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  <title>La Maison Verte, Fraternité de la Mission Populaire Evangélique (Paris 18) - Evangile de Luc</title>
  <link>http://blog.lamaisonverte.org/</link>
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  <language>fr</language>
  <pubDate>Fri, 01 Aug 2008 18:55:19 +0200</pubDate>
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  <item>
    <title>Luc 18,9-14 : Un pharisien, si normal, si achevé...</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2007/10/28/Un-pharisien-si-normal-si-acheve</link>
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    <pubDate>Sun, 28 Oct 2007 18:11:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Prédications</category>
        <category>Evangile de Luc</category>    
    <description>&lt;p&gt;Pourquoi Jésus s'en prend-il encore à un pharisien ? Pourtant, ce
croyant de Luc 18,9-14, certes est un peu méprisant avec les autres, mais
est-ce cela le problème ? Prédication de Stéphane Lavignotte du 28
octobre.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Luc 18,9-14&lt;br /&gt;
ll dit encore cette parabole, en vue de certaines personnes se persuadant
qu'elles étaient justes, et ne faisant aucun cas des autres:&lt;br /&gt;
Deux hommes montèrent au temple pour prier; l'un était pharisien, et l'autre
publicain.&lt;br /&gt;
Le pharisien, debout, priait ainsi en lui-même: O Dieu, je te rends grâces de
ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont ravisseurs, injustes,
adultères, ou même comme ce publicain;&lt;br /&gt;
je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tous mes revenus.&lt;br /&gt;
Le publicain, se tenant à distance, n'osait même pas lever les yeux au ciel;
mais il se frappait la poitrine, en disant: O Dieu, sois apaisé envers moi, qui
suis un pécheur.&lt;br /&gt;
Je vous le dis, celui-ci descendit dans sa maison justifié, plutôt que l'autre.
Car quiconque s'élève sera abaissé, et celui qui s'abaisse sera élevé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais que reproche-t-on encore à ce pauvre pharisien ? Il prie
debout : c'est classique. Il le fait en silence : il sait être
discret. Il ne demande rien pour lui : il remercie Dieu. Il paie la dîme
sur tout ce qu'il achète : cet argent va servir pour les pauvres. Si
nous-même priions comme ça, et qu'on donnait aux pauvres 10% de tout ce qu'on
achète, n'aurions nous pas de quoi être fier ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors bien sûr, ce pharisien est content de ne pas être comme les voleurs,
les injustes, les adultères. Mais si c'est vrai, pourquoi n'en serait-il pas
content ?&lt;br /&gt;
C'est vrai qu'il met a-priori le collecteur d'impôt dans le même lot, sans même
le connaître. Mais il faut rappeler que les collecteurs d'impôt n'avaient alors
pas bonne réputation : au fixe que l'Etat romain leur demandait, ils
étaient libres d'ajouter ce qu'ils voulaient. Et très souvent ça tournait à
l'extorsion de fond.&lt;br /&gt;
Ce qu'on peut lui reprocher, c'est cette façon de penser : Les autres sont
affreux, moi je suis génial.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Allons un peu plus loin là-dedans : que peut-on reprocher à cette façon de
penser ?&lt;br /&gt;
Qu'est-ce qui crée cette façon de penser, alors que l'assiduité à la prière
devrait au contraire en faire quelqu'un de « bien » aux yeux de
Jésus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ça nous intéresse, parce que ça nous arrive à tous de penser comme ça. Moi à
vélo, je me dis souvent :&lt;br /&gt;
je remercie Dieu de ne pas rouler avec une voiture qui pollue, de ne pas faire
n'importe quoi sur la route, comme les piétons qui roulent sur la piste
cyclable, et les voitures qui grillent les feux et passent à moins d'un mètre
de moi quand elles me doublent. Parce que bien sûr, je ne grille jamais les
feux, et ne roule jamais sur les trottoirs.&lt;br /&gt;
Ou presque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors qu'y a-t-il derrière cette façon de penser : Les autres sont
affreux, moi je suis génial.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a des mots qui reviennent en permanence dans la façon qu'a le pharisien de
parler de lui, ou dans la façon qu'a le texte de nous le décrire.&lt;br /&gt;
Il dit tout le temps « je ». Je rend grâce, je ne suis pas comme les
autres humains, je jeûne, je paie la dîme. Il dit tout le temps « je », et
sa prière n'est qu'une liste de ses propres actions. Je, je, je.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est remplie de lui-même, rempli de son « je ».&lt;br /&gt;
Revient également plusieurs fois le terme « lui-même », « en lui-même
». La parabole prévient qu'elle parle d'abord de certaines personnes :
ceux qui sont persuadés « en eux-mêmes » qu'ils sont justes. Non
seulement, ces personnes sont remplies de « je »... mais elle sont en
« elles-mêmes », enfermées sur « elles-mêmes ». Elles ne regardent
les autres que pour les juger, en dire du mal et revenir à elles-mêmes pour
pouvoir à nouveau se remplir d'elles-mêmes, d'un elle-même dont elles sont si
contents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand est décrit sa façon de prier, on dit qu'il prie « en lui-même ».
Mais cela pourrait aussi se traduire d'une autre façon: il prie devant
lui-même. Ce pharisien ne prie pas devant Dieu, il prie devant lui-même.&lt;br /&gt;
En fait, il est tellement plein de « je », tellement plein de lui-même,
qu'il n'a pas besoin des autres.&lt;br /&gt;
Des autres, qui de toutes façons ne pourraient rien leur apporter puisqu'elles
sont tellement moins bien que lui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n'a pas besoin des autres... mais il n'a pas besoin de Dieu non plus. La
liste des bonnes actions qu'il fait donne l'impression que pour être juste,
être sauvé, c'est lui qui fait tout. On n'a l'impression que ce n'est pas Dieu
qui lui donne le salut, la justice, pas Dieu qui lui dit « je te pardonne
». C'est lui qui se le fait lui-même et se le dit lui-même. Il se fait lui-même
son propre salut grâce à sa prière, son jeûne, sa dîme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a même un détail amusant.&lt;br /&gt;
Il prie deux fois par semaines. La règle était de prier une fois par semaine,
cela suffisait à expier les péchés de la semaine. Et c'était déjà le fait de
croyants super-pieux. Prier une deuxième fois, c'est pour expier les péchés des
autres, des mauvais, d'Israël. Ce n'est donc pas Dieu qui pardonne à Israël,
aux mauvais.&lt;br /&gt;
Mais lui qui fait ça à sa place, par sa deuxième prière hebdomadaire. Il est
tellement plein de lui-même... qu'il n'y a aucun besoin en lui... aucune place
pour ce que pourrait lui accorder Dieu ou les autres...&lt;br /&gt;
Il est tellement plein de lui-même, qu'il peut même déborder, et que son
« je » peut croire qu'il peut sauver les autres.&lt;br /&gt;
Et on sait combien cela peut-être dangereux les gens qui veulent faire le bien
des autres à leur place.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est vrai qu'il dit « merci » à Dieu et qu'on peut avoir
l'impression qu'il laisse une place à Dieu. Mais de quel « merci »,
s'agit-il ? Est-ce le merci de l'enfant qui une fois qu'il a dit merci
redemande immédiatement quelque chose à l'adulte, parce que cet enfant est
plein de questions, d'envie d'avancer, de curiosités, de gourmandise. Ce qu'on
lui a donné, pour lequel il a dit merci, éveille en lui de nouveaux désirs, de
nouvelles questions qui vont le faire grandir.&lt;br /&gt;
La façon qu'a le pharisien de dire « merci » n'est-elle pas au
contraire une façon de dire « c'est fini, au revoir ».&lt;br /&gt;
« Je voudrais vous faire signer une pétition pour... » « Merci
», dit on en avançant la paume ouverte de la main en signe de :
« n'en dites pas plus, n'allons pas plus loin, je ne veux pas savoir
».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Son « merci » à Dieu est une façon de dire, « Merci, j'ai déjà
tout », « Merci, je n'ai besoin de rien ». Il ne s'adresse à Dieu que pour
se confirmer à lui-même qu'il est juste, qu'il fait tout ce qu'il faut, qu'il
n'a rien à changer. Il se justifie lui-même, gagne lui-même son salut.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est parfait, normal, il est dans la loi, il respecte tous les symboles, rien
ne dépasse, tout est bien fait, il a tout ce qu'il faut, il n'a besoin de
rien.&lt;br /&gt;
Il n'évoluera plus, ne bougera plus. Pourquoi donc d'ailleurs évoluer ou
changer. Il est normal, il est achevé.&lt;br /&gt;
Achevé, n'est-ce pas aussi un mot qu'on utilise pour dire de quelqu'un qu'il
est mort. Ne plus bouger, ne plus évoluer, est-ce encore être vivant ? La
vie n'est-elle pas ce processus où tout évolue sans cesse ? Où nos
cellules sont remplacées par d'autres cellules, les paysages se transforment et
en deviennent d'autres ? J'étais quelqu'un hier, je suis le même et un
autre aujourd'hui. Je serai différent demain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ne retrouve-t-on pas ce qu'écrivait Sartre quand il définissait ce qu'est un
salaud : « Ils se sont glissés et figés une fois pour toutes dans un
rôle, ils ont vécu paisiblement avec le sentiment d'avoir été mandatés pour ce
rôle et se sont ainsi chosifiés de leur vivant. Morts avant d'être descendus au
tombeau. » Notre pharisien n'est-il de son côté pas mort étouffé par son
trop plein de lui-même ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
N'est-ce pas pour la raison exactement inverse que le collecteur d'impôt trouve
grâce aux yeux de Jésus, de Dieu ? Il se reconnaît pécheur, il se regarde
et dit : ça ne va pas. Il ne prie pas devant lui-même, il prie devant les
autres, puisqu'il s'inquiète de leur regard, se mettant à l'écart. Il a le
soucis des autres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il ne prie pas devant lui-même, mais il prie devant Dieu dont il s'inquiète du
regard, puisqu'il n'ose pas le regarder.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il fait une demande à Dieu, il sait qu'il a besoin de lui. Il se reconnaît en
situation d'avoir besoin. Il reconnaît par cela qu'il est inachevé, qu'il doit
bouger, changer, avancer. Il en a besoin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certes, c'est un pécheur. Mais ce n'est pas le problème de Dieu : il nous
prend là où nous en sommes. Même pécheurs. Même voleur, même méchant, même
tricheur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leur problème est moins que nous soyons super-pharisien ou super-collecteur
d'impôt. Leur problème est moins que nous soyons des normaux ou des anormaux au
regard de la loi, de la norme, de la morale.&lt;br /&gt;
Ce qui leur importe, c'est que nous soyons capable de nous reconnaître comme
ayant besoin, comme n'étant pas déjà plein, déjà rempli, mais ayant encore de
la place pour Dieu, pour les autres ayant de la place pour bouger, comme on a
de la place dans une chemise, un pyjama ou un pull trop grand.&lt;br /&gt;
Pas pour qu'ils Dieu ou les autres nous imposent leur parole, leurs vérités,
mais pour qu'ils nous nourrissent de choses qui nous permettent de grandir, de
changer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dieu a besoin que nous fassions ce premier pas de nous reconnaître comme ayant
besoin afin de nous aider à faire les suivant pour avancer, changer, repartir
vers des chemins inconnus.&lt;br /&gt;
C'est cela qui nous permettra ce mouvement ascendant dont parle le texte à la
fin. Nous qui étions en bas, nous pourrons monter, monter comme monte vers le
ciel l'enfant ou la plante qui grandit.&lt;br /&gt;
Monter vers le ciel, vers Dieu, vers nous-mêmes, mais un nous-mêmes que - comme
le ciel ou comme Dieu - nous ne pourrons jamais atteindre.&lt;br /&gt;
Car croire que nous pourrions monter vers Dieu et l'atteindre, monter vers
nous-mêmes et nous trouver définitivement, ce serait tomber dans le piège dont
est victime le pharisien, le piège mortifère de l'achèvement de soi.&lt;br /&gt;
Monter vers Dieu et vers soi en sachant que ce sera sans arrêt, sans
achèvement, c'est la certitude d'un voyage pas toujours facile, mais en tout
cas passionnant, et sur lequel Dieu nous accompagne et nous rencontrera à
chaque fois que nous lui adressons notre prière : Père, aie pitié de moi,
je suis pécheur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Luc 17,11-19: L'histoire se passe à La Maison Verte...</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2007/10/14/Lhistoire-se-passe-a-La-Maison-Verte</link>
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    <pubDate>Sun, 14 Oct 2007 17:21:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Prédications</category>
        <category>Evangile de Luc</category>    
    <description>&lt;p&gt;En Galilée, en Samarie ou à La Maison Verte ? C'est en tout cas là que
ce se passe cette histoire de Luc 17,11-19. Prédication du 14 octobre où
Stéphane Lavignotte évoque des lépreux, une femme musulmane, un client des
panier bios, les carottes et la famille...&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Luc 17,11-19&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jésus, se rendant à Jérusalem, passait entre la Samarie et la Galilée.&lt;br /&gt;
Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. Se tenant
à distance, ils élevèrent la voix, et dirent:&lt;br /&gt;
Jésus, maître, aie pitié de nous!&lt;br /&gt;
Dès qu'il les eut vus, il leur dit: Allez vous montrer aux sacrificateurs. Et,
pendant qu'ils y allaient, il arriva qu'ils furent guéris.&lt;br /&gt;
L'un deux, se voyant guéri, revint sur ses pas, glorifiant Dieu à haute
voix.&lt;br /&gt;
Il tomba sur sa face aux pieds de Jésus, et lui rendit grâces. C'était un
Samaritain.&lt;br /&gt;
Jésus, prenant la parole, dit: Les dix n'ont-ils pas été guéris? Et les neuf
autres, où sont-ils?&lt;br /&gt;
Ne s'est-il trouvé que cet étranger pour revenir et donner gloire à Dieu?&lt;br /&gt;
Puis il lui dit: Lève-toi, va; ta foi t'a sauvé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
.........................................................................................................................................................................................................................................&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire se passe à La Maison Verte.&lt;br /&gt;
Un lieu de frontière. Frontière entre la foi et l'athéisme, l'action sociale et
la vie religieuse, frontière entre les quartiers riches du 18e et les quartiers
populaires. Et bien d'autres frontières encore, qui n'ont rien à envier à celle
entre la sainte Galilée et la Samarie si mal vue des juifs.&lt;br /&gt;
Dans cette journée de vendredi, dix personnes sont venues à l'accueil social de
La Maison Verte. Beaucoup ont honte, baissent la tête. Elles ont quelque chose
des lépreux d'hier : elles sont atteintes de la maladie du chômage, de
l'exclusion qui fait qu'on vous regarde de travers, que vos amis s'éloignent.
