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  <title>La Maison Verte, Fraternité de la Mission Populaire Evangélique (Paris 18) - Evangile de Marc</title>
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  <language>fr</language>
  <pubDate>Fri, 01 Aug 2008 18:55:19 +0200</pubDate>
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  <item>
    <title>Marc 16, 1-8  :  Jésus va vous attendre en Galilée, comme il vous l'a dit.</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2008/07/23/marc-16-1-8-%3A-Jesus-va-vous-attendre-en-Galilee-comme-il-vous-l-a-dit</link>
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    <pubDate>Sun, 23 Mar 2008 07:45:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>nancy</dc:creator>
        <category>Prédications</category>
        <category>Evangile de Marc</category><category>femmes dans la Bible</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Prédication donnée le Dimanche de Pâques 2008 par le PASTEUR
STEPHANE LAVIGNOTTE&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Cette prédication est le résultat d'un travail collectif du &amp;quot;groupe biblique&amp;quot;
de La Maison Verte.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;1. Lorsque le sabbat fut passé, Marie de Magdala, Ma&lt;br /&gt;
rie, mère de Jacques,&lt;br /&gt;
et Salomé, achetèrent des aromates, afin d'aller embaumer Jésus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Le premier jour de la semaine, elles se rendirent au sépulcre,&lt;br /&gt;
de grand matin, comme le soleil venait de se lever.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Elles disaient entre elles:&lt;br /&gt;
Qui nous roulera la pierre loin de l'entrée du sépulcre?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Et, levant les yeux, elles aperçurent que la pierre,&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;pre&gt;
qui était très grande, avait été roulée.
&lt;/pre&gt;
&lt;p&gt;5. Elles entrèrent dans le sépulcre,&lt;br /&gt;
virent un jeune homme assis à droite vêtu d'une robe blanche,&lt;br /&gt;
et elles furent épouvantées.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Il leur dit: Ne vous épouvantez pas; vous cherchez Jésus de
Nazareth,&lt;br /&gt;
qui a été crucifié; il est ressuscité, il n'est point ici; voici le lieu où on
l'avait mis.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Mais allez dire à ses disciples et à Pierre qu'il vous précède en
Galilée:&lt;br /&gt;
c'est là que vous le verrez, comme il vous l'a dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Elles sortirent du sépulcre et s'enfuirent.&lt;br /&gt;
La peur et le trouble les avaient saisies;&lt;br /&gt;
et elles ne dirent rien à personne, à cause de leur effroi.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a de fortes chances que l'Evangile de Marc n'aille pas plus loin&lt;br /&gt;
que ce que nous avons lu. Sans doute, dans sa première version, ça s'arrétait
là.&lt;br /&gt;
Les fins que l'on trouve dans nos bibles, ont sans doute été ajoutées
ensuite,&lt;br /&gt;
justement parce que cela se termine d'une manière bizarre.&lt;br /&gt;
Peut-être aussi parce que cela donne le dernier mot aux femmes.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le dernier mot n'est peut-être pas la bonne expression,&lt;br /&gt;
puisque justement les femmes ne disent rien.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La semaine dernière avec le groupe biblique de la Maison Verte,&lt;br /&gt;
nous avons essayé de comprendre ce texte. En jouant ce texte,&lt;br /&gt;
en le lisant, et en discutant, nous avons en particulier essayé&lt;br /&gt;
de comprendre ce que ressentais les femmes.&lt;br /&gt;
Cette prédication est le résultat de ce travail.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marie la Magdalène, Marie celle de Jacques et Salomé se
retrouvent.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles se retrouvent entre femmes, sans les hommes.&lt;br /&gt;
D'ailleurs les hommes, les disciples, peu courageux, se cachent.&lt;br /&gt;
Elles vont s'occuper d'un proche, qu'elles aiment. Jésus.&lt;br /&gt;
Etonnement, il y a de la joie dans leurs retrouvailles.&lt;br /&gt;
Les préparatifs ressemblent à celles d'un pique-nique.&lt;br /&gt;
Elle s'agitent beaucoup, vont dans un sens, dans un autre.&lt;br /&gt;
Cette joie, cette façon de s'affairer, de faire milles petites choses,&lt;br /&gt;
est-ce une façon de se consoler ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cacher leur tristesse ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles sont entre-elles, et elles échangent la seule phrase&lt;br /&gt;
qu'elles prononceront de toute la scène :&lt;br /&gt;
qui nous roulera la pierre qui est à l'entrée du tombeau ?&lt;br /&gt;
Tout le reste se passera en silence.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et au bout du compte, le texte nous dit qu'elle ne diront rien&lt;br /&gt;
à personne de ce qu'elles ont vu.&lt;br /&gt;
Ce silence est lourd, pesant.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le joie, l'affairement des préparatifs sont vite emportés&lt;br /&gt;
par ce silence qui fait remonter la tristesse de la mort de Jésus,&lt;br /&gt;
qui laisse la place à l'inquiétude d'évènements difficiles à
comprendre.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles s'inquiétaient de qui leur roulerait la pierre&lt;br /&gt;
de l'entrée du tombeau.&lt;br /&gt;
Elles arrivent et voient que la pierre a déjà été roulée.&lt;br /&gt;
Cela devrait les soulager de voir ce problème résolu.&lt;br /&gt;
Non, ce n'est pas le cas.&lt;br /&gt;
Rien de qui va se passer ne va se passer comme elles s'y attendaient.&lt;br /&gt;
Chacune des choses qui devait les rassurer,&lt;br /&gt;
les rendre joyeuses... va les inquiéter.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si c'est déjà ouvert, c'est peut-être dangereux ?&lt;br /&gt;
Il y a peut-être des soldats ?&lt;br /&gt;
Des inconnus qui pourraient leur vouloir du mal ?&lt;br /&gt;
Elles y rentrent avec inquiétude.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marie Madeleine rentre-t-elle avec le même sentiment ?&lt;br /&gt;
Qu'est-ce qui a le dessus en elle :&lt;br /&gt;
sa peur face à cette arrivée qui ne ressemble pas&lt;br /&gt;
à ce à quoi elles s'attendaient ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou son espoir, son coeur de femme aimante,&lt;br /&gt;
qui ne peut se résoudre à voir partir l'être aimé,&lt;br /&gt;
qui a toujours l'espoir de le retrouver.&lt;br /&gt;
