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  <title>La Maison Verte, Fraternité de la Mission Populaire Evangélique (Paris 18) - Tag - Jésus</title>
  <link>http://blog.lamaisonverte.org/</link>
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  <language>fr</language>
  <pubDate>Sat, 04 Oct 2008 14:50:41 +0200</pubDate>
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    <title>Luc 25,14-33 : Jésus, gourou ?</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2007/10/12/Jesus-gourou</link>
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    <pubDate>Fri, 12 Oct 2007 16:45:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Prédications</category>
        <category>Bible</category><category>engagement</category><category>Evangile de Luc</category><category>Jésus</category>    
    <description>&lt;p&gt;Jésus pose des questions impossible pour le suivre. Une dérive sectaire en
Galilée ? Luc 25,14-33&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;De grandes foules faisaient route avec Jésus. Il se retourna, et leur
dit:&lt;br /&gt;
Si quelqu'un vient à moi, et s'il ne hait pas son père, sa mère, sa femme, ses
enfants, ses frères, et ses soeurs, et même à sa propre vie, il ne peut être
mon disciple.&lt;br /&gt;
Et quiconque ne porte pas sa croix, et ne me suis pas, ne peut être mon
disciple.&lt;br /&gt;
Car, lequel de vous, s'il veut bâtir une tour, ne s'assied d'abord pour
calculer la dépense et voir s'il a de quoi la terminer,&lt;br /&gt;
de peur qu'après avoir posé les fondements, il ne puisse l'achever, et que tous
ceux qui le verront ne se mettent à le railler,&lt;br /&gt;
en disant: Cet homme a commencé à bâtir, et il n'a pu achever?&lt;br /&gt;
Ou quel roi, s'il va faire la guerre à un autre roi, ne s'assied d'abord pour
examiner s'il peut, avec dix mille hommes, marcher à la rencontre de celui qui
vient l'attaquer avec vingt mille?&lt;br /&gt;
S'il ne le peut, tandis que cet autre roi est encore loin, il lui envoie une
ambassade pour demander la paix.&lt;br /&gt;
Ainsi donc, quiconque d'entre vous ne renonce pas à tout ce qu'il possède ne
peut être mon disciple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand j’ai lu ce texte de l’évangile de Luc, je vous avoue que j’ai pris
peur.&lt;br /&gt;
Je n’ai pas reconnu le Jésus qui aimait bien les prostituées, les
fonctionnaires véreux et les voleurs.&lt;br /&gt;
Je me suis dit : qu’est-ce qui lui prend de donner l’impression de vouloir
recruter une armée de purs, durs et saints, près à tout abandonner pour lui.
Est-ce bien raisonnable Monsieur Jésus-Christ ?&lt;br /&gt;
Imaginez-vous que ce texte tombe dans les mains d’un pasteur peu scrupuleux
?&lt;br /&gt;
Où aujourd’hui demande-t-on de préférer le chef de l’église à sa famille,
jusqu’à rompre ses liens avec elle et même la haïr, car le texte en grec parle
bien de haïr son père sa mère, son père etc. ?&lt;br /&gt;
Où cultive-t-on la haine de soi pour préférer le chef ?&lt;br /&gt;
Où demande-t-on d’abandonner ses richesses… pour les donner au chef ?
Aujourd’hui quelqu’un qui dirait cela publiquement, on dirait que c’est le
dangereux gourou d’une dangereuse secte, et pas un gourou très malin car en
général, les sectes aboutissent à cela mais sous couvert de vous vendre du
développement personnel, des mystères ésotériques et ce genre de
mayonnaise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui, je me suis inquiété.&lt;br /&gt;
Voilà que Jésus nous dit que pour être ses disciples, il faut d’abord
s’asseoir, réfléchir aux conséquences et se dire qu’on va en assumer clairement
toutes les conséquences.&lt;br /&gt;
Et ce n’est qu’après cela qu’on doit s’engager.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, souvent, quand on a eu un baptême enfant, on est rentré progressivement
dans la foi. La rencontre s’est faite petit à petit.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Même moi qui ai été incroyant les – allez, – 25 première années de ma vie
avant de faire un baptême d’adulte – d’ailleurs ici même à La Rencontre – j’ai
bien rédigé une confession de foi, où je disais ce en quoi je croyais.&lt;br /&gt;
Mais si on m’avait présenté ce texte en disant : en voilà les
conséquences, es-tu prêt à les assumer jusqu’au bout est-ce que j’aurais signé
?&lt;br /&gt;
Pas sûr !&lt;br /&gt;
D’ailleurs je crois qu’il y aurait trois filles à la maison pour m’en empêcher
!&lt;br /&gt;
Imaginez-vous présenter cela à des adolescents qui font leur confirmation.
« Maman, papa, je préfère Jésus, vous et aussi mes frères et sœurs, je
vous hais ! ». Quel succès nous aurions dans les familles !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’ailleurs chose étonnante, ce passage sur les parents est complètement
contradictoire avec l’obligation posée par le Décalogue de respecter ses
parents. Ne pas respecter le Décalogue, donné par Dieu lui-même sur le Mont
Sinaï, on voit bien qu’il y a quelque chose qui cloche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors, comment comprendre ce discours de Jésus ?&lt;br /&gt;
Il faut avoir l’honnêteté de dire, que oui, rien n’interdit de l’interpréter
comme un appel à une discipline de disciples qui frise la secte. Mais rien
n’interdit non plus d’essayer d’aller un peu plus loin que cette première
impression qui tranche avec le Jésus dont je parlais au début, l’ami des
prostituées, des fonctionnaires véreux et des voleurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Première hypothèse : contrairement à l’évidence, Jésus ne parle pas de ses
disciples, il ne parle pas à la foule des conditions pour être disciple, il ne
parle pas de notre vie de disciple. Juste avant, on vient de lui annoncer
qu’Hérode le cherchait pour le tuer. Dans les mises en garde sur ce qui risque
d’arriver aux disciples, il indique que chacun devra porter sa croix de
lui-même. Si aujourd’hui, c’est devenu une expression courante – chacun porte
sa croix- ce n’était sûrement pas le cas à l’époque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Peut-être que Jésus ne parle pas de la vie de disciple mais qu’il parle de
lui-même.&lt;br /&gt;
Ce texte est une des nombreuses annonces à ceux qui le suivent qu’il va être
arrêté, torturé, crucifié. On sait que ceux qui le suivent, et qui pensent
qu’il est le Messie juif qui va amener la fin des temps, ont du mal à entendre
qu’il va lui arriver une chose pareille. Il devra leur répéter de nombreuses
fois. Il ne parle pas de la vie disciple, mais il parle de sa mort
future.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deuxième hypothèse, qui n’exclue pas la première : Jésus avec cette liste
d’exigence, contrairement à l’évidence, ne pose pas des conditions pour être
disciple. Il les met en garde. Dans la première parabole utilisée, la
construction d’une tour, il parle de la dépense qui va être nécessaire.&lt;br /&gt;
Car jusque-là, la vie de disciple était plutôt dans le tout bénéf’ que dans la
dépense. Jusque-là, suivre Jésus, ça ressemblait à une partie de campagne
doublée d’un spectacle de magie. On se promène à travers toute la Galilée. On
assiste à des miracles, des guérisons. On fait des pique-niques où il y a à
manger pour tout le monde même quand on est arrivé les mains vides.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jésus prévient, qu’être disciple, ça risque de ne pas toujours être comme ça.
On risque de ne pas être compris par sa famille, jusqu’à une haine réciproque.
