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  <title>La Maison Verte, Fraternité de la Mission Populaire Evangélique (Paris 18) - Exode</title>
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  <language>fr</language>
  <pubDate>Sat, 19 Jul 2008 21:59:43 +0200</pubDate>
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    <title>Exode 20, 1-19 : Quand les hébreux ont raison de nous faire une crise d'adolescence...</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2008/04/04/Exode-20-1-19-%3A</link>
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    <pubDate>Fri, 04 Apr 2008 23:42:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Prédications</category>
        <category>Exode</category>    
    <description>&lt;p&gt;Prédication de Stéphane Lavignotte du 10 février 2008.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Alors Dieu prononça toutes ces paroles, en disant:&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis l'Éternel, ton Dieu, qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte, de la
maison de servitude.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu n'auras pas d'autres dieux devant ma face.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu ne te feras point d'image taillée, ni de représentation quelconque des
choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui
sont dans les eaux plus bas que la terre.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point; car
moi, l'Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui punis l'iniquité des
pères sur les enfants jusqu'à la troisième et la quatrième génération de ceux
qui me haïssent,&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;et qui fais miséricorde jusqu'en mille générations à ceux qui m'aiment et
qui gardent mes commandements.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu ne prendras point le nom de l'Éternel, ton Dieu, en vain; car l'Éternel
ne laissera point impuni celui qui prendra son nom en vain. Souviens-toi du
jour du repos, pour le sanctifier.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu travailleras six jours, et tu feras tout ton ouvrage.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le septième jour est le jour du repos de l'Éternel, ton Dieu: tu ne
feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta
servante, ni ton bétail, ni l'étranger qui est dans tes portes.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car en six jours l'Éternel a fait les cieux, la terre et la mer, et tout ce
qui y est contenu, et il s'est reposé le septième jour: c'est pourquoi
l'Éternel a béni le jour du repos et l'a sanctifié.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent dans le pays
que l'Éternel, ton Dieu, te donne.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu ne tueras point.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu ne commettras point d'adultère.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu ne déroberas point.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu ne porteras point de faux témoignage contre ton prochain.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain; tu ne convoiteras point
la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son boeuf, ni
son âne, ni aucune chose qui appartienne à ton prochain.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le peuple entendait les tonnerres et le son de la trompette; il voyait
les flammes de la montagne fumante. A ce spectacle, le peuple tremblait, et se
tenait dans l'éloignement.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils dirent à Moïse: Parle-nous toi-même, et nous écouterons; mais que Dieu
ne nous parle point, de peur que nous ne mourions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les hébreux le disent tout net : c'est non. Ça les gave. Ils le disent
clairement à Moïse : Que Dieu ne parle pas avec nous.&lt;br /&gt;
Ce Dieu qui balance sa série d'interdits, de faut pas, de ne pas, ce Dieu qui
leur fait la leçon du haut de sa montagne, ils ne veulent pas l'écouter. Ils
ont l'impression que ce vieux barbu perché sur sa montagne, est complétement à
côté de tout ce qui les concerne.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels sont leurs problèmes ?&lt;br /&gt;
Il sont dans le désert. Pas grand chose à boire et à manger, trop chaud le
jour, trop froid la nuit. Ils ont toujours les mêmes vétements. Et Dieu ne
parle même pas de ça. Il ne leur propose rien.&lt;br /&gt;
Ils sont dans le désert, et ils ne savent plus très bien où ils vont. Ils ont
l'impression d'être perdus.&lt;br /&gt;
