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  <title>La Maison Verte, Fraternité de la Mission Populaire Evangélique (Paris 18) - Notre histoire...</title>
  <link>http://blog.lamaisonverte.org/</link>
  <description></description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Fri, 01 Aug 2008 18:55:19 +0200</pubDate>
  <copyright></copyright>
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  <item>
    <title>La Maison Verte, la lutte contre le racisme, les discriminations et pour la dignité des étrangers</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2008/07/06/La-Maison-Verte-la-lutte-contre-le-racisme-les-discriminations-et-la-dignite-des-etrangers</link>
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    <pubDate>Sun, 06 Jul 2008 19:08:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Notre histoire...</category>
        <category>discriminations</category><category>engagement</category><category>sans-papiers</category>    
    <description>&lt;p&gt;Dans notre travail quotidien (alphabétisation, accompagnement social...),
dans nos mobilisations pour les sans-papiers de La Maison Verte ou d'ailleurs
(Cercle de silence...), nous nous battons pour la dignité des personnes que
l'ont dit &amp;quot;étrangères&amp;quot;, mais qui ne le sont pas pour nous... Quelques dates de
l'histoire de La Maison Verte sur ces questions...&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://blog.lamaisonverte.org/public/./.Nouvelle_image_m.jpg&quot; alt=&quot;82maisonverte&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;82maisonverte, juil 2008&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Grèves de la faim de réfugiés Kurdes en mai 82.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'époque du pasteur Jean Joussellin&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1942-1944 Cache des enfants juifs par Jean Joussellin et Renée David&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'époque du pasteur Charly Heydrich (1969-1980)&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27 octobre 1971 assassinat de Djilali Ben Ali, jeune Algérien de 15 ans,
dans le quartier de la Goutte d’Or à Paris, par le concubin de la concierge de
l’immeuble où il habitait. Le comité de soutien (Secours Rouge, Michel
Foucault, Claude Mauriac, Maurice Clavel etc.) se réunit à La Maison Verte.
Charly Hedrich manifeste en tête d'une manifestation de 3000 personnes contre
le meurtre.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Novembre 1972 Participation de La Maison Verte au mouvement contre la
circulaire Fontanet. Grève de la faim de Saïd Bouziri (aujourd'hui
vice-président de la Ligue des droits de l'homme).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin novembre 72 Création du Comité de Défense de la Vie et des Droits des
Travailleurs Immigrés (CDVDTI). Une partie des activités a lieu à La Maison
Verte.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11 février 1980 17 ouvriers (dont une femme) tous de Turquie et sans papiers
travaillant dans la confection entament une grève de la faim à la Maison Verte.
Un collectif de soutien (MTI, GISTI, Groupe de femmes algériennes, LCF, OCT,
FASTI, PS, PSU…) appelle à une solidarité active.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17 février 1980 M. Lionel Stoléru, secrétaire d’Etat aux travailleurs
immigrés, leut rend visite à La Maison Verte puis déclare « Leur
régularisation est malheureusement impossible… Paris ne doit pas devenir
Hong-Kong sur Seine ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'époque du pasteur Jean-Jacques Dietsch (aout 1980 - juillet
84)&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Jacques Dietsch : « Pour ce qui est des « étrangers »,
nous avions parmi nous Françoise Demeure qui revenait du Vietnamet nous y
sensibilisait. Nous avons vendu le Temple de la rue du Simplon aux orthodoxes
Serbes. Cela a été l’occasion de contacts plus étroits avec eux. Il y avait le
groupe des femmes immigrées du lundi après-midi pour lequel il était absolument
souhaité que les hommes de la maison soient absents. (Cela a été l’occasion
pour moi d’aller suivre les cours de Jean Baubérot pour un séminaire sur les
sociologies do protestantisme.). Ces femmes, essentiellement marocaines et
africaines, apportaient des recettes de cuisine et nous en avons bien profité
par la suite !&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait aussi Kurt Anschutz, pasteur allemand ordonné au ministère
pastoral à la Maison Verte, (avec Georges Casalis) et le « groupe de
solidarité avec les tous peuples opprimés ». Cela nous a valu beaucoup de
contacts avec des gens d’Amérique Latine et Centrale (Nicaragua, Guatemala, San
Salvador, Chili)… et aussi un petit procès entre deux associations qui avaient
pris le même nom. C’est un peu par ces contacts que Jean-François Fourel (un
des permanents de la Maison Verte à l’époque) est parti plus tard au
Nicaragua.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons reçu au moins deux grèves de la faim avec des Kurdes (janvier 81
et mai 82, voir photo) et puis en mars 83 celle organisée par les amis de de
Vanni Mulinaris, un italien emprisonné soupçonné d’avoir été le cerveau des
brigades rouges. L'abbé Pierre, oncle de la compagne de Giovanni Mulinaris
avait prêché au culte du dimanche lors de cette grève de la faim.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les associations partenaires actives, qui nous ont sensibilisés à la
présence et à la relation aux « étrangers » de notre quartier, il y
avait le MRAP (Mouvement contre Le Racisme et l’Amitié entre les
Peuples.)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait aussi, par le truchement des réseaux d’églises, des contacts
nombreux avec des africains et des malgaches, accompagnements ponctuels
d’urgence ou partenariat plus régulier …&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe Zachée avait choisi en1981-82, comme thème de l’année
« l’étranger et l’hospitalité »&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1983, étaient présentes, par exemple, en plus du MRAP, une association
marocaine, une permanence anti-expulsion, les Togolais à Paris. Il était de bon
ton d’être anti-raciste à l’époque à la Maison Verte.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne me souviens pas d’une résistance de la part du Conseil presbytéral de
l’Eglise Réformée de Montmartre ou même du milieu populaire de l’époque.