On risque d’être moqué. On risque d’être crucifié. Ou peut-être pire, comme le
roi de la dernière parabole, être obligé de faire la paix, se compromettre avec
un ennemi qu’on détestait tellement qu’on était prêt à lui faire la guerre. Et
finalement, si on pense que Jésus avec ce texte ne pose pas des conditions
d’adhésions aux disciples, mais les met en garde sur ce qui leur arrivera par
la suite, alors, il n’est pas si dur que cela.&lt;br /&gt;
Il est même en deçà de la réalité. Les disciples de Jésus vont êtres rejetés
par la synagogue, autant dire pas seulement par les parents, mais par toute la
société juive. Ils vont être lapidés, comme Étienne sous les yeux de Paul. Ils
vont devoirs s’exiler en Syrie. Ils vont devoir se cacher dans les catacombes
et même finir mangés par des lions. Voyez, Jésus est en dessous de la réalité
!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand il leur dit ça, il leur redit aussi ce qui était notre première
hypothèse. Si les disciples de Jésus vont avoir un tel sort, c’est qu’il n’est
pas le Messie à la manière juive, celui qui amène le Royaume. Car le Royaume,
c’est d’abord la fin des temps, la fin des violences et des injustices pour
tous. Un temps où le lion dort avec l’agneau, et pas un temps où le lion bouffe
le disciple !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais j’ai une troisième hypothèse : Jusque-là, suivre Jésus ressemblait à
une partie de campagne. Ça ressemblait aussi à « Amélie Poulain en Galilée
». La foule entendait des belles histoires, pleine de tendresse sur les
derniers qui seront les premiers, sur l’obligation de s’occuper des pauvres.
D’être gentil, quoi. Qu’en pensent ces auditeurs ?&lt;br /&gt;
Vu le succès qu’il a, Jésus est en droit de se demander s’il n’y a pas
ambiguïté sur ce qu’il raconte.&lt;br /&gt;
Le risque est le suivant : que ses auditeurs entendent ses paraboles, se
disent juste : ouais, c’est sympa, des belles histoires, c’est sûr, il
faut être gentil. Alors je pense que dans ce passage, ce que fait Jésus c’est
d’abord ça : Mettre les points sur le i. L’appel au partage des richesses,
celui à réhabiliter le jubilé, cette tradition de l’ancien Israël d’abolir
toutes les dettes, de libérer les esclaves, de se remettre à égalité de
richesse, ce ne sont pas que des mots pour Jésus : il veut que les gens
essayent de le vivre pour de vrai.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’appel à renverser les castes qui divisaient la société israélienne, laissant
les samaritains de côté, partageant la société entre purs et impurs : ce
n’est pas de la blague. Et bien d’autres choses dont il veut que la foule les
prenne au sérieux, tente de les vivre dans la réalité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Face à cette foule, Jésus fait un choix. Soit, il continue dans le succès. Mais
sans avoir mis les points sur le i, il risque d’avoir une grande église mais
qui ne dira plus rien du tout, et ne changera rien du tout. Soit il met les
points sur les i, quitte à faire partir du monde. Mais il aura derrière lui une
minorité active, qui s’engage réellement dans ce qu’il dit, change les choses,
influence la société. Et continuera à les changer, même quand il ne sera plus
là.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il choisit donc d’avoir - non pas une foule qui continue à faire route dans
tous les sens - mais un groupe moindre, Un groupe qui prend le temps de
s’asseoir de temps en temps et de se dire : en quoi est-ce que je
crois ? Qu’est-ce qui est le plus important pour moi ? Qu’est-ce que
je suis prêt à changer de mon mode de vie ? Comment je m’engage dans le
monde ?&lt;br /&gt;
Et je crois qu’elle est là, l’actualité de ce texte pour nous.&lt;br /&gt;
Nous n’avons pas le soucis, comme les lecteurs de l’époque où a été écrit ce
texte, de comprendre pourquoi Jésus n’a pas été un Messie juif qui a fait
advenir le royaume, centre des deux premières hypothèses. Pour nous, le Messie,
il meurt et il ressuscite, nous insistons sur la résurrection, et sur le
Royaume, mais au moment de son retour. Nous ne sommes pas dans la déception
d’un Messie qui n’a pas amené le Royaume, mais dans l’attente d’une Messie qui
va revenir et va installer le Royaume. Et notre boulot, c’est de préparer les
chemin de ce Royaume.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jésus, veut que ceux qui entendent son message, hier/aujourd’hui, prennent au
sérieux ce qu’il nous dit sur les modes de vie, sur les relations entre les
personnes, sur l’engagement face aux injustices du monde. Ce texte nous invite
donc à arrêter de temps en temps de faire route. À se demander quelles sont nos
attaches, ce qui est plus important pour nous. Jésus ? Notre
famille ? Notre travail ? Notre petit confort ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que voudrait dire pour nous renoncer à tous nos biens ? Pourquoi
sommes-nous attachés à ce point à nos biens ? Qu’est-ce que cela dit sur
l’importance que nous donnons par rapport à nos biens, à nos liens, familiaux,
communautaires, sociaux ? À notre richesse intérieure, à notre lien avec
Jésus ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Préférer Jésus à notre propre vie, ne serait-ce pas nous demander si nous
sommes prêt à tout pour conserver notre vie, notre façon de vivre, même si il
est contradictoire avec les appels de Jésus à respecter le plus petit, le plus
faible, à être à l’écoute de la nature ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Être prêt à porter sa propre croix pour suivre Jésus, n’est-ce pas nous
demander si parfois, nous ne la faisons pas porter par d’autres ?&lt;br /&gt;
Nos soucis de boulot à notre famille. Nos névroses d’enfance à nos
enfants ? Ne pas faire porter notre croix à d’autres, n’est-ce pas se
demander si nous ne faisons pas travailler d’autres en contradiction avec ce
que signifie éthiquement être disciple de Jésus ?&lt;br /&gt;
/////&lt;br /&gt;
Après que Jésus ait prononcé ce discours très dur, le texte ne dit rien sur le
nombre de personnes qui ont continué à le suivre. On ne dit pas que tout le
monde l’abandonne. Difficile de croire pour autant qu’ils se soient tous mis à
haïr leurs parents, ou ont abandonné toutes leurs richesses. Jésus dans les
chapitres qui suivent parle ensuite du sel qui ne doit pas perdre de sa saveur
et surtout de la brebis perdue plus importante que le troupeau. Il retrouve son
côté indulgent, d’abord héraut de l’amour. Il sait que nous sommes tous et
toutes des brebis perdues au regard de ce qu’il nous propose comme vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous ne sommes pas placés devant le choix de tout appliquer à la lettre ou de
ne plus être disciple de Jésus. Non, Jésus, qui sait que nous sommes ses brebis
perdues, nous demande au moins, de temps en temps, d’arrêter de courir par
monts et par vaux, de s’asseoir, et de délibérer en soi. D’entrer en débat avec
soi-même sur notre propre vie, d’au moins oser nous poser les questions sur ce
qui est important pour nous.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déjà, et ce n’est pas si facile, de temps en temps, se poser ces
questions.&lt;br /&gt;
J’ai dit.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Jean 21,1-11 Allez pêcher !</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2007/04/22/Jean-211-11-Allez-pecher</link>
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    <pubDate>Sun, 22 Apr 2007 22:58:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Prédications</category>
        <category>Evangile de Jean</category><category>Jésus</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alors qu'ils le croient mort, Jésus rejoint ses disciples qui ont
préferé aller pêcher... Mais pourquoi aller à la pêche dans un moment si
dramatique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Jean 21&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;pre&gt;
1Après cela, Jésus se montra encore aux disciples, sur les bords de la mer de Tibériade. Et voici de quelle manière il se montra.&lt;br /&gt;
&lt;/pre&gt;
&lt;pre&gt;
   2Simon Pierre, Thomas, appelé Didyme, Nathanaël, de Cana en Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres disciples de Jésus, étaient ensemble.&lt;br /&gt;
&lt;/pre&gt;
&lt;pre&gt;
   3Simon Pierre leur dit: Je vais pêcher. Ils lui dirent: Nous allons aussi avec toi. Ils sortirent et montèrent dans une barque, et cette nuit-là ils ne prirent rien.&lt;br /&gt;
&lt;/pre&gt;
&lt;pre&gt;
   4Le matin étant venu, Jésus se trouva sur le rivage; mais les disciples ne savaient pas que c'était Jésus.&lt;br /&gt;
&lt;/pre&gt;
&lt;pre&gt;
   5Jésus leur dit: Enfants, n'avez-vous rien à manger? Ils lui répondirent: Non.&lt;br /&gt;
&lt;/pre&gt;
&lt;pre&gt;
   6Il leur dit: Jetez le filet du côté droit de la barque, et vous trouverez. Ils le jetèrent donc, et ils ne pouvaient plus le retirer, à cause de la grande quantité de poissons.&lt;br /&gt;
&lt;/pre&gt;
&lt;pre&gt;
   7Alors le disciple que Jésus aimait dit à Pierre: C'est le Seigneur! Et Simon Pierre, dès qu'il eut entendu que c'était le Seigneur, mit son vêtement et sa ceinture, car il était nu, et se jeta dans la mer.&lt;br /&gt;
&lt;/pre&gt;
&lt;pre&gt;
   8Les autres disciples vinrent avec la barque, tirant le filet plein de poissons, car ils n'étaient éloignés de terre que d'environ deux cents coudées.&lt;br /&gt;
&lt;/pre&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;p&gt;Le passage que nous venons de lire se situe à la fin de l’évangile de Jean.