Elle attend quelque chose, un miracle.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la porte est ouverte, qui est là ?&lt;br /&gt;
C'est le boulot de femme de venir le troisième jour.&lt;br /&gt;
C'est prévu par la tradition qu'elles viennent mettre des aromates&lt;br /&gt;
sur ce corps qui commence à sentir un peu fort. Elles ont le droit d'être
là.&lt;br /&gt;
Et pourtant, elle rentrent comme des intruses&lt;br /&gt;
Comme si elles n'avaient pas le droit d'être là.&lt;br /&gt;
Comme des voleuses. Des voleuses de corps ?&lt;br /&gt;
Elles rentrent donc avec inquiétude.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le personnage qu'elles voit devrait les rassurer.&lt;br /&gt;
Un jeune homme en blanc, avec des allures d'ange,&lt;br /&gt;
de séraphins, il a l'air tranquille.&lt;br /&gt;
Il sait pourquoi il est là.&lt;br /&gt;
Il savait que quelqu'un viendrait,&lt;br /&gt;
et que si la tradition était respectée, ce serait les femmes.&lt;br /&gt;
Cette présence belle et tranquille devrait les rassurer, non ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais elles restent loin. Non, elles ne sont pas rassurées.&lt;br /&gt;
D'abord, parce qu'elles ne savent pas où regarder.&lt;br /&gt;
Où est le corps ?&lt;br /&gt;
Où est le tombeau ?&lt;br /&gt;
L'ange est-il assis sur le tombeau ?&lt;br /&gt;
Et puis l'ange parle.&lt;br /&gt;
Un discours qui leur paraît très long, trop compliqué.&lt;br /&gt;
Il y a trop d'info,&lt;br /&gt;
trop de choses à comprendre en même temps.&lt;br /&gt;
Trop d'émotion, leur cerveau est saturé.&lt;br /&gt;
De tout le discours, elles ne retiennent que ces phrases.&lt;br /&gt;
« Comme il vous l'a dit ». « Il vous attend en Galilée ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On vient de leur apprendre&lt;br /&gt;
que celui qu'elles aimaient était vivant à nouveau.&lt;br /&gt;
Qu'il était déjà rentrée à la maison.&lt;br /&gt;
Ce message devrait les faire sauter de choix, lancer des Allleluïa.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas le cas.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles ne s'attardent pas dans le tombeau.&lt;br /&gt;
Arrivées comme des voleuses,&lt;br /&gt;
elles s'enfuient comme des voleuses.&lt;br /&gt;
Elles qui avaient le droit de venir, elles qui n'ont rien volé.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et se retouvent dehors, tremblantes et bouleversées.&lt;br /&gt;
Elles n'échangent pas un mot sur ce qu'elles ont vu.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'y a-t-il dans leur tête ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ne vont-elles rien dire,&lt;br /&gt;
alors qu'on leur donne la mission d'annoncer cette nouvelle ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-être dans leur tête y-a-t-il cela :&lt;br /&gt;
Rien de ce qu'elles ont vu n'a de sens.&lt;br /&gt;
Elles venaient trouver un corps, elles ne l'ont pas trouvé.&lt;br /&gt;
Peut-être s'inquiètent-elles que le corps ait été volé.&lt;br /&gt;
C'est choquant d'aller voir le corps mortel&lt;br /&gt;
de quelqu'un qu'on voulait revoir,&lt;br /&gt;
de ne pas le trouver, de s'inquiéter de ce qu'il est devenu.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On leur dit que Jésus est ressuscité,&lt;br /&gt;
alors qu'elles arrivaient à peine à réaliser qu'il était mort.&lt;br /&gt;
Tout ça est insensé pour elles.&lt;br /&gt;
Comment voulez-vous qu'elles porter, annoncer ce message aux autres alors
qu'elles n'arrivent pas&lt;br /&gt;
à en trouver le sens pour elles-même ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Bonjour, nous sommes allés chercher le corps de Jésus,&lt;br /&gt;
il n'y était pas, on nous a dit qu'il était en Galilée ».&lt;br /&gt;
C'est déjà un message difficile à croire.&lt;br /&gt;
Mais en plus, elles savent qu'à cette époque,&lt;br /&gt;
le témoignage d'une femme,&lt;br /&gt;
lors d'un procès par exemple n'était pas accepté.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles sont comme dans un piège.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imaginez qu'elles le disent à ceux qui croient en Jésus,&lt;br /&gt;
qui aiment Jésus.&lt;br /&gt;
Ceux-là n'ariveront pas à les croire.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imaginez qu'elles aillent le dire à ceux qui détestent Jésus,&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;pre&gt;
ceux qui ont voulu sa mort.&lt;br /&gt;
&lt;/pre&gt;
&lt;p&gt;Vont-elles prendre le risque de se découvrir&lt;br /&gt;
comme amis de Jésus, auprès d'eux ?&lt;br /&gt;
Elles risquent pour elles-mêmes.&lt;br /&gt;
Et les ennemis de Jésus, que vont-ils dire ?&lt;br /&gt;
Soit, ils vont les traiter de menteuses&lt;br /&gt;
qui veulent encore faire de la pub pour leur messie.&lt;br /&gt;
Soit, ils vont les croire et essayer de trouver Jésus pour le tuer...&lt;br /&gt;
et pour de bon cette fois-ci.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'y-a-t-il dans leur tête ?&lt;br /&gt;
Ce que leur a dit l'ange a fait naître en elles un espoir.&lt;br /&gt;
Arrivent-elles à y croire ?&lt;br /&gt;
C'est difficile.&lt;br /&gt;
Mais si elles y croient un peu,&lt;br /&gt;
elles n'ont pas envie que ce ne soit pas vrai.&lt;br /&gt;
Elles ont à la fois peur d'y croire,&lt;br /&gt;
et peur d'être déçue si c'est faux.&lt;br /&gt;
Elles voudraient y croire, mais cette croyance est si fragile,&lt;br /&gt;
qu'elles ont peur d'être contredites dans leur conviction.&lt;br /&gt;
Ne pas le dire, c'est une manière de ne pas être contredites,&lt;br /&gt;
et de conserver comme un bien précieux mais fragile cette nouvelle.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne pas le dire, c'est aussi éviter d'avoir mal.&lt;br /&gt;
Elles qui s'occupent des autres, qui soignent les autres qui ont mal,&lt;br /&gt;
qui voulaient soigner le corps de Jésus,&lt;br /&gt;
elles ne veulent pas que par leur scepticisme, leurs moqueries,&lt;br /&gt;
les autres leur fasse mal.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'y a-t-il dans leur tête ?&lt;br /&gt;
Dans une des finales qui a été proposée à l'évangile de Marc,&lt;br /&gt;
Marie la magdalène va prendre le risque d'aller le dire.&lt;br /&gt;
Et, comme prévu, elle ne sera pas crue.&lt;br /&gt;
L'aimante qui n'a pas pris peur quand elle a vu le tombeau ouvert,&lt;br /&gt;
celle dont le coeur cognait à la nouvelle&lt;br /&gt;
que celui qu'elle aimait était encore en vie,&lt;br /&gt;
peut-être a-t-elle pris différemment l'annonce que les autres femmes.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une importante mission qu'il y a là à accomplir.&lt;br /&gt;