C’était aussi l’époque du syndicaliste Lech Walesa et de Solidarnosk en
Pologne, qui nous ont valu de nombreuses réunions et le port, par plusieurs
d’entre nous de l’insigne « Solidarnosk ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui a aidé, aussi, c’est sans doute la présence de nombreux stagiaires
étrangers (en particulier de Villigst, (cet organisme allemand donnant des
bourses aux jeunes étudiants intéressés par la lutte contre le fascisme) et les
américains comme Steve et Jean, qui montraient bien que l’on peut ne pas avoir
toujours tout juste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'époque du pasteur Jean-Paul Morley (92-99)&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Paul Morley : « Je ne sais plus trop… En fait, la MV, de ‘mon
temps’ n’était pas tellement militante, et se concentrait plutôt sur le travail
de terrain, y compris création de l’Association Intermédiaire Eureka, qui
faisait travailler des centaines, ou le vestiaire, qui s’accompagnait de
démarches papiers et autres, ou le soutien scolaire et les camps de vacances,
en majo bien sûr pour des enfants étrangers, des cultes franco-africains,
etc... Bref, on cultivait le vivre-ensemble plus qu’on ne le promouvait en
réseaux etc.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais même plus pourquoi était la grève de la faim déroulée chez nous…
Et puis il y a eu l’occupation, brève, de la MV par un collectif de
sans-papiers/sans abris… On a participé à une fête de baptêmes républicains
d’étrangers… Mais nos partenaires étaient plus souvent des associations locales
françaises que des nationales plus militantes. »&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Petite histoire de La Maison Verte</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2006/11/10/Petite-histoire-de-La-Maison-Verte</link>
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    <pubDate>Fri, 30 May 2008 18:48:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Notre histoire...</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.lamaisonverte.org/public/MV1920.jpg&quot; alt=&quot;La Maison Verte en 1920&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; /&gt; &lt;img src=&quot;http://blog.lamaisonverte.org/public/MV2006.gif&quot; alt=&quot;La Maison Verte aujourd'hui&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques dates... et pourquoi la maison est-elle &amp;quot;verte&amp;quot;...&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;la Mission Populaire Evangélique de France est créée en 1872 par un pasteur
écossais, Robert W. MacALL. Dès 1873, il ouvre une première « boutique
d’évangélisation » boulevard Ornano, dans un café loué pour évangéliser le
milieu ouvrier. Elle se déplace plus tard rue de Clignancourt, où elle devient
« verte » en raison de la couleur de ses murs et volets… En 1905,
elle se transplante rue Marcadet et devient une véritable « maison de
quartier ». À cette adresse depuis l’entre-deux guerres, les locaux actuels
sont édifiés en 1960, alors que se développent des activités à dominante
sociale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pendant la deuxième guerre mondiale, avec le pasteur Jean Joussellin et la
responsable éclaireuse Renée David, une centaine d'enfants juifs du quartier
sont &amp;quot;exfiltrés&amp;quot; dans un château de la région parisienne sous couvert du CPCV,
centre protestant des centres de vacances.&lt;br /&gt;
Dans les années 70-80, Charly et Vereine Heidrich travaillent avec les
militants de la gauche prolétarienne, avec les travailleurs arabes de la Goutte
d'or, avec le Centre du christ libérateur du Pasteur Doucet. La Maison Verte
accueillera la chapelle ardente de Pierre Overney, la conférence de presse du
lancement de Libération...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les objectifs de la Mission Populaire Evangélique de France, comme
dans les autres « Fraternités », la Maison Verte agit pour que, sur la
terre où nous vivons, la justice remplace l’exploitation ; la fraternité
remplace l’oppression ; le partage remplace le pillage ; la dignité
remplace le mépris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisée dans le Christianisme social, cette présence évangélique de partage
et d’actions auprès des milieux populaires est mise en œuvre selon notre
histoire et la réalité humaine de notre implantation locale.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>« Des visages, des noms, des enfants »</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2008/04/01/Des-visages-des-noms-des-enfants</link>
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    <pubDate>Tue, 01 Apr 2008 22:11:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Notre histoire...</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Inauguration d'une stèle pour les très jeunes enfants déportés du 18e&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://blog.lamaisonverte.org/public/mars.jpg&quot; alt=&quot;mars.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Le 27 janvier, la Maison Verte s'est associée à l'inauguration d'une stèle à
la mémoire des 90 très jeunes enfants juifs déportés (et tous assassinés par
les Nazis) habitant dans le 18ème arrondissement de Paris. Cet événement était
organisé par l’AMEJD (association pour la mémoire des enfants juifs déportés)
du 18ème. La particularité de ces très jeunes enfants déportés est que n’étant
pas encore scolarisés, leurs noms ne sont pas inscrits en mémoire, dans les
écoles du 18ème. On peut désormais lire un texte présentant ces événements à
l'entrée du parc et voir la stèle dans le square Léon Serpolet (connu sous le
nom de &amp;quot;square Léon&amp;quot; ou square de la rue des Cloys). J'étais donc présent lors
de la cérémonie, qui a rassemblé de nombreuses personnes et représentants
(mairie, autres associations). A cette occasion, ont été cités les noms et âges
de chacun des enfants, ce qui &amp;quot;humanise&amp;quot; un peu ce que l'on considère comme
&amp;quot;une tragédie&amp;quot;, mais qui reste souvent dans les esprits un amas de
monstruosités sans en prendre les traits précis de ces noms ou visages
d’enfants. Pour moi, ce sont davantage ces instants imaginables et le cas de
tel ou tel enfant (comme d’autres tragédies à ce moment) qui me rapprochent de
ces malheurs, souffrances, destinées, qu’une évocation vague et massive à coup
de “millions“ ou d’adjectifs ou encore de “termes convenus en la circonstance“,
qui me forcent au souvenir et à la sympathie (au sens littéral). La Maison
Verte renouvelle son soutien inconditionnel à ceux qui se battent pour la
mémoire des hommes , femmes et surtout enfants, qui ont souffert. Cela nous
permet d’ouvrir les yeux, davantage, sur nos responsabilités vis-à-vis de nos
prochains. Qu’ils soient nos voisins, comme à l’autre bout de la planète
d’ailleurs. A tous les promeneurs et lecteurs de notre petit journal, je vous
propose donc, à l’occasion, de vous recueillir un instant devant cette stèle et
de ressentir la révolte, la compassion et l’envie d’agir que cela
provoque.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jacques VEROT, président des amis de la MV&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Nous avons accueilli le mois dernier pour un concert Catherine Joussellin,
petite fille du Pasteur Joussellin. Ce fut pour nous une grande émotion. Nous
commençons avec Pascal Guillot à travailler pour voir comment rendre hommage et
rendre vivant ce souvenir.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Sans-papiers : le mouvement de 1972</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2008/03/30/Sans-papiers-%3A-le-mouvement-de-1972</link>
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    <pubDate>Sun, 30 Mar 2008 23:03:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Notre histoire...</category>
        <category>engagement</category><category>sans-papiers</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Le mouvement des sans-papiers lors de la publication le 16 octobre 1972 de
la circulaire Fontanet se déroule notamment dans le 18e avec la figure de Saïd
Bouziri, actuellement responsable national de la Ligue des droits de l'homme.