En Egypte, ils n'étaient pas encore vraiment le peuple juif. Ils étaient dans
l'enfance d'un peuple. Peut-être que demain, ils seront un peuple, un vrai,
adulte. Mais pour l'instant, ils sont entre les deux. Entre l'enfance et l'âge
adulte. Ils pensaient que cette phase dans le désert, cet entre-deux âge ne
durerait que quelques jours, ils sont partis pour 40 ans. ça dure.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne dit rien de tout ça, Dieu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand, il parle de quelque chose, ça leur donne encore plus envie de dire
« non ». Ils ont du mal à dire qui ils sont, eux. Ils ont du mal à savoir
qui ils sont. Mais Dieu ne parle pas d'eux. Il parle de leur parents. Il faut
les honorer. Et si les parents ont fait des bétises, ce sont les enfants qui
trinqueront : Dieu traquera la faute sur trois ou quatre
générations.&lt;br /&gt;
Ces hébreux ont du mal à savoir qui ils sont eux, et en plus Dieu leur dit
qu'ils ne sont pas eux-mêmes mais qu'ils sont leurs parents. Honorer ces
parents qui les ont fait descendre en Egypte ? Payer pour ces parents qui
se sont écrasés devant Pharaon ? Honorer ces parents qui se sont laissé
mettre en esclavage ? Très peu pour les hébreux !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce Dieu ne s'intéresse à aucun de leur problème, mais en plus, il leur
retire le peu qui leur permet de se réconforter. Interdit de faire des objets,
des statues d'idoles pour pour pouvoir se rassurer. A la poubelle les
téléphones portables, les ordinateur portable, les nounours, les doudous, les
collections d'horloge, les abonnements au PSG, au théâtre, les reproductions de
Picasso encadrées dans le salon et les posters de chanteurs ou de footballeur
dans les chambres ! Il est insupportable ce Dieu qui les plante au milieu
du désert mais qui les empêche de s'appuyer sur quoi que ce soit pour ne pas
déprimer. En colonie de vacances obligatoire au milieu de nulle part, mais sans
doudou !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus, ce Dieu, il est sexiste. Dans ce qu'il ne faut pas convoiter du
voisin, il mélange tout. La femme est mise dans le même sac que les serviteurs,
que les bovins et les ânes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui énerve le plus les hébreux, c'est le ton qu'emploie Dieu. Lui
qui ne s'intéresse à aucun de leur problème, qui ne leur donne aucune solution,
il est rudement prétentieux.&lt;br /&gt;
Le voilà qui commence par : « C'est môa le Seigneur qui t'ait fait
sortir du Pays d'Egypte, de la Maison de servitude »... Je ne sais pas vous,
mais moi, j'ai un peu de mal avec les personnes qui commencent par :
« Moi qui ait fait tel exploit », « moi, tu sais à ton âge.. »,
« Oh tu sais quand j'étais pasteur de La Maison Verte, c'était bien mieux
qu'aujourd'hui, mon pauvre ça doit être dur pour toi». Les hebreux n'ont sans
doute qu'une envie, c'est de répondre : D'accord, hier, tu nous a fait
sortir d'Egypte, mais, là maintenant, tu fais quoi, maintenant !? On est dans
le désert, et c'est par où la sortie ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin... il y a cette façon de dire les choses... Dieu ne sait que dire
« ne pas ». Tu ne feras pas ceci, tu ne feras cela. A part le honore ton
père et ta mère, il n'y a que des interdictions. Un peu négatif le bonhomme
perché loin, là-bas sur sa montagne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors donc, les hébreux disent « non ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, nous ne voulons pas que Dieu nous parle. Le texte dit « Que Dieu
ne nous parle pas, de peur que nous ne mourions ». Tout ce qu'ils perçoivent de
Dieu est tellement négatif, que ça les renvoie à la mort. A la peur de mourir
dans le désert. De ne pas réussir à vivre, de mourir comme sont morts leurs
parents. De mourir parce qu'on ne s'occupe pas d'eux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils refusent tellement d'entendre, qu'ils n'entendent pas. Ils n'entendent
rien de ce que dit Dieu. Dieu donne ses 10 commandements, et eux qu'est-ce
qu'ils entendent ?&lt;br /&gt;
Des voix, des flamboiements, la voix du cor et la montagne fumante. Ils
n'entendent aucune parole, aucun mot, rien de signifiant pour eux. Du bruit, du
fracas, un bouhaha effrayant qui ressemble à la fin du monde et qui leur donne
la peur de mourir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi, ça me fait ça parfois. Qu'elle qu'un qui me prend tellement de haut,
d'un ton tellement désagréable, que je n'entend rien de ce qu'elle dit.
