La Maison Verte du 5
novembre 2006 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La menace d'expulsion qui pèse sur M. Touré est doublement innaceptable.
Elle viole le droit fondamental à la vie en famille, puisque sa femme et ses
enfants vivent en France. Elle menace une enfant - scolarisée dans le 18 - et
une famille de retomber dans le cauchemar de l'excision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous étonnons que cette deuxième raison n'ait pas amené le prefet de
police à revenir sur sa décision : à la Maison Verte, nous accompagnons
plusieurs femmes victimes d'excision et qui ont obtenu le statut de réfugié
pour que leurs enfants échappent à ce traitement inhumain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons la réalité du traumatisme que cela représente et le courage
qu'il faut à ces familles pour rompre avec leur entourage, leurs traditions,
leur pays et devoir recommencer une vie à zéro, dans un pays étranger. Il est
affligeant que seule la réponse de l'administration à ce choix de protection de
leurs enfants soit la menace de les renvoyer vers ce qu'ils ont fuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme pasteur de La Maison Verte, je serai présent mardi 7 à 8h30 au
Tribunal administratif pour apporter mon soutien à la famille Touré.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Stéphane Lavignotte, La Maison Verte&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;p&gt;COMMUNIQUE DE PRESSE RESF le 4 novembre 2006&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chasse à l’homme continue !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France renvoie les petites filles aux mains des bourreaux qui pratiquent
les mutilations génitales !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Placé en garde à vue au commissariat du 10ème arrondissement de Paris pour
défaut de titre de séjour jeudi 2 novembre, M Alkaidaly Touré a été transféré
en centre de rétention de Vincennes le vendredi 3 novembre vers 16h30.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M Touré vit en France depuis 1999, sa femme l’a rejoint en 2003 afin
d’apporter des soins à leur petite fille, alors âgée de 4 ans, suite à son
excision et infibulation totale pratiquée par leur entourage sans que les
parents aient pu s’y opposer. Des complications suite à cette mutilation ont
nécessité une intervention chirurgicale à l’hôpital Necker. Leur fille a
aujourd’hui 7 ans, elle est actuellement en classe de CE1 dans une école du
18ème arrondissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis ce couple a eu une autre petite fille née sur le territoire français,
elle est maintenant âgée de 18 mois. Retourner au Mali signifierait pour elle
la même mutilation, contre la volonté de ses parents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les documents prouvant toutes les informations que nous avançons ont
été communiqués au commissariat de police du 10ème arrondissement dès les
premières heures de la garde à vue. Et bien que la France reconnaisse
l’excision comme une pratique mutilante et dégradante et qu’elle la condamne,
la préfecture de police de Paris a délivré un arrêté de reconduite à la
frontière à M Touré avant de le placer en centre de rétention en vue de
préparer son expulsion. Une fois de plus les actes démentent les beaux discours
télévisés!. La préfecture de police de Paris alertée, dès jeudi soir, des
menaces gravissimes qui pèsent sur les petites filles de la famille Touré a
choisi de participer servilement à la course effrénée aux 25000 expulsions dans
laquelle s’est lancé Sarkozy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous tenons également à nous élever contre les méthodes employées à
l’encontre des militants du Réseau Éducation Sans Frontières, repoussés sans
ménagements par des CRS deux fois plus nombreux qu’eux, pour permettre
l’évacuation de M. Touré vers le centre de rétention. Nous condamnons les
pressions psychologiques dont Mme Touré a fait l’objet, de la part du
commissaire de police du 10° arrondissement, juste après avoir vu son mari
partir en direction du centre de rétention, menotté comme un criminel. Le
traitement dont cette famille fait l’objet est indigne, à la hauteur des buts
poursuivis par le ministre de la Chasse à l’enfant qui se rend maintenant
complice des partisans de l’excision et de l’infibulation en s’apprêtant à les
alimenter en matériel humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Touré passe au 35bis du TGI Paris demain dimanche à 10h.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’audience au TA de Paris aura lieu mardi à 8h30.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M Touré doit retrouver la liberté,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ses filles doivent être protégées de l’excision !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne les laisserons pas faire ! :&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;p&gt;COMMUNIQUE DE PRESSE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Collectif des parents-enseignants de l’école maternelle Marx Dormoy&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une enfant de notre école est sur le point d’être séparée de son père sans
papier. M. Turé TUNCAM, arrêté vendredi dernier alors qu’il faisait des courses
pour ses filles, a été placé en centre de rétention et déféré au Tribunal