Elle l'a peut-être pris au sérieux.&lt;br /&gt;
Elle se dit qu'elle va le faire.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'ont-elles retenue du message ?&lt;br /&gt;
Peut-être ces deux phrases.&lt;br /&gt;
« Comme il vous l'a dit ». « Il va vous attendre en Galilée ».&lt;br /&gt;
Mais à quel moment a-t-il dit cela aux femmes ?&lt;br /&gt;
A quel moment dans le début de l'évangile ?&lt;br /&gt;
Cela se passe deux chapitres avant, en Marc 14,28.&lt;br /&gt;
Jésus annonce à Pierre qu'il va le trahir.&lt;br /&gt;
Pierre proteste et dit que ce n'est pas vrai.&lt;br /&gt;
C'est tout un débat sur la fidélité et la trahison.&lt;br /&gt;
Et perdu au milieu de ce débat,&lt;br /&gt;
un peu comme n'ayant rien à voir,&lt;br /&gt;
il y a cette phrase :&lt;br /&gt;
« Après mon réveil, je vous précèderai en Galilée »&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre ne relève pas la phrase.&lt;br /&gt;
La phrase semble comme perdue,&lt;br /&gt;
tombée dans l'oreille d'un sourd.&lt;br /&gt;
En Marc 14,28, il n'est pas fait mention des femmes.&lt;br /&gt;
Pourtant, cette phrase leur aurait été dite, à elles.&lt;br /&gt;
Etaient-elles là ? Servaient-elles le repas ?&lt;br /&gt;
On ne parle pas d'elles dans le texte,&lt;br /&gt;
mais peut-être étaient-elles là, discrètement,&lt;br /&gt;
mais ne perdant pas une miette des échanges,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(les miettes et les femmes, c'est une vieille histoire...)&lt;br /&gt;
et retenant la phrase importante,&lt;br /&gt;
que Pierre n'avait lui pas entendu.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La phrase importante.&lt;br /&gt;
Qui paraissait insignifiante quand elle a été prononcée.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qui maintenant prend toute son importance.&lt;br /&gt;
Un peu comme quand on regarde un film policier.&lt;br /&gt;
A la fin, on a le coupable.&lt;br /&gt;
Et on repense à tout le film en se disant :&lt;br /&gt;
Mince, quels sont les indices que j'ai loupé tout au long du film.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;pre&gt;
Les renvoyer en Galilée, &lt;br /&gt;
&lt;/pre&gt;
&lt;p&gt;c'est donc les renvoyer dans leur passé.&lt;br /&gt;
Les renvoyer dans tout ce qui s'est passé en Galilée.&lt;br /&gt;
Les renvoyer dans ces moments où Jésus,&lt;br /&gt;
accompagné des femmes, des disciples,&lt;br /&gt;
a soigné, accueilli, donné à manger...&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les renvoyer en Galilée&lt;br /&gt;
c'est aussi les renvoyer à leur quotidien,&lt;br /&gt;
à leur chez eux, à l'endroit où elles sont nées et&lt;br /&gt;
moureront sans doute. Un endroit rassurant.&lt;br /&gt;
C'est très flou comme lieu de rendez-vous.&lt;br /&gt;
« Retrouvez-moi en Ile-de-France ! »&lt;br /&gt;
Le 127 rue Marcadet ou devant la mairie de Longjumeau ?&lt;br /&gt;
Devant l'Arc de triomphe à la Gare RER Evry Courcouronnes ?&lt;br /&gt;
Et puis c'est un long voyage, plus de 120 kilomètres&lt;br /&gt;
pour retourner de Jérusalem en Galilée.&lt;br /&gt;
Un si long voyage, pour peut-être être déçus à l'arrivée,&lt;br /&gt;
ne pas arriver à le trouver.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tous cas, Jésus ne leur donne pas rendez-vous au ciel,&lt;br /&gt;
ou dans un temple.&lt;br /&gt;
Mais dans leur vie quotidienne,&lt;br /&gt;
là où elles ont vécu et là où elles vivront.&lt;br /&gt;
Elles accueillent dans leur vie&lt;br /&gt;
une nouvelle difficile à croire, impossible à raconter,&lt;br /&gt;
mais il leur fait au moins ce cadeau&lt;br /&gt;
de leur donner rendez-vous dans un lieu familier,&lt;br /&gt;
qu'elles aiment, au pays.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous faut remercier les femmes.&lt;br /&gt;
A force de célebrer, tous les ans,&lt;br /&gt;
depuis à peu près 1860 ans la résurrection de Jésus,&lt;br /&gt;
nous avons peut-être oublié&lt;br /&gt;
combien c'est une nouvelle étrange,&lt;br /&gt;
difficile à croire, exceptionnelle.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ressentant les difficultés des femmes face à cette nouvelle,&lt;br /&gt;
peut-être pouvons-nous laisser une place à nos propres difficultés&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;pre&gt;
ou celles de autres face à cette nouvelle.&lt;br /&gt;
&lt;/pre&gt;
&lt;p&gt;Face à cette nouvelle, comment sommes-nous ?&lt;br /&gt;
Peut-être sommes nous partagés entre&lt;br /&gt;
la joie de cette résurrection&lt;br /&gt;
et la peur que ce soit une fausse espérance.&lt;br /&gt;
Peut-être avons-nous parfois aussi du mal à réaliser,&lt;br /&gt;
à vraiment accueillir&lt;br /&gt;
combien c'est exceptionnelle cette résurrection.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons peut-être comme les femmes&lt;br /&gt;
du mal à l'expliquer aux autres&lt;br /&gt;
à ceux qui ne croient pas Jésus Christ.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons peut-être peur qu'ils ne nous croient pas,&lt;br /&gt;
qu'ils se moquent de nous.&lt;br /&gt;
Et que leur scepticisme mette en danger notre foi.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les femmes elles-mêmes, eurent du mal à croire,&lt;br /&gt;
à accueillir cette nouvelle, nous devons être attentif,s&lt;br /&gt;
patients, à l'écoute de ceux qui ont du mal,&lt;br /&gt;
qui sont sceptiques devant cette nouvelle.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais face aux difficultés,&lt;br /&gt;
Jésus nous donne la clé pour avancer,&lt;br /&gt;
pour ne pas rester bloqués, coincés,&lt;br /&gt;
tremblants et bouleversés,&lt;br /&gt;
comme le sont les femmes au sortir du tombeau.&lt;br /&gt;
Il va vous attendre en Galilée,&lt;br /&gt;
c'est là qu'il vous attend comme il vous l'a dit.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans nos Galilées qu'il nous attend.&lt;br /&gt;
Nos Galilées, c'est quand nous repensons à nos vies d'hier,&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;pre&gt;
à ce que nous avons vécu,&lt;br /&gt;
&lt;/pre&gt;
&lt;p&gt;aux moments de résurrection, de guérison,&lt;br /&gt;
d'amour et de pardon que nous avons vécu,&lt;br /&gt;
Nos Galilées&lt;br /&gt;
ce sont les combats et les difficultés que nous avons vécus.&lt;br /&gt;
Il était à nos côtés, il nous a soutenu.&lt;br /&gt;
Comme les femmes relisent le début de l'évangile&lt;br /&gt;
avec comme lunettes l'évènement de la résurrection,&lt;br /&gt;
nous sommes invités nous mêmes à relire nos vies avec ces lunettes.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos Galilées, ce sont les chemins que nous allons prendre,&lt;br /&gt;