J'entends un truc du genre :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Borgborythmes et bruit de crécelle...)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant... si Dieu s'y prenait autrement... N'y aurait-il pas dans ce que
dit Dieu quelque chose qui les intéresserait ? Si Dieu savait se faire
écouter, qu'est-ce que les hébreux pourraient entendre ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils pourraient se dire par exemple, que ce n'est pas si mal, une loi qui ne
passe que par des interdits.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qui est le pire : Qu'on vous dise ce qu'il faut faire :
range ta chambre, met la table, nettoie les toilettes. A telle heure tu fais
ci, demain tu fais ça, pendant tes vacances ça sera ça et ça. Tu vas faire du
piano, du cheval, une classe prépa.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on ne donne pas des ordres, mais qu'on donner des interdits, ça donne
quoi ? ne pas tuer, ne pas voler, ne pas mentir, ne pas tromper la
personne avec qui l'on vit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fais pas-ci, fais pas ça. Ça pose des limites, mais ça tout cela pour être
libre, pour décider de ce que l'on fait, pour en être responsable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-elle donc si mal cette loi de Dieu qui pose des limites ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Dieu ne leur parlait pas aussi mal, qu'est-ce que les Hébreux pourraient
encore entendre ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne pas tuer : c'est ne pas prendre la vie de l'autre.&lt;br /&gt;
Ne pas commettre l'adultère : ne pas s'approprier l'amour de
l'autre.&lt;br /&gt;
Ne pas commettre de rapt : ne pas enfermer l'autre dans un placard comme
un objet, pour l'échanger contre de l'argent comme on achète un objet avec de
l'argent.&lt;br /&gt;
Ne pas témoigner faussement contre son prochain : ne pas traiter comme
rien la confiance des autres. Toute une série de loi pour dire : Les
personnes sont des humains, pas des objets.&lt;br /&gt;
Ils sont eux, ils ne peuvent pas devenir ma propriété comme le sont les
objets.&lt;br /&gt;
Je n'ai pas le droit de les traiter comme ça. Ça s'fait pas. Ils n'ont pas le
droit de me traiter comme ça. Ça s'fait pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne peux pas être l'objet d'un autre. Je ne peux pas être son
esclave.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'a-t-il pas un rapport avec l'interdiction de se faire des statues
d'idoles avec des réalités de la terre et du ciel ?&lt;br /&gt;
Peut-être Dieu ne dit-il pas : A la poubelle les téléphones portables, les
ordinateur portable, les nounours, les doudous... Peut-être dit-il
seulement : Ne laissez pas les téléphones portables et les doudous vous
rendrent dépendant d'eux. Esclaves d'eux, de leur usage. Objets des
objets.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Dieu ne leur parlait pas aussi mal, qu'est-ce que les Hébreux pourraient
encore entendre ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils entendraient cette belle promesse : Tu travailleras six jours, mais
le septième, tu t'arrêtera. Et ni le père, ni la mère, ni les enfants ne
travailleront. Personne dans la famille. Un jour par semaine, pas question de
faire à la maison le boulot du bureau. Ou du lycée. Et ils ne feront travailler
ni la servante, ni le livreur de pizza, ni la caissière de supermarché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Pour la boulangère, on peut discuter, je ne suis pas sûr d'arriver à passer
un dimanche sans éclair au café... Vous me répondrez que je pourrais les
acheter le samedi, et c'est vrai).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voilà des chose que les Hébreux pourraient entendre si Dieu ne leur parlait
pas aussi mal.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car là, dit le texte, ils restent à distance car ils ont peur. Mais ils sont
prêts à entendre.&lt;br /&gt;
Ils dirent à Moïse : Que Dieu ne nous parle pas, ce serait notre mort.
