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  <title>La Maison Verte, Fraternité de la Mission Populaire Evangélique (Paris 18) - Tag - culpabilité</title>
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  <language>fr</language>
  <pubDate>Sat, 04 Oct 2008 14:50:41 +0200</pubDate>
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  <item>
    <title>Luc 16,19-31 : Plaidoirie pour Monsieur Riche</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2007/11/10/Plaidoirie-pour-Monsieur-Riche</link>
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    <pubDate>Sun, 30 Sep 2007 16:25:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Prédications</category>
        <category>Bible</category><category>culpabilité</category><category>Evangile de Luc</category>    
    <description>&lt;p&gt;Prédication de Stéphane Lavignotte du 30 septembre 2007. Prédication ou
plutôt... plaidoirie ! Luc 16,19-31 : Le riche et Lazare...&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Luc 16,19-31&lt;br /&gt;
Il y avait un homme riche, qui était vêtu de pourpre et de fin lin, et qui
chaque jour menait joyeuse et brillante vie.&lt;br /&gt;
Un pauvre, nommé Lazare, était couché à sa porte, couvert d'ulcères,&lt;br /&gt;
et désireux de se rassasier des miettes qui tombaient de la table du riche; et
même les chiens venaient encore lécher ses ulcères.&lt;br /&gt;
Le pauvre mourut, et il fut porté par les anges dans le sein d'Abraham. Le
riche mourut aussi, et il fut enseveli.&lt;br /&gt;
Dans le séjour des morts, il leva les yeux; et, tandis qu'il était en proie aux
tourments, il vit de loin Abraham, et Lazare dans son sein.&lt;br /&gt;
Il s'écria: Père Abraham, aie pitié de moi, et envoie Lazare, pour qu'il trempe
le bout de son doigt dans l'eau et me rafraîchisse la langue; car je souffre
cruellement dans cette flamme.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abraham répondit: Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant
ta vie, et que Lazare a eu les maux pendant la sienne; maintenant il est ici
consolé, et toi, tu souffres.&lt;br /&gt;
D'ailleurs, il y a entre nous et vous un grand abîme, afin que ceux qui
voudraient passer d'ici vers vous, ou de là vers nous, ne puissent le
faire.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le riche dit: Je te prie donc, père Abraham, d'envoyer Lazare dans la maison
de mon père; car j'ai cinq frères.&lt;br /&gt;
C'est pour qu'il leur atteste ces choses, afin qu'ils ne viennent pas aussi
dans ce lieu de tourments.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abraham répondit: Ils ont Moïse et les prophètes; qu'ils les
écoutent.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il dit: Non, père Abraham, mais si quelqu'un des morts va vers eux, ils
se repentiront.&lt;br /&gt;
Et Abraham lui dit: S'ils n'écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne se
laisseront pas persuader quand même quelqu'un des morts ressusciterait.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;---&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voici donc réunis au tribunal de La Maison verte.&lt;br /&gt;
Vous venez d'entendre le procureur Abraham dresser son réquisitoire contre
Monsieur Riche.&lt;br /&gt;
J'apprécie que le procureur Abraham laisse ouvert son réquisitoire, ne
tranchant pas quant à savoir si Monsieur Riche doit rester dans les tourments
de l'enfer ou être sauvé.&lt;br /&gt;
Il laisse à votre cour ici présente, le choix du jugement et de la peine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mon rôle – d'avocat - est de défendre Monsieur riche. Vous le savez, les
Monsieur riche, ce n'est pas ma tasse de thé. Je préfère défendre les
prostituées, les voleurs, et les victimes des riches. Je me réjouis sans cesse
de cette promesse maintes fois répétée dans les évangiles : les derniers
seront les premiers.&lt;br /&gt;
Cette fois encore, je me réjouis que Lazare, dernier dans le monde terrestre
soit premier dans le royaume, et je serai éternellement reconnaissant au
procureur Abraham d'accueillir Lazare dans son sein.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour autant, et c'est mon rôle d'avocat, permettez-moi d'essayer de vous
convaincre que M. Riche ne mérite pas de rester dans les tourments de
l'enfer.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que reproche-t-on à mon client ?&lt;br /&gt;
Certes, il a fait tous les jours bombance abondamment. Il s'est habillé de
pourpre et de lin fin. Sans doute aurait-il pu mieux utiliser son argent :
pour les pauvres. Certes, il n'a pas vu que le pauvre Lazare était à sa porte
dans le plus grand dénuement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout cela est blâmable et montre... mais que cela montre-t-il au