Elles rentrent dans le petit local. Elles ont du mal à savoir à qui
s'adresser.&lt;br /&gt;
L'une d'elle crie, proteste, on se sait pas trop pourquoi. Un regard qu'elle a
perçu comme « de travers » ?&lt;br /&gt;
Les uns après les autres demandent des choses qui se ressemblent : On nous
rejette partout, on se sait plus par quel bout prendre les choses, pouvez-vous
nous aider ? Ibrahim, le responsable de l'accueil social va les voir, un
par un.&lt;br /&gt;
Il va faire le point de leur situation, va remplir avec eux un dossier ou un
autre, pour demander le RMI, l'aide médicale d'Etat, la Couverture maladie
universelle. « Avec ce dossier, allez voir les services sociaux ! ».
Ah, les services sociaux, grands prêtres des très saints-imprimés !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les dix vont repartir. Même si leur dossier – de RMI, d'AME, de CMU – n'a pas
encore été déposé, c'est tout comme. Il va être accepté. Ils auront un petit
revenu, une protection sociale, petite, trop petite.&lt;br /&gt;
Sur le chemin de la Caisse d'assurance maladie, l'un d'eux réfléchit. C'est
l'une d'eux, une femme, elle s'appelle Myriam. Elle regarde son dossier. Elle
sait qu'il va être acceptée. Elle se dit : voilà un premier problème
réglé. Une difficulté qui me collait à la peau et qui s'évanouit.&lt;br /&gt;
Je croyais que je ne me sortirai d'aucun de mes ennuis, et voilà un premier
pas. Comment puis-je aller plus loin ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle fait demi-tour, et à haute voix se félicite qu'on ait mis sur son chemin
Ibrahim et La Maison Verte pour l'aider. Elle est musulmane, alors à haute
voix, c'est Allah qu'elle glorifie, qu'elle remercie pour cette
rencontre.&lt;br /&gt;
Allah, qui veut juste dire Dieu.&lt;br /&gt;
Myriam revient. Elle multiplie les remerciements, à Daniel et Christiane à
l'accueil, à Ibrahim qui a fait le dossier. Chacun est un peu gêné de
remerciements si prononcés. C'est tout juste si elle ne se met pas à genoux,
face contre terre comme font les musulmans quand ils prient. Ce n'est rien,
aider à remplir un dossier.&lt;br /&gt;
Mais pour elle, c'est comme si, elle avait vécu un petit miracle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ibrahim lui demande : et les autres, qui sont venus en même temps que toi,
sais-tu ce qu'ils sont devenus ? Leur dossier a-t-il été accepté ?
Ibrahim est un peu déçu : tant de gens qui viennent pour régler un
problème urgent, et qui reviendront dans six mois pour un autre problème
urgent, mais qui n'arriveront jamais à s'arrêter, à prendre le temps de faire
le point sur leur vie, à faire un demi-tour sur leur vie pour se
demander : pourquoi est-ce que je suis toujours dans
l'urgence ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Myriam, elle, a envie d'aller plus loin. Elle veut s'inscrire au cours de
français avec Christine. Ibrahim lui propose aussi de rencontrer Hélène ou
Anne. Avec ces deux bénévoles, elle va pouvoir faire le point sur sa vie. D'où
vient-elle ? Qu'est-ce qui a marché ou pas marché dans sa vie ? De
quoi a-t-elle envie ? Qu'est-ce qui l'empêche de vivre ses envies ?&lt;br /&gt;
Myriam repart de la Maison Verte. Elle reviendra si elle veut. Elle reviendra
sans doute.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ibrahim lui dit : « Au revoir. Tu as décidé de ne plus être écrasé
par la réalité. Tu t'es levée, tu t'es prise en main. Ton courage, ta
confiance, t'ont permis de commencer à cheminer pour ne plus être écrasé par la
réalité, par l'impression que la fatalité aura le dernier mot. »
////&lt;br /&gt;
En fait, il ne lui dit pas tout ça. Il lui dit « aurevoir » avec un
tendre sourire. Mais elle sait que ça veut dire tout ça.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il était une fois, encore une fois à La Maison Verte.&lt;br /&gt;
Ce sont des habitants du quartier. Ils sont intégrés, ils ont du boulot. Et
pour certains des bons revenus. Un jour, ils ont regardé ce qu'ils mangeaient
et se sont aperçus, que ça ne leur allait pas.&lt;br /&gt;
Personne ne leur faisait de reproche. Mais eux, trouvaient que pour la planète,
pour la nature, il y avait un problème.&lt;br /&gt;
Ça entraînait trop de pollution, à la production, dans les transports. Quelque
part – devant eux ? Devant Dieu ? Devant leurs enfants ? - ils
se sentaient sales de salir leur environnement.&lt;br /&gt;
Alors, ils ont regardé sur internet, ils ont vu une affiche à la Maison Verte,
ou ils ont écouté un ami. Et ils se sont inscrits aux paniers bios du Val de
Loire.&lt;br /&gt;
Alors, tous les mercredis, ils sont plusieurs dizaines à venir chercher leur
panier bio, déposés par les jardins de Cocagne à La Maison Verte. Et ils
rentrent chez eux, avec leur sacs en papiers, et ils montrent leurs beaux
légumes à leur conjoint, à leurs enfants, qui leurs donnent leur bénédiction
pour cet acte écolo. Ils sont contents, ils font un peu plus la cuisine, la
terre va un peu mieux. Et eux mêmes, sont plus à l'aise avec eux mêmes.&lt;br /&gt;
L'un d'eux, Richard, rentrant chez lui, vit le panier bio. Et il se dit :
c'est bien beau, mais qu'est-ce que ça veut dire pour ma vie ?&lt;br /&gt;
Un panier bio, c'est bien. Mais mes vêtements ? Mais le temps que je passe
au travail ? Mais les autres ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il fait demi-tour, et revient à la Maison Verte. Il tombe sur Stéphane, le
pasteur. Stéphane ne comprend pas pourquoi Richard le remercie avec tant de
chaleur pour le dépôt des paniers bios à La Maison Verte.&lt;br /&gt;
La plupart du temps, les gens sont contents que la Maison Verte rende ce
service, mais ils ne font que passer. Ils prennent leur panier, sont gentils et
polis, mais ne s'intéressent pas à ce qui se passe à La Maison Verte.&lt;br /&gt;
Richard a envie d'aller plus loin.&lt;br /&gt;
Il pose des questions sur la récupération des vêtements, sur les efforts de la
maison pour qu'une partie des fournitures soit en papier recyclé, sur les
projets d'isolation de la grande salle, sur les nouveaux WC qui utiliseront
moins d'eau.&lt;br /&gt;
La discussion continue. Richard dit qu'il commence à se poser des questions sur
sa vie.&lt;br /&gt;
Pourquoi consommer autant, pourquoi dépenser autant, pourquoi travailler autant
pour dépenser autant. Autant d'autant, alors que d'autres ont si peu.&lt;br /&gt;
Le travail lui prend tellement de temps, qu'il en a très peu pour sa famille.
Il aimerait aussi avoir du temps pour aider aux activités sociales de La Maison
Verte. Stéphane est frappé d'une formule qu'utiliser Richard. Donner plus
d'importance aux liens et moins aux biens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il se fait tard, Richard et Stéphane doivent se quitter. Stéphane dit :
« Au revoir, Richard. Je crois que vous êtes parti sur un nouveau chemin.
Un petit quelque chose en vous, peut-être pas plus gros qu'un grain de
moutarde, semble vous donner une nouvelle confiance pour vous poser des
questions et vous dégager petit à petit de choses qui vous étouffaient :
le travail, la réussite, l'argent. Je crois qu'on va faire des choses chouettes
ensemble. Allez, salut, à bientôt ! ». Stéphane n'a pas dit tout ça. Il a
juste dit « aurevoir » avec un tendre sourire. Mais Richard sait que
ça veut dire tout ça.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et nous, de quelle maladie – maladie de la pauvreté, maladie de la richesse,
maladie d'une vie sociale trop remplie ou maladie de la solitude -, de quelle
maladie ou de quelle impression de nous sentir impur aimerions nous être
soignés ?&lt;br /&gt;
Arriverons-nous à faire le pas pour demander à être soigné, même s'il faut pour
cela crier de loin ?&lt;br /&gt;
Ce n'est pas toujours si facile.&lt;br /&gt;
Et une fois soignées, arriverons-nous nous dire qu'être soigné, ce n'est pas
tout. Arriverons-nous à regarder ce premier pas, à lui donner de l'importance,
de la valeur. Arriverons-nous à nous dire : ce premier pas compte, mais il
n'est pas tout. Et à faire demi-tour pour nous dire : et si j'allais dire
merci ?&lt;br /&gt;
Et si je me posais plus de question sur : pourquoi y-a-t-il eu cette
maladie ? Me voilà soigné, mais si je prenais le risque d'être
sauvé ? Comme protestant, je suis persuadé d'être déjà sauvé par Dieu,
sauvé pour ma vie dans l'autre monde.&lt;br /&gt;
Mais ici, comment le vivre déjà, comment vivre dans ma vie que je suis déjà
sauvé ? De quoi ici être sauvé ? De la peur de l'autre ? de
l'impression que ma ma vie n'a aucun sens ou part dans tous les sens ? de
l'idéologie de la réussite ou de la fatalité de l'échec ? De la peur de
vivre ? De la peur de ne pas être aimé, de la peur d'être aimé ?&lt;br /&gt;
Arriverai-je à faire demi-tour, à me lever, pour faire confiance à ma foi, à
Dieu, pour être sauvé ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Prendrai-le risque, que quelqu'un me dise, même s'il l'habille avec une
histoire de RMI, de carottes bios ou d'autre chose, prendrai-je le risque
d'entendre un jour : « Relève toi, va, ta foi t'a sauvé. »&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Luc 25,14-33 : Jésus, gourou ?</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2007/10/12/Jesus-gourou</link>
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    <pubDate>Fri, 12 Oct 2007 16:45:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Prédications</category>
        <category>Bible</category><category>engagement</category><category>Evangile de Luc</category><category>Jésus</category>    
    <description>&lt;p&gt;Jésus pose des questions impossible pour le suivre. Une dérive sectaire en
Galilée ? Luc 25,14-33&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;De grandes foules faisaient route avec Jésus. Il se retourna, et leur
dit:&lt;br /&gt;
Si quelqu'un vient à moi, et s'il ne hait pas son père, sa mère, sa femme, ses
enfants, ses frères, et ses soeurs, et même à sa propre vie, il ne peut être
mon disciple.&lt;br /&gt;
Et quiconque ne porte pas sa croix, et ne me suis pas, ne peut être mon
disciple.&lt;br /&gt;
Car, lequel de vous, s'il veut bâtir une tour, ne s'assied d'abord pour
calculer la dépense et voir s'il a de quoi la terminer,&lt;br /&gt;
de peur qu'après avoir posé les fondements, il ne puisse l'achever, et que tous
ceux qui le verront ne se mettent à le railler,&lt;br /&gt;
en disant: Cet homme a commencé à bâtir, et il n'a pu achever?&lt;br /&gt;
Ou quel roi, s'il va faire la guerre à un autre roi, ne s'assied d'abord pour
examiner s'il peut, avec dix mille hommes, marcher à la rencontre de celui qui
vient l'attaquer avec vingt mille?&lt;br /&gt;
S'il ne le peut, tandis que cet autre roi est encore loin, il lui envoie une
ambassade pour demander la paix.&lt;br /&gt;
Ainsi donc, quiconque d'entre vous ne renonce pas à tout ce qu'il possède ne
peut être mon disciple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand j’ai lu ce texte de l’évangile de Luc, je vous avoue que j’ai pris
peur.&lt;br /&gt;
Je n’ai pas reconnu le Jésus qui aimait bien les prostituées, les
fonctionnaires véreux et les voleurs.&lt;br /&gt;
Je me suis dit : qu’est-ce qui lui prend de donner l’impression de vouloir
recruter une armée de purs, durs et saints, près à tout abandonner pour lui.