Une partie des réunions se passa sans doute à La Maison Verte et &amp;quot;le pasteur du
coin, très actif&amp;quot; dont parle Saïd Bouziri est bien sûr Charly Hedrich...
&lt;a href=&quot;http://www.gisti.org/doc/plein-droit/11/clandestinite.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Voir l'interview de Saïd Bouziri sur le site du GISTI.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Appel à témoins</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2009/11/13/Appel-a-temoins</link>
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    <pubDate>Tue, 19 Feb 2008 00:10:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Notre histoire...</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Nous lançons un appel à témoin à ceux et celles qui savent des choses sur ce
qui s'est passé pendant la guerre 39-45 à La Maison Verte.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Il y a deux sortes de témoins. Il y a ceux qui ont vu, qui étaient là et à
qui on peut demander : alors qu'avez-vous vu ? Que s'est-il
passé ? Il y a dans les Evangiles une seconde sorte de témoins. Ils n'ont
pas vu ce qui est arrivé à Jésus, ils sont arrivés une génération ou deux
ensuite, mais on leur a raconté. Ils sont témoins parce qu'il leur tient à
coeur que cette histoire continue à être racontée, qu'on ne l'oublie pas
qu'elle puisse se vivre dans le présent.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous lançons un appel à ces deux sortes de témoins.&lt;/strong&gt; Ceux et
celles qui savent des choses sur ce qui s'est passé pendant la guerre 39-45 à
La Maison Verte, en particulier sur la mise à l'abri d'enfants juifs au château
de Capy et sur la création du CPCV. Nous avons rencontré Renée Joussellin,
veuve de Jean Joussellin et une des principales chevilles ouvrières de cette
aventure. Ce que Renée Joussellin a raconté à Bernadette Sauvaget et à moi est
une histoire simple, belle, forte courageuse. Elle doit prendre toute la place
qu'elle mérite dans l'histoire de la Maison Verte, du quartier, de la Mission
populaire, du protestantisme. Pour de mauvaises raisons, elle a été trop
occultée.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour qu'elle ne soit plus occultée que nous lançons aussi un appel à
la deuxième sorte de témoins : ceux qui veulent que cette histoire ne soit
pas oubliée, qu'elle continue à pouvoir rencontrer nos vies aujourd'hui.
&lt;strong&gt;Si vous voulez travailler sur l'histoire de la Maison Verte&lt;/strong&gt;,
nous avons besoin de vous. Si vous voulez que cette histoire continue en vous
engageant pour ceux qui sont le plus en difficulté qui ont à faire face aux
puissances de mort – économiques, sociales, culturelles, nous avons aussi
besoin de vous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Stéphane Lavignotte, pasteur er directeur de La Maison
Verte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>L'abri du 127 rue Marcadet</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2007/10/23/Labri-du-127-rue-Marcadet</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:5ee1eb88125763867907ae6f83b710d8</guid>
    <pubDate>Thu, 08 Nov 2007 12:54:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Notre histoire...</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Un livre et un article du Nouvel Obs Paris évoquent la protection offerte
pendant la guerre par le Pasteur de la Maison Verte - Jean Jousselin - aux
enfants juifs du 18e.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Dans le ParisObs de cette semaine (jeudi 18 Octobre), un dossier est
consacré aux lieux secrets de la capitale ayant abrité la résistance. Page 18
de cette édition numérique téléchargeable sur le net, un &lt;a href=&quot;http://parisobs.nouvelobs.com/hebdo/parution/p348_2241/dossier/a356785-planqu%C3%A9s_au_milieu_de_la_foule.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;article&lt;/a&gt; évoque le rôle joué par la Maison Verte et le pasteur
Joussellin, en venant en aide à des enfants juifs. Voir ce lien et
ci-dessous.&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les lieux de la Résistance&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anne Thoraval&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Éd. Parigramme&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;127-129, rue Marcadet, sauvetage d'enfants juifs.
1942-1944&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pasteur Jean Jousselin est nommé courant 1942 directeur de la Maison
verte, mission populaire évangélique de la rue Marcadet. Ce patronage accueille
les enfants après l'école, leur propose des jeux, les aide à faire leurs
devoirs. Si les familles juives sont nombreuses à Montmartre, elles ne se
sentent pas particulièrement traquées jusqu'à la grande rafle de
juillet.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À partir du 16 juillet, il ne fait cependant plus aucun doute pour personne
que l'État français ne protège nullement ces citoyens. La détresse gagne.
Comment partir, comment se cacher avec de jeunes enfants ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Jousselin mesure l'ampleur du drame. Nombreux sont les parents qui
connaissent la générosité et le courage du pasteur pour avoir déjà confié leurs
enfants à la Maison verte. L'accueil des enfants juifs se poursuit. Afin de
fournir aux parents des hébergements plus aisés chez des particuliers, on
trouve en mai 1943 le moyen d'éloigner de Paris les plus jeunes : sous
couvert d'un Comité protestant des colonies de vacances, Jean a réussi à
obtenir toutes les autorisations nécessaires pour ouvrir un centre dans l'Oise,
au château de Cappy.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enfants y sont conduits pour les vacances. Mais en septembre, les
parents demandent au pasteur de ne pas les faire revenir à Paris. Tous les
enfants envoyés à Cappy y demeurent.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rue Marcadet, Jean Jousselin continue d'accueillir, puis d'évacuer, par la
gare du Nord, les jeunes persécutés. Les parents donnent ce qu'ils peuvent pour
la pension, tandis que la mairie du 18e arrondissement continue, sans
sourciller, de fournir des tickets d'alimentation sur présentation des cartes
« J » d'enfants déjà évacués.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À l'été 1944, cent trente-cinq personnes dont quatre-vingt-sept enfants et
adolescents juifs, séjournent au château de Cappy. Tous sont sauvés.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nº348_2241&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SEMAINE DU JEUDI 18 Octobre 2007&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À la Une &amp;lt; Paris Obs &amp;lt; Planqués au milieu de la foule&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Planqués au milieu de la foule&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les quartiers populaires, les caches sont nombreuses : chez
l'habitant, dans une boutique ou encore au sein d'une institution religieuse.