Mais parle-nous toi-même et nous entendrons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils n'entendent pas quelqu'un qui leur ferait la leçon, qui reste lointain
sur sa montagne. Qui les prend de haut.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ils sont prêts à entendre Moïse. Qui est certes leur chef, qui certes
parle avec Dieu, donc qui a un rang au-dessus. Et qui garde son rang. Mais qui
est un humain, comme eux. Qui descend de la montagne, qui ne reste pas
haut-dessus, mais vient les rejoindre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moïse, qui ne fait pas des grand discours avec des mots alignés les uns à la
suite des autre sans attendre de réponse, mais qui – même s'il sait les lois et
les limites qu'il veut poser, même s'il reste leur chef Moïse qui
discute.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il sait qu'il va être contesté, qu'il va devoir trouver des arguments,
donner des réponses, bref avoir une conversation, échanger une parole.&lt;br /&gt;
Et il va parler lui-même, avec ce qu'il est, avec sa honte de ne pas réussir à
les faire sortir du désert, avec sa difficulté à parler. Mais aussi avec sa
patience. Il va prendre le temps, quarante ans dans le désert, pour aider son
peuple à trouver sa voix, à trouver son identité, à passer de son enfance à sa
vie adulte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Savons-nous ne pas faire les donneurs de leçons, arrivons-nous à ne pas nous
prendre pour Dieu, arrivons-nous à ne pas débiter les 10 commandements du haut
de nos montagnes d'adulteries, de nos montagnes de diplôme ou d'importance
hiérarchiques ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Savons-nous entendre ce qu'il y a quand même de juste dans ce que nous dit
quelqu'un qui nous fatigue par ses grands discours, quelqu'un qui tombe dans ce
piège de se prendre pour Dieu ? Savons-nous y entendre les choses utiles
pour nous, les pépites malgré tout cachées dans les grandes leçons
grandiloquantes qui nous énervent tant ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les uns et les autres, car nous ne sommes Dieu ni les uns, ni les autres,
savons-nous, entre pasteur et paroissiens, pasteurs et membre du conseil, élus
et citoyens, français et étrangers, patrons et ouvrier ou employés, adulte et
enfants ou adolescents&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;essaierons-nous plutôt que faire la leçon, entretenir la
conversation,&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;échanger et faire circuler la parole, parler en notre nom avec tout ce que
nous sommes,&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saurons-nous dire à l'autre qui se prend pour Dieu : Parle-nous
toi-même et nous entendrons.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai dit.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Exode 17,8-13 : Huit idées pour les nuls en prière (comme Moïse et moi)</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2007/11/10/Huit-idees-pour-les-nuls-en-priere-comme-Moise-et-moi</link>
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    <pubDate>Sun, 21 Oct 2007 17:56:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Prédications</category>
        <category>Exode</category>    
    <description>&lt;p&gt;Quand Moïse se donne des airs de chef d'orchestre, il se pourrait bien qu'il
prie. Prédication de Stéphane Lavignotte du 21 octobre sur Exode 17,8-13, où
comment prier même quand on croit qu'on ne sait pas jouer juste...&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Exode 17,8-13&lt;br /&gt;
Amalek vint combattre Israël à Rephidim.&lt;br /&gt;