Est-ce bien raisonnable Monsieur Jésus-Christ ?&lt;br /&gt;
Imaginez-vous que ce texte tombe dans les mains d’un pasteur peu scrupuleux
?&lt;br /&gt;
Où aujourd’hui demande-t-on de préférer le chef de l’église à sa famille,
jusqu’à rompre ses liens avec elle et même la haïr, car le texte en grec parle
bien de haïr son père sa mère, son père etc. ?&lt;br /&gt;
Où cultive-t-on la haine de soi pour préférer le chef ?&lt;br /&gt;
Où demande-t-on d’abandonner ses richesses… pour les donner au chef ?
Aujourd’hui quelqu’un qui dirait cela publiquement, on dirait que c’est le
dangereux gourou d’une dangereuse secte, et pas un gourou très malin car en
général, les sectes aboutissent à cela mais sous couvert de vous vendre du
développement personnel, des mystères ésotériques et ce genre de
mayonnaise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui, je me suis inquiété.&lt;br /&gt;
Voilà que Jésus nous dit que pour être ses disciples, il faut d’abord
s’asseoir, réfléchir aux conséquences et se dire qu’on va en assumer clairement
toutes les conséquences.&lt;br /&gt;
Et ce n’est qu’après cela qu’on doit s’engager.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, souvent, quand on a eu un baptême enfant, on est rentré progressivement
dans la foi. La rencontre s’est faite petit à petit.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Même moi qui ai été incroyant les – allez, – 25 première années de ma vie
avant de faire un baptême d’adulte – d’ailleurs ici même à La Rencontre – j’ai
bien rédigé une confession de foi, où je disais ce en quoi je croyais.&lt;br /&gt;
Mais si on m’avait présenté ce texte en disant : en voilà les
conséquences, es-tu prêt à les assumer jusqu’au bout est-ce que j’aurais signé
?&lt;br /&gt;
Pas sûr !&lt;br /&gt;
D’ailleurs je crois qu’il y aurait trois filles à la maison pour m’en empêcher
!&lt;br /&gt;
Imaginez-vous présenter cela à des adolescents qui font leur confirmation.
« Maman, papa, je préfère Jésus, vous et aussi mes frères et sœurs, je
vous hais ! ». Quel succès nous aurions dans les familles !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’ailleurs chose étonnante, ce passage sur les parents est complètement
contradictoire avec l’obligation posée par le Décalogue de respecter ses
parents. Ne pas respecter le Décalogue, donné par Dieu lui-même sur le Mont
Sinaï, on voit bien qu’il y a quelque chose qui cloche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors, comment comprendre ce discours de Jésus ?&lt;br /&gt;
Il faut avoir l’honnêteté de dire, que oui, rien n’interdit de l’interpréter
comme un appel à une discipline de disciples qui frise la secte. Mais rien
n’interdit non plus d’essayer d’aller un peu plus loin que cette première
impression qui tranche avec le Jésus dont je parlais au début, l’ami des
prostituées, des fonctionnaires véreux et des voleurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Première hypothèse : contrairement à l’évidence, Jésus ne parle pas de ses
disciples, il ne parle pas à la foule des conditions pour être disciple, il ne
parle pas de notre vie de disciple. Juste avant, on vient de lui annoncer
qu’Hérode le cherchait pour le tuer. Dans les mises en garde sur ce qui risque
d’arriver aux disciples, il indique que chacun devra porter sa croix de
lui-même. Si aujourd’hui, c’est devenu une expression courante – chacun porte
sa croix- ce n’était sûrement pas le cas à l’époque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Peut-être que Jésus ne parle pas de la vie de disciple mais qu’il parle de
lui-même.&lt;br /&gt;
Ce texte est une des nombreuses annonces à ceux qui le suivent qu’il va être
arrêté, torturé, crucifié. On sait que ceux qui le suivent, et qui pensent
qu’il est le Messie juif qui va amener la fin des temps, ont du mal à entendre
qu’il va lui arriver une chose pareille. Il devra leur répéter de nombreuses
fois. Il ne parle pas de la vie disciple, mais il parle de sa mort
future.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deuxième hypothèse, qui n’exclue pas la première : Jésus avec cette liste
d’exigence, contrairement à l’évidence, ne pose pas des conditions pour être
disciple. Il les met en garde. Dans la première parabole utilisée, la
construction d’une tour, il parle de la dépense qui va être nécessaire.&lt;br /&gt;
Car jusque-là, la vie de disciple était plutôt dans le tout bénéf’ que dans la
dépense. Jusque-là, suivre Jésus, ça ressemblait à une partie de campagne
doublée d’un spectacle de magie. On se promène à travers toute la Galilée. On
assiste à des miracles, des guérisons. On fait des pique-niques où il y a à
manger pour tout le monde même quand on est arrivé les mains vides.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jésus prévient, qu’être disciple, ça risque de ne pas toujours être comme ça.
On risque de ne pas être compris par sa famille, jusqu’à une haine réciproque.
On risque d’être moqué. On risque d’être crucifié. Ou peut-être pire, comme le
roi de la dernière parabole, être obligé de faire la paix, se compromettre avec
un ennemi qu’on détestait tellement qu’on était prêt à lui faire la guerre. Et
finalement, si on pense que Jésus avec ce texte ne pose pas des conditions
d’adhésions aux disciples, mais les met en garde sur ce qui leur arrivera par
la suite, alors, il n’est pas si dur que cela.&lt;br /&gt;
Il est même en deçà de la réalité. Les disciples de Jésus vont êtres rejetés
par la synagogue, autant dire pas seulement par les parents, mais par toute la
société juive. Ils vont être lapidés, comme Étienne sous les yeux de Paul. Ils
vont devoirs s’exiler en Syrie. Ils vont devoir se cacher dans les catacombes
et même finir mangés par des lions. Voyez, Jésus est en dessous de la réalité
!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand il leur dit ça, il leur redit aussi ce qui était notre première
hypothèse. Si les disciples de Jésus vont avoir un tel sort, c’est qu’il n’est
pas le Messie à la manière juive, celui qui amène le Royaume. Car le Royaume,
c’est d’abord la fin des temps, la fin des violences et des injustices pour
tous. Un temps où le lion dort avec l’agneau, et pas un temps où le lion bouffe
le disciple !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais j’ai une troisième hypothèse : Jusque-là, suivre Jésus ressemblait à
une partie de campagne. Ça ressemblait aussi à « Amélie Poulain en Galilée
». La foule entendait des belles histoires, pleine de tendresse sur les
derniers qui seront les premiers, sur l’obligation de s’occuper des pauvres.
D’être gentil, quoi. Qu’en pensent ces auditeurs ?&lt;br /&gt;
Vu le succès qu’il a, Jésus est en droit de se demander s’il n’y a pas
ambiguïté sur ce qu’il raconte.&lt;br /&gt;
Le risque est le suivant : que ses auditeurs entendent ses paraboles, se
disent juste : ouais, c’est sympa, des belles histoires, c’est sûr, il
faut être gentil. Alors je pense que dans ce passage, ce que fait Jésus c’est
d’abord ça : Mettre les points sur le i. L’appel au partage des richesses,
celui à réhabiliter le jubilé, cette tradition de l’ancien Israël d’abolir
toutes les dettes, de libérer les esclaves, de se remettre à égalité de
richesse, ce ne sont pas que des mots pour Jésus : il veut que les gens
essayent de le vivre pour de vrai.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’appel à renverser les castes qui divisaient la société israélienne, laissant
les samaritains de côté, partageant la société entre purs et impurs : ce
n’est pas de la blague. Et bien d’autres choses dont il veut que la foule les
prenne au sérieux, tente de les vivre dans la réalité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Face à cette foule, Jésus fait un choix. Soit, il continue dans le succès. Mais
sans avoir mis les points sur le i, il risque d’avoir une grande église mais
qui ne dira plus rien du tout, et ne changera rien du tout. Soit il met les
points sur les i, quitte à faire partir du monde. Mais il aura derrière lui une
minorité active, qui s’engage réellement dans ce qu’il dit, change les choses,
influence la société. Et continuera à les changer, même quand il ne sera plus
là.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il choisit donc d’avoir - non pas une foule qui continue à faire route dans
tous les sens - mais un groupe moindre, Un groupe qui prend le temps de
s’asseoir de temps en temps et de se dire : en quoi est-ce que je
crois ? Qu’est-ce qui est le plus important pour moi ? Qu’est-ce que
je suis prêt à changer de mon mode de vie ? Comment je m’engage dans le
monde ?&lt;br /&gt;
Et je crois qu’elle est là, l’actualité de ce texte pour nous.&lt;br /&gt;
Nous n’avons pas le soucis, comme les lecteurs de l’époque où a été écrit ce
texte, de comprendre pourquoi Jésus n’a pas été un Messie juif qui a fait
advenir le royaume, centre des deux premières hypothèses. Pour nous, le Messie,
il meurt et il ressuscite, nous insistons sur la résurrection, et sur le
Royaume, mais au moment de son retour. Nous ne sommes pas dans la déception
d’un Messie qui n’a pas amené le Royaume, mais dans l’attente d’une Messie qui
va revenir et va installer le Royaume. Et notre boulot, c’est de préparer les
chemin de ce Royaume.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jésus, veut que ceux qui entendent son message, hier/aujourd’hui, prennent au
sérieux ce qu’il nous dit sur les modes de vie, sur les relations entre les
personnes, sur l’engagement face aux injustices du monde. Ce texte nous invite
donc à arrêter de temps en temps de faire route. À se demander quelles sont nos
attaches, ce qui est plus important pour nous. Jésus ? Notre
famille ? Notre travail ? Notre petit confort ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que voudrait dire pour nous renoncer à tous nos biens ? Pourquoi
sommes-nous attachés à ce point à nos biens ? Qu’est-ce que cela dit sur
l’importance que nous donnons par rapport à nos biens, à nos liens, familiaux,
communautaires, sociaux ? À notre richesse intérieure, à notre lien avec
Jésus ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Préférer Jésus à notre propre vie, ne serait-ce pas nous demander si nous
sommes prêt à tout pour conserver notre vie, notre façon de vivre, même si il
est contradictoire avec les appels de Jésus à respecter le plus petit, le plus
faible, à être à l’écoute de la nature ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Être prêt à porter sa propre croix pour suivre Jésus, n’est-ce pas nous
demander si parfois, nous ne la faisons pas porter par d’autres ?&lt;br /&gt;
Nos soucis de boulot à notre famille. Nos névroses d’enfance à nos
enfants ? Ne pas faire porter notre croix à d’autres, n’est-ce pas se
demander si nous ne faisons pas travailler d’autres en contradiction avec ce
que signifie éthiquement être disciple de Jésus ?&lt;br /&gt;
/////&lt;br /&gt;
Après que Jésus ait prononcé ce discours très dur, le texte ne dit rien sur le
nombre de personnes qui ont continué à le suivre. On ne dit pas que tout le
monde l’abandonne. Difficile de croire pour autant qu’ils se soient tous mis à
haïr leurs parents, ou ont abandonné toutes leurs richesses. Jésus dans les
chapitres qui suivent parle ensuite du sel qui ne doit pas perdre de sa saveur
et surtout de la brebis perdue plus importante que le troupeau. Il retrouve son
côté indulgent, d’abord héraut de l’amour. Il sait que nous sommes tous et
toutes des brebis perdues au regard de ce qu’il nous propose comme vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous ne sommes pas placés devant le choix de tout appliquer à la lettre ou de
ne plus être disciple de Jésus. Non, Jésus, qui sait que nous sommes ses brebis
perdues, nous demande au moins, de temps en temps, d’arrêter de courir par
monts et par vaux, de s’asseoir, et de délibérer en soi. D’entrer en débat avec
soi-même sur notre propre vie, d’au moins oser nous poser les questions sur ce
qui est important pour nous.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déjà, et ce n’est pas si facile, de temps en temps, se poser ces
questions.&lt;br /&gt;
J’ai dit.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Luc 16,19-31 : Plaidoirie pour Monsieur Riche</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2007/11/10/Plaidoirie-pour-Monsieur-Riche</link>
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    <pubDate>Sun, 30 Sep 2007 16:25:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Prédications</category>
        <category>Bible</category><category>culpabilité</category><category>Evangile de Luc</category>    
    <description>&lt;p&gt;Prédication de Stéphane Lavignotte du 30 septembre 2007. Prédication ou
plutôt... plaidoirie ! Luc 16,19-31 : Le riche et Lazare...&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Luc 16,19-31&lt;br /&gt;
Il y avait un homme riche, qui était vêtu de pourpre et de fin lin, et qui
chaque jour menait joyeuse et brillante vie.&lt;br /&gt;
Un pauvre, nommé Lazare, était couché à sa porte, couvert d'ulcères,&lt;br /&gt;
et désireux de se rassasier des miettes qui tombaient de la table du riche; et
même les chiens venaient encore lécher ses ulcères.&lt;br /&gt;
Le pauvre mourut, et il fut porté par les anges dans le sein d'Abraham. Le
riche mourut aussi, et il fut enseveli.&lt;br /&gt;
Dans le séjour des morts, il leva les yeux; et, tandis qu'il était en proie aux
tourments, il vit de loin Abraham, et Lazare dans son sein.&lt;br /&gt;
Il s'écria: Père Abraham, aie pitié de moi, et envoie Lazare, pour qu'il trempe
le bout de son doigt dans l'eau et me rafraîchisse la langue; car je souffre
cruellement dans cette flamme.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abraham répondit: Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant
ta vie, et que Lazare a eu les maux pendant la sienne; maintenant il est ici
consolé, et toi, tu souffres.&lt;br /&gt;
D'ailleurs, il y a entre nous et vous un grand abîme, afin que ceux qui
voudraient passer d'ici vers vous, ou de là vers nous, ne puissent le
faire.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le riche dit: Je te prie donc, père Abraham, d'envoyer Lazare dans la maison
de mon père; car j'ai cinq frères.&lt;br /&gt;
C'est pour qu'il leur atteste ces choses, afin qu'ils ne viennent pas aussi
dans ce lieu de tourments.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abraham répondit: Ils ont Moïse et les prophètes; qu'ils les
écoutent.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il dit: Non, père Abraham, mais si quelqu'un des morts va vers eux, ils
se repentiront.&lt;br /&gt;
Et Abraham lui dit: S'ils n'écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne se
laisseront pas persuader quand même quelqu'un des morts ressusciterait.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;---&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voici donc réunis au tribunal de La Maison verte.&lt;br /&gt;
Vous venez d'entendre le procureur Abraham dresser son réquisitoire contre
Monsieur Riche.&lt;br /&gt;
J'apprécie que le procureur Abraham laisse ouvert son réquisitoire, ne
tranchant pas quant à savoir si Monsieur Riche doit rester dans les tourments
de l'enfer ou être sauvé.&lt;br /&gt;
Il laisse à votre cour ici présente, le choix du jugement et de la peine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mon rôle – d'avocat - est de défendre Monsieur riche. Vous le savez, les
Monsieur riche, ce n'est pas ma tasse de thé. Je préfère défendre les
prostituées, les voleurs, et les victimes des riches. Je me réjouis sans cesse
de cette promesse maintes fois répétée dans les évangiles : les derniers
seront les premiers.&lt;br /&gt;
Cette fois encore, je me réjouis que Lazare, dernier dans le monde terrestre
soit premier dans le royaume, et je serai éternellement reconnaissant au
procureur Abraham d'accueillir Lazare dans son sein.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour autant, et c'est mon rôle d'avocat, permettez-moi d'essayer de vous
convaincre que M. Riche ne mérite pas de rester dans les tourments de
l'enfer.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que reproche-t-on à mon client ?&lt;br /&gt;
Certes, il a fait tous les jours bombance abondamment. Il s'est habillé de
pourpre et de lin fin. Sans doute aurait-il pu mieux utiliser son argent :
pour les pauvres. Certes, il n'a pas vu que le pauvre Lazare était à sa porte
dans le plus grand dénuement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout cela est blâmable et montre... mais que cela montre-t-il au
juste ?&lt;br /&gt;
Mon client a-t-il fait des mauvaises actions ?&lt;br /&gt;
Le dossier que nous venons d'entendre n'en dit rien. Rien qui nous dise par
exemple que sa fortune ait été acquise d'une manière mauvaise. Il n'est pas
fait mention d'un refus d'aider Lazare.&lt;br /&gt;
Vous le remarquerez, le dossier n'évoque pas non plus les bonnes actions de
Lazare. Il n'est même pas fait mention d'une demande de la part de Lazare
auprès de Monsieur Riche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je ne dis pas cela pour salir la réputation de la victime. Mais parce que pour
prendre une sanction juste, il faut bien prendre la mesure de ce qui peut être
reproché. Et je voudrais souligner une première chose : aucune mauvaise
action n'est reprochée à mon client. Il n'est pas dans les tourments, il n'est
pas punis pour un crime, ou pour une action ou plusieurs actions néfastes. pas
plus que Lazare n'est dans votre sein, Monsieur le procureur Abraham, parce
qu'il en aurait fait des justes. Il n'est pas question là de salut par les
oeuvres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qu'on peut reprocher, en revanche à mon client, c'est son manque d'attention
à autrui. Il n'a pensé qu'à lui. Il s'est habillé de riche parure...il n'a pas
vu que Lazare était couvert d'ulcères. Sa peau était caressée par le lin fin...