Récits.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;18e Pasteur Joussellin&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'abri du 127 rue Marcadet&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 16 juillet 1942, Paris bascule dans l'horreur : 9000 policiers
parisiens arrêtent près de 13 000 juifs. C'est la rafle du Vél' d'Hiv. A
Montmartre, où résident de nombreuses familles juives, le pasteur Joussellin
mesure l'ampleur de la tragédie. Nommé début 1942 directeur de la Maison verte,
une mission populaire évangélique logée au 127-129 rue Marcadet, il accueille
en secret des enfants, avant de mettre sur pied, en mai 1943, une véritable
filière de sauvetage. Sous couvert d'une colonie de vacances protestante, il
ouvre un centre dans l'Oise, au château de Cappy. A l'été 1944, 135 personnes
dont 87 enfants et adolescents juifs y habitent. Tous seront sauvés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&lt;strong&gt;0e 131, bd de la Villette, l'arsenal du PC&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1941, la possession d'armes est interdite, les Parisiens jettent
revolvers, pistolets et fusils de criasse dans les caniveaux et les égouts de
la capitale. Précieux rebuts, que récupèrent les combattants issus du Parti
communiste, les premiers à choisir la lutte armée. Les «ramasseurs» arpentent
les sous-sols de Paris et confient leurs trouvailles à Paul et Marie-Thérèse
Lefèbvre. Le couple tient un atelier de réparation de cycles au 131 boulevard
de la Villette. La boutique ne désemplit pas : les Parisiens circulent de
plus en plus à bicyclette. La couverture est parfaite, elle favorise les
discrètes allées et venues et le camouflage du matériel. Chaque soir, Paul
remet en état les armes enrayées et fabrique des explosifs. Efficace mais
éphémère.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dès la fin de l'année 1941, les inspecteurs de la Brigade spéciale pénètrent
au numéro 5 de l'avenue Debidour, dans le 19e et découvrent le principal
laboratoire clandestin d'explosifs de l'Organisation spéciale (communiste). Les
policiers décident de filer les chefs. Qui les conduiront tout droit au dépôt
d'armes de la Villette. En novembre 1941, Marie-Thérèse et Paul Lefèbvre sont
arrêtés, ainsi que 25 de leurs compagnons. Le couple échappe à la condamnation
à mort.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;17e 66, rue Truffaut&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La planque des soeurs Benoît&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prisonniers de guerre évadés, aviateurs alliés, juifs, dès 1941, Paris
fourmille de têtes traquées. Et de planques. Pas simple : l'occupant a
réquisitionné bon nombre d'immeubles et les bombardements réduisent encore
davantage les possibilités d'hébergement discret. Quant aux hôtes, ils risquent
gros : la torture et la déportation. Les soeurs Benoît n'ont pas froid aux
yeux. Etudiantes, elles font de leur appartement situé au 66 rue Truffaut un
véritable refuge pour pilotes et résistants en fuite. Début 1944, Francine et
Denise abritent un Canadien et deux Américains lorsque débarquent chez elles
deux responsables du réseau SOE (Spécial Opération Executive, service
britannique spécialisé dans la guerre subversive en Europe occupée). Après
plusieurs tentatives d'exfiltration malheureuses, ils retournent chez les
soeurs Benoît. Au printemps 1944, l'un des deux hommes les prévient de
l'arrivée imminente de la Gestapo. Elles se sauvent de justesse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Louise Couvelaire&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris Obs&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>« Jousselin, un juste à la Maison Verte »</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2007/03/01/Jousselin-un-juste-a-la-Maison-Verte</link>
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    <pubDate>Thu, 01 Mar 2007 12:12:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Notre histoire...</category>
        <category>engagement</category><category>judaïsme</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jeudi 18 janvier, lors d’une cérémonie, Jacques Chirac a dévoilé la
plaque rendant hommage à plus de 2 700 « justes » français : des
personnes qui ont sauvé des juifs de la barbarie nazie. Parmi eux, Jean
Jousselin, pasteur de la Maison Verte en 1942...&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://blog.lamaisonverte.org/public/1945.JPG&quot; alt=&quot;1945.JPG&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Jean Jousselin, pasteur de la Maison Verte (où une salle porte son nom), fut
le fondateur du CPCV , qui servit de couverture pour protéger, en particulier,
les enfants juifs pendant la deuxième guerre mondiale. Nous reproduisons un
extrait du site internet du CPCV : une interview de sa femme, Renée
Jousselin-David, qui fut secrétaire générale du CPCV de 1943 à 1948.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pouvez-vous nous dire quelques mots sur les origines du CPCV
?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En septembre 1942, Jean Jousselin fut nommé pasteur à la Maison Verte - un
poste de la Mission Populaire Evangélique - à Paris dans le dix-huitième
arrondissement. Dans ce quartier, il y avait un grand nombre de familles de
condition sociale modeste. Le scoutisme était interdit en zone nord. Mais,
malgré tout, des groupes de jeunesse furent constitués. De nombreux enfants du
quartier venaient le soir après l'école. Il y avait du soutien scolaire et des
activités le jeudi et le dimanche. J'étais cheftaine des Eclaireurs. En avril
ou mai 1943, des parents sont venus nous demander d'organiser un long séjour de
vacances pour les enfants. C'est ainsi qu'est née l'idée de créer le CPCV, pour
servir de paravent et mettre ainsi des enfants juifs à l'abri.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est-ce que Jean Jousselin et vous-même connaissiez le sort tragique
réservé à la population juive ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande rafle du Vélodrome d'Hiver avait eu lieu à Paris en juillet 1942.
Nous étions parfaitement au courant des arrestations de juifs dans la capitale.
Mon frère, qui était au lycée, a eu plusieurs camarades déportés dès 1941. On
ne pouvait pas ne pas savoir qu'il y avait des arrestations.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment avez-vous procédé pour protéger les enfants juifs
?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Jousselin s'est adressé aux Eclaireurs Unionistes et aux Eclaireurs de
France qui possédaient conjointement le Château de Cappy, dans l'Oise, près de
Compiègne. C'était une curieuse bâtisse entourée de bois. Elle a été prêtée
fraternellement pour y accueillir les enfants. La colonie a donc commencé à la
fin de l'année scolaire 1943 avec soixante-dix à quatre-vingt-dix enfants.
Lorsqu'il a été question de rentrer à Paris, en septembre, des parents nous ont
dit : ‹‹ Notre vie est trop difficile, pouvez-vous garder nos
enfants ? ›› Alors, un certain nombre d'enfants juifs est resté à temps
complet pendant l'année scolaire 1943-1944. Les petits restaient au château
pendant la journée pendant que les plus grands allaient à l'école de Verberie.
Il faut souligner que le maire de la commune et les instituteurs ont été
parfaits. Ils n'ont jamais posé de questions. Les enfants avaient conservé
leurs noms patronymiques, car nous avions pensé, à tort ou à raison, que cela
compliquerait les choses qu’ils se fassent appeler Dupont ou Durand.