juste ?&lt;br /&gt;
Mon client a-t-il fait des mauvaises actions ?&lt;br /&gt;
Le dossier que nous venons d'entendre n'en dit rien. Rien qui nous dise par
exemple que sa fortune ait été acquise d'une manière mauvaise. Il n'est pas
fait mention d'un refus d'aider Lazare.&lt;br /&gt;
Vous le remarquerez, le dossier n'évoque pas non plus les bonnes actions de
Lazare. Il n'est même pas fait mention d'une demande de la part de Lazare
auprès de Monsieur Riche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je ne dis pas cela pour salir la réputation de la victime. Mais parce que pour
prendre une sanction juste, il faut bien prendre la mesure de ce qui peut être
reproché. Et je voudrais souligner une première chose : aucune mauvaise
action n'est reprochée à mon client. Il n'est pas dans les tourments, il n'est
pas punis pour un crime, ou pour une action ou plusieurs actions néfastes. pas
plus que Lazare n'est dans votre sein, Monsieur le procureur Abraham, parce
qu'il en aurait fait des justes. Il n'est pas question là de salut par les
oeuvres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qu'on peut reprocher, en revanche à mon client, c'est son manque d'attention
à autrui. Il n'a pensé qu'à lui. Il s'est habillé de riche parure...il n'a pas
vu que Lazare était couvert d'ulcères. Sa peau était caressée par le lin fin...
Celle de Lazare léchée par ces animaux impures – pour nous hébreux – que sont
les chiens.&lt;br /&gt;
Il a fait bombance abondamment chaque jour... quand Lazare n'a même pas pu
manger les miettes qui tombaient de la table.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qu'on peut reprocher à mon client,&lt;br /&gt;
c'est donc d'abord son indifférence à la situation d'un autre être
humain.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;///////////////////&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monsieur riche vient de répondre à vos questions Monsieur le procureur
Abraham. Vous l'avez entendu. Que vous a-t-il répondu ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le monde matériel, ses yeux étaient comme fermés. Il était, il
s'habillait, il mangeait. Il ne voyait rien, il ne disait rien, il n'entrait en
contact avec personne, ignorait son prochain, n'avait finalement de relation
qu'avec ses richesses matérielles : ses habits, sa nourriture.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ce monde de l'enfer, il a ouvert les yeux. Il a vu Abraham, il a vu
Lazare. Il a parlé, s'est adressé à vous, Monsieur le procureur.&lt;br /&gt;
Et en quel terme l'a-t-il fait ? En vous appelant père. Et que vous a-t-il
demandé ? Et bien, il vous a prié. Oui, il vous a demandé d'avoir pitié de
lui.&lt;br /&gt;
Lui qui était hautain, enfermé dans sa tour d'ivoire, ne reconnaissant ni
frère, ni père, ni autorité, il s'est placé sous votre pouvoir de père. Il
s'est fait petit devant vous, Monsieur le procureur.&lt;br /&gt;
Et que vous a-t-il demandé ? Oh pas de le sortir des tourments. Juste un
peu d'eau sur un doigt qui soit mis sur ses lèvres. Et il a demandé que ce soit
Lazare qui le fasse. Oui, mon client a ignoré Lazare sur terre. Il l'a laissé
mourir de faim. Il ne lui a même pas emmené un verre d'eau.&lt;br /&gt;
En demandant cela à Lazare, ne lui demande-t-il pas la charité ? Ne lui
demande-t-il pas pitié ? Ne lui demande-t-il pas pardon ? Ne
montre-t-il pas ainsi qu'il veut sortir de l'indifférence coupable qu'on peut
avec justesse lui reprocher.&lt;br /&gt;
Monsieur le procureur Abraham, vous répondez deux choses à Monsieur riche quand
il s'adresse ainsi à vous. La première, ne me choque pas. Lazare qui a eu sur
une vie de malheur sur terre, a maintenant le bonheur. Mon client a eu le
bonheur sur terre, il a maintenant, les ennuis. Ce n'est pas une vérité
chrétienne, c'est du bon sens : on cela trouve aussi bien dans les
sagesses juives – le talmud de Jérusalem – égyptiennes – l'histoire de Satmi et
Sénosiris - que chez les philosophes Grecs. Mais jugeons-nous avec seulement du
bon sens ? Pouvons-nous nous arrêter à cela ?&lt;br /&gt;
L'autre argument que vous avancez Monsieur le procureur Abraham, me semble plus
discutable : vous dites qu'on ne peut pas aller du paradis vers l'Hadés,
qu'il y a un abîme trop important.&lt;br /&gt;
J'ai bien peur que votre procureur adjoint – Luc c'est cela – ne vous ait mal
conseillé sur ce point : Je ne vois aucune jurisprudence, ni dans
l'ancien, ni dans le nouveau testament qui justifie cette position, cette
assertion topographique sur l'absence de chemin entre le paradis et
l'enfer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais qu'importe. Ce que je voudrais mettre en avant, c'est la réponse que vous