Celle de Lazare léchée par ces animaux impures – pour nous hébreux – que sont
les chiens.&lt;br /&gt;
Il a fait bombance abondamment chaque jour... quand Lazare n'a même pas pu
manger les miettes qui tombaient de la table.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qu'on peut reprocher à mon client,&lt;br /&gt;
c'est donc d'abord son indifférence à la situation d'un autre être
humain.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;///////////////////&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monsieur riche vient de répondre à vos questions Monsieur le procureur
Abraham. Vous l'avez entendu. Que vous a-t-il répondu ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le monde matériel, ses yeux étaient comme fermés. Il était, il
s'habillait, il mangeait. Il ne voyait rien, il ne disait rien, il n'entrait en
contact avec personne, ignorait son prochain, n'avait finalement de relation
qu'avec ses richesses matérielles : ses habits, sa nourriture.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ce monde de l'enfer, il a ouvert les yeux. Il a vu Abraham, il a vu
Lazare. Il a parlé, s'est adressé à vous, Monsieur le procureur.&lt;br /&gt;
Et en quel terme l'a-t-il fait ? En vous appelant père. Et que vous a-t-il
demandé ? Et bien, il vous a prié. Oui, il vous a demandé d'avoir pitié de
lui.&lt;br /&gt;
Lui qui était hautain, enfermé dans sa tour d'ivoire, ne reconnaissant ni
frère, ni père, ni autorité, il s'est placé sous votre pouvoir de père. Il
s'est fait petit devant vous, Monsieur le procureur.&lt;br /&gt;
Et que vous a-t-il demandé ? Oh pas de le sortir des tourments. Juste un
peu d'eau sur un doigt qui soit mis sur ses lèvres. Et il a demandé que ce soit
Lazare qui le fasse. Oui, mon client a ignoré Lazare sur terre. Il l'a laissé
mourir de faim. Il ne lui a même pas emmené un verre d'eau.&lt;br /&gt;
En demandant cela à Lazare, ne lui demande-t-il pas la charité ? Ne lui
demande-t-il pas pitié ? Ne lui demande-t-il pas pardon ? Ne
montre-t-il pas ainsi qu'il veut sortir de l'indifférence coupable qu'on peut
avec justesse lui reprocher.&lt;br /&gt;
Monsieur le procureur Abraham, vous répondez deux choses à Monsieur riche quand
il s'adresse ainsi à vous. La première, ne me choque pas. Lazare qui a eu sur
une vie de malheur sur terre, a maintenant le bonheur. Mon client a eu le
bonheur sur terre, il a maintenant, les ennuis. Ce n'est pas une vérité
chrétienne, c'est du bon sens : on cela trouve aussi bien dans les
sagesses juives – le talmud de Jérusalem – égyptiennes – l'histoire de Satmi et
Sénosiris - que chez les philosophes Grecs. Mais jugeons-nous avec seulement du
bon sens ? Pouvons-nous nous arrêter à cela ?&lt;br /&gt;
L'autre argument que vous avancez Monsieur le procureur Abraham, me semble plus
discutable : vous dites qu'on ne peut pas aller du paradis vers l'Hadés,
qu'il y a un abîme trop important.&lt;br /&gt;
J'ai bien peur que votre procureur adjoint – Luc c'est cela – ne vous ait mal
conseillé sur ce point : Je ne vois aucune jurisprudence, ni dans
l'ancien, ni dans le nouveau testament qui justifie cette position, cette
assertion topographique sur l'absence de chemin entre le paradis et
l'enfer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais qu'importe. Ce que je voudrais mettre en avant, c'est la réponse que vous
a fait mon client. Non seulement, il n'a pas contesté vos arguments, mais une
fois de plus, il vous a prié. Il s'est mis dans la position du petit. Et de
quoi vous a-t-il prié ? Il n'a pas insisté sur son sort. Il n'a pas essayé
d'argumenter pour que vous lui donniez ces quelques gouttes d'eau qu'il
quémandait Il n'a pas parlé de lui. Il s'est soucié du sort de ses frères. Lui
qui était indifférent aux autres dans sa vie terrestre il s'est soucié d'autres
que lui. Il a souhaité que ses frères soient informés des conséquences de leurs
actes, ne recommencent pas les erreurs que lui a commis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monsieur le procureur Abraham, non seulement mon client sort ainsi de
l'indifférence coupable pour autrui qu'on peut lui reprocher et qui lui vaut
d'être aujourd'hui dans une aussi délicate posture mais de plus, il reconnaît
par la même que c'est un autre type de vie qu'il aurait du mener sur la terre,
il reconnaît par là même son erreur.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus encore : il se soucie d'autrui et souhaite que d'autres puissent
le savoir et changent de vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous pensez Monsieur le procureur Abraham, et je reconnais là un pessimisme
forgé par 1500 ans au service de la justice de Dieu, que cela ne servirait à
rien d'envoyer un ressuscité pour leur annoncer. Vous avez raison de dire que
tout cela a déjà été annoncé par Moïse et les prophètes. Vous redites
finalement là la base de tout système de droit : nul n'est censé ignorer
la loi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon client est-il naïf en pensant que l'envoi d'un ressuscité puisse changer
les chose ? Peut-être. Ou peut-être a-t-il enfin compris quelque chose.
Peut-être en pensant que ses frères accepteraient le message d'un homme mort et
ressuscité, reconnaît-il, avec beaucoup de retard je vous le reconnais, la
pertinence de Jésus de Nazareth. Peut-être reconnaît-il, avec beaucoup de
retard j'en conviens, la pertinence de ce message d'abandon des richesses
matérielles, de partage avec les plus petits, de sortie de l'indifférence
envers autrui. Il reconnaît ce message et souhaite que d'autres le
connaissent.&lt;br /&gt;
////////////////////&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je ne veux pas nier que mon client sur terre a été gravement coupable
d'indifférence. Que cela justifie le temps qu'il a passé jusque-là en détention
préventive dans le séjour des morts, dans les tourments, dans la chaleur et le
feu. Mais j'espère vous avoir convaincu qu'il a changé. Qu'il est sorti de
l'indifférence pour autrui. Qu'il a compris le caractère criminel de ses actes
sur terre. Qu'il a compris que le message de partage de Jésus Christ était un
message à prendre au sérieux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certes, il a compris tout cela sous la contrainte. Et vos interpellations, vos
refus, vos rappels à la loi Monsieur le procureur Abraham, ont été utiles. Vous
lui avez demandé de se souvenir de ses actes, et dans votre bouche, je le
comprend comme prendre conscience. Peut-être pensez-vous que cette prise de
conscience n'est pas sincère ? Certains, ont besoin de passer par ces
difficultés pour prendre conscience de certaines réalités. Cela empêche-t-il la
sincérité ? Je vous en laisse juge.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
///////////////////////////////&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au bout du compte, messieurs et mesdames de la cour, quel choix se présente à
vous ? Un seul : vous devez faire un exemple.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais vous pouvez faire un exemple de deux façons différentes. Vous le laissez
dans les flammes de l'enfer. Et vous montrerez combien Dieu est implacable avec
les riches, avec ceux qui sont indifférents aux autres. Vous réaffirmerez
radicalement, non seulement que les derniers seront les premiers, mais aussi
les premiers seront les derniers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ou alors, vous prendrez au sérieux ce qui est reproché à mon client. Il lui est
reproché d'avoir été indifférent au sort d'autrui ? Comment pourriez-vous
être à votre tour indifférent à son sort ? Ne commettriez-vous pas à votre
tour ce qui lui est reproché ? Ne serait-ce pas mettre de côté l'important
de son attitude : certes, il était un premier sur la terre. Mais depuis,
il a connu un changement, il a su devenir un dernier ?&lt;br /&gt;
En le laissant rejoindre Lazare et Abraham, vous feriez un exemple bien plus
positif et moteur pour tous les riches et les indifférents de la terre :
Vous direz que vous avez entendu que ce premier a accepté de se faire dernier.