Heureusement, il n'y a eu aucune difficulté. A partir de mai 1944, nous avons
reçu beaucoup de demandes pour accueillir des enfants juifs. Elles venaient
d'autres postes de la Mission Populaire, de paroisses protestantes. Il a donc
fallu ouvrir une seconde maison d'enfants. Nous avions trouvé un lieu à
Gouvieux, dans l'Oise, mais une rampe de lancement de missiles V1 était
installée non loin de la ville, et cela n'était pas rassurant. Il a fallu
déménager et ramener tout le monde à Cappy, en juillet 1944. Le jour de la
Libération, le 31 août 1944, il y avait cent trente-cinq personnes au château,
dont quatre-vingt-sept enfants et adolescents, et quelques adultes.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les moniteurs avaient-ils conscience des risques qu'ils prenaient
?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi curieux que cela puisse paraître, nous ne parlions pas de ces risques
et nous n'avions pas peur malgré les difficultés de l'époque. Nous ne nous
sommes pas posés de questions. Il fallait le faire. Nous ne pouvions pas dire
non. Les cartes d'alimentation des enfants juifs étaient marquées d'un J.
Chaque mois, elles donnaient droit à des tickets d'alimentation qui nous
étaient remis dans la plus grande discrétion à la mairie du dix-huitième. J'ai
eu peur une seule fois : le jour où j'ai accompagné un garçon de treize
ans à Cappy. Je lui avais enlevé son étoile jaune à la gare du Nord et là, j'ai
craint que nous ne soyons pris. Pendant tout le séjour, il n y a pas eu une
seule épidémie, ni un enfant à transporter à l'hôpital. A posteriori, on peut
dire que c'est un miracle.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment s'est déroulée la période de la Libération
?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 30 août 1944, il faisait un temps gris, des soldats allemands sont venus
s'installer dans le parc du château le matin. Puis ils sont partis en direction
de Compiègne vers cinq heures de l'après-midi. Le lendemain matin, il faisait
un temps radieux, les Américains étaient alors à trois cent mètres de là, sur
le bord de la route. Les premiers que j'ai vus étaient deux noirs, endormis
dans une jeep. Cette image me restera pour la vie. Elle disait :
« C'est fini ». Les Américains sont entrés dans le château, et nous avons
passé une journée complètement folle. Ils avaient apporté du chocolat, des
cigarettes, du pain blanc et les adultes ont failli se rendre malades en
consommant trop d'extrait de café. Paris était libéré. Cappy était libéré. Le
centre a fermé début octobre 1944. Les enfants ont dans l'ensemble retrouvé
leurs parents. Quelques-uns n'avaient plus que leurs mères, car leurs pères
avaient été déportés, avec les frères et sœurs aînés. Pendant ces années-là,
notre action a été de mettre des enfants à l'abri. Ils n'ont pas eu peur. Ils
ont conservé de bons souvenirs, et tout le monde est rentré sain et sauf. Dès
octobre 1944, le CPCV est devenu un organisme protestant de formation de cadres
pour les centres de vacances et une fédération de centres de vacances
protestants. Il a poursuivi sa route.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Gérard Bonnefon&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;pre&gt;
 &lt;strong&gt;Le CPCV est une association nationale protestante de formation et d'éducation populaire, d'organisation laïque.&lt;/strong&gt;
&lt;/pre&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://blog.lamaisonverte.org/post/2007/03/01/www.cpcvunion.asso.fr&quot; title=&quot;fr&quot;&gt;http://www.cpcvunion.asso.fr&lt;/a&gt;/&lt;/strong&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.lamaisonverte.org/public/1945.JPG&quot; alt=&quot;1945.JPG&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>4 janvier 73 : Libération est lancé à La Maison Verte</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2007/01/09/4-janvier-73-%3A-Liberation-est-lance-a-La-Maison-Verte</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:dd5073649cd46db4969583a9242f4352</guid>
    <pubDate>Fri, 14 Jul 2006 00:04:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Notre histoire...</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.lamaisonverte.org/public/libfond.jpg&quot; alt=&quot;Dans la grande salle de La Maison Verte...&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; /&gt;Dans la grande salle de La Maison
Verte...|L))Dans la grande salle de La Maison Verte...|L))Dans la grande salle
de La Maison Verte... Le 4 janvier 1973 a lieu une conférence de presse qui
voit le lancement du quotidien Libération.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;(Voir le dossier très complet du site amnistia :
http://www.amnistia.net/news/articles/multdoss/libe30an/libe30an.htm&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 4 janvier 1973 dans la grande salle de La Maison Verte a lieu la
conférence de presse de lancement du projet du quotidien Libération. On peut
voir de gauche à droite Philippe Gavi, Jean-Paul Sartre, Jean-Claude Vernier,
Serge July et Jean-René Huleu. Comment sont-ils arrivés jusque-là ?&lt;br /&gt;
Le pasteur est Charlie Hedrich. Comme le raconte Abdellali Hajjat
(http://icietlabas.lautre.net/spip.php?article158) &amp;quot;Djilali Ben Ali, jeune
Algérien de 15 ans, est assassiné le 27 octobre 1971 dans le quartier de la
Goutte d’Or à Paris, par le concubin de la concierge de l’immeuble où il
habitait. C’est le point de départ d’un grand mouvement anti-raciste qui
culmine avec une manifestation de 3000 personnes sans précédent depuis le 17
octobre 1961 à Paris.&amp;quot; Le comité de soutien se réunit à La Maison Verte. Sont
présents le Secours Rouge, Michel Foucault etc. Est-ce à cette occasion que le
contact s'est fait avec les &amp;quot;maos&amp;quot; ? Toujours est-il qu'en février 1972,
la même grande salle accueille la chapelle ardente de Pierre Oveney, militant
maoïste abattu par un vigile de Renault. Puis moins d'un an après, la
conférence de presse de Libération.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>« De l’autre côté du décor »</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2006/11/13/De-lautre-cote-du-decor</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:16cd6d6fb83c902d5a15f7039aa0fc14</guid>
    <pubDate>Thu, 13 Jul 2006 10:28:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Notre histoire...</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pierre Hedrich - fils de Vérène et Charlie Hedrich (pasteur à La
Maison Verte de 1969 à 1980) - vient de publier chez L’Harmattan « Dans
les Coulisses du Nouvel observateur. Récit d'un maquettiste ». Vérène nous a
gentiment confié des pages de cet ouvrage où Pierre raconte le rôle qu’a joué
La Gerbe dans sa « vocation » de maquettiste. Merci à
eux.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://blog.lamaisonverte.org/public/la_gerbe.JPG&quot; alt=&quot;la_gerbe.JPG&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;« En fait, rien ne me prédestinait à travailler dans la presse. J'avais
pourtant le souvenir de la fabrication du journal paroissial que mes parents
publiaient chaque mois. Depuis tout petit, j'assistais à ce rituel mensuel où,
sur la table de la salle à manger, ma mère calligraphiait l'ensemble des textes
de ce bulletin qui ne dépassait pas douze pages. Je sens l'odeur de l'encre de
Chine et j'entends le bruit métallique des stencils claquer dans ma mémoire.