Alors Moïse dit à Josué: Choisis-nous des hommes, sors, et combats Amalek;
demain je me tiendrai sur le sommet de la colline, la verge de Dieu dans ma
main.&lt;br /&gt;
Josué fit ce que lui avait dit Moïse, pour combattre Amalek. Et Moïse, Aaron et
Hur montèrent au sommet de la colline.&lt;br /&gt;
Lorsque Moïse élevait sa main, Israël était le plus fort; et lorsqu'il baissait
sa main, Amalek était le plus fort.&lt;br /&gt;
Les mains de Moïse étant fatiguées, ils prirent une pierre qu'ils placèrent
sous lui, et il s'assit dessus. Aaron et Hur soutenaient ses mains, l'un d'un
côté, l'autre de l'autre; et ses mains restèrent fermes jusqu'au coucher du
soleil.&lt;br /&gt;
Et Josué vainquit Amalek et son peuple, au tranchant de l'épée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moïse lève la main et les hébreux sont les plus forts, grâce à cela à la
fin, ils gagnent la bataille.///&lt;br /&gt;
C'est fou ce qu'arrive à faire Moïse avec ses mains : Juste avant, Moïse a
frappé un rocher avec le bâton de Dieu, et de l'eau a jailli. Au début de
l'Exode, Moïse a levé le bâton, et la mère rouge s'est ouverte.&lt;br /&gt;
Ces trois gestes sont-ils les mêmes ? Avons-nous de la part de Moïse, dans
l'épisode que nous avons lu, un miracle, un acte de puissance comme les deux
dont je viens de parler ? Ou alors autre chose.&lt;br /&gt;
Car ce qui se passe dans cette scène est assez étonnant. On voit Moïse, non pas
triomphant, pas comme dans les superproductions américaines : sur la
montagne, majestueux et puissant, faisant obeïr les éléments de son seul
geste.&lt;br /&gt;
Non, on le voit avec le bras, plus exactement les deux bras, lourds,
fatigués.&lt;br /&gt;
On voit qu'à cause de la fatigue, il baisse le bras, et à ce moment là, les
hébreux ne sont plus les plus forts.&lt;br /&gt;
On le voit qui doit s'asseoir parce qu'il est fatigué. On le voit, et la scène
paraît un peu étonnante, voir cocasse ou pathétique, c'est selon, on le voit,
avec Aaron d'un côté, Hour de l'autre, qui lui tiennent chacun un bras.&lt;br /&gt;
On voit Moïse se fatiguer.&lt;br /&gt;
Mais Moïse l'avait prévu. Cela le gêne-t-il ? Il ne se plaint pas, ne
s'excuse pas. Il ne se lamente pas auprès du Seigneur.&lt;br /&gt;
Aucun mot n'est échangé, mais on voit Aaaron et Hour réagir comme si tout avait
été prévu. Et avant même de monter sur la montagne, c'est comme si Moïse - pas
sûr de son coup - avait pris ses précautions, des précautions très
concrètes.&lt;br /&gt;
D'abord, il ne compte pas seulement sur son geste pour assurer la victoire. Il
demande à Josué de choisir des hommes capable de les défendre. Il faut des
hommes qui assurent, il ne pourra pas tout prendre sur lui. Ensuite, il ne
monte pas seul. Il prend avec lui Aaron et Hour. Il a prévu qu'il allait avoir
besoin d'aide. Moïse est fatigué, et il l'avait prévu. ///&lt;br /&gt;
On ne voit pas cela habituellement dans un miracle. Un miracle c'est,
deux-temps-trois-mouvements et hop, je vous transforme une grenouille en
boeuf.&lt;br /&gt;
Mais peut-être, cette scène du bras levé, n'est-ce pas un miracle.&lt;br /&gt;
Il y a une grande différence entre la scène que nous venons de lire et les deux
scènes dont j'ai parlé au début, qui ressemblent bien plus à des miracles
opérés par Dieu.&lt;br /&gt;
Dans les cas cités au début - de l'eau qui jaillit et de la mer rouge qui
s'ouvre - les choses sont rédigées de la même façon. Dieu parle. Il dit à
Moïse : frappe le rocher et l'eau sortira ou il dit lève ton bâton, étends
ta main et la mère s'ouvrira. Et Moïse exécute l'ordre.&lt;br /&gt;
Là, rien de tout ça. Certes, Moïse lève la main, comme devant la Mer Rouge.