pas en nous cachant dans des temples,&lt;br /&gt;
ou en nous retirant dans des déserts,&lt;br /&gt;
mais dans notre quotidien,&lt;br /&gt;
nos combats de tous les jours,&lt;br /&gt;
dans nos vies de famille, dans nos vies d'église,&lt;br /&gt;
dans notre travail, dans nos combats pour les autres.&lt;br /&gt;
Là, cachée au milieu des joies et des peines,&lt;br /&gt;
des cadeaux et des combats,&lt;br /&gt;
Jésus est au milieu de nous,&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ressuscité pour nous offrir sa résurrection dans nos vies,&lt;br /&gt;
et dans les vies de nos soeurs et frères en ce monde.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jésus va vous attendre en Galilée,&lt;br /&gt;
c'est là que vous le verrez, comme il vous l'a dit.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Marc 14,1-11 : Jésus, le parfum, la femme et les sans-papiers.</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2007/04/21/Jesus-le-parfum-la-femme-et-les-sans-papiers</link>
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    <pubDate>Sat, 21 Apr 2007 17:20:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Prédications</category>
        <category>engagement</category><category>Evangile de Marc</category><category>femmes dans la Bible</category><category>sans-papiers</category>    
    <description>&lt;p&gt;Les gens que nous aidons ont-ils besoin d'action patiente ou de gestes
fous ? Prédication de Stéphane Lavignotte, pasteur de La Maison Verte, du
15 mars sur Marc 14,1-11 (La femme au parfum).&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Marc 14&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La fête de Pâque et des pains sans levain devait avoir lieu deux jours
après. Les principaux sacrificateurs et les scribes cherchaient les moyens
d'arrêter Jésus par ruse, et de le faire mourir.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Car ils disaient: Que ce ne soit pas pendant la fête, afin qu'il n'y ait
pas de tumulte parmi le peuple.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Comme Jésus était à Béthanie, dans la maison de Simon le lépreux, une
femme entra, pendant qu'il se trouvait à table. Elle tenait un vase d'albâtre,
qui renfermait un parfum de nard pur de grand prix; et, ayant rompu le vase,
elle répandit le parfum sur la tête de Jésus.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Quelques-uns exprimèrent entre eux leur indignation: A quoi bon perdre ce
parfum?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. On aurait pu le vendre plus de trois cents deniers, et les donner aux
pauvres. Et ils s'irritaient contre cette femme.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Mais Jésus dit: Laissez-la. Pourquoi lui faites-vous de la peine? Elle a
fait une bonne action à mon égard;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. car vous avez toujours les pauvres avec vous, et vous pouvez leur faire
du bien quand vous voulez, mais vous ne m'avez pas toujours.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Elle a fait ce qu'elle a pu; elle a d'avance embaumé mon corps pour la
sépulture.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. Je vous le dis en vérité, partout où la bonne nouvelle sera prêchée, dans
le monde entier, on racontera aussi en mémoire de cette femme ce qu'elle a
fait.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. Judas Iscariot, l'un des douze, alla vers les principaux sacrificateurs,
afin de leur livrer Jésus.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. Après l'avoir entendu, ils furent dans la joie, et promirent de lui
donner de l'argent. Et Judas cherchait une occasion favorable pour le
livrer.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte du nouveau testament, nous l’avons souvent entendu.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arrivons-nous à encore saisir combien la scène qu’on nous raconte est
étrange ? Combien elle bouscule nos habitudes ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes dans le temps du repas. Le repas même aujourd’hui, dans nos
familles, cela garde encore des aspects rituels. Certains jours précis – et pas
d’autres – il y a certains plats : chez moi c’est vendredi soir
pizza-glace, le dimanche midi on grignote des petits trucs et le dimanche soir
soupe. Chacun a plus ou moins un rôle pour mettre la table ou la
desservir.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et encore, ce n’est rien par rapport au repas dans les sociétés
traditionnelles, comme celle de Jésus. Qui est debout ? Qui est
couché ? Qui est assis ? Qui mange d’abord, qui mange ensuite
?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est dans cette ambiance très rituelle, très organisée que débarque cette
femme.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la présence ou l’absence autour de la table est très codifié -
cela dit de chacun qui il est, on sait qui est qui, qui mange avec qui – on ne
sait rien d’elle. On ne sait rien de son identité.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant on donne un luxe de détail sur le vase – un vase d’albâtre d’un
parfum de nard garanti d’un grand prix – autant on ne sait rien sur
elle.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que tout les gestes du repas ont du sens, elle fait des gestes qui
n’ont rien à voir avec ce qui se passe dans un repas. Elle est complètement
décalé par rapport au repas. Elle y sème le bazar et fait déraper le repas en
querelle, en zizanie.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les décalages ne s’arrêtent pas là.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que nous avons un texte très bavard où le peuple qui assiste à la
scène parle beaucoup, où Jésus lui-même fait de longue tirades, la femme - elle
- ne dit pas un mot. Elle ne dit rien. Elle n’annonce pas ce qu’elle fait, elle
ne le commente pas, ne l’explique à aucun moment. Alors qu’elle fait un acte
éclatant, plein de panache, un acte coûteux… elle le fait en silence. Le geste
est visible, éclatant… mais silencieux. Ce geste pourtant détonnant n’est pas
justifié, il n’est pas négocié, il n’y a aucun dialogue, personne n’est
prévenu.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le décalage de la forme traduit bien sûr un énorme décalage sur le
fond.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le public a une approche rationnelle des choses. Une approche que toute
personne censée partage. Une opinion qu’au premier abord partage toute personne
qui comme moi travail dans le social, pour les plus petits et les plus pauvres.