Sur des grandes plaques souples et perforées, elle crayonnait les lignes en
bleu et écrivait à la plume les articles qu'elle agrémentait de dessins. Pour
quelques jours, la table deve-nait un chantier. Mes frères et moi, nous la
regardions mani-puler les plaques d'aluminium avec beaucoup de précaution car
toute trace de doigts pouvait apparaître à l'impression. Pour nous, enfants,
c'est le souvenir le plus prégnant : ces recommandations mille fois
renouvelées. Il faut dire qu'une fâcheuse catastrophe avait eu de quoi
redoubler la vigilance de nos parents. Un jour où ma mère avait enfin terminé
son bulletin mensuel prêt à être expédié à Paris pour être ronéoté, mon frère
jumeau et moi, laissés sans surveillance et attirés par toute cette attention
excessive et mystérieuse, alliant nos forces, nous avions tiré notre parc pour
atteindre la table et nous emparer de ces plaques argen-tées si longtemps
convoitées. La brillance et la matière de ce fabuleux butin nous comblèrent
tant qu'il fut pour nous un véritable champ d'expérience pendant un bref et
irrémédia-ble moment. Nous avions en un temps record froissé quatre jours de
travail d'écriture consciencieuse et appliquée au grand dam de ma
mère.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai grandi avec la réalisation de ce «journal». Dès que j'ai eu l'âge de
dessiner, ma mère m'encouragea à réaliser des dessins pour illustrer les
articles. Plus tard, adolescent, déjà engagé dans des études artistiques, je
suis devenu le dessi-nateur attitré des couvertures de la Gerbe, journal de la
paroisse protestante de Montmartre. Le rituel s'était moder-nisé. L'église
s'était procuré à bas prix une ronéo autour de laquelle venait se réunir une
équipe de bénévoles une fois par mois dans la sacristie sombre et confinée. Le
bruit sac-cadé et assourdissant de la rotative rythmait le travail de chacun.
Cela donnait une atmosphère d'imprimerie clandes-tine et artisanale. L'ambiance
était conviviale. On tassait, pliait, classait tout en mordant dans un
sandwich. J'aimais voir mes dessins se multiplier sur les liasses des pages
imprimées qui se superposaient au rythme où la rotative les rejetait. Magie de
cette reproduction infinie que seul l'arrêt de la machine stoppait. En une
soirée, nous avions imprimé le millier d'exemplaires du journal. Et quand la
petite équipe s'était clairsemée peu à peu et que je quittais Michel, le
res-ponsable des opérations, encore en blouse, nettoyant les der-niers rouleaux
de la machine, j'étais heureux d'en avoir suivi et accompli toutes les
étapes.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une rédaction de quatrième, j'avais clairement exprimé mon rêve. Au
sujet : « Quand je serai grand, mon métier de demain...», j'attaquais
d'entrée : «journaliste». (…) Dans ce devoir, je relatais l'histoire du
journal que j'avais fait : un hebdomadaire dont j'inventais le
titre : Le Parfait Informateur. L'élection présidentielle de mai 1974
suscita en moi un goût accru pour l'actualité. J'écoutais les informations avec
beaucoup d'intérêt et d'ardeur, exalté par cette joute politi-que pour la
conquête du pouvoir. Partisan, je l'étais, bien sûr, à la façon candide,
fougueuse et excessive d'un garçon de mon âge. Je baignais dans la culture de
mes parents. (…) A la même période, deux dessins consacrés à la campagne des
candidats ont été la source du premier numéro du Parfait Informateur. Je me
souviens de la fine pointe de Rotring avec laquelle je les exécutais. Ces
croquis sans but de prime abord sont devenus les premières pierres de cette
aventure qui allait m'occuper plusieurs mois, et peut-être faire jaillir une
vocation que je ne soupçonnais pas alors. (…) Le résultat n'était qu'un seul et
unique exemplaire original de deux ou trois pages que je ne faisais lire qu'à
mes pro-ches. Il n'y eut que cinq numéros. Cette entreprise s'acheva au bout
d'un peu plus d'un mois, non par lassi-tude mais en raison de la charge de
travail que cela repré-sentait. Il reste encore sur ces pages jaunies des
articles inachevés ou à peine débutés, comme si le travail suspendu n'attendait
qu'une suite. »&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Février 80 à La Maison Verte : Une grêve de la faim de travailleurs turcs sans-papiers</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2010/06/07/Fevrier-80-a-La-Maison-Verte-%3A-Une-greve-de-la-faim-de-travailleurs-turcs-sans-papiers</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:1186c00c94d887a3943408dd538b6430</guid>
    <pubDate>Sun, 10 Jul 2005 00:00:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Notre histoire...</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;En février 1980, les travailleurs du quartier du Sentier à Paris,
originaires de Turquie, ont mené une grève de la faim durant vingt-deux jours,
commencée à La Maison Verte. Dès le début, la CFDT s’est impliquée dans cette
action qu’elle a suivie jusqu’au bout. Ceci demeure un cas unique dans
l’histoire syndicale française. Interview de Marie-Noëlle Thibault,
responsable, à l’époque, de l’Union départementale CFDT de Paris, dans le
journal &amp;quot;Plein droit&amp;quot; du Gisti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plein Droit n° 55, décembre 2002&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;http://www.gisti.org/doc/plein-droit/55/confection.html&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Décembre 1953 : Le &quot;Congrès de la Maison Verte&quot;</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2006/11/11/Decembre-1953-%3A-Le-Congres-de-la-Maison-Verte</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:6f9ef7bef2baf492a5c54cd14914b21e</guid>
    <pubDate>Thu, 11 Nov 2004 00:59:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Notre histoire...</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Dans les années 50, les anarchistes sont fortement tiraillés entre
&amp;quot;communistes libertaires&amp;quot; et anarchistes. Plusieurs &amp;quot;Congrés de La Maison
Verte&amp;quot; jouent un rôle important dans la relance de la &amp;quot;Fédération
anarchiste&amp;quot;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;
http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_du_mouvement_libertaire_en_France_des_origines_%C3%A0_1967&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite au congrès de Paris &lt;a href=&quot;http://blog.lamaisonverte.org/post/2006/11/11/mai%2053&quot; title=&quot;mai 53&quot;&gt;mai 53&lt;/a&gt;, la
FA se transforme en Fédération communiste libertaire (FCL) par un vote
majoritaire de 71 mandats contre 61. (Les autres noms proposés étant
« Parti communiste anarchiste » et « Parti communiste
libertaire » !) La crise a cependant fortement affaibli l'organisation,
car la FCL ne regroupe qu'environ 130 à 160 militants. Du 25 au 27 décembre
1953 se tient à Paris le congrès de la Maison verte (Montmartre), organise la
reconstruction de la Fédération anarchiste (organisation synthésiste) à partir
des groupes exclus et d'anciens militants ayant quitté la FA les années
précédentes au vu des pratiques jugées « léninistes » des communistes
libertaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Entente anarchiste se dissout et ses militants intègrent la nouvelle FA.