Jésus est mort, les femmes ont découvert que son tombeau était vide et il va
apparaître à ses disciples en diverses occasions.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant ce passage, au chapitre 20, les disciples sont enfermés dans une
pièce. Ils sont cloîtrés, les portes fermées, car ils ont peur des juifs qui
pourraient chercher à tuer les disciples de Jésus après l‘avoir tué
lui..&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais à la fin de ce chapitre, ils vont être à l’air libre, ils vont partir
pour annoncer la bonne nouvelle, annoncer que Jésus est ressuscité, dire au
monde que la vie est plus forte que la mort..&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que se passe-t-il pour qu’ils passent ainsi d’une certaine forme de mort à
la vie à l’air libre, à l’annonce d’un message de vie ?.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’auteur du texte choisit assez précisément les personnages qui participent
à la scène..&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les sept disciples que Jésus rencontre dans cette partie de pêche, Jésus
est déjà apparu à trois d’entre eux justement quand ils étaient déjà enfermés
par peur des représailles : Jean, Simon-Pierre et Thomas. Mais bien que
Jésus leur soit déjà apparu une fois, ils n’arrivent d’abord pas à le
reconnaître. On sait que Thomas est le plus incrédule : c’est celui qui ne
croit que ce qu’il voit, qui a dit juste avant qu’il ne croirait que s’il
pouvait mettre les mains dans les blessures laissées par les clous..&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont donc beaucoup de mal à croire que Jésus est ressuscité, ils ont du
mal à sortir de la violence de la mort de celui qu’ils aimaient, ils ont du mal
à croire à cette bonne nouvelle pour leur vie de la vie plus forte que la
mort..&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sept disciples ont aussi une autre caractéristiques. Ce sont tous des
« premiers »..&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean, Thomas, Pierre font parti des 12 : les disciples du premiers
cercles..&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean et Pierre ne sont pas seulement deux des12 apôtres, ils font aussi
parti des premiers disciples recrutés par Jésus dans un autre évangile, celui
de Luc ; les deux fils de Zébédée qui sont aussi dans notre partie de
pêche sont aussi recrutés en premiers dans l’évangile de Luc avec Jean et Simon
Pierre et ils n‘apparaissent quasiment qu‘à ces deux moments. .&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nathanaëlle - présent aussi à cette partie de pèche - n’est pas un des
douze. Mais il fut un des deux premiers disciples recrutés par Jésus dans
l’évangile de Jean, cette fois..&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, cette liste très étudiée nous pousse vers deux pistes :.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- qu’il est difficile de reconnaître Jésus, de croire en la vie plus forte
que la mort,.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- l’idée que quelque chose se joue dans le début, dans le rappel du début de
l’aventure..&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A souligner aussi que comme la plupart des listes de la bible, elle n’est
pas fermée, pas précise : il est fait mention de deux autres disciples
dont on ne donne pas les noms. Un échappatoire, une idée de ne pas fermer les
listes, les appartenances, la liste des invités, la liste qui compose les
disciples, le peuple etc. Pour ce thème, je vous renvoie pour cela à un petit
texte Corinne Lanoir publié récemment dans Présence et qu’on a là sur la table
où elle en tire toutes les conséquences sur les questions d‘immigration, de
nation etc..&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l’auteur choisit précisément ces personnages, l’action elle-même est
pleine de références..&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l’a dit, il s’est passé quelque chose juste avant : l’apparition de
Jésus dans un lieu fermé et que malgré cette apparition, ils ont du mal à
croire. Il va se passer quelque chose juste après : Jésus va partager avec
les pécheurs du poisson et du pain. Une cène, une sainte cène, une eucharistie,
non pas avec du pain et du vin, mais du pain et du poisson. Cela rappel dans
l’évangile de Luc la scène sur le chemin d’Emmaüs : Jésus ressuscité
chemine avec les disciples, ils ne le reconnaissent pas, et le reconnaissent
enfin quand ils partagent le pain et le vin..&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux partages, ces deux gestes de partagent en rappellent bien sûr un
autre si important : le dernier repas de Jésus avant sa mort..&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais surtout, toute cette partie de pêche est calquée sur une autre partie
de pêche :.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Luc 5, 1-11 où Jésus recrute ses premiers disciples. C’est aussi une
partie de pêche, ils ont passé une nuit sans rien prendre, Jésus va venir et
leurs filets vont se remplir..&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a donc un texte qui nous parle de personnes qui sont dans la nuit, la
nuit d’une pèche où on ne prend rien, la nuit qui suit la mort de celui - Jésus
- en qui on croyait et qui est mort, et de gens qui ont peur de prendre des
coups de leurs ennemis, qui désespèrent sans doute de devenir pécheurs d’hommes
comme leur avait demandé le christ la première fois qu’ils l’avaient vu dans
une partie de pèche. Ils sont dans la nuit, et ils ont du mal à en sortir. Ils
ne suffit pas que Jésus leur apparaissent pour qu’ils le voient. Les choses
sont trop dures, et il va falloir plus que son apparition pour cela. Ce qui
peut nous étonner. Réapparaître devant nous un disparu qui nous est cher, on se
dit qu’on le reconnaîtrait. Mais peut-être aussi que l’apparition d’un mort
nous semblerait à peine croyable. Peut-être à eux aussi d’ailleurs, et c’est
peut-être pour cela qu’ils se refusent à le reconnaître. Donc il ne suffit pas
qu’il apparaisse..&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va falloir que les personnages, les actions qui se passent, fassent plein
d’aller retour entre hier et aujourd’hui. Le moment où Jésus les a recruté,
cette première partie de pèche, ce dernier repas. Qu’aient lieu des gestes qui
rappellent des gestes qui se sont passés à ce moment là, quand Jésus étaient
vivant, quand on pouvait croire que cela allait tout changer. Comme des couches
successives, pour réveiller petit à petit la mémoire douloureuse qui hésitent
entre se souvenir ou oublier. La volonté qui hésite entre laisser tomber ce
pourquoi on a vécu tout ça, fermer la parenthèse Jésus ou au contraire lui être
fidèle et repartir sur les chemins pour annoncer sa bonne nouvelle..&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le chemin d’Emmaüs, il est fait le geste de rompre le pain. Là, il est
fait l’action de la pêche à nouveau fructueuse..&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remarquez le moment où la mémoire se débloque : ce n’est pas quand
Jésus leur dit l’endroit où pécher. C’est quand ils arrivent enfin à pécher du
poisson. C’est comme si l’auteur nous parlait d’un manque qu’il fallait
déplacer. Jésus est parti, il leur manque. Il leur manque tellement que même
quand il est là, ils n’arrivent pas à le reconnaître. Ils vont pécher, ils ne
pêchent rien. Le manque se déplace apparemment vers la pêche. Et quand ce
deuxième manque est comblé - ils ont enfin pris du poisson - alors ils peuvent
enfin reconnaître Jésus dont-ils n’arrivaient pas jusque là à combler le
manque, bien qu‘il soit présent..&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est exactement le mécanisme qu’il y a sur le chemin d’Emmaüs, mais la
pêche est remplacée par le pain et le vin partagée..&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a une différence importante avec le chemin d’Emmaüs. Sur le chemin
d’Emmaüs, Jésus vient vers eux, c’est Jésus qui est à l’initiative de l’action.