Vous rappellerez que Dieu est près à pardonner à tous, même s'ils changent
tardivement, même s'ils le font pour améliorer leur situation, même s'ils le
font pour sauver leur peau. Oui, Dieu pardonne à ceux qui sont prête à
reconnaître même tardivement le message de partage et d'amour du ressuscité,
qui sont prêts même tardivement à sortir de l'indifférence pour leurs
frères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
//////////////////////&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un morceau de musique suivra ma plaidoirie. Vous aurez ensuite à dire chacun
en votre âme et conscience si Monsieur Riche doit être sauvé ou condamné. Je
m'en remet à votre sagesse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(L'assemblée présente ce matin à La Maison Verte acquitta Monsieur Riche à
l'unanimité moins une abstention.)&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Luc 13,1-9 : changer de logique, changer de regard</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2007/03/17/Luc-131-9-%3A-changer-de-logique-changer-de-regard</link>
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    <pubDate>Sat, 17 Mar 2007 22:51:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Prédications</category>
        <category>culpabilité</category><category>Evangile de Luc</category>    
    <description>&lt;p&gt;Quand on lui parle de la culpabilité de ceux qui sont morts dans
l'effondrement de la tour de Siloé, Jésus se met à faire les questions et les
réponses. Pourquoi veut-il ainsi couper court ? Prédication de Stéphane
Lavignotte, pasteur de La Maison Verte lors du culte du 11 mars 2007 sur Luc
13,1-9.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Luc 13&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13.1 En ce même temps, quelques personnes qui se trouvaient là racontaient à
Jésus ce qui était arrivé à des Galiléens dont Pilate avait mêlé le sang avec
celui de leurs sacrifices.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13.2 Il leur répondit: Croyez-vous que ces Galiléens fussent de plus grands
pécheurs que tous les autres Galiléens, parce qu'ils ont souffert de la
sorte?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13.3 Non, je vous le dis. Mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous
également.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13.4 Ou bien, ces dix-huit personnes sur qui est tombée la tour de Siloé et
qu'elle a tuées, croyez-vous qu'elles fussent plus coupables que tous les
autres habitants de Jérusalem?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13.5 Non, je vous le dis. Mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous
également.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13.6 Il dit aussi cette parabole: Un homme avait un figuier planté dans sa
vigne. Il vint pour y chercher du fruit, et il n'en trouva point.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13.7 Alors il dit au vigneron: Voilà trois ans que je viens chercher du
fruit à ce figuier, et je n'en trouve point. Coupe-le: pourquoi occupe-t-il la
terre inutilement?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13.8 Le vigneron lui répondit: Seigneur, laisse-le encore cette année; je
creuserai tout autour, et j'y mettrai du fumier. 13.9 Peut-être à l'avenir
donnera-t-il du fruit; sinon, tu le couperas.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le passage que nous avons lu est bizarrement rédigé. Il vous a sans doute
laissé le souvenir d’un dialogue. On a l’impression de questions posées, et de
Jésus qui y répondrait. Une forme qui correspondrait bien à la situation :
le sage au milieu de la foule et les personnes viennent l’interroger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fait, ce n’est pas le cas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le passage que nous avons lu, il n’y a pas vraiment de question. Des
personnes évoquent des galiléens qui ont été tués par Pilate, par le pouvoir
romain, parce qu’ils faisaient des offrandes aux Dieu.&lt;br /&gt;
Ce qui est étonnant, c’est que Jésus ne leur laisse pas le temps de poser leur
question. C’est Jésus qui pose la question. Pensez-vous que si ces galiléens
ont été massacrés, cela signifie qu’ils étaient de plus grand pécheurs que les
autres ? Il n’attend pas que la question lui soit posée, il la pose
lui-même.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l’autre exemple qui est donné, ce ne sont même plus les gens qui donnent
l‘histoire de départ, c’est lui. Et c’est encore lui qui pose la
question : Et ces dix huit personnes que la tour de Siloé a tué en
s’écroulant, pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que les autres
habitants de Jérusalem ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fait Jésus fait les questions et les réponses.&lt;br /&gt;
Ce qui fait qu’il y a une grande ambiguïté :&lt;br /&gt;
Est-ce Jésus qui pose une question aux personnes présentes : pensez-vous
cela ?&lt;br /&gt;
Ou est-ce Jésus qui anticipe sur la question qu’ils pourraient poser :
est-ce parce qu’ils étaient coupable qu’ils sont morts ?&lt;br /&gt;
Jésus n’a pas attendu qu’ils posent leur question, mais il n’attend pas non
plus leur réponse. Il n’attend pas leur réponse pour savoir si c’est ce qu’ils
pensent.&lt;br /&gt;
Et il répond directement à une question qu’ils n’ont pas posé.&lt;br /&gt;
Et il dit « non, vous dis-je », à deux reprises.&lt;br /&gt;
Il dit non, et il ne justifie pas sa réponse négative, il ne prend pas la peine
d’argumenter son non. Il dit non, et passe à autre chose : mais moi je
vous dis…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est comme s’il voulait accélérer les choses, comme si il coupait court.&lt;br /&gt;
Pourquoi coupe-t-il court ?&lt;br /&gt;
D’abord peut-être parce que Jésus en a peut-être un peu marre de ce qui se
passe. Le passage que nous venons de lire des évangiles se situe dans un grand
moment de grand bavardage. Il fait suite à toute une série de paraboles, de
questions de la foule assemblée. Elle précède d’autres paraboles, d’autres
questions.&lt;br /&gt;
On parle beaucoup, Jésus fait de long discours.&lt;br /&gt;
Il leur annonce qu’il y a une autre façon de vivre, qu’il faut changer
radicalement de mode de vie, qu’il faut se convertir. Et comment répond
l’assemblée ?&lt;br /&gt;
Un homme se plaint que son frère refuse de partager un héritage. Une question
personnelle qui concerne ses finances personnelles.&lt;br /&gt;
Juste après le passage que nous avons lu, Jésus va soigner une femme alors que
c’est le jour du Sabbat. Cela va provoquer la colère du chef de la synagogue
qui rappelle qu’on ne doit pas soigner un jour de Sabbat.&lt;br /&gt;
Dans le passage que nous avons lu, tout part d’un exemple très classique et
Jésus se doute bien pourquoi ils donnent cet exemple : Dans le judaïsme de
l’époque, on pensait généralement que c’est parce qu’on avait fait des péchés,
ou que nos parents avaient fait des péchés qu’il nous arrivait une catastrophe.
Si on lui donne cet exemple, c’est pour vérifier qu’il est bien
« orthodoxe » dans sa théologie. Que ce n’est pas un
blasphémateur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est comme si Jésus en avait soupé de cette assemblée qui ramène tout à des
histoires personnelles et des histoires de loi à respecter, de règlement,
d’argutie, cette assemblée qui ne l‘écoute pas vraiment.&lt;br /&gt;
S’il cherche à accélérer les choses, à court, c’est qu’il cherche à les
bousculer, il cherche à passer à autre chose : Il veut les faire changer
de logique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelle est leur logique ?&lt;br /&gt;
Quand un homme l’interpelle sur une histoire d’héritage, que fait cet
homme ? Il fait des reproches à son frère. Le coupable, c’est l’autre,
c’est le frère qui ne veut pas partager.&lt;br /&gt;
Quand on donne l’exemple des galiléens, les fautifs, ce sont les autres qui
auraient fait des péchés qui auraient entraînés leur mort.&lt;br /&gt;
Quand on donne l’exemple de la tour de Siloé, c’est pour parler d’autres
personnes dont on se demande s’ils ont péchés. Bref, le problème, le fautif,
c’est l’autre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que leur répond Jésus ? Je dis à vous, si vous ne vous convertissez
pas…&lt;br /&gt;
Il leur dit : arrêtez de regarder les autres, regardez-vous.&lt;br /&gt;
Il dit à ceux qui se posent en juge des autres : posez-vous des questions
sur vous-même.&lt;br /&gt;
C’est le premier changement de logique qu’il veut leur faire comprendre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelle est leur logique ?&lt;br /&gt;
Quand l’homme l’interroge sur une histoire d’héritage, cet homme regarde vers
le passé. Il regarde vers ce que lui lègue le passé. Il pense pouvoir se
reposer sur le passé pour construire son avenir.&lt;br /&gt;
Quand la foule voit la mort des galiléens, elle cherche les causes dans le
passé. Il y aurait un passé qui serait à l’origine de leur malheur.&lt;br /&gt;
Quand la foule parle des victimes de Siloé, c’est la même chose, ils auraient
commis hier des actes coupables.&lt;br /&gt;
Bref, ils ont le regard tourné vers le passé. Le présent est la conséquence du
passé, le présent est piégé par le passé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que leur répond Jésus : si vous ne vous convertissez pas, il vous arrivera
la même chose, vous périrez de la même façon. Il les invite à ne plus penser
que le présent est piégé par le passé, mais que le présent doit être orienté
par l’avenir. Ce n’est pas le présent qui dépend du passé, mais le futur qui
dépend du présent. Il déplace leur regard du passé vers le futur. Il oriente
leur présent non plus vers le passé mais vers le futur.&lt;br /&gt;
C’est le second changement de logique qu’il veut leur faire comprendre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et c’est bien ce qui se passe dans l’histoire du vigneron.&lt;br /&gt;
On a un propriétaire de vigne qui ne voit que le passé. Il a hier acheté une
vigne. Les trois années précédentes, elle n’a rien donné.&lt;br /&gt;
Il ne voit que le passé.&lt;br /&gt;
Et il ne voit que la responsabilité de l’autre. Ce n’est pas de sa faute se
dit-il, c’est de la faute de la vigne, il faut la couper.&lt;br /&gt;
L’ouvrier renverse les choses. Il se présente comme l’anti-propriétaire.&lt;br /&gt;
Le propriétaire ne faisait rien sinon de désigner un coupable.&lt;br /&gt;
L’ouvrier va prendre lui la décision d’agir et ne pas se reposer sur la
culpabilité de la vigne.&lt;br /&gt;
L’ouvrier va avoir une attitude constructive : creuser de la terre, mettre
du fumier.&lt;br /&gt;
Cela fait apparaître que si l’arbre est improductif, ce qui est d’abord
improductif, c’est l’attitude du propriétaire.&lt;br /&gt;
Le propriétaire était tourné vers le passé, l’ouvrier parle de l’avenir du
figuier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a donc un double mouvement de Jésus. Il dit « non ».&lt;br /&gt;
Le « non » de Jésus n’est un non à aucune question de la foule, pas
aux questions qu’ils n’ont pas posé, pas un « non » à la question de
savoir si c’est ce qu’ils pensaient, pas un non à savoir si on est la propre
cause de nos malheurs.&lt;br /&gt;
C’est un « non » à toutes leurs attitudes, à toutes nos attitudes
improductives.&lt;br /&gt;
Chercher toujours des causes à ce qui n’en a pas toujours.&lt;br /&gt;
Chercher toujours des coupables quand il arrive une catastrophe.&lt;br /&gt;
Chercher toujours dans notre société des boucs émissaires. Les étrangers qu’on
accuse du chômage. Les jeunes qu’on accuse de l’insécurité. Les fonctionnaires
qu’on accuse de la dette. Chercher qui couper, expulser, licencier.&lt;br /&gt;
C’est tout ça qu’il faut arrêter.&lt;br /&gt;
Arrêter de juger les autres. Arrêter d’enfermer les gens dans les catégories de
« coupables », pécheurs.&lt;br /&gt;
Arrêter de toujours regarder en arrière, d’être tourné vers l’arrière. De
s’enfermer et d’enfermer les autres dans le passé.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jésus dit « non » pour que nous disons « oui » à ce
qu’il nous propose.&lt;br /&gt;
Jésus n’attend pas de réponse de la foule sur le fait de savoir ce qu’elle
pense de cette histoire de galiléens tués par Pilate ou de personnes écrasés
par la tour de Siloé.&lt;br /&gt;
La seule réponse qui l’intéresse c’est savoir s’ils sont prêts à dire oui à ce
qu‘il propose.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la question nous est posée à chacun. Ne plus rejeter sur les autres nos
propres responsabilités c’est d’abord donner une réponse à cette question de
Jésus. N’attendons pas des réponses des autres. Il n’y a que chacun d’entre
nous qui peut dire « oui » à Jésus Christ.&lt;br /&gt;
Il n’y a que nous qui pouvons prendre l’initiative de regarder ce que nous
pouvons faire pour que les arbres qui nous entourent donnent du fruit. Il n’y a
que nous qui pouvons prendre la bêche et creuser autour de l’arbre. Il n’y a
que nous qui pouvons savoir s’il faut mettre du fumier ou autre chose. Et nos
arbres sont multiples : vie personnelle, vie de couple, vie de famille, de
quartier, avenir de notre pays, de la planète, futur de La Maison Verte ou de
la Mission populaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jésus appelle les personnes qui l’écoutent à se convertir. Cela apparaît un mot
énorme. Mais se convertir, ce n’est que ça : donner une réponse
individuelle, savoir dire « je » et pas « c’est la faute des
autres ». Et comme au ski, changer de direction : ne plus regarder vers le
passé, mais vers l’avenir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une dernière chose. C’est vrai que la conversion semble faite sous contrainte.