Si vous avez un objet de grande valeur, plutôt que de le dilapider, que de
l’utiliser pour un usage fugace, un usage frivole et qui ne durera que quelques
temps, mieux vaut le vendre pour permettre un travail utile et sur le long
terme. Et le travail avec les SDF, avec les demandeurs d’asile, avec les jeunes
en difficulté, bien sûr qu’il ne porte des fruits que s’il est patient et sur
le long terme.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D’ailleurs remarquez que Jésus ne contredit pas complètement les
interlocuteurs qui défendent ce point de vu. Il ne leur dit pas :
« ça ne sert à rien que vous vous occupiez des pauvres et que vous le
fassiez avec patience et économie » . Il dit : « des pauvres,
vous en aurez toujours, et quand vous le voulez, vous pouvez leur faire du
bien » . C’est bien une action sur le long terme avec les pauvres qu’il
leur trace et même une action sur un sacré long terme. Il leur indique qu’il ne
faudra pas s’occuper d’eux seulement un mois, un an mais… toujours. Qu’il y a
aura une action rationnelle et patiente. Une action à l’économie pour une durée
de : toujours.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’action de la femme est bien sûr complètement décalée par rapport à cela.
Elle ne dure qu’un temps, qu’un bref instant. Elle donne l’impression de
l’absurdité : gaspiller un parfum de grand prix pour un inconnu qui va
être condamné à mort.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant Jésus donne du prix à cette action. Comment la
qualifie-t-il ? Une œuvre. Et il insiste sur ce terme. Dans le texte grec
c’est : une belle œuvre elle oeuvra sur moi. Il s’agit donc bien d’une
œuvre. Le même terme qu’on utilise quand on s’occupe des pauvres, des petits,
des personnes dans le besoin. D’une action donc utile.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais alors, si vendre le parfum pour s’occuper des pauvres sur le long
terme, c’est une œuvre, et gaspiller le parfum pour pas grand chose, c’est
aussi une œuvre, quelle différence ? Et pourquoi Jésus défend-il à ce
moment-là le geste de la femme, tout en disant au public qu’il n’a pas tort de
vouloir s’occuper des pauvres sur le long terme ? Comment peut-on dire les
deux en même temps ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et bien Jésus peut le dire parce que justement on n’est pas exactement dans
le même temps. Le public et la femme ne sont pas dans le même temps. Il sont
dans deux fuseaux spatio-temporelles différents comme on dit dans les films de
science-fiction. Le public est encore dans le début de l’évangile. Il en est
encore à voir en Jésus un maître de sagesse qui donne des conseils sur le
comment bien se comporter, comment s’occuper des pauvres ? Peut-on entrer
dans le royaume de Dieu si on possède des parfums de grand prix ? Ils en
sont encore à se demander s’il est ou non le messie. Quand la femme lui verse
le parfum sur la tête, ils voient un geste qui signifie : il est le messie
d’Israël qui va faire advenir le Royaume, faire tomber le pouvoir romain. Et
d’ailleurs s’ils protestent, c’est qu’ils n’y croient pas trop et qu’ils sont
donc bien coincé dans l’image de « Jésus rabbin super sage qui donne des
bons conseils ». Mais pas messie et encore moins crucifié .&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La femme, elle, a compris quelque chose. Juste avant l’épisode du parfum, on
parle des grands prêtres et des scribes qui cherchent comment tuer Jésus. Juste
après, Judas les rejoint pour négocier - une autre histoire d’objet de grand
prix – la tête de Jésus. La femme sait quelque chose que Jésus sait aussi, que
les grands prêtres et les scribes savent aussi : il va être tué. Le geste
de la femme, c’est ce qu’en dit Jésus : c’est le geste d’une femme qui
verse les aromates, les parfums sur un mort, un geste qu’on fait habituellement
trois jours après sa mise au tombeau. Le geste que les femmes viendront faire
et qu’elle ne pourront pas faire car le tombeau sera à ce moment-là
vide.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple est dans le temps du début des évangiles.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La femme est déjà dans le temps de la fin des évangiles, dans ce temps qui
s’accélère et qui va mener Jésus jusqu’à la mort, puis à la résurrection. La
femme est dans un temps de l’exceptionnel, de l’incroyable, de ce qui nous
bouscule.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment donc Jésus dit-il, autorise-t-il, en même temps ces deux
choses : l’action patiente et le geste fou ? Comment donc Jésus
dit-il, autorise-t-il, en même temps ces deux choses, toutes les deux comme des
oeuvres ? Et c’est la question que nous pourrions nous-mêmes nous
poser : les gens que nous aidons ont-ils besoin d’action patiente ou de
gestes fous ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jésus veut faire saisir à son public qu’au moment où la femme fait ce geste
apparemment irrationnel, c’est un moment particulier : « moi, vous ne
m’aurez pas pour toujours ». C’est un moment où les choses s’accélèrent, où les
choses se referment, où les choses deviennent violente. Un moment particulier,
pas tout à fait comme les autres, un moment qui n’est plus celui de l’action
patiente, économe, prudente, rationnelle. Il est le temps d’un geste
fou.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’action rationnelle et patiente n’est pas invalidée, elle est toujours
légitime. Mais elle est mise entre parenthèse le temps de ce geste fou. Elle