Dans le texte de la partie de pêche, c’est Simon Pierre qui prend l’initiative.
Il dit : je vais pécher. Les autres disent : nous venons avec lui. Et
le texte continue : ils montèrent dans le bateau. Et cette nuit, ils ne
prirent rien..&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est un peu saugrenu cette sailli. On a l’impression, que sorti de nulle
part, alors qu’il est sans doute en train de se prendre la tête sur la mort de
Jésus, qu’il se demande ce qui va lui arriver, Simon Pierre se lève d’un coup
et dit : je vais pécher. On a tous connu ça. Quelque chose ne va pas, on
n’arrive pas avancer sur un problème. On se lève et on dit : je vais
acheter le journal, ou des cigarettes ou autres choses..&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme dans le cas de Simon-Pierre, c’est un peu un coup de tête, une manière
de déplacer sa propre attention, de faire n’importe quoi pour arrêter de
bloquer sur quelque chose qu’on ne voit pas avancer. Même si on sait qu’on ne
va rien pécher, que le marchand de journaux est sûrement fermé. Et il vaut
mieux qu’il soit fermé d’ailleurs, ou qu’ils n’ait plus de « libé », pour
déplacer le manque et pouvoir revenir sur le premier sujet et peut-être le
débloquer..&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’ai dit déplacer sa propre attention, faire n’importe quoi. Mais Simon
Pierre ne déplace pas son attention vers n’importe quoi. Volontairement ou non,
il déplace son attention vers la pêche, le lieu où tout a commencé, le lieu de
la rencontre avec Jésus, le lieu où de pécheurs de poissons, ils sont devenus
pécheurs d’homme..&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remarquons que c’est sans doute ce que vit la communauté dans laquelle a été
écrit cet évangile. On pense que la communauté de Jean, dans laquelle a été
écrit l’évangile dont est extraite cette partie de pêche, vivait au début du
deuxième siècle, presque un siècle après la mort de Jésus. Ils ont été expulsé
de la synagogue juive pour avoir refusé de combattre les romains en 70 lors de
la révolte des juifs contre les romains. Ils ont du quitter Jérusalem où ils
risquaient leur vie - comme les disciples enfermés dans la pièce - et ils
vivent dorénavant en Asie mineure, loin de Jérusalem, dans un endroit où se
mélangent toutes les religions, où des représentants d’autres religions
essaient de les convertir où ils sont très minoritaires et très inquiets de
leur avenir. Les membres de la communauté de Jean cherchent à sortir de cette
impasse, de cette inquiétude..&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se plonger dans ces récits de leur origine, écrire ensemble un évangile, une
histoire de leur origine, c’est un peu comme pour Simon Pierre, détourner leur
attention. Changer du sujet du présent, passer de leur manque actuel pour
revenir au manque initial, celui de la mort de Jésus..&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On va tous à un moment ou à un autre chercher le journal pour changer
d’idée, changer de manque, pour revenir ensuite à ce sur quoi on était coincé.
Et on le fait aussi parfois en retournant vers le début..&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l’a vu avec la communauté de Jean qui écrit son évangile, qui se replonge
dans le début de son histoire pour faire un détour pour dépasser l’impasse du
moment..&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est peut-être aussi l’histoire du protestantisme. Luther sent qu’il est
dans une impasse dans sa vie de moine. Il retourne au début, aux écritures, en
faisant l’impasse sur la scolastique, la tradition et invite les chrétiens à
faire de même : revenir au texte, revenir à une foi qui se rapproche de la
vie des premiers disciples, qui fait l’impasse sur la tradition, la structure
hiérarchiques de l’église catholique etc..&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce retour est bien sûr impossible : on ne vivre jamais comme les
premiers disciples, on ne lira jamais la bible en comprenant vraiment ce qui
s’est passé, ce que voulaient vraiment dire ceux qui l’ont écrit. On
rencontrera Jésus dans nos cœurs, dans nos intelligences, mais on ne le reverra
jamais en vrai. On connaîtra forcément un manque. Mais ce déplacement du
manque, nous permet de revenir différent vers nos manques d’aujourd’hui.
.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les jeunes musulmans qui vivent dans une France où on leur laisse peu de
place, peu de place dans le travail, dans la vie politique, pour leur religion,
ne font-ils pas la même chose quand ils retournent vers le texte du Coran,
quand ils cherchent à vivre comme les premiers compagnons du Prophète ?
Quand des jeunes se mettent à militer dans une organisation anarchistes,
trotskystes ou communistes, ne font-ils pas la même chose : déplacer un
manque aujourd’hui - d’idéal, de fraternité, d’égalité, de justice - vers un
manque d’hier - des révolutions manquées, trahies, des héros assassinés ?
Le geste de faire un pèlerinage, n’est-il pas du même ordre ? Pelerinage
religieux bien sûr. Mais aussi personnels : revenir sur les lieux de son
enfance, de son adolescence, de ses premiers amours, d’une ville où on a
habité ? D’un métier qu’on a fait ? On ne retrouvera jamais vraiment
les souvenirs, les impressions, les sentiments d’hier. On tombera sur un manque
qui nous verra revivre différemment nos manques d’aujourd’hui..&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a là un mouvement vers l’arrière qui comme dans le texte nous permettra
peut-être un mouvement vers l’avant.//.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le texte de Luc, ils ramènent les filets, mais ils sont tellement plein
qu’ils se déchirent..&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la suite du texte de Jean, on précise bien qu’ils ramènent tout le
poisson..&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le texte de Luc, Simon Pierre abandonne toute sa pêche pour suivre
Jésus..&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le texte de Jean, il laisse ses compagnons et se jette à l’eau pour
rejoindre Jésus, mais ses compagnons vont les rejoindre tous les deux et avec
toute la pêche..&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le retour vers le passé n’est donc pas forcément un emprisonnement dans
hier, une répétition à l’identique. Mais la promesse que d’un manque dans le
présent, revenir à son passé, à un manque d’hier, peut permettre de revenir
dans le présent, non seulement avec l’espoir de débloquer ce présent, mais le
débloquer en étant plus complet, en ramenant tout le poisson, en ramenant le
poisson tout en partant pour annoncer la vie demain, en annonçant l’avenir.