Des principes de base sont rédigés de façon à regrouper le plus grand nombre
d'anarchistes, toutes tendances confondues. Un pari difficile à tenir, car
Maurice Joyeux, initiateur de cette FA reconstituée, est obligé de faire des
compromis avec les anarchistes individualistes de l'Entente. Il en résulte un
mode de fonctionnement que Joyeux jugeait « impossible » : la prise
de décision à l'unanimité, chaque membre de la FA disposant d'un droit de veto
sur toute orientation de la FA. 1953 est aussi l'année de parution du Manifeste
du communisme libertaire de la FCL.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un deuxième congrès a lieu en mai 1955 à La Maison Verte :
raforum.apinc.org/IMG/rtf/Guerin_Cedric.Anar1950-70.rtf -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot;Le congrès de la Maison verte en mai 1955 relance le débat sur
l'orientation du mouvement : l'heure n'est plus à la reconstruction et
c'est Joyeux et Lanen qui préviennent les militants : &amp;quot; La FA est en train
de crever de vieillissement ; on ne recrute pas, pourquoi ?&amp;quot; &amp;quot;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Jacky Toublet militant anarchosyndicaliste</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2006/11/10/Jacky-Toublet-militant-anarchosyndicaliste</link>
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    <pubDate>Wed, 10 Nov 2004 22:40:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Notre histoire...</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Des générations de militants se sont retrouvés à La Maison Verte. Quand
Jacky Toublet militant anarchosyndicaliste, venait y écouter une conférence sur
la révolution russe...&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Extrait de A contretemps, n° 9, septembre 2002, repris sur le site :
http://increvablesanarchistes.org/articles/biographies/toublet_jacky.htm&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a pour certains êtres des sympathies profondes. Elles viennent le plus
souvent de loin, d'un ailleurs partagé ou d'une ancienne connivence. Elles
résistent aux dissonances et aux effets du temps. Elles perdurent sans qu'il
soit même nécessaire de les cultiver. La disparition de ces êtres-là ne défait
rien du lien tissé. Elle passe le relais à la mémoire, qu'il faut toujours
veiller à désencombrer de sa légende. Pour ne pas trahir le souvenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma première rencontre avec Jacky date de 1967, il avait 27 ans, moi dix ans
de moins. Si la date est précise -le 25 novembre de cette année-là-, je le dois
au numéro 533 de la Révolution prolétarienne (décembre 1967) qui en indique le
motif : une conférence de Marcel Body sur la Révolution russe, à la Maison
Verte, rue Marcadet, dans le 18e arrondissement de Paris. La salle contenait &amp;quot;
300 personnes &amp;quot;, écrit l'anonyme chroniqueur, et parmi elles, &amp;quot; attentifs et
ardents, de jeunes militants de la nouvelle vague &amp;quot;. Pourquoi, si lointain, le
souvenir de cette rencontre est-il resté gravé dans ma mémoire ? Je ne
pourrais tout à fait le dire, mais je sais qu'il symbolise ce que Jacky ne
cessa d'être à mes yeux : un héritier de cette génération qui connut la
défaite sans rien abdiquer de ses principes, un héritier de cette &amp;quot; vieille
garde &amp;quot; du syndicalisme révolutionnaire qui peuplait, ce jour de l'automne
1967, la Maison verte, et parmi laquelle se trouvait Julien Toublet, son
père.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un entretien récemment accordé à la revue Agone , Jacky l'évoquait,
cette &amp;quot; vieille garde &amp;quot;, avec une immense reconnaissance : Marcel Body,
précisément, mais encore Pierre Rimbert, Basilio Hernaez, Raymond Guilloré,
Ferdinand Charbit, cette &amp;quot; école extraordinaire &amp;quot; de la Révolution
prolétarienne. Il y ajoutait Gaston Leval, dont la rencontre compta tant pour
lui et à qui il devait d'avoir découvert Bakounine. Héritier, donc, Jacky le
fut d'abord d'un certain type de militantisme, intensif et confiant, activiste
et exigeant. Pour lui, comme pour les anciens, cette implication quotidienne
dans le collectif n'avait rien de sacrificiel ou d'aliéné. C'était la vie même,
substantiellement différente de celle des résignés, cette vie faite de chaleur
humaine, d'espoirs et de luttes, d'illusions nécessaires aussi. La critique du
militantisme, qui fit quelques ravages dans l'après-68, ne l'atteignit pas. Du
côté des modernes adeptes d'un spontanéisme irraisonné, on se gaussait alors -
ce fut même un trait d'époque - des coureurs de fond de l'anarcho-syndicalisme.