Administratif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jugé aujourd’hui, jeudi 9 novembre, sa demande d’annulation d’Arrêté
Préfectoral de Reconduite à la Frontière a été rejetée. Il est susceptible
d’être expulsé par le premier avion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut savoir que M. TUNCAM vit, travaille et paie ses impôts en France
depuis une vingtaine d’années et qu’il a trois filles, toutes trois nées en
France, dont une scolarisée dans notre école. Monsieur TUNCAM a quitté la
Guinée-Bissau il y a 20 ans. S’il est expulsé, il laisse sa femme et ses trois
filles en bas âge sans ressources. Cette famille fondée en France doit pouvoir
continuer à y vivre. Les enfants TUNCAM ne doivent pas être séparés de leur
papa !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous demandons sa libération et sa régularisation immédiate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses familles sont menacées dans les écoles du quartier. A l’école
maternelle Marx Dormoy d’autres enfants sont concernés. Le climat d’angoisse
permanent que génèrent ces interpellations abusives est intolérable. Pour
éviter que cela ne continue et qu’une situation aussi dramatique ne se
reproduise, nous demandons que tous les parents sans papier de l’école soient
régularisés.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour manifester leur colère et leur détermination, les parents d’élèves
décident d’occuper l’école tous les soirs en organisant de 16h à 18h un goûter
de solidarité en présence de personnalités venant soutenir le mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monseigneur Gaillot sera présent à l’école 53 bis rue Marx Dormoy, Paris
18ème, lundi à partir de 16h30.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Pas d'expulsions à la rentrée !</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2006/09/04/Pas-dexpulsion-a-la-rentree</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:2334ad953b23f00235f30849f634cd0c</guid>
    <pubDate>Mon, 04 Sep 2006 22:13:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Solidarité migrants</category>
        <category>engagement</category><category>sans-papiers</category>    
    <description>&lt;p&gt;Pour le Réseau éducation sans frontières (REFS) du 18e, l’été fut studieux
avant une rentrée sur le pieds de guerre.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Marie-Céline et Nordine ont passé tout l’été dans les dossiers de demande de
régularisation et sont encore là ce samedi 26 août en tête du cortège RESF dans
la manifestation qui arrive à République, parti de l’église Saint-Bernard pour
fêter les 10 ans de l’occupation de l’église. &amp;quot; Jamais passé un été
pareil ! &amp;quot; plaisante Marie-Cécile, pleine d’énergie et d’humour, qui en
plus du suivi des dossiers est allée de l’université des Verts, à celle du
Mouvement des jeunes socialistes pour porter la bonne parole. Dans le 18e, 200
à 300 dossiers de régularisation (tous ne sont pas passés par RESF) ont été
déposés par des familles qui espéraient bénéficier de la circulaire Sarkozy.
Après le temps du dépôt des dossiers, est venu celui des réponses et… des
refus. Une dizaine de refus tombent à chaque permanence hebdomadaire (elle
devrait redevenir bi-hebdomadaire en septembre) de RESF 18e depuis la fin août.
&amp;quot; On a vu un changement très net, raconte Marie-Cécile. En juillet, la plupart
des réponses étaient positives. En août, ils étaient négatifs &amp;quot;. Entre temps,
étaient passées les déclarations de Sarkozy fixant à 6000 le nombre de
personnes pouvant être régularisées, bien que plus de 30 000 dossiers aient été
déposés. D’un simple &amp;quot; faisceau d’indices pour prouver l’intégration, on est
passé à des demandes de pièces de plus en plus tatillonnes &amp;quot; racontent les
animateurs de RESF 18e. La plus grande incertitude règne sur ce qui va se
passer à la rentrée pour ces dizaines de milliers de personnes à qui a été
signifié un refus et dont la préfecture a dorénavant les adresses. Des
expulsions en masse ? Même si les rafles se multiplient à Belleville mais
aussi à Château Rouge et Barbès, même si Sarkozy n’a pas hésité à expulser
pendant l’été des lycéens pourtant très soutenus, Marie-Cécile n’y croit
pas : &amp;quot; ça fait trop de monde. Ils n’arrivent déjà pas à exécuter tous les
arrêts de reconduite à la frontière &amp;quot;. Pas question non plus de rédiger 20 000
recours. Les premiers jours de septembre vont être l’occasion pour les comités
RESF de mettre au point une nouvelle stratégie dans cette période
pré-électorale très sensible. La mobilisation va donc reprendre dans les
presque 30 écoles du 18e qui sont mobilisées sur le sujet, à la suite de
l’école Vauvenargues qui soutenait deux familles colombiennes. Mobilisation
élargie Là comme ailleurs, la mobilisation est allée bien au-delà des militants
habituels. Marie-Cécile est enthousiaste : &amp;quot; Une des clés du succès, c’est
la diversité : certains s’engagent pour des raisons politiques, d’autre
dans une simple démarche humaniste. Des écoles pour qui pétitions et banderoles
sont un mode d’action trop &amp;quot; militantes &amp;quot; se contentent d’afficher des
témoignages. Et surtout, les gens ont appris à nouveau à se connaître, cela a
recréé du lien social. Ça été la clé du succès de RESF &amp;quot;. La première ligne de
manifestants qui porte la banderole de RESF ne mollit pas : &amp;quot; A la
rentrée, pas d’expulsion ! Nous les prenons, sous notre protection !