Si vous ne vous convertissez pas il vous arrivera la même catastrophe qu’à eux
dit Jésus.&lt;br /&gt;
On peut se dire de manière très pragmatique, qu’effectivement, si nous ne
changeons pas collectivement de mode de vie, de comportement, s’il n’y a pas de
conversion collective de nos façons de vivre, les catastrophes par exemple en
matière d’environnement, il est sûr qu’elles vont arriver, et d’une certaine
manière, les catastrophes elle arrivent déjà : la guerre en Irak, la
surconsommation d’alimentation trop riche, le déséquilibre des richesses entre
le nord et le Sud ou l’usage de la voiture font chaque jours plus de mort que
plusieurs tours de Siloé. Mais ce sont des catastrophes humaines.&lt;br /&gt;
Je crois que l’important, quand Jésus dit cela, c’est moins la catastrophe que
la direction dans laquelle il nous invite à regarder.&lt;br /&gt;
Et que dans cette direction on voit loin. Qu’est-ce que je veux dire ? Il
y a un petit détail du texte que je voudrais pointer. Dans la parabole du
figuier, on lit en français que s’il ne donne pas de fruit l‘année prochaine,
le figuier sera arraché. Mais dans le texte en grec, ce n’est pas l’année
prochaine. C’est « à l’avenir ». L’avenir c’est très long. On pourrait
paraphraser Woody Allen en disant que l’avenir c’est très long, surtout vers la
fin. Mais ce que je veux dire, c’est que Dieu est patient. Il nous invite à lui
dire « oui », mais s’il nous ouvre cet avenir c’est pour que dans cet
avenir, ces longues années qui sont devant nous, nous trouvions le moment de
dire « oui ».&lt;br /&gt;
Et je crois que non seulement, on est emmené à le redire plusieurs fois, qu’on
est amené à se re-convertir en permanence, qu’on ne l’est jamais une bonne fois
pour toute, mais que Dieu nous laisse toujours une année prochaine pour lui
dire « oui » .&lt;br /&gt;
Certes, ça l’énerve de nous voir tourner en rond, il aimerait couper court
comme il coupe court avec ses interlocuteurs. Il cherche à bousculer les
logiques qui nous font rejeter la faute sur les autres, à regarder vers le
passé.&lt;br /&gt;
Mais malgré tout, il nous ouvre l’avenir, repoussant année après année la même
catastrophe qui nous pourrait nous arriver, il nous ouvre l’avenir pour que
nous y répondions.&lt;br /&gt;
S’il nous ouvre l’avenir, c’est justement pour que nous y répondions.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Luc 4,1-13 : Epreuve ou tentations ?</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2007/02/25/Luc-41-13-%3A-Epreuve-ou-tenations</link>
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    <pubDate>Sun, 25 Feb 2007 17:11:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Prédications</category>
        <category>Evangile de Luc</category><category>Jésus</category><category>théologie</category>    
    <description>&lt;p&gt;Prédication de ce dimanche 25 février 2007 de Stéphane Lavignotte,
pasteur-proposant à La Maison Verte sur Luc 4,1-13. Jésus est tenté après 40
jours de jeûne dans le désert. Comme les hébreux pendant 40 ans dans le
désert ?&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Luc 4 1. Jésus, rempli du Saint Esprit, revint du Jourdain, et il fut
conduit par l'Esprit dans le désert,&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. où il fut tenté par le diable pendant quarante jours. Il ne mangea rien
durant ces jours-là, et, après qu'ils furent écoulés, il eut faim.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Le diable lui dit: Si tu es Fils de Dieu, ordonne à cette pierre qu'elle
devienne du pain.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Jésus lui répondit: Il est écrit: L'Homme ne vivra pas de pain
seulement.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Le diable, l'ayant élevé, lui montra en un instant tous les royaumes de
la terre,&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. et lui dit: Je te donnerai toute cette puissance, et la gloire de ces
royaumes; car elle m'a été donnée, et je la donne à qui je veux.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Si donc tu te prosternes devant moi, elle sera toute à toi.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Jésus lui répondit: Il est écrit: Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et
tu le serviras lui seul.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. Le diable le conduisit encore à Jérusalem, le plaça sur le haut du
temple, et lui dit: Si tu es Fils de Dieu, jette-toi d'ici en bas; car il est
écrit:&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet, Afin qu'ils te
gardent;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. et: Ils te porteront sur les mains, De peur que ton pied ne heurte
contre une pierre.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12. Jésus lui répondit: Il es dit: Tu ne tenteras point le Seigneur, ton
Dieu.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13. Après l'avoir tenté de toutes ces manières, le diable s'éloigna de lui
jusqu'à un moment favorable.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;p&gt;Jésus est dans le désert, 40 jours. Ce n’est bien sûr pas un lieu et un
chiffre choisis au hasard.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela rappelle le peuple juif qui fuit l’Égypte et erre 40 ans dans le désert
du Sinaï.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour bien nous le rappeler, la première tentation fait directement référence
à cela. Cette histoire de pierre à transformer en pain rappelle un passage du
Deutéronome, au chapitre 8 que nous avons lu tout à l’heure :
« Souviens-toi de tout le chemin que l'Éternel, ton Dieu, t'a fait faire
pendant ces quarante années dans le désert, afin de l'humilier et de
t'éprouver, pour savoir quelles étaient les dispositions de ton coeur et si tu
garderais ou non ses commandements. (…) il t'a fait souffrir de la faim, et il
t'a nourri de la manne, (…) afin de t'apprendre que l'homme ne vit pas de pain
seulement, mais que l'homme vit de tout ce qui sort de la bouche de l'Éternel.
»&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Dernière tentation rappelle aussi le désert. Le passage de l’écriture que
cite Jésus - tu n’éprouveras pas le seigneur ton Dieu - fait référence à un
autre passage du Deutéronome en 6,16 : « Vous ne provoquerez pas le
seigneur ton Dieu comme vous l’avez provoqué à Massa ». A Massa, les Israélites
sont prêts à lapider Moïse : ils ont soif et ils se demandent pourquoi
Dieu les a fait sortir d’Égypte si c’est pour les laisser mourir de soif. Alors
Dieu ordonne à Moïse de frapper son bâton contre un rocher et une source en
jaillit. Le lieu s’appelle Massa parce que cela signifie
« provocation » en hébreu.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela signifie-t-il que c’est la même chose de devoir accepter des épreuves
envoyées par Dieu comme pour les israélites et de devoir résister à des
tentations du Diable comme Jésus ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le texte grec, c’est le même mot qui désigne épreuve et tentation. Mais
en Français, nous faisons la différence. D’après le petit Larousse, une
épreuve, c’est un conflit éprouvant le courage ou la résistance de quelqu’un.
Une tentation, toujours d’après le même dictionnaire, c’est l’attrait vers
quelque chose de défendu par une loi morale ou religieuse, l’incitation ou le
péché, la révolte contre une loi divine.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette définition de la tentation s’applique-t-elle à la situation de
Jésus ? Dans le texte que nous venons de lire, transformer une pierre en
pain, n’est pas en soi contraire à la morale, ce n’est pas défendu par une loi
morale et religieuse. Ce n’est pas la transformation de la pierre en pain qui
est en soi un problème. Quelle est donc la raison de Jésus pour résister à
cela ? Celle qu’il évoque lui-même est : « L’humain ne vivra pas
de pain seulement ». Mais il l’évoque alors qu’il est dit au début du texte
qu’il a faim. Il est aussi précisé qu’il a achevé ses quarante jours de jeûne
et la faim arrive ensuite. Le problème n’est donc pas que cela lui ferait
rompre son jeûne. Quel est donc le problème, d’autant qu’après tout, s’il
transformait la pierre en pain, quelle différence cela ferait-il avec Dieu qui
fait tomber la manne ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et bien la différence, elle est justement là. Qui fait quoi aux ordres de
qui et au profit de qui ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas de la manne, C’est Dieu qui agit. Il le fait pour les
israélites. Certes, ils ont râlé et protesté mais c’est Dieu qui a décidé. Dans
le cas de la pierre et du pain, l’ordre viendrait du Diable et c’est Jésus qui
déciderait de cet acte de puissance à la suite du diable.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, quand Jésus multiplie le pain et les poissons, ou transforme l’eau
en vin, il montre sa puissance et c‘est lui qui en décide. Oui, mais dans le
cas de la pierre et du pain, il le ferait pour lui, alors que dans le cas du
pain et des poisson ou de l’eau et du vin, il le fait pour d’autres. Et vous
remarquerez que dans les évangiles, Jésus, n’utilise jamais sa puissance pour
lui-même, même quand sa propre vie est en jeu. De plus, dans le cas du pain et
des poissons comme du pain et du vin, il le décide poussé par ses proches,
après pas mal de résistance.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a comme une espèce de séparation des pouvoirs, une volonté d’éviter les
conflits d’intérêts : ne jamais utiliser ses pouvoirs pour soi et à partir
de sa seule volonté.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tentation, ce serait alors moins une histoire de violer une règle morale
que le risque d’utiliser sa puissance à son propre profit, et non pour autrui.
Et il y aurait une circonstance aggravante : quand le donneur d’ordre est
douteux, une puissance négative ou soi-même pour son propre profit. En tous
cas, la tentation à laquelle il faut dire non est du côté de la puissance et du
pour soi.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l’épreuve ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D’abord, celui qui organise la situation, à la différence de la tentation,
ce n’est pas le diable mais Dieu. C’est donc censé être une bonne chose une
épreuve, quand la tentation en est une mauvaise. C’est Dieu qui crée le conflit
dont parle la définition du Petit Larousse. Il envoie les israélites dans le
désert. Il ordonne à Abraham d’aller sacrifier son fils. Il y a conflit alors
pour les personnes entre ce que leur ordonne Dieu et leur intérêt - manger,
boire…- ou leur sentiment profond - l’amour d’Abraham pour son fils. Il y a
conflit entre leur fidélité à leur intérêt, à leur famille et la fidélité à
Dieu. Dans l’épreuve, ils sont donc tentés de refuser l’ordre de Dieu. Quand
dans la tentation ils sont tentés d’accepter l’ordre du diable. Comme le dit la
définition du Petit Larousse, leur courage ou leur résistance sont éprouvés.
Arriveront-ils à continuer à dire « oui » à Dieu ? Face à la
tentation, arriveront-ils à dire « non » ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sent bien que la nuance est mince entre la tentation et l’épreuve :
dans les deux cas, il s’agit de savoir si on fait ou non quelque chose. Cette
nuance est d’autant plus difficile que dans la vie, on n‘a rarement l’occasion
d’avoir des signes pour savoir si la situation est organisée par Dieu ou le
diable, puisqu’elle l’est en général par les hommes.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour essayer d’avancer, reposons la même question que pour la tentation.
Dans la situation de l’épreuve, qui fait quoi aux ordres de qui ? Les
israélites ou Abraham obéissent à dit Dieu. Que font-ils ? Ils vont
jusqu’au bout du projet qu’il leur a été proposé. Ils continuent de dire
« oui ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la tentation essaie de nous pousser à une réponse à une situation par un
acte ponctuel - transformer une pierre en pain - l’épreuve est du côté de la
durée, de la persévérance.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la tentation est du côté de l’acte qui emmène un bénéfice pour soi,
l’épreuve n’amène pas un bénéfice évident. C’est presque de l’ordre de
l’absurde : à quoi sert de sacrifier son fils pour Abraham ? Cela ne
sert qu’à obéir à Dieu.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la tentation est du côté de la volonté de puissance à laquelle il faut
résister, l’épreuve est donc du côté de la confiance dans laquelle il faut
perdurer. Parfois jusqu’à l’absurde.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poser cela, c‘est éviter des contresens meurtriers qui ont parfois été
entretenus.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La thématique de l’épreuve a fait bien des dégâts notamment à cause des
églises. On a appelé « épreuve » des situations de détresses où les
gens subissaient une violence pendant longtemps. Une femme qui se fait battre
pendant des années par son conjoint, par exemple. On a reproché aux églises de
pousser à la passivité par rapport à cela. Ce type de violence, ce serait des
épreuves qu’il faudrait endurer. C’est bien sûr un contresens
complet.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment penser qu’une telle situation ait pu être installée par Dieu, comme
dans le cas de l‘épreuve ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N y a-t-il pas là au contraire une situation où une personne - le mari
violent - s’est complètement laissé piéger par la tentation d’une surpuissance
pour soi, contre l’autre ? Où quelqu’un n’a pas sûr dire « non »
à la tentation de la puissance. S’il y a quelque chose à apprendre de l’épreuve
dans ce genre de situation qui n‘ont rien d‘une épreuve envoyées par Dieu,
c’est de garder la confiance en Dieu, de garder la confiance en soi. D’avoir
suffisamment confiance en soi; non pas pour endurer et supporter la situation
sans rien faire, mais pour oser un acte de puissance pour soi : quitter le
domicile conjugal, porter plainte, dénoncer le mari violent. Et avoir
suffisamment de confiance pour essayer de le faire une nouvelle fois quand le
courage a manqué une première, une deuxième ou une dixième fois.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inversement, face à de nombreuses situations politiques, ne sommes nous pas
piégés par des tentations, là où nous avons à faire à des épreuves, même si ce
ne sont pas des épreuves envoyées par Dieu.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face au terrorisme, à la délinquance, à l’insécurité (des conflits qui
mettent à l’épreuve notre courage, notre persévérance) il y a la tentation
d’agir vite, d’agir fort, de bombarder un pays, de renforcer les forces de
police, bref de s’accorder un surcroît de puissance, quand la réponse demande
du courage, du sang-froid, du temps, de la persévérance.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les relations familiales, face à des enfants ou adolescents qui nous
cassent les pieds, n’y a-t-il pas aussi parfois la tentation de la puissance,
quand la réponse est la persévérance, le courage, le dialogue ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le plus grand risque pour nous croyants n’est-il pas de nous
transformer en tentateurs vis-à-vis de Dieu ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est sur cette idée que se termine le texte d’aujourd’hui. Le diable pousse
Jésus à sauter du pinacle du temple pour que Dieu envoie ses anges le sauver.
Jésus répond : tu ne tenteras pas le seigneur ton Dieu. Tu ne le pousseras
pas à montrer sa puissance.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi faudrait-il éviter que Dieu montre sa puissance ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-être parce que Dieu veut une autre relation avec l’humanité. Il
pourrait intervenir à tout bout de champs, arrêter une guerre par ci, une autre
par là, faire tomber à manger sur un pays qui a faim…&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais que resterait-il de l’homme dans ce cas là ? Il ne serait plus
rien, plus qu’un fétu de paille dans un monde entièrement régenté par Dieu. Il
ne serait qu’une marionnette dans les mains d’un grand marionnettiste. Au bout
du compte, ce surcroît de puissance de Dieu qui en serait bénéficiaire ?