reprendra ensuite, car des pauvres, nous en auront toujours.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce geste fou est une œuvre oui, un geste pour le bien, oui. Mais de quel
ordre puisqu’il n’aide pas concrètement les pauvres ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fin du texte nous dit : Amen, je vous le dit à vous, là où est
proclamé l’Évangile dans le monde entier, on racontera aussi en souvenir d’elle
ce qu’elle a fait ». Ce geste, cette oeuvre est de l’ordre de la proclamation,
de l’annonce de la bonne nouvelle, de l’annonce du cœur de ce à quoi nous
croyons.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l’annonce de la mort et de la résurrection, de l’annonce de la vie
toujours plus forte que la mort.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela répond-il à notre question : les gens que nous aidons ont-ils
besoin d’action patiente ou de gestes fous ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui et non.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, ça ne répond pas à notre question car Jésus n’est mort qu’une fois,
c’est un événement unique. Pour les chrétiens un acte sans pareil dans
l’histoire du monde. Il ne se reproduit jamais.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et oui en même temps, cela répond à notre question.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre monde, il nous arrive de voir des situations qui nous rappellent
la crucifixion, comment la cène que nous partagerons nous rappelle le dernier
repas du Christ. Nous nous rappelons le crucifié quand un enfant est battu par
ses parents, une femme par son mari. Quand on rencontre un SDF dont on se
demande s’il est encore vivant ou n’en donne que l’apparence. S’il est mort et
s’il peut revivre. Quand on suit, aide, accompagne, des demandeurs d’asile, des
sans-papiers, on peut avoir l’impression qu’à certains moment le monde se
referme, que les choses deviennent violentes.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c’est sans parler des situations dans les pays du Sud, d’Afrique par
exemple : les guerres, le Sida, la misère. Tout cela peut nous rappeler le
temps de la crucifixion.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et nous, que faisons-nous ? Nous continuons patiemment nos actions, en
utilisant au mieux les moyens que nous avons. Et nous avons raison de faire
cela, d’appliquer cette éthique, ce « comment faire au mieux », que nous a
enseigné Jésus.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais parfois quand nous sommes à notre action patiente, économe,
persévérante voilà qu’une femme vient y mettre le bazar, la zizanie, vient
gaspiller.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me pose souvent la question : comment est-ce que je réagirais si un
collectif de sans-papiers débarquait à La Maison Verte, dans ma paroisse
?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S’ils débarquaient sans prévenir, encadré par un groupe d’extrême gauche ou
un autre ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question a du se poser pour les gens du Centre d’Action social protestant
quand les Don Quichotte ont planté leur tente Canal Saint Martin. La question
s’est posée quand le troisième collectif de sans-papiers a débarqué au Foyer de
Grenelle de la Mission populaire en 1997, mettant le bazar en plein milieu
d’une braderie, source importante de revenu pour la Fraternité. Cela s’est posé
plusieurs fois dans l’histoire de La Maison Verte.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes à notre travail sérieux, patient, économe, le seul utile dans le
long terme.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et voilà que débarque une initiative qui nous met un bazar sans nom… comme
la femme est sans nom. En général, nous n’avons pas été prévenu, rien n’a été
négocié, ça débarque… comme la femme débarque sans rien dire, sans prévenir,
sans expliquer.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui portent l’action sont des groupes inconnus, souvent un peu
gauchistes… guère plus fréquentables et dignes de crédibilité, qu’une femme au
temps de Jésus.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur discours nous apparaissent extrêmes, pas très cohérents, pas très
crédibles. A vrai dire, leur geste compte plus que leur parole… comme la femme
parle d’abord par des gestes fous, grandiloquents, spectaculaires.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et comme le repas de l’évangile, un débarquement de sans-papiers peut faire
déraper en querelle, en zizanie l’ambiance d’une paroisse, d’un diaconat car
c’est difficile à vivre, à gérer.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tout cela nous fait gaspiller beaucoup d’énergie. Il n’est pas question
d’un parfum cher que nous pourrions vendre et dépenser pour les pauvres. Mais
d’une énergie que ce débarquement va nous faire gaspiller, dépenser, nous qui
travaillons déjà, avec la Cimade, le CASP, nos diaconats. Nous ne savons pas
trop si la débauche de cette énergie qui est si rare va servir à quelque chose,
si cela va aboutir à quelque chose de concret. Les actions des sans-papiers,
des sans-logis, des SDF apparaissent souvent sans avenir. Et nous pouvons nous
dire : nous ferions mieux d’économiser notre énergie pour aider les
pauvres sur le long terme.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelques chose de difficile à vivre, et nous avons du mal à réagir
quand arrive des actions comme celles évoquées. En raison de tout les décalages
que nous venons d’évoquer.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais aussi car se confrontent les deux temps dont nous avons parlé au début.