Peut-être en trouvant des solutions qu’on ne voyait pas avant ou en acceptant
nos imperfections, ou le fait qu’on n’arrive pas à faire quelque chose, ou que
finalement, ce qu’on voulait faire n’est pas si important et qu’on peut le
laisser tomber..&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Être plus complet, en acceptant ses manques et ses limites d’aujourd’hui
grâce au détour par les manques d’hier..&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est peut-être cela la rencontre avec Jésus, c’est peut-être cela arriver à
réaliser que le vie est toujours plus forte que la mort. Que ce que nous vivons
est plus riche que ce nous n’avons par réussi à vivre, ce que nous ne vivons
pas ou n’arriverons pas à vivre. Jésus vient vers nous en permanence pour nous
l’annoncer. Mais parfois, c’est à nous de faire le premier pas pour aller vers
lui. Tout poser et dire : je vais pécher..&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Luc 4,1-13 : Epreuve ou tentations ?</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2007/02/25/Luc-41-13-%3A-Epreuve-ou-tenations</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:e3d6b82599e11e298fc85e13d4d25c43</guid>
    <pubDate>Sun, 25 Feb 2007 17:11:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Prédications</category>
        <category>Evangile de Luc</category><category>Jésus</category><category>théologie</category>    
    <description>&lt;p&gt;Prédication de ce dimanche 25 février 2007 de Stéphane Lavignotte,
pasteur-proposant à La Maison Verte sur Luc 4,1-13. Jésus est tenté après 40
jours de jeûne dans le désert. Comme les hébreux pendant 40 ans dans le
désert ?&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Luc 4 1. Jésus, rempli du Saint Esprit, revint du Jourdain, et il fut
conduit par l'Esprit dans le désert,&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. où il fut tenté par le diable pendant quarante jours. Il ne mangea rien
durant ces jours-là, et, après qu'ils furent écoulés, il eut faim.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Le diable lui dit: Si tu es Fils de Dieu, ordonne à cette pierre qu'elle
devienne du pain.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Jésus lui répondit: Il est écrit: L'Homme ne vivra pas de pain
seulement.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Le diable, l'ayant élevé, lui montra en un instant tous les royaumes de
la terre,&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. et lui dit: Je te donnerai toute cette puissance, et la gloire de ces
royaumes; car elle m'a été donnée, et je la donne à qui je veux.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Si donc tu te prosternes devant moi, elle sera toute à toi.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Jésus lui répondit: Il est écrit: Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et
tu le serviras lui seul.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. Le diable le conduisit encore à Jérusalem, le plaça sur le haut du
temple, et lui dit: Si tu es Fils de Dieu, jette-toi d'ici en bas; car il est
écrit:&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet, Afin qu'ils te
gardent;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. et: Ils te porteront sur les mains, De peur que ton pied ne heurte
contre une pierre.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12. Jésus lui répondit: Il es dit: Tu ne tenteras point le Seigneur, ton
Dieu.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13. Après l'avoir tenté de toutes ces manières, le diable s'éloigna de lui
jusqu'à un moment favorable.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;p&gt;Jésus est dans le désert, 40 jours. Ce n’est bien sûr pas un lieu et un
chiffre choisis au hasard.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela rappelle le peuple juif qui fuit l’Égypte et erre 40 ans dans le désert
du Sinaï.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour bien nous le rappeler, la première tentation fait directement référence
à cela. Cette histoire de pierre à transformer en pain rappelle un passage du
Deutéronome, au chapitre 8 que nous avons lu tout à l’heure :
« Souviens-toi de tout le chemin que l'Éternel, ton Dieu, t'a fait faire
pendant ces quarante années dans le désert, afin de l'humilier et de
t'éprouver, pour savoir quelles étaient les dispositions de ton coeur et si tu
garderais ou non ses commandements. (…) il t'a fait souffrir de la faim, et il
t'a nourri de la manne, (…) afin de t'apprendre que l'homme ne vit pas de pain
seulement, mais que l'homme vit de tout ce qui sort de la bouche de l'Éternel.
»&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Dernière tentation rappelle aussi le désert. Le passage de l’écriture que
cite Jésus - tu n’éprouveras pas le seigneur ton Dieu - fait référence à un
autre passage du Deutéronome en 6,16 : « Vous ne provoquerez pas le
seigneur ton Dieu comme vous l’avez provoqué à Massa ». A Massa, les Israélites
sont prêts à lapider Moïse : ils ont soif et ils se demandent pourquoi
Dieu les a fait sortir d’Égypte si c’est pour les laisser mourir de soif. Alors
Dieu ordonne à Moïse de frapper son bâton contre un rocher et une source en
jaillit. Le lieu s’appelle Massa parce que cela signifie
« provocation » en hébreu.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela signifie-t-il que c’est la même chose de devoir accepter des épreuves
envoyées par Dieu comme pour les israélites et de devoir résister à des
tentations du Diable comme Jésus ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le texte grec, c’est le même mot qui désigne épreuve et tentation. Mais
en Français, nous faisons la différence. D’après le petit Larousse, une
épreuve, c’est un conflit éprouvant le courage ou la résistance de quelqu’un.
Une tentation, toujours d’après le même dictionnaire, c’est l’attrait vers
quelque chose de défendu par une loi morale ou religieuse, l’incitation ou le
péché, la révolte contre une loi divine.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette définition de la tentation s’applique-t-elle à la situation de
Jésus ? Dans le texte que nous venons de lire, transformer une pierre en
pain, n’est pas en soi contraire à la morale, ce n’est pas défendu par une loi
morale et religieuse. Ce n’est pas la transformation de la pierre en pain qui
est en soi un problème. Quelle est donc la raison de Jésus pour résister à
cela ? Celle qu’il évoque lui-même est : « L’humain ne vivra pas
de pain seulement ». Mais il l’évoque alors qu’il est dit au début du texte
qu’il a faim. Il est aussi précisé qu’il a achevé ses quarante jours de jeûne
et la faim arrive ensuite. Le problème n’est donc pas que cela lui ferait
rompre son jeûne. Quel est donc le problème, d’autant qu’après tout, s’il
transformait la pierre en pain, quelle différence cela ferait-il avec Dieu qui
fait tomber la manne ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et bien la différence, elle est justement là. Qui fait quoi aux ordres de
qui et au profit de qui ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas de la manne, C’est Dieu qui agit. Il le fait pour les
israélites. Certes, ils ont râlé et protesté mais c’est Dieu qui a décidé. Dans
le cas de la pierre et du pain, l’ordre viendrait du Diable et c’est Jésus qui
déciderait de cet acte de puissance à la suite du diable.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, quand Jésus multiplie le pain et les poissons, ou transforme l’eau
en vin, il montre sa puissance et c‘est lui qui en décide. Oui, mais dans le
cas de la pierre et du pain, il le ferait pour lui, alors que dans le cas du
pain et des poisson ou de l’eau et du vin, il le fait pour d’autres. Et vous
remarquerez que dans les évangiles, Jésus, n’utilise jamais sa puissance pour
lui-même, même quand sa propre vie est en jeu. De plus, dans le cas du pain et
des poissons comme du pain et du vin, il le décide poussé par ses proches,
après pas mal de résistance.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a comme une espèce de séparation des pouvoirs, une volonté d’éviter les
conflits d’intérêts : ne jamais utiliser ses pouvoirs pour soi et à partir
de sa seule volonté.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tentation, ce serait alors moins une histoire de violer une règle morale
que le risque d’utiliser sa puissance à son propre profit, et non pour autrui.