a fait mon client. Non seulement, il n'a pas contesté vos arguments, mais une
fois de plus, il vous a prié. Il s'est mis dans la position du petit. Et de
quoi vous a-t-il prié ? Il n'a pas insisté sur son sort. Il n'a pas essayé
d'argumenter pour que vous lui donniez ces quelques gouttes d'eau qu'il
quémandait Il n'a pas parlé de lui. Il s'est soucié du sort de ses frères. Lui
qui était indifférent aux autres dans sa vie terrestre il s'est soucié d'autres
que lui. Il a souhaité que ses frères soient informés des conséquences de leurs
actes, ne recommencent pas les erreurs que lui a commis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monsieur le procureur Abraham, non seulement mon client sort ainsi de
l'indifférence coupable pour autrui qu'on peut lui reprocher et qui lui vaut
d'être aujourd'hui dans une aussi délicate posture mais de plus, il reconnaît
par la même que c'est un autre type de vie qu'il aurait du mener sur la terre,
il reconnaît par là même son erreur.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus encore : il se soucie d'autrui et souhaite que d'autres puissent
le savoir et changent de vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous pensez Monsieur le procureur Abraham, et je reconnais là un pessimisme
forgé par 1500 ans au service de la justice de Dieu, que cela ne servirait à
rien d'envoyer un ressuscité pour leur annoncer. Vous avez raison de dire que
tout cela a déjà été annoncé par Moïse et les prophètes. Vous redites
finalement là la base de tout système de droit : nul n'est censé ignorer
la loi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon client est-il naïf en pensant que l'envoi d'un ressuscité puisse changer
les chose ? Peut-être. Ou peut-être a-t-il enfin compris quelque chose.
Peut-être en pensant que ses frères accepteraient le message d'un homme mort et
ressuscité, reconnaît-il, avec beaucoup de retard je vous le reconnais, la
pertinence de Jésus de Nazareth. Peut-être reconnaît-il, avec beaucoup de
retard j'en conviens, la pertinence de ce message d'abandon des richesses
matérielles, de partage avec les plus petits, de sortie de l'indifférence
envers autrui. Il reconnaît ce message et souhaite que d'autres le
connaissent.&lt;br /&gt;
////////////////////&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je ne veux pas nier que mon client sur terre a été gravement coupable
d'indifférence. Que cela justifie le temps qu'il a passé jusque-là en détention
préventive dans le séjour des morts, dans les tourments, dans la chaleur et le
feu. Mais j'espère vous avoir convaincu qu'il a changé. Qu'il est sorti de
l'indifférence pour autrui. Qu'il a compris le caractère criminel de ses actes
sur terre. Qu'il a compris que le message de partage de Jésus Christ était un
message à prendre au sérieux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certes, il a compris tout cela sous la contrainte. Et vos interpellations, vos
refus, vos rappels à la loi Monsieur le procureur Abraham, ont été utiles. Vous
lui avez demandé de se souvenir de ses actes, et dans votre bouche, je le
comprend comme prendre conscience. Peut-être pensez-vous que cette prise de
conscience n'est pas sincère ? Certains, ont besoin de passer par ces
difficultés pour prendre conscience de certaines réalités. Cela empêche-t-il la
sincérité ? Je vous en laisse juge.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
///////////////////////////////&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au bout du compte, messieurs et mesdames de la cour, quel choix se présente à
vous ? Un seul : vous devez faire un exemple.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais vous pouvez faire un exemple de deux façons différentes. Vous le laissez
dans les flammes de l'enfer. Et vous montrerez combien Dieu est implacable avec
les riches, avec ceux qui sont indifférents aux autres. Vous réaffirmerez
radicalement, non seulement que les derniers seront les premiers, mais aussi
les premiers seront les derniers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ou alors, vous prendrez au sérieux ce qui est reproché à mon client. Il lui est
reproché d'avoir été indifférent au sort d'autrui ? Comment pourriez-vous
être à votre tour indifférent à son sort ? Ne commettriez-vous pas à votre
tour ce qui lui est reproché ? Ne serait-ce pas mettre de côté l'important
de son attitude : certes, il était un premier sur la terre. Mais depuis,
il a connu un changement, il a su devenir un dernier ?&lt;br /&gt;
En le laissant rejoindre Lazare et Abraham, vous feriez un exemple bien plus
positif et moteur pour tous les riches et les indifférents de la terre :
Vous direz que vous avez entendu que ce premier a accepté de se faire dernier.