L’humanité ? Ou plutôt, Dieu qui se serait un accordé un surcroît de
puissance pour lui-même.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dieu aurait alors succombé à la tentation, la même tentation à laquelle
résiste Jésus.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jésus nous invite à ne pas tenter Dieu à ne pas solliciter sa puissance, car
si Dieu attend que nous ayons confiance en lui, c’est qu’il a confiance en
nous. Il nous a laissé libre de gérer le monde qu’il nous a donné, il nous en a
laissé responsable. C’est souvent pour lui une épreuve, quand l’humanité
s’enfonce dans les guerres, dans les génocides, dans la destruction de la
planète. Mais il continue à nous faire confiance, et cela depuis des centaines
d’années. Il nous fait confiance même si c‘est beaucoup plus pénible que de
passer 40 ans dans le désert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pensons à cela quand nous prions Dieu.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand nous nous adressons à lui, est-ce que nous le tentons en lui demandant
d’intervenir par la puissance ou est-ce que nous exprimons notre confiance en
lui dans nos épreuves ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que nous évoquons nos problèmes pour qu’il les résolve à notre place
ou est-ce que nous le faisons pour qu’il soit toujours à côté de nous et nous
renouvelle sa confiance pour que nous puissions nous-mêmes sortir de nos
problèmes, pour que nous puissions nous-mêmes résister aux tentations des
réponses par la puissance ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Luc 4,21-30 : Jésus n'est pas un mec gentil.</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2007/01/07/Luc-421-30-%3A-Jesus-nest-pas-un-mec-gentil</link>
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    <pubDate>Sun, 07 Jan 2007 01:56:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Prédications</category>
        <category>Evangile de Luc</category><category>Jésus</category>    
    <description>&lt;p&gt;Prédication du 28 janvier 2007 de Stéphane Lavignotte, pasteur-proposant à
La Maison Verte sur Luc 4,21-30. Mais pourquoi Jésus met-il en colère ses
auditeurs dès sa première apparition publique ? Ne veut-il pas être
prophète en son pays ?&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Luc 4&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20. Ensuite, il roula le livre, le remit au serviteur, et s'assit. Tous ceux
qui se trouvaient dans la synagogue avaient les regards fixés sur
lui.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21. Alors il commença à leur dire: Aujourd'hui cette parole de l'Écriture,
que vous venez d'entendre, est accomplie.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22. Et tous lui rendaient témoignage; ils étaient étonnés des paroles de
grâce qui sortaient de sa bouche, et ils disaient: N'est-ce pas le fils de
Joseph?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23. Jésus leur dit: Sans doute vous m'appliquerez ce proverbe: Médecin,
guéris-toi toi-même; et vous me direz: Fais ici, dans ta patrie, tout ce que
nous avons appris que tu as fait à Capernaüm.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24. Mais, ajouta-t-il, je vous le dis en vérité, aucun prophète n'est bien
reçu dans sa patrie.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25. Je vous le dis en vérité: il y avait plusieurs veuves en Israël du temps
d'Élie, lorsque le ciel fut fermé trois ans et six mois et qu'il y eut une
grande famine sur toute la terre;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26. et cependant Élie ne fut envoyé vers aucune d'elles, si ce n'est vers
une femme veuve, à Sarepta, dans le pays de Sidon.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27. Il y avait aussi plusieurs lépreux en Israël du temps d'Élisée, le
prophète; et cependant aucun d'eux ne fut purifié, si ce n'est Naaman le
Syrien.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28. Ils furent tous remplis de colère dans la synagogue, lorsqu'ils
entendirent ces choses.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29. Et s'étant levés, ils le chassèrent de la ville, et le menèrent jusqu'au
sommet de la montagne sur laquelle leur ville était bâtie, afin de le
précipiter en bas.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30. Mais Jésus, passant au milieu d'eux, s'en alla.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qu’est-ce qui est donc arrivé à Jésus ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voilà que tout commençait bien.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, ses auditeurs remarquaient qu’ils n’étaient que le fils de Joseph.
Mais ce n’était pas pour dire que : puisqu’il est le fils de Joseph et de
Marie - des gens du coin, qu’on connaît - et bien, pour cette raison là, il ne
pouvait pas dire quelque chose d’intéressant. Ce côté : « ils vient
de gens de peu, on connaît toute sa famille, il ne peut pas être un prophète »,
on le trouve dans les autres évangiles.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans ce texte de Luc, c’est plutôt :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Et bien dis donc, il en dit des choses intéressantes pour quelqu’un
qui n’est que le fils de Joseph ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils soulignent son origine modeste pour mieux insister sur la qualité de ce
qu’il énonce.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au début de l’extrait ses auditeurs sont donc étonnés. Ils lui rendrent
témoignage, ils entendent ses paroles comme des paroles de grâce.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais à la fin du texte, le ton a changé.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ne sont plus étonnés, ils sont remplis de colère.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ne soulignent plus les paroles de grâce qui sortent de sa bouche. Mais
ils le sortent de la synagogue puis de la ville.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ne lui rendent plus témoignage, mais veulent le tuer en le précipitant
d’en haut d’un promontoire.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ce retournement, pourquoi ce passage de la sympathie à la colère
?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre les deux, Jésus passe de longs versets à provoquer leurs
colère.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu’ils avaient comme seule objection qu’il était le fils de
Joseph,&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est lui qui va dire à leur place les objections qu’ils auraient pu
avoir : « Vous allez certainement me dire le proverbe : Médecin
soigne-toi toi-même, si tu es le messie fais-nous donc des miracles », faisant
référence à des miracles qui seront d’ailleurs décrit ensuite dans l’évangile,
puisque ce n’est qu’au chapitre suivant qu’il fait des miracles à
capharnaüm.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il évoque ensuite deux histoires que nous avons lu tout à l’heure.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux histoires pas agréables à entendre pour les juifs.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La première est celle d’un roi qui s’était détourné de Dieu pour choisir
Baal. Un prophète - Elie - a du fuir Israël pour avoir dénoncé cela et annoncé
une famine pour punir le roi et son pays. Dieu choisit les corbeaux puis une
veuve étrangère pour venir en aide au prophète dans sa fuite.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis - deuxième histoire - celle d’un chef de guerre Cananéen soigné de la
lèpre par un prophète - Élisée - alors que le roi d’Israél s’était d’abord
fâché devant la demande du malade.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En gros il leur dit : vous n’avez jamais su reconnaître les prophètes
quand ils venaient, vous êtes tellement borné que Dieu au bout du compte
préfère envoyer ses prophètes aux autres peuples plutôt qu’à vous.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avouez que ce n’est pas gentil. Ce n’est pas très pédagogique. Si on regarde
la place de cet extrait dans l’évangile de Luc, c’est tout au début :
c’est la première fois qu’il s’adresse aux juifs. On pourrait s’attendre à ce
qu’il fasse plus d’effort pour se faire connaître, pour se faire comprendre.
Mais non, Jésus, les provoque immédiatement, entraîne leur colère.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourquoi fait-il cela, alors qu’au début, l’accueil ne semblait pas
mauvais ? Pourquoi provoquer ainsi leur colère alors que leur première
réaction semblait plutôt positive : ils rendaient témoignage, s’étonnaient
des paroles de grâce.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est comme si Jésus ne voulaient pas de cet accueil positif : c’est
immédiatement après les phrases positives qu’il enchaîne les provocations à ses
auditeurs.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi Jésus rejette-t-il cet accueil positif ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils font un accueil sympathique. Mais à quoi font-ils cet accueil
sympathique ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette phrase : « Aujourd’hui a été accomplie pour vous
l’écriture que vous venez d’entendre ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quelle est cette écriture :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est le texte d’Esaïe que nous avons entendu tout à l’heure en guise de
loi.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« L'Esprit du Seigneur est sur moi, Parce qu'il m'a oint pour annoncer
une bonne nouvelle aux pauvres; Il m'a envoyé pour guérir ceux qui ont le coeur
brisé, Pour proclamer aux captifs la délivrance, Et aux aveugles le
recouvrement de la vue, Pour renvoyer libres les opprimés, Pour publier une
année de grâce du Seigneur. »&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il leur annonce une année de Jubilée. Qu’était-ce qu’une année de
Jubilée ? C’est une tradition de l’ancien Israël dont on ne sait pas si
elle fut jamais réellement mise en application. Mais c’était une revendication
régulière des prophètes : tous les cinquante ans, tous les 7 fois 7 ans,
nombre sacré, tout devait être remis à zéro :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dettes étaient annulées, les esclaves étaient libérés.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit bien que cela remet tout en cause. Cela oblige à remettre en cause
la place qu’on a acquis dans la société. Ceux qui sont en haut doivent accepter
de redistribuer le tas de richesses sur lequel ils sont assis et qui fait
qu’ils sont en haut. Les pauvres qui se lamentent doivent accepter de sortir de
leur posture de victime et accepter de se prendre en main, de décider de leur
avenir. Dans l’extrait d’Esaie, on voit aussi que cela remet en cause des
dimensions personnelles, intimes, sentimentales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les aveugles retrouvent la vue : accepter de regarder la réalité en
face, peut-être se regarder soi-même, dans ce qu’on a de bien mais aussi de
plus honteux ; ses propres limites, les limites de ceux qu’on aime ou de
ses proches.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Accepter de voir que des gens nous aiment et qu’on ne le voit peut-être
pas.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils s’agit aussi de guérir les cœurs brisés. Donc d’accepter aussi de sortir
de la pleurnicherie sur soi, accepter d’être heureux quand on a tout pour
cela.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout est remis en cause dans l’annonce par Esaïe, par Jésus, d’une année de
grâce du Seigneur.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et que répondent ses interlocuteurs ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, leur réponse est positive. Mais ça ne sort pas des cadres convenus
de la société : on le situe encore par rapport à sa famille, par rapport
au village d’où il vient.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, c’est positif, mais c’est de l’eau tiède. On lui rend témoignage, on
qualifie ses paroles de paroles de grâce.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il annonce une révolution sociale et personnelle. Et on lui répond par des
cadres classiques, la famille, le village. Il annonce une révolution sociale et
personnelle. Et on lui dit des gentillesses : « C’est pas mal ce que
vous dites. C’est bien dit. C’est plutôt gentil ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, surtout ses interlocuteurs, se contentent de « répondre ».
Alors que c’est accomplie pour eux, leur réponse reste de l’ordre du
« j’en pense que » et non du : « je l’accueille et cela
change ma vie ». C’est de l’ordre de l’opinion, de la distance. Pas du
changement de vie, pas de la conversion.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a sans doute une violente déception de Jésus face à la tiède réaction
de ses interlocuteurs.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a encore plus. Juste avant de se rendre à Nazareth, en Galilée,
juste avant le passage que nous étudions, où Jésus se trouve-t-il ? Juste
avant ce passage, Jésus est dans le désert. Et il est tenté par
Satan.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et que fait Satan ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il lui dit de transformer la pierre en pain, de faire un miracle pour
prouver sa puissance. Comme à Nazareth où Jésus suppose que ses interlocuteurs
veulent qu’il fasse des miracles, les mêmes qu’à Capharnaüm, pour prouver son
identité.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le désert, le Diable le fait monter en haut du temple de Jérusalem, en
le menaçant de le jeter en bas. Comme à la fin du texte, où ses interlocuteurs
menacent de le jeter depuis un escarpement de la montagne.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Satan met en avant le lien de parenté avec Dieu : puisque tu es le fils
de Dieu, qu’il envoie ses anges pour que tu ne t’écrases pas du haut du temple
de Jérusalem. Comme ses interlocuteurs mettent en avant son lien de parenté
avec Joseph.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, dans le désert, Jésus est tenté par le diable. Il est tenté de
prouver sa puissance, en multipliant les richesses. Il est tenté d’appeler le
Seigneur pour protéger sa seule personne. Il est tenté de faire allégeance au
diable en échange du pouvoir sur les royaumes.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est tenté d’user de sa divinité pour devenir puissance parmi les
puissances.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et dans notre texte, là dans la synagogue, Jésus préfère provoquer ses
interlocuteurs, préfère être rejeté par eux, préfère prendre le risque d’être
tué en dehors de la ville, plutôt que se soumettre à une nouvelle
tentation.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle tentation menace donc Jésus dans les paroles pourtant si aimable de
ses interlocuteurs ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n’est pas question de se soumettre au diable. Il n’est pas question
d’user de sa puissance en vain. Il n’est pas question d’user de sa divinité
pour devenir puissance parmi les puissances.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est une tentation beaucoup plus douce et sournoise.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celle d’être le fils de Joseph. Celle d’accepter qu’on dise de lui :
c’est pas mal ce qu’il dit pour un fils de Joseph. Celle d’accepter qu’on le
remette dans une case, celle de la famille, celle du village, celle de
l’ethnie.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tentation d’être un rabbin dont sort de la bouche de bien belles paroles,
des paroles de grâce qu’on vient écouter le samedi à la synagogue mais qu’on
oublie le soir même quand on rentre chez soi et qu’on se fait à nouveau servir
par ses esclaves.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celle d’être un prophète, un de ces fous qui se promène dans les campagnes
d’Israél et annonce la fin du monde, provocant un peu de crainte, un peu
d’admiration, beaucoup d’amusement, et pas beaucoup de changement.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tentation n’est plus celle - comme avec satan dans le désert - d’user de
sa divinité pour devenir puissance parmi les puissances. Mais celle de se
laisser couler dans les modèles convenus de la bienséance humaine de son temps.