Et il y aurait une circonstance aggravante : quand le donneur d’ordre est
douteux, une puissance négative ou soi-même pour son propre profit. En tous
cas, la tentation à laquelle il faut dire non est du côté de la puissance et du
pour soi.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l’épreuve ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D’abord, celui qui organise la situation, à la différence de la tentation,
ce n’est pas le diable mais Dieu. C’est donc censé être une bonne chose une
épreuve, quand la tentation en est une mauvaise. C’est Dieu qui crée le conflit
dont parle la définition du Petit Larousse. Il envoie les israélites dans le
désert. Il ordonne à Abraham d’aller sacrifier son fils. Il y a conflit alors
pour les personnes entre ce que leur ordonne Dieu et leur intérêt - manger,
boire…- ou leur sentiment profond - l’amour d’Abraham pour son fils. Il y a
conflit entre leur fidélité à leur intérêt, à leur famille et la fidélité à
Dieu. Dans l’épreuve, ils sont donc tentés de refuser l’ordre de Dieu. Quand
dans la tentation ils sont tentés d’accepter l’ordre du diable. Comme le dit la
définition du Petit Larousse, leur courage ou leur résistance sont éprouvés.
Arriveront-ils à continuer à dire « oui » à Dieu ? Face à la
tentation, arriveront-ils à dire « non » ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sent bien que la nuance est mince entre la tentation et l’épreuve :
dans les deux cas, il s’agit de savoir si on fait ou non quelque chose. Cette
nuance est d’autant plus difficile que dans la vie, on n‘a rarement l’occasion
d’avoir des signes pour savoir si la situation est organisée par Dieu ou le
diable, puisqu’elle l’est en général par les hommes.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour essayer d’avancer, reposons la même question que pour la tentation.
Dans la situation de l’épreuve, qui fait quoi aux ordres de qui ? Les
israélites ou Abraham obéissent à dit Dieu. Que font-ils ? Ils vont
jusqu’au bout du projet qu’il leur a été proposé. Ils continuent de dire
« oui ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la tentation essaie de nous pousser à une réponse à une situation par un
acte ponctuel - transformer une pierre en pain - l’épreuve est du côté de la
durée, de la persévérance.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la tentation est du côté de l’acte qui emmène un bénéfice pour soi,
l’épreuve n’amène pas un bénéfice évident. C’est presque de l’ordre de
l’absurde : à quoi sert de sacrifier son fils pour Abraham ? Cela ne
sert qu’à obéir à Dieu.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la tentation est du côté de la volonté de puissance à laquelle il faut
résister, l’épreuve est donc du côté de la confiance dans laquelle il faut
perdurer. Parfois jusqu’à l’absurde.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poser cela, c‘est éviter des contresens meurtriers qui ont parfois été
entretenus.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La thématique de l’épreuve a fait bien des dégâts notamment à cause des
églises. On a appelé « épreuve » des situations de détresses où les
gens subissaient une violence pendant longtemps. Une femme qui se fait battre
pendant des années par son conjoint, par exemple. On a reproché aux églises de
pousser à la passivité par rapport à cela. Ce type de violence, ce serait des
épreuves qu’il faudrait endurer. C’est bien sûr un contresens
complet.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment penser qu’une telle situation ait pu être installée par Dieu, comme
dans le cas de l‘épreuve ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N y a-t-il pas là au contraire une situation où une personne - le mari
violent - s’est complètement laissé piéger par la tentation d’une surpuissance
pour soi, contre l’autre ? Où quelqu’un n’a pas sûr dire « non »
à la tentation de la puissance. S’il y a quelque chose à apprendre de l’épreuve
dans ce genre de situation qui n‘ont rien d‘une épreuve envoyées par Dieu,
c’est de garder la confiance en Dieu, de garder la confiance en soi. D’avoir
suffisamment confiance en soi; non pas pour endurer et supporter la situation
sans rien faire, mais pour oser un acte de puissance pour soi : quitter le
domicile conjugal, porter plainte, dénoncer le mari violent. Et avoir
suffisamment de confiance pour essayer de le faire une nouvelle fois quand le
courage a manqué une première, une deuxième ou une dixième fois.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inversement, face à de nombreuses situations politiques, ne sommes nous pas
piégés par des tentations, là où nous avons à faire à des épreuves, même si ce
ne sont pas des épreuves envoyées par Dieu.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face au terrorisme, à la délinquance, à l’insécurité (des conflits qui
mettent à l’épreuve notre courage, notre persévérance) il y a la tentation
d’agir vite, d’agir fort, de bombarder un pays, de renforcer les forces de
police, bref de s’accorder un surcroît de puissance, quand la réponse demande
du courage, du sang-froid, du temps, de la persévérance.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les relations familiales, face à des enfants ou adolescents qui nous
cassent les pieds, n’y a-t-il pas aussi parfois la tentation de la puissance,
quand la réponse est la persévérance, le courage, le dialogue ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le plus grand risque pour nous croyants n’est-il pas de nous
transformer en tentateurs vis-à-vis de Dieu ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est sur cette idée que se termine le texte d’aujourd’hui. Le diable pousse
Jésus à sauter du pinacle du temple pour que Dieu envoie ses anges le sauver.
Jésus répond : tu ne tenteras pas le seigneur ton Dieu. Tu ne le pousseras
pas à montrer sa puissance.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi faudrait-il éviter que Dieu montre sa puissance ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-être parce que Dieu veut une autre relation avec l’humanité. Il
pourrait intervenir à tout bout de champs, arrêter une guerre par ci, une autre
par là, faire tomber à manger sur un pays qui a faim…&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais que resterait-il de l’homme dans ce cas là ? Il ne serait plus
rien, plus qu’un fétu de paille dans un monde entièrement régenté par Dieu. Il
ne serait qu’une marionnette dans les mains d’un grand marionnettiste. Au bout
du compte, ce surcroît de puissance de Dieu qui en serait bénéficiaire ?
L’humanité ? Ou plutôt, Dieu qui se serait un accordé un surcroît de
puissance pour lui-même.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dieu aurait alors succombé à la tentation, la même tentation à laquelle
résiste Jésus.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jésus nous invite à ne pas tenter Dieu à ne pas solliciter sa puissance, car
si Dieu attend que nous ayons confiance en lui, c’est qu’il a confiance en
nous. Il nous a laissé libre de gérer le monde qu’il nous a donné, il nous en a
laissé responsable. C’est souvent pour lui une épreuve, quand l’humanité
s’enfonce dans les guerres, dans les génocides, dans la destruction de la
planète. Mais il continue à nous faire confiance, et cela depuis des centaines
d’années. Il nous fait confiance même si c‘est beaucoup plus pénible que de
passer 40 ans dans le désert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pensons à cela quand nous prions Dieu.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand nous nous adressons à lui, est-ce que nous le tentons en lui demandant
d’intervenir par la puissance ou est-ce que nous exprimons notre confiance en
lui dans nos épreuves ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que nous évoquons nos problèmes pour qu’il les résolve à notre place
ou est-ce que nous le faisons pour qu’il soit toujours à côté de nous et nous
renouvelle sa confiance pour que nous puissions nous-mêmes sortir de nos
problèmes, pour que nous puissions nous-mêmes résister aux tentations des
réponses par la puissance ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Luc 4,21-30 : Jésus n'est pas un mec gentil.</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2007/01/07/Luc-421-30-%3A-Jesus-nest-pas-un-mec-gentil</link>
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    <pubDate>Sun, 07 Jan 2007 01:56:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Prédications</category>
        <category>Evangile de Luc</category><category>Jésus</category>    
    <description>&lt;p&gt;Prédication du 28 janvier 2007 de Stéphane Lavignotte, pasteur-proposant à
La Maison Verte sur Luc 4,21-30. Mais pourquoi Jésus met-il en colère ses
auditeurs dès sa première apparition publique ? Ne veut-il pas être
prophète en son pays ?&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Luc 4&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20. Ensuite, il roula le livre, le remit au serviteur, et s'assit. Tous ceux
qui se trouvaient dans la synagogue avaient les regards fixés sur
lui.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21. Alors il commença à leur dire: Aujourd'hui cette parole de l'Écriture,
que vous venez d'entendre, est accomplie.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22. Et tous lui rendaient témoignage; ils étaient étonnés des paroles de
grâce qui sortaient de sa bouche, et ils disaient: N'est-ce pas le fils de
Joseph?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23. Jésus leur dit: Sans doute vous m'appliquerez ce proverbe: Médecin,
guéris-toi toi-même; et vous me direz: Fais ici, dans ta patrie, tout ce que
nous avons appris que tu as fait à Capernaüm.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24. Mais, ajouta-t-il, je vous le dis en vérité, aucun prophète n'est bien
reçu dans sa patrie.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25. Je vous le dis en vérité: il y avait plusieurs veuves en Israël du temps
d'Élie, lorsque le ciel fut fermé trois ans et six mois et qu'il y eut une
grande famine sur toute la terre;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26. et cependant Élie ne fut envoyé vers aucune d'elles, si ce n'est vers
une femme veuve, à Sarepta, dans le pays de Sidon.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27. Il y avait aussi plusieurs lépreux en Israël du temps d'Élisée, le
prophète; et cependant aucun d'eux ne fut purifié, si ce n'est Naaman le
Syrien.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28. Ils furent tous remplis de colère dans la synagogue, lorsqu'ils
entendirent ces choses.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29. Et s'étant levés, ils le chassèrent de la ville, et le menèrent jusqu'au
sommet de la montagne sur laquelle leur ville était bâtie, afin de le
précipiter en bas.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30. Mais Jésus, passant au milieu d'eux, s'en alla.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qu’est-ce qui est donc arrivé à Jésus ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voilà que tout commençait bien.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, ses auditeurs remarquaient qu’ils n’étaient que le fils de Joseph.