Mais deux choses manquent :&lt;br /&gt;
Le bâton Il a prévenu Josué qu'il se tiendrait sur la montagne, avec le bâton
Il ne dit pas ce qu'il va en faire, il ne dit pas qu'il va l'utiliser. Et quand
il étend la main, on n'entend plus parler du bâton de Dieu. Peut-être le
tient-il quand il tend la main – ce qui expliquerait la fatigue – mais le texte
n'insiste pas sur le bâton de Dieu.&lt;br /&gt;
Ensuite, à aucun moment de la scène, Dieu ne parle. Il ne dit pas à Moïse de
faire une chose ou l'autre. Dieu ne répond pas à Moïse. Tout est de la seule
initiative de Moïse.&lt;br /&gt;
La scène semble donc être très différente des miracles, des actes de puissance
de Dieu où l'homme n'est qu'une marionnette de l'Eternel, où Dieu agit
promptement.&lt;br /&gt;
Mais si ce n'est pas un miracle, qu'est-ce que c'est ? Jean-Paul Morley,
ancien pasteur de La Maison Verte, est venu à la rencontre des pasteurs
proposants il y a quinze jours à laquelle je participais, et il nous a parlé de
ce texte.&lt;br /&gt;
Pour lui, Moïse qui tend ainsi la main, c'est une prière, une façon pour Moïse
de prier Dieu.&lt;br /&gt;
Je crois que si l'on fait cette hypothèse, cela dit beaucoup de choses sur la
prière. En tous cas, cela me dit beaucoup de chose à moi qui suis un apprenti
en la matière. Moi qui confiais récemment à certains d'entre vous que je ne
savais pas prier, moi qui ait encore du mal à le faire régulièrement.&lt;br /&gt;
__J'ai donc noté 8 choses que me disait ce texte,&lt;br /&gt;
8 idées sur le mode : « la prière pour les nuls ».__ Je m'excuse pour
les athlètes de la prière, j'espère qu'il ne s'endormiront pas. En tous cas,
ils ont déjà quelque chose sous les fesses, et un peu plus confortable que le
caillou de Moïse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Première idée : Prier, ce n'est pas faire un acte de miracle,
c'est une demande ou un merci.&lt;/strong&gt; C'est une demande. Cela peut même être
une demande précise. A ma grande surprise à la lecture du texte, cela peut même
être une demande de défaite ou de victoire.&lt;br /&gt;
Encore que si dans le texte, il est évident que « les bons » ce sont
les hébreux, dans le monde d'aujourd'hui, il serait bien difficile de dire qui
sont les bons ou les méchants. Mais une femme battue, un peuple écrasé, un
prisonnier torturé peuvent demander que la force soit de leur côté et pas du
côté des bourreaux.&lt;br /&gt;
Prier, ce n'est pas faire un acte de miracle. Moïse tend sa main, pas le bâton
de Dieu. Ce n'est pas Dieu qui agit par le bâton tendu par l'homme. Mais le
bâton est là, il est avec Moïse dit le texte. Cela veut dire aussi, que ce
n'est pas la prière qui agit directement. Elle est une demande à Dieu pour
qu'il agisse. C'est une demande que je fais car Dieu est avec moi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Deuxième idée : Ma prière peut prendre des formes très
simple.&lt;/strong&gt; Lever la main vers le haut, vers le Seigneur, c'est déjà
prier. Je peux donc utiliser des mots très simples, des mots de tous les jours.
Merci. S'il te plaît. Veux-tu. Peux-tu. Je te demande.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Troisième idée : je peux me fatiguer.&lt;/strong&gt; Je peux me
fatiguer, puisque même Moïse se fatigue. Au bout que quelques minutes de
prière, je peux avoir l'impression de ne plus savoir quoi dire. Après quelques
jours ou plusieurs semaines à prier régulièrement, je peux avoir une fatigue,
une panne. Mon habitude de prière peut me paraître lourde, comme les bras
paraissent lourds à Moïse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Quatrième idée : Je n'ai pas à avoir honte de la simplicité ou de
la fatigue de ma prière.&lt;/strong&gt; Moïse n'en a pas honte. Il ne s'excuse ni
auprès de ceux qui l'accompagnent. Il ne s'en excuse pas auprès de Dieu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Cinquième idée. Je n'ai pas à avoir honte... mais j'accepte d'être
aidé.&lt;/strong&gt; Je n'ai pas à avoir honte d'être aidé. Parce que je n'ai pas
honte, je peux demander de l'aide. Moïse se fait aider par Josué, par Aaron,
par Hour. J'ai moi-même été aidé par certains dans cette assemblée, pas
d'autres jeunes pasteurs. J'ai demandé lors des rencontres des proposants qu'on
parle de la prière car je ne savais pas prier. Et la dernière fois, c'était au