Il y vit sûrement une inconséquence ou, pis encore, une prédisposition au
renoncement. Bilan fait, il n'avait sans doute pas complètement tort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet héritage-là, c'est au Syndicat des correcteurs CGT qu'il en réserva à
l'évidence le meilleur. Par son histoire, il lui convenait à vrai dire comme un
gant. Ce fut sa famille, au bon sens du terme, un tissu complexe de relations
où l'engueulade et le conflit n'entamaient jamais, alors, l'entraide et la
solidarité. Ce syndicat, dernière incarnation d'une CGT mythique qui pratiqua
la rotation des mandats et la démocratie directe, il y tenait comme à la
prunelle de ses yeux, jalousement, exagérément diront d'aucuns, qui sans doute
ne saisirent pas la valeur affective et symbolique qu'il lui attribuait. Le
syndicat, pour lui, c'était la mémoire résiduelle d'une tradition
anarcho-syndicaliste, d'une coutume ouvrière, de Fernand Pelloutier et de
Pierre Monatte, une belle histoire, un trésor même, qu'on protège et dont on
s'inspire. On ne comprenait pas grand-chose à l'enthousiasme que manifestait
Jacky dans l'accomplissement quotidien de tâches syndicales plus souvent
ingrates qu'exaltantes en faisant abstraction de cet attachement à l'histoire,
et de cette mémoire qu'il en avait. S'il savait que les temps avaient changé
-et le syndicat avec-, s'il comprenait les enjeux du réel et en acceptait les
termes, s'il refusait le conservatisme et le repli sur le passé, sa rêverie
était sans doute ailleurs, dans l'évidente nostalgie d'un &amp;quot;avant&amp;quot; où, tout à la
fois organisme de défense et contre-société, le syndicat était d'abord l'école
de la révolution sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les forts caractères, on le sait, ne sont pas de tout repos. Ils peuvent
même indisposer. Ils induisent aussi certaines réputations. Jacky en trimballa
une, celle d'autoritaire, qui avait - pourquoi le nier - sa part de vérité. Ses
colères, épiques, faisaient trembler les murs. Alors, sa gestuelle, sa
grandiloquence, son outrance, c'était du grand jeu. Pour ma part et au risque
de me tromper, j'ai toujours pensé qu'il y avait du théâtre dans tout cela. Et
des scènes où, à défaut de mieux, il s'inventait des batailles :
l'arrière-salle de bistrot ou la tribune. Bien sûr, ce Jacky-là pouvait
déconcerter, décourager, blesser, mais il ne cherchait pas à humilier, car ce
&amp;quot;bœufier&amp;quot;, comme on dit en argot typographique, était, au fond, un sentimental
et, par certains côtés, un grand naïf qui se trompait souvent sur les qualités
supposées de ses frères humains. En règle générale, cette inclinaison de
caractère le portait à l'indulgence, sauf quand, s'agissant d'histoire
-c'est-à-dire souvent-, l'interlocuteur n'y connaissait rien. D'où sa
réputation… Les ignorants, c'est bien connu, supportent mal qu'on leur fasse la
leçon. Question de nature humaine, on n'y peut rien. Ou plutôt, on n'y peut
qu'à condition de mettre les formes, de baisser pavillon, d'induire un faux
rapport d'égalité, de forcer sa nature. Cela, Jacky ne savait pas le faire. On
connaissait l'histoire ou on l'ignorait. Et quand on l'ignorait, on écoutait.
Pour apprendre. Il avait indiscutablement ce côté prof, formé à l'école de
Gaston Leval, où la pédagogie n'était pas -quoi qu'on dise- spécialement
anti-autoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'Alliance syndicaliste des années 1970 à Alternative libertaire, en
passant par le groupe Pierre-Besnard de la Fédération anarchiste et la CNT,
Jacky fréquenta les principales composantes de la galaxie libertaire des trente
dernières années. Il en connaissait les coins et les recoins, les passages et
les impasses. Avec le temps, et plutôt par expérience que par préférence, il
sembla s'orienter vers un anarchisme social ouvert aux différentes sensibilités
libertaires, &amp;quot;une nouvelle synthèse, écrivait-il, tournée vers l'action
concertée de tous les anarchistes&amp;quot;. A lui seul, il l'opéra, cette synthèse,
animant les &amp;quot;Chroniques syndicales&amp;quot; sur Radio-Libertaire, dirigeant le Monde
libertaire, intégrant le comité de lecture des Temps maudits et collaborant à
Réfractions. Son anarchisme, Jacky le voulait anti-dogmatique, ouvert au
mouvement social, attentif et patient. Pour le reste, il était comme tout le
monde, avec juste ce surcroît d'optimisme qui lui faisait dire encore très
récemment : Que va-t-il se passer maintenant ? Je ne sais pas,
j'espère… Il faut tout ignorer de l'histoire populaire pour croire que l'espoir
de changement, l'aspiration à l'égalité et à la liberté vont disparaître des
consciences humaines. Ça prendra sans doute des formes différentes et du temps,
mais quelque chose va renaître… .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il voulait y croire, Jacky, et comment ! Pourtant, sous l'assurance et
la superbe du militant, pointait parfois un découragement. Sorti du cercle
restreint de la parole péremptoire et de la joute verbale, il lui arrivait
aussi de douter et, dans l'échange fraternel d'un face-à-face, de le dire.
Douter de quoi ? Mais de tout, que diable ! Des masses, des
individus, du syndicat, de l'utopie. Son débit, alors, se faisait plus lent,
moins fluide. Sa voix trahissait la lassitude. Son armure se fêlait. Il
touchait terre. Dans l'intimité d'une conversation de ce type, il n'était plus
ce bretteur qu'on connaissait, mais un type lucide et incertain. Alors
-pourquoi le taire ?- en devenant fragile, il gagnait en humanité. Ces
instants, rares, où se brisent les carapaces, ont cet irremplaçable avantage de
révéler l'authenticité d'un être et un peu de son secret. C'était le cas. Au
bout d'un silence le plus souvent, le doute finissait par s'estomper et la
vraie nature, heureusement, par revenir. Heureusement car c'est ainsi qu'on
l'aimait, Jacky, en infatigable, en passionné, en vigie de la lutte de classe.
Même quand on savait qu'il n'était pas que cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce goût de remettre l'argumentaire sur l'établi, d'en vérifier l'à-propos
et, si nécessaire, d'en bousculer les présupposés, Jacky s'y adonna aussi par
l'écriture, et avec talent. Clairs, concis, fouillés, argumentés, ses derniers
textes en attestent . Le temps lui a manqué pour aller plus loin, le temps mais
aussi cette priorité qu'il accorda longtemps à l'action quotidienne, obstinée,
certes nécessaire, mais aussi parfois vaine. A l'heure des regrets, celui-ci
n'est pas le moindre : l'histoire des luttes sociales des trente dernières
années, dont il fut le témoin engagé, reste à écrire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la disparition de Jacky, nous perdons un ami. Nous perdons aussi un
lecteur attentif de ce bulletin. Il y a un an, nous nous adressions à lui pour
qu'il écrive sur Pelloutier et son Histoire des bourses du travail, récemment
rééditée. Sa réponse fut positive. Puis le silence, tardivement rompu par un
court message sur un bristol. Il nous y encourageait à poursuivre la tâche.
C'était quelques jours avant la mort. Il savait qu'il n'écrirait plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ici, cet hommage s'imposait. Jacky nous manquera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freddy Gomez A contretemps, n° 9, septembre 2002.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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