&amp;quot;. Stéphane Lavignotte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Resf Paris Nord ouest 8°/9°/16°/17°/18° resfparis18yahoo.fr Les mardi et
jeudi à la MDA du 15 passage Ramey de 17h à 20h. Attention la Mda n'est pas
prévue pour accueillir des enfants et les poussettes y sont strictement
interdites.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Pasteurs et prêtres se mobilisent pour les 1000 de Cachan</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2006/07/24/Pasteurs-et-pretres-se-mobilisent-pour-les-1000-de-Cachan</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:484b070cc8812b2eef16ff1dd4a870ee</guid>
    <pubDate>Mon, 24 Jul 2006 22:58:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Solidarité migrants</category>
        <category>engagement</category>    
    <description>&lt;p&gt;Depuis 2003 plus de 1000 femmes, enfants, hommes - pour certains
sans-papiers - logent dans une ancienne cité universitaire délabrée de Cachan.
Depuis mai 2004, ils sont menacés d'expulsion sans relogement. Nouvelle
manifestation le 26/07 tandis que prêtres et pasteurs du secteur écrivent au
Préfet.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;COMMUNIQUE DE PRESSE COLLECTIF DES 1000 DE CACHAN&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;APPEL A RASSEMBLEMENT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes près de 1000 personnes (hommes, femmes, enfants) à habiter
depuis avril 2003 dans un bâtiment vétuste et dégradé de la cité universitaire
de Cachan, faute d‚avoir un logement. La plupart d‚origine africaine, en
situation de précarité, nous ne voulons créer aucune nuisance pour le
voisinage, ni pour les pouvoirs publics. Nous souhaitons simplement être logés
de façon durable et décente et pour certains d'entre nous, obtenir un titre de
séjour. Depuis le mois de mai 2004, notre expulsion par les forces de police
est sans cesse envisagée. Mais grâce à notre désir d'intégration, à notre
mobilisation et à de nombreux soutiens, nous avons obtenu jusqu‚à aujourd‚hui
un report provisoire de cette mesure. Jusqu‚à quand ? Pour continuer notre
lutte nous avons toujours et encore besoin de soutiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mercredi 26 juillet 2006 nous organisons un rassemblement devant la
sous-préfecture de l'Haye-les-Roses.Le départ se fera à 14 heures au bâtiment
F, 64, rue Camille Desmoulins ˆ 94230 CACHAN. De 22 heures à l Œaube une nuit
de la solidarité sera organisée au bâtiment F.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Collectif des 1000 de CachanBâtiment F64, rue Camille Desmoulins ˆ 94230
CACHAN contact : Fidele nitiema : 06 15 66 48 02&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;p&gt;COURRIER DE SOUTIEN DES PASTEURS et PRETRES de CACHAN AU PREFET DU VAL DE
MARNE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M Le Préfet,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bâtiment F du Crous de Cachan, autrefois destiné aux logements étudiants,
est occupé par plusieurs centaines de personnes, qui vivent dans des conditions
particulièrement difficiles ; par ailleurs la plupart sont en situation
irrégulière. Il y a là entre autres des couples avec des enfants, dont certains
sont nés dans ce lieu. Beaucoup y résident depuis trois ans et ils ont tissé
des relations chaleureuses et des liens de solidarité avec la population
locale, les étudiants, avec les associations et les autorités. Particulièrement
soucieux du sort malheureux de ces personnes, les représentants des Eglises
catholiques et réformées soussignées se sont réunies aujourd‚hui pour proposer
leur médiation et pour qu‚une solution soit trouvée par la négociation. Dans le
respect de la dignité et du droit. Quand des femmes, des hommes et des enfants
sont dans la détresse, les Eglises souffrent, elles s‚inquiètent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes conscients des devoirs qui vous incombent, Monsieur le Préfet,
dans le cadre de la loi, et nous pensons que notre médiation peut permettre de
rétablir le dialogue et d‚arriver à une solution équitable. Nous souhaitons
éviter le pire, sachant qu‚une expulsion ne résoudrait d‚aucune manière les
problèmes, elle ne ferait que les aggraver. C‚est pourquoi, nous sollicitons,
Monsieur le préfet, un entretien. Restant à votre disposition, nous vous
transmettons, Monsieur le Préfet, l‚expression de notre plus haute