Mais ce n’était pas pour dire que : puisqu’il est le fils de Joseph et de
Marie - des gens du coin, qu’on connaît - et bien, pour cette raison là, il ne
pouvait pas dire quelque chose d’intéressant. Ce côté : « ils vient
de gens de peu, on connaît toute sa famille, il ne peut pas être un prophète »,
on le trouve dans les autres évangiles.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans ce texte de Luc, c’est plutôt :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Et bien dis donc, il en dit des choses intéressantes pour quelqu’un
qui n’est que le fils de Joseph ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils soulignent son origine modeste pour mieux insister sur la qualité de ce
qu’il énonce.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au début de l’extrait ses auditeurs sont donc étonnés. Ils lui rendrent
témoignage, ils entendent ses paroles comme des paroles de grâce.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais à la fin du texte, le ton a changé.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ne sont plus étonnés, ils sont remplis de colère.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ne soulignent plus les paroles de grâce qui sortent de sa bouche. Mais
ils le sortent de la synagogue puis de la ville.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ne lui rendent plus témoignage, mais veulent le tuer en le précipitant
d’en haut d’un promontoire.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ce retournement, pourquoi ce passage de la sympathie à la colère
?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre les deux, Jésus passe de longs versets à provoquer leurs
colère.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu’ils avaient comme seule objection qu’il était le fils de
Joseph,&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est lui qui va dire à leur place les objections qu’ils auraient pu
avoir : « Vous allez certainement me dire le proverbe : Médecin
soigne-toi toi-même, si tu es le messie fais-nous donc des miracles », faisant
référence à des miracles qui seront d’ailleurs décrit ensuite dans l’évangile,
puisque ce n’est qu’au chapitre suivant qu’il fait des miracles à
capharnaüm.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il évoque ensuite deux histoires que nous avons lu tout à l’heure.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux histoires pas agréables à entendre pour les juifs.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La première est celle d’un roi qui s’était détourné de Dieu pour choisir
Baal. Un prophète - Elie - a du fuir Israël pour avoir dénoncé cela et annoncé
une famine pour punir le roi et son pays. Dieu choisit les corbeaux puis une
veuve étrangère pour venir en aide au prophète dans sa fuite.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis - deuxième histoire - celle d’un chef de guerre Cananéen soigné de la
lèpre par un prophète - Élisée - alors que le roi d’Israél s’était d’abord
fâché devant la demande du malade.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En gros il leur dit : vous n’avez jamais su reconnaître les prophètes
quand ils venaient, vous êtes tellement borné que Dieu au bout du compte
préfère envoyer ses prophètes aux autres peuples plutôt qu’à vous.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avouez que ce n’est pas gentil. Ce n’est pas très pédagogique. Si on regarde
la place de cet extrait dans l’évangile de Luc, c’est tout au début :
c’est la première fois qu’il s’adresse aux juifs. On pourrait s’attendre à ce
qu’il fasse plus d’effort pour se faire connaître, pour se faire comprendre.
Mais non, Jésus, les provoque immédiatement, entraîne leur colère.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourquoi fait-il cela, alors qu’au début, l’accueil ne semblait pas
mauvais ? Pourquoi provoquer ainsi leur colère alors que leur première
réaction semblait plutôt positive : ils rendaient témoignage, s’étonnaient
des paroles de grâce.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est comme si Jésus ne voulaient pas de cet accueil positif : c’est
immédiatement après les phrases positives qu’il enchaîne les provocations à ses
auditeurs.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi Jésus rejette-t-il cet accueil positif ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils font un accueil sympathique. Mais à quoi font-ils cet accueil
sympathique ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette phrase : « Aujourd’hui a été accomplie pour vous
l’écriture que vous venez d’entendre ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quelle est cette écriture :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est le texte d’Esaïe que nous avons entendu tout à l’heure en guise de
loi.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« L'Esprit du Seigneur est sur moi, Parce qu'il m'a oint pour annoncer
une bonne nouvelle aux pauvres; Il m'a envoyé pour guérir ceux qui ont le coeur
brisé, Pour proclamer aux captifs la délivrance, Et aux aveugles le
recouvrement de la vue, Pour renvoyer libres les opprimés, Pour publier une
année de grâce du Seigneur. »&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il leur annonce une année de Jubilée. Qu’était-ce qu’une année de
Jubilée ? C’est une tradition de l’ancien Israël dont on ne sait pas si
elle fut jamais réellement mise en application. Mais c’était une revendication
régulière des prophètes : tous les cinquante ans, tous les 7 fois 7 ans,
nombre sacré, tout devait être remis à zéro :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dettes étaient annulées, les esclaves étaient libérés.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit bien que cela remet tout en cause. Cela oblige à remettre en cause
la place qu’on a acquis dans la société. Ceux qui sont en haut doivent accepter
de redistribuer le tas de richesses sur lequel ils sont assis et qui fait
qu’ils sont en haut. Les pauvres qui se lamentent doivent accepter de sortir de
leur posture de victime et accepter de se prendre en main, de décider de leur
avenir. Dans l’extrait d’Esaie, on voit aussi que cela remet en cause des
dimensions personnelles, intimes, sentimentales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les aveugles retrouvent la vue : accepter de regarder la réalité en
face, peut-être se regarder soi-même, dans ce qu’on a de bien mais aussi de
plus honteux ; ses propres limites, les limites de ceux qu’on aime ou de
ses proches.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Accepter de voir que des gens nous aiment et qu’on ne le voit peut-être
pas.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils s’agit aussi de guérir les cœurs brisés. Donc d’accepter aussi de sortir
de la pleurnicherie sur soi, accepter d’être heureux quand on a tout pour
cela.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout est remis en cause dans l’annonce par Esaïe, par Jésus, d’une année de
grâce du Seigneur.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et que répondent ses interlocuteurs ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, leur réponse est positive. Mais ça ne sort pas des cadres convenus
de la société : on le situe encore par rapport à sa famille, par rapport
au village d’où il vient.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, c’est positif, mais c’est de l’eau tiède. On lui rend témoignage, on
qualifie ses paroles de paroles de grâce.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il annonce une révolution sociale et personnelle. Et on lui répond par des
cadres classiques, la famille, le village. Il annonce une révolution sociale et
personnelle. Et on lui dit des gentillesses : « C’est pas mal ce que
vous dites. C’est bien dit. C’est plutôt gentil ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, surtout ses interlocuteurs, se contentent de « répondre ».