Se laisser tenter par le confortable conformisme de son temps, des places
sociales et des rôles attendus.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jésus est là pour annoncer un message de changement du tout au tout dans les
vies personnelles et dans l’ordre de la société. La tentation est de renoncer à
ce message de radicalité, pour une place identifiée, un bon gars, un rabbin
doué, un prophète avec son folklore et éventuellement ses fans.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jésus refuse cette ambiguïté, ce quiproquo. Je ne suis pas celui que vous
voulez faire de moi.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne fais pas de l’alphabétisation à la Maison Verte pour être bien gentil
avec des pauvres qui devraient devenir de bons français, aussi français que
s’ils étaient fils de Josette, né à Nazalle-Négron.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne suis pas protestant pour annoncer un tiède message bien gentil de
grâce tiède, un tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Je ne
suis pas un guignol protestataire qui gueule ou fait des manifs juste pour
entretenir le spectacle.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jésus préfère mettre en colère ses interlocuteurs - pourtant gentils, sympas
avec lui - et se faire rejeter par eux plutôt qu’être enfermé dans ces pièges,
plutôt que de céder à ces tentations. Plutôt que de rentrer dans le
rang.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il annonce une parole pour qu’elle soit accomplie dans la vie et la société
dans laquelle elle résonne. « L'Esprit du Seigneur est sur moi, Parce
qu'il m'a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres; Il m'a envoyé pour
guérir ceux qui ont le coeur brisé. Pour proclamer aux captifs la délivrance,
Et aux aveugles le recouvrement de la vue, Pour renvoyer libres les opprimés,
Pour publier une année de grâce du Seigneur. »&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une parole qui doit tout changer dans la vie de ceux qui l’entendent et dans
la société. Et il fait un choix : plutôt rompre avec ceux qui ne reçoivent
pas cette parole plutôt que de voir cette parole et celui la porte enfermés,
piégés par des positions, certes confortables parce qu’identifiées mais
convenues, attendues et finalement ne dérangeant plus personne.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plutôt rompre qu’être piégé, dans les figures qui aujourd’hui sont peut-être
être celles&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- du gentil travailleur social qui fait bien son métier d’intégration des
exclus dans la société,&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- celle du chrétien qui assure le service après vente supplément d’âme qu’on
aime d’autant entendre avec ses gentils paroles qu’on n’en applique pas un seul
mot,&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- celle du gueulard de service, Arlette Laguiller ou Le Pen qui font le
spectacle et servent en même temps de repoussoir.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jésus préfère rompre et laisser la place, faire place nette, s‘échapper
après avoir mis en colère ses interlocuteurs. Il fait le choix d’une parole
vivante qui s’échappe des cases. N’est-ce pas le choix que fit par exemple
l’Abbé Pierre : à la fois dans la réalité concrète de l’aide à l’autre -
mais sans jamais se soumettre aux diktats de l’intégration sociale ; dans
l’ancrage dans la parole d’amour de l’Évangile mais d‘un évangile
indompté ; et dans la protestation nécessaire quand il en était besoin,
toujours auprès des moins défendables, Droit au logement ou sans-papiers
?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N’eu-t-il pas le courage de toujours rompre avec les autorités, les conforts
quand cette parole vivante risquait d’être enfermé ? N’est-ce pas ce que
fit la Mission populaire et d’autres mouvement protestants tout au long de leur
histoire ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« L'Esprit du Seigneur est sur moi, Parce qu'il m'a oint pour annoncer
une bonne nouvelle aux pauvres; Il m'a envoyé pour guérir ceux qui ont le coeur
brisé, Pour proclamer aux captifs la délivrance, Et aux aveugles le
recouvrement de la vue, Pour renvoyer libres les opprimés, Pour publier une
année de grâce du Seigneur. »&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd’hui comme il y a 2000 ans, il dépend de nous de dire : cette
parole est accomplie, dans nos vies, dans le monde.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Luc 14,1-6 : Vous faites quoi le dimanche ?</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2007/02/07/Luc-141-6-%3A-Vous-faites-quoi-le-dimanche</link>
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    <pubDate>Sun, 07 Jan 2007 01:27:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Prédications</category>
        <category>Evangile de Luc</category>    
    <description>&lt;p&gt;Peut-on soigner le jour du Sabbat ? Peut-on travailler le
dimanche ? En Luc 14, 1 à 6, Jésus pose de drôles de questions... surtout
celles qu'il ne pose pas. Prédication de Stéphane Lavignotte du 21 janvier
2007.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Luc 14&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Jésus étant entré, un jour de sabbat, dans la maison de l'un des chefs
des pharisiens, pour prendre un repas, les pharisiens l'observaient.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Et voici, un homme hydropique était devant lui.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Jésus prit la parole, et dit aux docteurs de la loi et aux pharisiens:
Est-il permis, ou non, de faire une guérison le jour du sabbat?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Ils gardèrent le silence. Alors Jésus avança la main sur cet homme, le
guérit, et le renvoya.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Puis il leur dit: Lequel de vous, si son fils ou son boeuf tombe dans un
puits, ne l'en retirera pas aussitôt, le jour du sabbat?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Et ils ne purent rien répondre à cela.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A-t-on où non le droit de soigner le jour du sabbat ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voilà la question simple que pose Jésus, sujet de débats fréquents chez les
rabbins de l’époque.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Question simple qui prend pourtant une forme bien baroque dans ce
récit.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La personne à soigner est un homme hydropique.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu’est-ce donc qu’un hydropique ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelqu’un dont le ventre, les jambes ou les paupières sont gonflées par des
secrétions internes au corps. Je ne rentre pas dans les détails, j’ai le
nouveau Larousse médical pour ceux que ça intéresse, et je crois qu’il y a un
docteur dans la salle. Mais en gros, il a l’air gonflé d’eau. Luc, compare cela
à un bœuf ou un enfant qui tombe dans un puis.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ça est bien compliqué.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout si on regarde comment la même histoire est racontée par les autres
évangiles.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marc, le premier qui ait écrit un évangile, parle lui pour la même histoire
d’un homme qui a la main paralysée.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne compare avec rien, il pose juste la question : “ Ce qui est
permis le jour du Sabbat, est-ce de faire le bien ou de faire le mal ? De
sauver un vivant ou de le tuer ? ”&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Matthieu pour écrire son évangile s’inspire du texte de Marc. C’est toujours
l’histoire d’un homme qui a une main paralysée. Mais là, il compare l’homme
malade à une brebis qui tombe dans un trou : “ Qui d’entre vous s’il n’a
qu’une brebis et qu’elle tombe dans un trou le jour du sabbat n’ira pas la
prendre et l’en retirer ? ”.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Luc connaît aussi le texte de Marc, il s’en inspire largement pour écrire
son évangile. Mais il transforme l’histoire. Ce n’est plus un homme à la main
paralysée, c’est donc un homme hydropique. Ce n’est plus une brebis qui tombe
dans un trou, mais votre bœuf ou votre fils qui tombe dans un puis.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui me frappe dans les transformations qu’opère Luc sur le texte de Marc,
c’est l’abondance de l’eau dans les exemples choisis. Un homme hydropique, le
nom, veut dire qu’il a l’aspect de l’eau. On pensait sans doute à l’époque que
les gonflements étaient causés par l’eau. Le bœuf et l’enfant ne tombent plus
dans un simple trou mais dans un puis, avec de l’eau.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un vrai bain.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute la scène se déroule un jour de sabbat. Le jour important dans la
pratique religieuse de l’époque, le jour encore important dans le judaïsme
aujourd’hui. Jésus est invité par un chef religieux. Il mange du pain. Et ce
n’est pas juste comme on grignote des noix de cajou ou des olives à l’apéro. Un
jour de sabbat, dans la Palestine de l’époque, partager le pain c’est bien sûr
un geste religieux,. Toute la scène est dans un autre bain, un bain religieux,
un bain de rituel.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’eau dont nous parlions tout à l’heure, dans un pays aussi sec et chaud que
la Palestine, c’est positif, c’est rare, c’est une bénédiction. Vous vous
souvenez peut-être dans l’ancien testament de toutes les bagarres qu’il y a
autour de la possession des puis. Et pourtant, cette eau si positive, est dans
cette histoire un poison. L’homme est malade d’y avoir son corps noyé. Comme le
bœuf et l’enfant se noient dans le puis. L’eau qui est si rare, l’eau qui est
si nécessaire, devient mortelle quand on y est plongé, quand en grande
quantité, elle ne nous laisse plus respirer, nous entourant, ne nous laissant
plus d’espace, plus d’air.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le sabbat ? Le rituel ? La religion ? Bien sûr qu’elle est
une bénédiction. Ne demandez pas à un évangéliste, une des personnes qui écrit
la biographie d’un fondateur de religion d’être contre la religion.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais là, comment sont les pharisiens, le jour du sabbat, jour où on est
censé ne rien faire ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et bien ils ne font rien. Mais rien de rien. À aucun moment de la scène, ils
ne parlent. Et si on n’avait pas remarqué ce silence des pharisiens, Luc
insiste lourdement. “ Ils gardèrent le silence ” précise-t-il. Jésus prend la
parole. Le texte grec dit qu’il répond. Ce qui est drôle c’est qu’on se demande
à quoi il répond, car rien ne lui a été demandé. Et quand à la fin de cette
scène, ils posent une question, “ ils ne purent rien répondre ”. Ils ne disent
rien, mais ne bougent pas, n’agissent pas. Tout juste, ils l’observaient. Ils
l’épiaient.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On imagine, ces pharisiens, qui ne disent rien, qui ne bougent pas. Seules
bougent-ils leurs yeux, qui regardent de travers.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sont-ils encore vivants ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sabbat est un bien, aucun juif de l’époque même pas Jésus ne peut dire le
contraire. Et pourtant, comme pour l’eau de toute à l’heure, si positive, le
sabbat semble un poison anesthésiant. Les pharisiens en semblent malade au
point d’y avoir la parole, le corps noyé. Comme l’eau qui est si rare, l’eau
qui est si nécessaire, le sabbat semble devenir mortel quand on y est plongé,
quand en grande quantité, il ne nous laisse plus respirer, nous entourant, ne
nous laissant plus d’espace, plus d’air.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, de chose si positive en elles-mêmes, l’eau et le sabbat, le temps
offert à Dieu, la religion, semblent devenir des dangers.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce une question de quantité ? On connaît bien des choses positives
qui deviennent négatives quand il y en a trop. Et dans des domaines bien
différents. Le travail qui manque tant à ceux qui n’en n’ont pas, mais qui peut
exténuer des gens, faire exploser des couples ou des familles quand il prend
toute la vie.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Là au contraire, il nous faudrait peut-être nous redécouvrir les vertus du
sabbat. On n'en est plus à demander : peut-on sauver une vie le jour du
sabbat. Mais : peut-on ouvrir les supermarchés et faire travailler les
gens le dimanche ? Peut-on faire travailler les gens de nuit ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a bien des choses positives qui deviennent négatives quand il y en a
trop.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’automobile, qui est d’abord apparu comme un progrès, et qui aujourd’hui
par l’explosion de son usage sur toute la planète participe par ses gaz
d’échappement à détruire notre atmosphère.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’argent qui peut faire tourner les têtes.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi. Quand on dit : “ la loi, c’est la loi, on l’applique sans
défaillir ”. Prend-on en compte les conséquences humaines ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Même l’amour qui peut devenir étouffant.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou le volontarisme dans l’aide aux autres, le service aux plus en
difficulté, quand les personnes à force de ne s’occuper que des autres oublient
de s’occuper d’eux-mêmes.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce seulement une question de quantité ? Une façon de dire : “
il faut être modéré en tout ”. Mais peut-être faut-il aussi être modéré en
modération car nous avons besoin des enthousiasmes, des excès, des projets
fous, des utopies, des rêves, Des peuples qui sortent d’Egypte même s’ils
savent qu’il y a la mère rouge devant, des noirs qui marchent dans les villes
du sud des Etats-Unis pour leurs droits même s’ils savent que les chiens de la
police vont les mordre.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, est-ce seulement une question de quantité ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Jésus répond et dit aux Pharisiens et aux légistes : “ est-il
permis de guérir un malade le jour du sabbat ? ”. À qui répond-il ?
Aux pharisiens ? Mais ils n’ont posé aucune question. Où répond-il à la
personne dont parle la phrase juste avant : “ Un hydropique se trouvait
devant lui ”. Jésus répond à une situation. Il vient en aide à quelqu’un de
précis qui est en face de lui.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n’est pas seulement une question de quantité. Ce n’est pas qu’il y aurait
trop de sabbat. Mais qu’il y a des situations, des prochains qui ont besoin de
nous.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question est moins : Est-ce que je donne trop d’amour ? Est-ce
que je gagne trop d’argent ? Est-ce que j’aide trop les autres ? Je
peux être trop en tout ça, certes.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question n’est-elle pas : Pourquoi est-ce que je le fais ?
Est-ce que je ne le fais que par habitude, parce que c’est le rendez-vous du
samedi, parce que c’est comme ça, il faut aller travailler tout les jours,
parce que c’est la loi, la règle, l’habitude dans cette société. Je veux gagner
plus d’argent, je veux plus travailler parce que c’est comme ça. J’ai mes
engagements, mes actions associatives, sociales, celles que je connais, que je
maitrise, qui me prennent tout mon temps.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Où est-ce que je le fais pour répondre à une situation, parce que j’ai un
but, un projet, une envie, une volonté d’aller vers les autres, d’aider mon
prochain ? Est-ce que je peux sortir de mes habitudes si quelqu’un a
besoin de moi ? S’il y a une urgence, puis-je aller à son secours ?
Une famine en Ouganda ? Ah, non désolé, moi je ne m’intéresse qu’aux
épidémies de fièvre jaune. Tu déprimes sec et tu penses à mettre fin à tes
jours ? Désolé, j’ai trop de travail au bureau.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans nos vies, sommes nous comme les pharisiens et les légistes, nous
invitons Jésus à notre table, mais nous sommes trop piégés par nos habitudes –
y compris nos bonnes habitudes, nos générosités, nos engagements - trop piégés
pour rester autrement qu’inactif et muet quand un homme, l’humain, l’humanité,
à côté, peut-être trop à côté de nous est en train de se noyer ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Où alors, même si cela est mal vu par les habitudes de notre temps, par la
loi même, par nos habitudes, nos dadas, nos urgences, nous pouvons dire :
j’arrête tout, je te donne un coup de main.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;pre&gt;
En plein jour de sabbat, saurons-nous nous saisir notre frère pour le soigner ?&lt;br /&gt;
&lt;/pre&gt;</description>
    
    
    
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