Vous rappellerez que Dieu est près à pardonner à tous, même s'ils changent
tardivement, même s'ils le font pour améliorer leur situation, même s'ils le
font pour sauver leur peau. Oui, Dieu pardonne à ceux qui sont prête à
reconnaître même tardivement le message de partage et d'amour du ressuscité,
qui sont prêts même tardivement à sortir de l'indifférence pour leurs
frères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
//////////////////////&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un morceau de musique suivra ma plaidoirie. Vous aurez ensuite à dire chacun
en votre âme et conscience si Monsieur Riche doit être sauvé ou condamné. Je
m'en remet à votre sagesse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(L'assemblée présente ce matin à La Maison Verte acquitta Monsieur Riche à
l'unanimité moins une abstention.)&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Luc 13,1-9 : changer de logique, changer de regard</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2007/03/17/Luc-131-9-%3A-changer-de-logique-changer-de-regard</link>
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    <pubDate>Sat, 17 Mar 2007 22:51:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Prédications</category>
        <category>culpabilité</category><category>Evangile de Luc</category>    
    <description>&lt;p&gt;Quand on lui parle de la culpabilité de ceux qui sont morts dans
l'effondrement de la tour de Siloé, Jésus se met à faire les questions et les
réponses. Pourquoi veut-il ainsi couper court ? Prédication de Stéphane
Lavignotte, pasteur de La Maison Verte lors du culte du 11 mars 2007 sur Luc
13,1-9.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Luc 13&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13.1 En ce même temps, quelques personnes qui se trouvaient là racontaient à
Jésus ce qui était arrivé à des Galiléens dont Pilate avait mêlé le sang avec
celui de leurs sacrifices.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13.2 Il leur répondit: Croyez-vous que ces Galiléens fussent de plus grands
pécheurs que tous les autres Galiléens, parce qu'ils ont souffert de la
sorte?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13.3 Non, je vous le dis. Mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous
également.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13.4 Ou bien, ces dix-huit personnes sur qui est tombée la tour de Siloé et
qu'elle a tuées, croyez-vous qu'elles fussent plus coupables que tous les
autres habitants de Jérusalem?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13.5 Non, je vous le dis. Mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous
également.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13.6 Il dit aussi cette parabole: Un homme avait un figuier planté dans sa
vigne. Il vint pour y chercher du fruit, et il n'en trouva point.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13.7 Alors il dit au vigneron: Voilà trois ans que je viens chercher du
fruit à ce figuier, et je n'en trouve point. Coupe-le: pourquoi occupe-t-il la
terre inutilement?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13.8 Le vigneron lui répondit: Seigneur, laisse-le encore cette année; je
creuserai tout autour, et j'y mettrai du fumier. 13.9 Peut-être à l'avenir
donnera-t-il du fruit; sinon, tu le couperas.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le passage que nous avons lu est bizarrement rédigé. Il vous a sans doute