Notre temps de la patience. Et un temps de l’urgence qui nous est imposé de
l’extérieur.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu’en général, ces actions tombent toujours au mauvais moment :
au moment où nous organisons une braderie, au moment où notre paroisse nous
apparaît fragile.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cela se passe, c’est que peut-être à ce moment-là, au moment de ce
débarquement inattendu, il se passe un moment, un temps particulier.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un moment où comme avec la femme, comme le dit le texte : « ce
qu’elle pouvait faire, elle l’a fait ». Ou si les sans-papiers font cette
action à ce moment-là, c’est qu’ils peuvent enfin le faire, qu’ils ont enfin
réussi à se regrouper, à regrouper leur force, leur courage, en avoir assez
pour pouvoir le faire. Et ça tombe rarement au moment où nous, nous sommes
prêts.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S’il font cela à ce moment, c’est qu’ils « en ont assez », assez
d’énergie, mais aussi qu’ils « en ont assez » dans le sens où ils
sentent que ce moment pointe un moment de ras-le-bol, un moment où ils n’en
peuvent plus… un moment de la fin où des personnes se sentent crucifiées, où le
monde se referme sur eux, où la violence s’installe. Un moment particulier, un
peu fou, un peu hors norme, qui nous rappelle, nous fait faire mémoire, du
moment de la fin dans les évangiles, de la crucifixion.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saurons-nous discerner quand cette violence « d’intrus qui
débarquent » correspond à ce moment particulier, à ce moment de la fin, et
les cas où il s’agit seulement de gens qui profitent de notre bonne volonté,
comme cela peut exister ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saurons-nous discerner comment ce qui se passe avec l’apparence de
l’activisme, de l’irresponsabilité, de l’irrationalité est peut-être une œuvre,
comme le geste de la femme est une œuvre aux yeux de Jésus, et même une œuvre
belle, précise-t-il ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saurons-nous saisir quand ce moment pointe que des personnes sont crucifiés,
que le monde se referme sur eux, que la violence s’installe. Que le temps pour
eux tire vers la fin, que comme l’a femme « avait pour faire », ils
« en ont assez» réuni, assez de richesses, de force, de courage, de
ras-le-bol pour maintenant agir avec ce qu’ils ont.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et que cette bousculade que nous fait subir une femme sans-nom ou un groupe
de sans-papiers, ou un SDF qui veut tout tout de suite, ou un groupe de jeune
qui a une idée géniale, c’est une occasion de proclamation, de confession de
foi. Une occasion de dire, devant le monde que des personnes sont crucifiés,
que le monde se referme sur eux, que la violence s’installe.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais aussi de proclamer que la vie est plus forte que la mort, que la vie
que Dieu nous donne en abondance sera toujours toujours plus forte que toutes
les morts sociales, politiques, culturelles, physiques, spirituelles qui
tentent de s’imposer dans ce monde.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gens que nous aidons ont-ils besoin d’action patiente ou de gestes
fous ? Ils ont besoin de notre aide patiente. Mais saurons-nous lire dans
les gestes fous qui nous bousculent, saurons-nous y lire des œuvres belles, des
proclamations, des occasions de faire mémoire de cette femme qui brisa un
flacon pour verser un parfum de grand prix sur un inconnu qui allait vers la
mort ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est toujours plus facile à dire dans une prédication que face à la
réalité. Et je préfère lâchement être à en parler devant vous ce matin que
d’être dans la situation de nos sœurs et frères de l’Église réformée d’Orléans
qui ont été occupés pendant cinq jours par un groupe de sans-papiers.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’ai dit.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Marc 13,24 : Royal, signe du Royaume ?</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2006/11/19/Royale-signe-du-Royaume</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:33d9ed45ee2ece3e10d13a84e9658a88</guid>
    <pubDate>Sun, 19 Nov 2006 23:38:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Prédications</category>
        <category>Evangile de Marc</category><category>théologie</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Prédication du 19 novembre 2006 consacrée par Stéphane Lavignotte,
pasteur proposant à La Maison Verte à Marc 13,24-33. Dans notre vie, dans notre
société, peut-on discerner des signes du Royaume ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;''Marc 13,24 24. Mais dans ces jours, après cette détresse, le soleil
s'obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière, 25. les étoiles tomberont du
ciel, et les puissances qui sont dans les cieux seront ébranlées. 26. Alors on
verra le Fils de l'homme venant sur les nuées avec une grande puissance et avec
gloire. 27. Alors il enverra les anges, et il rassemblera les élus des quatre
vents, de l'extrémité de la terre jusqu'à l'extrémité du ciel. 28.
Instruisez-vous par une comparaison tirée du figuier. Dès que ses branches
deviennent tendres, et que les feuilles poussent, vous connaissez que l'été est
proche. 29. De même, quand vous verrez ces choses arriver, sachez que le Fils
de l'homme est proche, à la porte. 30. Je vous le dis en vérité, cette
génération ne passera point, que tout cela n'arrive. 31. Le ciel et la terre
passeront, mais mes paroles ne passeront point. 32. Pour ce qui est du jour ou
de l'heure, personne ne le sait, ni les anges dans le ciel, ni le Fils, mais le
Père seul. 33. Prenez garde, veillez et priez; car vous ne savez quand ce temps
viendra.''&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;p&gt;Une femme plus jeune que la moyenne, avec des idées nouvelles a gagné les
élections internes au Parti socialiste. Ségolène Royal sera la candidate de ce
parti à la présidentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeudi, plusieurs lycées parisiens se sont mis en grève, sont partis en
manif, ont exigé d'être reçus par le Préfet de police de Paris. Ils
protestaient contre la menace qui pèse sur un lycéen du 20e
arrondissement : de nationalité étrangère, il doit être expulsé de
France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le même jour, avec un bénévole, nous sommes allés discuter politique,
actualité, avec les personnes accueillies au vestiaire de la Maison Verte.
Elles ont peu d'espoir que les choses changent, mais elles ont un vrai appétit
de politique, de débat, d'échange sur le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On aimerait que ce soit des signes que les choses peuvent changer. On
aimerait que naisse là un futur un peu moins dur que le présent que nous
vivons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On aimerait que ce soit comme au début du texte de Marc que nous avons lu.
Dans les temps sombres, que ce soit des signes que le Royaume de Dieu, va
venir. Que ce temps où Jésus reviendra, où le paradis s'instaurera sur terre,
où il y aura le lait et le miel, que ce temps-là, il est pour bientôt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pouvons-nous en discerner les signes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce titre, le texte d'aujourd'hui est déroutant. Les signes du royaume sont
présentés en trois temps, de trois manières différentes qui se succèdent sans
se ressembler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Première manière : On donne d'abord des images astrologiques : le
soleil s'obscurcit, la lune ne donne plus sa clarté, les étoiles tombent du
ciel. Cela enchaîne avec des images presque de mythes grecs où Jésus ressemble
à Zeus : Jésus revient sur des nuages, il envoie ses anges. Que
remarquons-nous ? ce sont des signes surnaturelles, d'un autre monde. Ce
sont d'abord des signes négatifs - le soleil, la lune etc. - qui annoncent des
signes positifs. Le négatif annonce le positif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxième manière. Une autre série d'image est donnée. On parle d'un figuier.