considération.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Père Marc LULLE Curé de Cachan Responsable du secteur Val de Bièvre Ambroise
BAYO Diacre chargé des Migrants Secteur Val de Bièvre Henri FROGET Diacre
chargé de la Solidarité et de la Charité Secteur Val de Bièvre Pasteur Philippe
KABONGO-MBAYA Eglise Réformée de Robinson Pasteur François Clavairoly Eglise
réformée du Saint Esprit - Paris 8ème &lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Prière pour la paix le 22 septembre</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2006/08/24/Priere-pour-la-paix-le-22-septembre</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:61549bf89a5624e25fddcdedea303b47</guid>
    <pubDate>Mon, 10 Jul 2006 19:43:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Paix non-violence</category>
        <category>engagement</category>    
    <description>&lt;p&gt;Vendredi 22 septembre 19h, dans le cadre de la journée mondiale pour la
paix, prière oecuménique pour la paix à La Maison Verte. Témoignage d’Emmanuel
Tubané, prêtre rwandais, sur le thème &amp;quot; Réconciliation là-bas - Réconciliation
ici &amp;quot;. Suivie d'un moment d'échange convivial. Organisée par le Mouvement
international pour la réconciliation, les communautés Mennonites
d'Ile-de-France, Pax Christi et la Maison Verte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un compte-rendu et des extraits sonores dans la rubrique &amp;quot;bibliothèque
sonore&amp;quot;.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Prenant place dans le cadre de la Journée mondiale de l'ONU pour la paix,
cette réunion de prière sur le thème &amp;quot;Devenir artisan de paix, à la portée de
chacun?&amp;quot; rejoint la décennie &amp;quot;vaincre la violence&amp;quot; et de la journée
internationale de prière pour la paix lancée par le Conseil oecuménique des
églises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot;Prier pour la paix est un élément essentiel du culte chrétien, voire de
l'existence humaine&amp;quot;, déclare le pasteur Samuel Kobia, secrétaire général du
Conseil œcuménique des Eglises (COE), au sujet de la Journée internationale de
prière pour la paix (JIPP), qui aura été célébrée la vielle, le le 21 septembre
2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Eglises membres du COE dans le monde entier sont invitées à prier pour
la paix. Cette initiative du COE, lancée il y a deux ans dans le cadre de la
Décennie &amp;quot;vaincre la violence&amp;quot; (DVV), a été saluée par Kofi Annan, secrétaire
général des Nations Unies. Sa célébration coïncide avec la Journée
internationale de la paix, organisée par les Nations Unies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le thème de cette année &amp;quot;... et nous continuons à rechercher la paix&amp;quot;, a été
choisi par les Eglises d'Amérique latine, région qui fait l'objet de l'accent
spécial de la DVV pour 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On demande aux Eglises &amp;quot;d'accorder une attention particulière à la violence
en Amérique latine, mais aussi à la souffrance des enfants, des personnes
âgées, des femmes et des hommes du Moyen-Orient&amp;quot;, et de prier &amp;quot;pour que cesse
toute violence et que règne une paix durable&amp;quot;, déclare le pasteur Kobia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Journée internationale de prière pour la paix constitue pour les
communautés ecclésiales de partout une occasion de prier et d'agir ensemble
pour susciter une paix durable dans les cœurs des gens, et dans les familles,
les communautés et les sociétés.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les suggestions sur la manière de célébrer cette Journée comprennent des
concours artistiques, des manifestations pédagogiques et culturelles, des
prières et des réflexions sur la paix dans les communautés, sur les lieux de
travail, à l'école ou à la maison, ainsi que des veillées de prière avec
d'autres religions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouvera la brochure de la JIPP, des prières et d'autres documents sur le
site de la DVV:
&amp;lt;http://vaincrelaviolence.org/fr/about-the-dov/international-day-of-prayer-for-peace.html&amp;gt;http://vaincrelaviolence.org/fr/about-the-dov/international-day-of-prayer-for-peace.html&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
</channel>
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