laissé le souvenir d’un dialogue. On a l’impression de questions posées, et de
Jésus qui y répondrait. Une forme qui correspondrait bien à la situation :
le sage au milieu de la foule et les personnes viennent l’interroger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fait, ce n’est pas le cas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le passage que nous avons lu, il n’y a pas vraiment de question. Des
personnes évoquent des galiléens qui ont été tués par Pilate, par le pouvoir
romain, parce qu’ils faisaient des offrandes aux Dieu.&lt;br /&gt;
Ce qui est étonnant, c’est que Jésus ne leur laisse pas le temps de poser leur
question. C’est Jésus qui pose la question. Pensez-vous que si ces galiléens
ont été massacrés, cela signifie qu’ils étaient de plus grand pécheurs que les
autres ? Il n’attend pas que la question lui soit posée, il la pose
lui-même.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l’autre exemple qui est donné, ce ne sont même plus les gens qui donnent
l‘histoire de départ, c’est lui. Et c’est encore lui qui pose la
question : Et ces dix huit personnes que la tour de Siloé a tué en
s’écroulant, pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que les autres
habitants de Jérusalem ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fait Jésus fait les questions et les réponses.&lt;br /&gt;
Ce qui fait qu’il y a une grande ambiguïté :&lt;br /&gt;
Est-ce Jésus qui pose une question aux personnes présentes : pensez-vous
cela ?&lt;br /&gt;
Ou est-ce Jésus qui anticipe sur la question qu’ils pourraient poser :
est-ce parce qu’ils étaient coupable qu’ils sont morts ?&lt;br /&gt;
Jésus n’a pas attendu qu’ils posent leur question, mais il n’attend pas non
plus leur réponse. Il n’attend pas leur réponse pour savoir si c’est ce qu’ils
pensent.&lt;br /&gt;
Et il répond directement à une question qu’ils n’ont pas posé.&lt;br /&gt;
Et il dit « non, vous dis-je », à deux reprises.&lt;br /&gt;
Il dit non, et il ne justifie pas sa réponse négative, il ne prend pas la peine
d’argumenter son non. Il dit non, et passe à autre chose : mais moi je
vous dis…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est comme s’il voulait accélérer les choses, comme si il coupait court.&lt;br /&gt;
Pourquoi coupe-t-il court ?&lt;br /&gt;
D’abord peut-être parce que Jésus en a peut-être un peu marre de ce qui se
passe. Le passage que nous venons de lire des évangiles se situe dans un grand
moment de grand bavardage. Il fait suite à toute une série de paraboles, de
questions de la foule assemblée. Elle précède d’autres paraboles, d’autres
questions.&lt;br /&gt;
On parle beaucoup, Jésus fait de long discours.&lt;br /&gt;
Il leur annonce qu’il y a une autre façon de vivre, qu’il faut changer
radicalement de mode de vie, qu’il faut se convertir. Et comment répond
l’assemblée ?&lt;br /&gt;
Un homme se plaint que son frère refuse de partager un héritage. Une question
personnelle qui concerne ses finances personnelles.&lt;br /&gt;
Juste après le passage que nous avons lu, Jésus va soigner une femme alors que
c’est le jour du Sabbat. Cela va provoquer la colère du chef de la synagogue
qui rappelle qu’on ne doit pas soigner un jour de Sabbat.&lt;br /&gt;
Dans le passage que nous avons lu, tout part d’un exemple très classique et
Jésus se doute bien pourquoi ils donnent cet exemple : Dans le judaïsme de
l’époque, on pensait généralement que c’est parce qu’on avait fait des péchés,
ou que nos parents avaient fait des péchés qu’il nous arrivait une catastrophe.