programme, et c'est Jean-Paul Morley qui est venu faire une intervention sur le
sujet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Sixième idée : Je n'ai pas honte... mais je me prépare des
béquilles.&lt;/strong&gt; Je sais que mon bras peut se fatiguer, que ma prière peut
se fatiguer. Je prépare des béquilles, des Aaron et des Hur pour m'aider. Cela
peut être le petit livre « parole pour tous » ou les livrets des
« Miettes de la table » qui m'offrent une méditation tous les jours
ou toutes les semaines. Cela peut être de recevoir un e-mail tous les jours, ou
en tous cas régulièrement comme le fait la Communion Béthanie. Ça me relance
dans mon envie de prière si j'avais oublié.&lt;br /&gt;
Mes béquilles à moi, ce sont d'avoir trouvé des moments tranquille, chez moi
avant de venir à La Maison Verte. Sous ma douche, je présente devant le
Seigneur les différents moments qui vont rythmer ma journée. Je présente
ensuite au Seigneur différentes personnes. Puis après déjeuner, alors que
Léonie vient de partir de l'école et que Véronique n'est pas sortie de la
douche – là il y a 15 minutes de creux – je lis un chapitre de l'ancien
testament, une histoire du Nouveau puis je termine par le Notre Père.&lt;br /&gt;
Ce sont mes béquilles. Elles évolueront sans doute. A chacun d'inventer des
béquilles. Il n'y en a aucune de ridicule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Septième idée : Dans la prière c'est tout le corps qui est
concerné.&lt;/strong&gt; Moïse ne dit rien. Il prie avec son corps, avec son bras. Il
ne prie pas qu'avec une main, mais avec les deux. Même avec la gauche pour
laquelle il y avait des interdits particulier dans le judaïsme. Pour la prière,
il l'utilise. Quand je prie, je peux le faire avec tout mon, corps.&lt;br /&gt;
Il n'y a pas de mauvaise partie de mon corps ni de mauvaise position pour
prier. Jean-Paul Morley prie à genoux. Dans ma douche je suis debout. Sur mon
lit quand je lis la bible, je suis assis en tailleur. Quand j'ai la chance
d'être seul sur une pelouse, je prie couché sur le dos les yeux dans les
nuages. Toutes les positions sont bonnes, à chacun de trouver les siennes. Et
déjà la position de mon corps, déjà la main vers Dieu ou les yeux vers le
divin, c'est déjà une prière.&lt;br /&gt;
Et quand Moïse est fatigué, c'est tout son corps qui est fatigué. On lui tient
les bras, il s'assoie. Si je sens que ma prière fatigue, c'est peut-être tout
mon corps qui fatigue. Comme Moïse s'assoit, je peux m'asseoir, changer de
position.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand ma prière fatigue, c'est peut-être tout mon corps, tout mon être qui
fatigue. Est-ce que je n'en fais pas trop ? Est-ce que je n'ai pas besoin
de prendre des vacances, de faire une pause ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Huitième et dernière idée et qui vaudra conclusion : La durée
plutôt que la perfection.&lt;/strong&gt; Comme le bras de Moïse, même s'il est
soutenue par des béquilles, même si elle fatigue, ma prière n'en est pas moins
ferme. Parce qu'elle est ainsi soutenue, elle peut durer, comme le bras de
Moïse reste tendu tous le jour.&lt;br /&gt;
Même si c'est une persévérance avec des béquilles, même si c'est une
persévérance avec des gestes et des mots simples, même si c'est une
persévérance qui fatigue, c'est la persévérance qui donne la victoire, qui
donne des fruits.&lt;br /&gt;
Les fruits n'arrivent pas d'un coup. La bataille du récit dure tout le
jour.&lt;br /&gt;
Les fruits n'arrivent pas d'un coup et n'arrivent pas tout seuls : il ne
suffit pas demander. Josué a choisi ses meilleurs hommes. Ils se battent tout
le jour. Il y a sans doute eux de nombreux morts.&lt;br /&gt;
La prière, ce n'est pas la perfection et des résultats d'un coup. C'est la
persévérance et la modestie dans la façon de prier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans doute Dieu ne nous parlera pas plus qu'il ne parle à Moïse pendant ou
après la bataille. Pourtant, il a été là, c'est lui qui a permis qu'il y ait du
fruit.&lt;br /&gt;
Dans nos prières, ne nous inquiétons donc pas de son silence. Il est là, et il
y aura du fruit.&lt;br /&gt;
Amen.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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