Alors que c’est accomplie pour eux, leur réponse reste de l’ordre du
« j’en pense que » et non du : « je l’accueille et cela
change ma vie ». C’est de l’ordre de l’opinion, de la distance. Pas du
changement de vie, pas de la conversion.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a sans doute une violente déception de Jésus face à la tiède réaction
de ses interlocuteurs.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a encore plus. Juste avant de se rendre à Nazareth, en Galilée,
juste avant le passage que nous étudions, où Jésus se trouve-t-il ? Juste
avant ce passage, Jésus est dans le désert. Et il est tenté par
Satan.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et que fait Satan ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il lui dit de transformer la pierre en pain, de faire un miracle pour
prouver sa puissance. Comme à Nazareth où Jésus suppose que ses interlocuteurs
veulent qu’il fasse des miracles, les mêmes qu’à Capharnaüm, pour prouver son
identité.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le désert, le Diable le fait monter en haut du temple de Jérusalem, en
le menaçant de le jeter en bas. Comme à la fin du texte, où ses interlocuteurs
menacent de le jeter depuis un escarpement de la montagne.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Satan met en avant le lien de parenté avec Dieu : puisque tu es le fils
de Dieu, qu’il envoie ses anges pour que tu ne t’écrases pas du haut du temple
de Jérusalem. Comme ses interlocuteurs mettent en avant son lien de parenté
avec Joseph.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, dans le désert, Jésus est tenté par le diable. Il est tenté de
prouver sa puissance, en multipliant les richesses. Il est tenté d’appeler le
Seigneur pour protéger sa seule personne. Il est tenté de faire allégeance au
diable en échange du pouvoir sur les royaumes.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est tenté d’user de sa divinité pour devenir puissance parmi les
puissances.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et dans notre texte, là dans la synagogue, Jésus préfère provoquer ses
interlocuteurs, préfère être rejeté par eux, préfère prendre le risque d’être
tué en dehors de la ville, plutôt que se soumettre à une nouvelle
tentation.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle tentation menace donc Jésus dans les paroles pourtant si aimable de
ses interlocuteurs ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n’est pas question de se soumettre au diable. Il n’est pas question
d’user de sa puissance en vain. Il n’est pas question d’user de sa divinité
pour devenir puissance parmi les puissances.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est une tentation beaucoup plus douce et sournoise.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celle d’être le fils de Joseph. Celle d’accepter qu’on dise de lui :
c’est pas mal ce qu’il dit pour un fils de Joseph. Celle d’accepter qu’on le
remette dans une case, celle de la famille, celle du village, celle de
l’ethnie.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tentation d’être un rabbin dont sort de la bouche de bien belles paroles,
des paroles de grâce qu’on vient écouter le samedi à la synagogue mais qu’on
oublie le soir même quand on rentre chez soi et qu’on se fait à nouveau servir
par ses esclaves.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celle d’être un prophète, un de ces fous qui se promène dans les campagnes
d’Israél et annonce la fin du monde, provocant un peu de crainte, un peu
d’admiration, beaucoup d’amusement, et pas beaucoup de changement.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tentation n’est plus celle - comme avec satan dans le désert - d’user de
sa divinité pour devenir puissance parmi les puissances. Mais celle de se
laisser couler dans les modèles convenus de la bienséance humaine de son temps.
Se laisser tenter par le confortable conformisme de son temps, des places
sociales et des rôles attendus.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jésus est là pour annoncer un message de changement du tout au tout dans les
vies personnelles et dans l’ordre de la société. La tentation est de renoncer à
ce message de radicalité, pour une place identifiée, un bon gars, un rabbin
doué, un prophète avec son folklore et éventuellement ses fans.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jésus refuse cette ambiguïté, ce quiproquo. Je ne suis pas celui que vous
voulez faire de moi.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne fais pas de l’alphabétisation à la Maison Verte pour être bien gentil
avec des pauvres qui devraient devenir de bons français, aussi français que
s’ils étaient fils de Josette, né à Nazalle-Négron.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne suis pas protestant pour annoncer un tiède message bien gentil de
grâce tiède, un tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Je ne
suis pas un guignol protestataire qui gueule ou fait des manifs juste pour
entretenir le spectacle.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jésus préfère mettre en colère ses interlocuteurs - pourtant gentils, sympas
avec lui - et se faire rejeter par eux plutôt qu’être enfermé dans ces pièges,
plutôt que de céder à ces tentations. Plutôt que de rentrer dans le
rang.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il annonce une parole pour qu’elle soit accomplie dans la vie et la société
dans laquelle elle résonne. « L'Esprit du Seigneur est sur moi, Parce
qu'il m'a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres; Il m'a envoyé pour
guérir ceux qui ont le coeur brisé. Pour proclamer aux captifs la délivrance,
Et aux aveugles le recouvrement de la vue, Pour renvoyer libres les opprimés,
Pour publier une année de grâce du Seigneur. »&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une parole qui doit tout changer dans la vie de ceux qui l’entendent et dans
la société. Et il fait un choix : plutôt rompre avec ceux qui ne reçoivent
pas cette parole plutôt que de voir cette parole et celui la porte enfermés,
piégés par des positions, certes confortables parce qu’identifiées mais
convenues, attendues et finalement ne dérangeant plus personne.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plutôt rompre qu’être piégé, dans les figures qui aujourd’hui sont peut-être
être celles&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- du gentil travailleur social qui fait bien son métier d’intégration des
exclus dans la société,&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- celle du chrétien qui assure le service après vente supplément d’âme qu’on
aime d’autant entendre avec ses gentils paroles qu’on n’en applique pas un seul
mot,&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- celle du gueulard de service, Arlette Laguiller ou Le Pen qui font le
spectacle et servent en même temps de repoussoir.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jésus préfère rompre et laisser la place, faire place nette, s‘échapper
après avoir mis en colère ses interlocuteurs. Il fait le choix d’une parole
vivante qui s’échappe des cases. N’est-ce pas le choix que fit par exemple
l’Abbé Pierre : à la fois dans la réalité concrète de l’aide à l’autre -
mais sans jamais se soumettre aux diktats de l’intégration sociale ; dans
l’ancrage dans la parole d’amour de l’Évangile mais d‘un évangile
indompté ; et dans la protestation nécessaire quand il en était besoin,
toujours auprès des moins défendables, Droit au logement ou sans-papiers
?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N’eu-t-il pas le courage de toujours rompre avec les autorités, les conforts
quand cette parole vivante risquait d’être enfermé ? N’est-ce pas ce que
fit la Mission populaire et d’autres mouvement protestants tout au long de leur
histoire ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« L'Esprit du Seigneur est sur moi, Parce qu'il m'a oint pour annoncer
une bonne nouvelle aux pauvres; Il m'a envoyé pour guérir ceux qui ont le coeur
brisé, Pour proclamer aux captifs la délivrance, Et aux aveugles le
recouvrement de la vue, Pour renvoyer libres les opprimés, Pour publier une
année de grâce du Seigneur. »&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd’hui comme il y a 2000 ans, il dépend de nous de dire : cette
parole est accomplie, dans nos vies, dans le monde.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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