Si on lui donne cet exemple, c’est pour vérifier qu’il est bien
« orthodoxe » dans sa théologie. Que ce n’est pas un
blasphémateur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est comme si Jésus en avait soupé de cette assemblée qui ramène tout à des
histoires personnelles et des histoires de loi à respecter, de règlement,
d’argutie, cette assemblée qui ne l‘écoute pas vraiment.&lt;br /&gt;
S’il cherche à accélérer les choses, à court, c’est qu’il cherche à les
bousculer, il cherche à passer à autre chose : Il veut les faire changer
de logique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelle est leur logique ?&lt;br /&gt;
Quand un homme l’interpelle sur une histoire d’héritage, que fait cet
homme ? Il fait des reproches à son frère. Le coupable, c’est l’autre,
c’est le frère qui ne veut pas partager.&lt;br /&gt;
Quand on donne l’exemple des galiléens, les fautifs, ce sont les autres qui
auraient fait des péchés qui auraient entraînés leur mort.&lt;br /&gt;
Quand on donne l’exemple de la tour de Siloé, c’est pour parler d’autres
personnes dont on se demande s’ils ont péchés. Bref, le problème, le fautif,
c’est l’autre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que leur répond Jésus ? Je dis à vous, si vous ne vous convertissez
pas…&lt;br /&gt;
Il leur dit : arrêtez de regarder les autres, regardez-vous.&lt;br /&gt;
Il dit à ceux qui se posent en juge des autres : posez-vous des questions
sur vous-même.&lt;br /&gt;
C’est le premier changement de logique qu’il veut leur faire comprendre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelle est leur logique ?&lt;br /&gt;
Quand l’homme l’interroge sur une histoire d’héritage, cet homme regarde vers
le passé. Il regarde vers ce que lui lègue le passé. Il pense pouvoir se
reposer sur le passé pour construire son avenir.&lt;br /&gt;
Quand la foule voit la mort des galiléens, elle cherche les causes dans le
passé. Il y aurait un passé qui serait à l’origine de leur malheur.&lt;br /&gt;
Quand la foule parle des victimes de Siloé, c’est la même chose, ils auraient
commis hier des actes coupables.&lt;br /&gt;
Bref, ils ont le regard tourné vers le passé. Le présent est la conséquence du
passé, le présent est piégé par le passé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que leur répond Jésus : si vous ne vous convertissez pas, il vous arrivera
la même chose, vous périrez de la même façon. Il les invite à ne plus penser
que le présent est piégé par le passé, mais que le présent doit être orienté
par l’avenir. Ce n’est pas le présent qui dépend du passé, mais le futur qui
dépend du présent. Il déplace leur regard du passé vers le futur. Il oriente
leur présent non plus vers le passé mais vers le futur.&lt;br /&gt;
C’est le second changement de logique qu’il veut leur faire comprendre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et c’est bien ce qui se passe dans l’histoire du vigneron.&lt;br /&gt;
On a un propriétaire de vigne qui ne voit que le passé. Il a hier acheté une
vigne. Les trois années précédentes, elle n’a rien donné.&lt;br /&gt;
Il ne voit que le passé.&lt;br /&gt;
Et il ne voit que la responsabilité de l’autre. Ce n’est pas de sa faute se
dit-il, c’est de la faute de la vigne, il faut la couper.&lt;br /&gt;
L’ouvrier renverse les choses. Il se présente comme l’anti-propriétaire.&lt;br /&gt;
Le propriétaire ne faisait rien sinon de désigner un coupable.&lt;br /&gt;
L’ouvrier va prendre lui la décision d’agir et ne pas se reposer sur la
culpabilité de la vigne.&lt;br /&gt;
L’ouvrier va avoir une attitude constructive : creuser de la terre, mettre
du fumier.&lt;br /&gt;
Cela fait apparaître que si l’arbre est improductif, ce qui est d’abord
improductif, c’est l’attitude du propriétaire.&lt;br /&gt;
Le propriétaire était tourné vers le passé, l’ouvrier parle de l’avenir du
figuier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a donc un double mouvement de Jésus. Il dit « non ».&lt;br /&gt;
Le « non » de Jésus n’est un non à aucune question de la foule, pas
aux questions qu’ils n’ont pas posé, pas un « non » à la question de
savoir si c’est ce qu’ils pensaient, pas un non à savoir si on est la propre
cause de nos malheurs.&lt;br /&gt;
C’est un « non » à toutes leurs attitudes, à toutes nos attitudes
improductives.&lt;br /&gt;
Chercher toujours des causes à ce qui n’en a pas toujours.&lt;br /&gt;
Chercher toujours des coupables quand il arrive une catastrophe.&lt;br /&gt;
Chercher toujours dans notre société des boucs émissaires. Les étrangers qu’on