C'est le printemps, la sève y monte, il fait des nouvelles feuilles. Cela
annonce l'été, la bonne saison. Que remarquons-nous ? C'est une image
naturelle cette fois-ci et non plus surnaturelle. Ce sont des signes positifs,
qui annoncent des choses positives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La première manière et deuxième manière sont différentes. Pour savoir si le
Royaume va venir, on ne sait plus trop s'il faut regarder en l'air - le soleil,
la lune, les étoiles -, chercher du surnaturel. On en bas - le figuier, la
nature, les saisons - et chercher du naturel. On ne sait pas trop si le positif
du Royaume est annoncé par des signes négatifs comme dans la première image. Ou
par des signes positifs, comme dans la seconde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, dans ce texte de Marc, apparaît une troisième manière. Jésus fait une
troisième annonce aux gens qui sont avec lui. Une troisième façon de dire quand
le Royaume va venir : Jésus dit : le royaume va arriver avant que
vous ne mouriez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule difficulté, c'est que certes Jésus l'annonce de son vivant. Mais ce
texte est écrit au moins trente ans après cette annonce, trente ans après sa
mort. Certaines des personnes à qui il a annoncé cela sont déjà mort, et le
Royaume n'est pas arrivé. Et nous nous savons que deux mille ans après,
plusieurs générations après, malgré cette annonce, le royaume n'est pas arrivé.
La troisième façon de dire quand le Royaume va venir est une annonce - cela
viendra avant que cette génération ne meurt -, mais une annonce qui va échouer,
qui ne va pas se réaliser alors qu'elle est annoncée par Jésus lui-même.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle conclusion tirer de ces trois façon d’annoncer le royaume ?
Peut-on prévoir le Royaume ? Y a-t-il des signes qui peuvent nous faire
dire : ça y est, il arrive ? Résumons-nous. Ce texte suit une
progression. Au début, des images très précises de lune, de soleil, d'ange. Au
début la réponse est oui. Il y a des signes qui permettent de prévoir :
des choses inquiétantes et surnaturelles. Puis, vient l'image du figuier. Oui,
on peut prévoir. Mais les signes sont contradictoires avec les
précédents : le royaume n'est pas annoncé par des choses surnaturelles
mais naturelles, il n’est pas annoncé par des choses négatives, mais positives.
Puis cette histoire d'annonce. Une annonce que le royaume va arriver. Mais une
annonce qui va être démentie par la réalité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus on avance dans le texte, puis les choses se brouillent quant à la
possibilité de prévoir. On passe de franchement oui, à plutôt non. Et le texte
termine brutalement : peut-on deviner à travers des signes que le royaume
arriver ? Le texte dit : Au sujet de ce jour et de cette heure là,
personne ne peut savoir. Ni les anges - dont on parlait au début - ni le fils -
dont on parle au début et qui fait cette annonce démentie à la fin -, il n'y a
que le père qui sait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lecteurs qui auraient aimé avoir une réponse précise sur les signes qui
annoncent le Royaume restent sur leur fin. La quête des signes n'est
accessible, ni aux anges, ni à Jésus, ni à personne, pas à nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans les quelques lignes de la fin, il y a autre chose qui apparaît.
Nous ne pouvons pas savoir quand ça va arriver ? On pensait que ça allait
arriver avant la mort de la génération de Jésus, et ça fait 2000 ans qu'on
attend ? Alors, que faire puisque cette quête de signe est
illusoire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conclusion dit : Prenez garde, rester éveillés, car vous ne savez
pas quand le moment viendra. Il ne s'agit pas de guetter les signes. Ou alors,
on peut les guetter, mais on doit abandonner l'espoir de savoir les déchiffrer.
En revanche, il faut prendre garde et rester éveillé. Ça veut dire quoi prendre
garde et rester éveillé ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je soulignerai deux choses dans le texte : Le ciel et la terre
disparaîtront, mais mes paroles ne disparaîtront pas, au verset 32. Et ces deux
idées au milieu du texte, aux versets 28 et 29. Le moment du Royaume est
proche. Jésus est proche, il est à la porte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a la parole du seigneur, qui restera, même quand le Royaume sera venu
et qu'il n'y aura plus ni ciel ni terre. La parole du seigneur est toujours
avec nous. Nous pouvons la méditer, nous en nourrir. Nous ne savons quand ça va
arriver, ni comment, mais la parole, elle, sera toujours là.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis cette idée du proche. C'est un petit mot en grec eggus. Il veut dire
à la fois proche dans le temps et proche géographiquement, physiquement. Le
royaume n'est pas loin. Il peut venir à n'importe quel moment. Jésus n'est pas
loin. Il peut revenir à n'importe quel moment. Certes, faire venir le royaume,
faire revenir Jésus, on ne peut pas le prévoir et on ne peut pas le faire
nous-même.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais réaliser qu'il est proche de nous, cela ça dépend de nous. Méditer sa
parole, vivre les commandements d'amour qu'il nous a laissé, vivre son appel à
rencontrer et accueillir chacun quel qu'il soit, ne pas avoir peur de défier
les conformismes, et les autres autorités de notre temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne serons pas Jésus pour autant. Cela ne le fera pas venir. Cela ne
nous permettra pas de découvrir, de déchiffrer les signe du Royaume, cela ne
nous permettra pas de faire venir le royaume. Mais nous nous rapprocherons de
lui qui est proche de nous. Nous serons sur nos gardes, nous serons éveillés.
Quand il viendra, nous pourrons dire : nous avons tout fait pour vivre
selon ta parole, pour être proche de toi en étant proche de ta parole et de nos
sœurs et frères.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pendant tout ce temps, notre cœur aura battu plus fort. Notre amour aura
grandi. Nous aurons vécu de belles choses. Et en attendant sereinement le
royaume, le monde sera peut-être devenu plus humains. Plus humains pour ceux
qui croient comme ces militants du parti socialiste, ou ces militants
d'ailleurs, d'autres partis, de la Cimade ou de la Mission populaire, qui
croient qu'on peut changer le monde en s'engageant. Plus humain pour ces élèves
sans papiers et leurs camarades qui les soutiennent. Plus humains pour ce SDF,
ce retraité sans le sous, ce travailleurs immigré qui cherche du travail,
toutes ces personnes rencontrées jeudi dernier au vestiaire de La Maison Verte.
Non seulement, ce monde sera plus humain, plus éveillé, plus proche. Mais ce
monde se sera rapproché de ce que serait un monde où le Royaume serait venu, ou
Jésus serait revenu. Nous ne pouvons pas lire les signes. Mais pour pouvons
être nous-mêmes des signes, non pas des signes que le royaume va venir, là,
maintenant, mais que le royaume est proche, que Jésus est proche de nous, de
nos vies, des vies de nos contemporains. Que oui, un jour, le royaume
viendra.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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