accuse du chômage. Les jeunes qu’on accuse de l’insécurité. Les fonctionnaires
qu’on accuse de la dette. Chercher qui couper, expulser, licencier.&lt;br /&gt;
C’est tout ça qu’il faut arrêter.&lt;br /&gt;
Arrêter de juger les autres. Arrêter d’enfermer les gens dans les catégories de
« coupables », pécheurs.&lt;br /&gt;
Arrêter de toujours regarder en arrière, d’être tourné vers l’arrière. De
s’enfermer et d’enfermer les autres dans le passé.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jésus dit « non » pour que nous disons « oui » à ce
qu’il nous propose.&lt;br /&gt;
Jésus n’attend pas de réponse de la foule sur le fait de savoir ce qu’elle
pense de cette histoire de galiléens tués par Pilate ou de personnes écrasés
par la tour de Siloé.&lt;br /&gt;
La seule réponse qui l’intéresse c’est savoir s’ils sont prêts à dire oui à ce
qu‘il propose.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la question nous est posée à chacun. Ne plus rejeter sur les autres nos
propres responsabilités c’est d’abord donner une réponse à cette question de
Jésus. N’attendons pas des réponses des autres. Il n’y a que chacun d’entre
nous qui peut dire « oui » à Jésus Christ.&lt;br /&gt;
Il n’y a que nous qui pouvons prendre l’initiative de regarder ce que nous
pouvons faire pour que les arbres qui nous entourent donnent du fruit. Il n’y a
que nous qui pouvons prendre la bêche et creuser autour de l’arbre. Il n’y a
que nous qui pouvons savoir s’il faut mettre du fumier ou autre chose. Et nos
arbres sont multiples : vie personnelle, vie de couple, vie de famille, de
quartier, avenir de notre pays, de la planète, futur de La Maison Verte ou de
la Mission populaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jésus appelle les personnes qui l’écoutent à se convertir. Cela apparaît un mot
énorme. Mais se convertir, ce n’est que ça : donner une réponse
individuelle, savoir dire « je » et pas « c’est la faute des
autres ». Et comme au ski, changer de direction : ne plus regarder vers le
passé, mais vers l’avenir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une dernière chose. C’est vrai que la conversion semble faite sous contrainte.
Si vous ne vous convertissez pas il vous arrivera la même catastrophe qu’à eux
dit Jésus.&lt;br /&gt;
On peut se dire de manière très pragmatique, qu’effectivement, si nous ne
changeons pas collectivement de mode de vie, de comportement, s’il n’y a pas de
conversion collective de nos façons de vivre, les catastrophes par exemple en
matière d’environnement, il est sûr qu’elles vont arriver, et d’une certaine
manière, les catastrophes elle arrivent déjà : la guerre en Irak, la
surconsommation d’alimentation trop riche, le déséquilibre des richesses entre
le nord et le Sud ou l’usage de la voiture font chaque jours plus de mort que
plusieurs tours de Siloé. Mais ce sont des catastrophes humaines.&lt;br /&gt;
Je crois que l’important, quand Jésus dit cela, c’est moins la catastrophe que
la direction dans laquelle il nous invite à regarder.&lt;br /&gt;
Et que dans cette direction on voit loin. Qu’est-ce que je veux dire ? Il
y a un petit détail du texte que je voudrais pointer. Dans la parabole du
figuier, on lit en français que s’il ne donne pas de fruit l‘année prochaine,
le figuier sera arraché. Mais dans le texte en grec, ce n’est pas l’année
prochaine. C’est « à l’avenir ». L’avenir c’est très long. On pourrait
paraphraser Woody Allen en disant que l’avenir c’est très long, surtout vers la
fin. Mais ce que je veux dire, c’est que Dieu est patient. Il nous invite à lui
dire « oui », mais s’il nous ouvre cet avenir c’est pour que dans cet
avenir, ces longues années qui sont devant nous, nous trouvions le moment de
dire « oui ».&lt;br /&gt;
Et je crois que non seulement, on est emmené à le redire plusieurs fois, qu’on
est amené à se re-convertir en permanence, qu’on ne l’est jamais une bonne fois
pour toute, mais que Dieu nous laisse toujours une année prochaine pour lui
dire « oui » .&lt;br /&gt;
Certes, ça l’énerve de nous voir tourner en rond, il aimerait couper court
comme il coupe court avec ses interlocuteurs. Il cherche à bousculer les
logiques qui nous font rejeter la faute sur les autres, à regarder vers le
passé.&lt;br /&gt;
Mais malgré tout, il nous ouvre l’avenir, repoussant année après année la même
catastrophe qui nous pourrait nous arriver, il nous ouvre l’avenir pour que
nous y répondions.&lt;br /&gt;
S’il nous ouvre l’avenir, c’est justement pour que nous y répondions.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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