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  <title>La Maison Verte, Fraternité de la Mission Populaire Evangélique (Paris 18) - Articles, billets, chroniques</title>
  <link>http://blog.lamaisonverte.org/</link>
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  <language>fr</language>
  <pubDate>Sat, 19 Jul 2008 21:59:43 +0200</pubDate>
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    <title>Au-delà du lesbien et du mâle</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2008/03/16/Au-dela-du-lesbien-et-du-male</link>
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    <pubDate>Sun, 16 Mar 2008 22:43:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Articles, billets, chroniques</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.lamaisonverte.org/public/Lavignotte_Stuart_Couv.jpg&quot; alt=&quot;stuart&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un nouvel ouvrage paru aux éditions Van Dieren sur la théologie queer
d'Elizabeth Stuart.&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://blog.stephanelavignotte.fr/post/2008/03/16/Au-dela-du-lesbien-et-du-male&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Pour en savoir plus.&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>« La religion de la consommation serait-elle le culte de la France laïque ? »</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2009/11/13/La-religion-de-la-consommation-serait-elle-le-culte-de-la-France-laique</link>
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    <pubDate>Tue, 12 Feb 2008 00:02:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Articles, billets, chroniques</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Le président de la Fédération protestante de France s’interroge sur le sens
de la libéralisation du travail le dimanche.&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://blog.lamaisonverte.org/public/2.JPG&quot; alt=&quot;2.JPG&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Il est question de généraliser l’autorisation de travailler le dimanche… À
mes yeux, ce n’est pas une bonne idée ! Qu’un pasteur réagisse ainsi
n’étonnera personne, et pourtant ce ne sont pas des intérêts particuliers que
je défends. Au contraire, &lt;strong&gt;ma démarche est antireligieuse !&lt;/strong&gt;
Dans ce projet, je dénonce d’abord la religion de la consommation.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tendance à ne plus faire de différences entre les jours pour permettre de
travailler et de consommer vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours
sur sept, est l’affirmation sans complexe du culte de la consommation animé par
sa prophétesse publicité (dont le credo est la loi du marché). C’est
logiquement que &lt;strong&gt;le supermarché est devenu le lieu de la célébration par
excellence&lt;/strong&gt;, l’endroit où le travailleur fatigué s’enivre de musiques
et de lumières pour mieux sacrifier dans la joie. C’est une expression de la
liberté de culte, direz-vous.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, mais ce qui est surprenant, c’est que ce culte semble devenir le
culte officiel de notre République qui ne serait donc plus laïque ! Plus
que cela, j’avance que ce culte reconnu a un penchant sectaire évident. Ceux
qui suspectent sans cesse les mouvements religieux d’égarement, sont
curieusement muets devant le lavage de cerveaux que subissent adultes et
enfants par le biais d’une publicité omniprésente, particulièrement en ce temps
de Noël ! Ces défenseurs des innocents semblent indifférents à la frénésie
consommatrice, à moins qu’ils n’en soient eux-mêmes le clergé ! Un comble
!&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand la Bible préconise des jours de repos et de fêtes, elle offre du temps
pour célébrer Dieu, mais plus largement elle souligne &lt;strong&gt;la nécessité pour
tout homme de sortir d’un travail dont il est potentiellement
l’esclave&lt;/strong&gt;. Le repos régulier qui peut donc se partager, comme se
partage le travail, est alors l’occasion de prendre du recul et de réfléchir
sur les finalités de son action. Pourquoi travailler plus ? Pourquoi
gagner plus ? Pour qui ? Pour quelle vie ? Dans quelle création
est-ce que j’inscris mon ouvrage ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;__Pasteur Claude Baty Président de la Fédération protestante de France__&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Photo&lt;/strong&gt; : &lt;em&gt;la photo de la dernière Miss France pour
une pub de maillot de bain qui a failli lui valoir son titre. Aucun blasphème
(et quand bien même) mais un exemple de « culte de la consommation ».
SL&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>« Quelle genre de mouton sommes-nous ? »</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2007/10/23/Quelle-genre-mouton-sommes-nous</link>
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    <pubDate>Tue, 23 Oct 2007 12:28:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Articles, billets, chroniques</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.lamaisonverte.org/public/./.70712.JPG_s.jpg&quot; alt=&quot;Mouton UDC2&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; /&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.lamaisonverte.org/public/./.udc_moutons_s.jpg&quot; alt=&quot;mouton UDC&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; /&gt; L'extrême-droite
Suisse (UDC) a lancé une campagne pour faire passer un système de double-peine
contre les étrangers (expulsion en cas de condamnation). Nous reprenons la
réaction que Diane Lokia, pasteure Suisse, a publié dans son bulletin
paroissiale. Diane est membre du Comité national de la Mission populaire,
membre active du Comité Suisse de la Miss' Pop' et organise l'accueil des
enfants des Frats de la Miss' Pop' en Suisse.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(Illustration : L'affiche de l'UDC... et le détournement du
POP, le &amp;quot;parti communiste&amp;quot; Suisse&amp;quot; où c'est le mouton de l'UDC qui se fait
expulser)&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;« Au cœur de la torpeur estivale, voilà que l’on entend déjà des
rumeurs électorale. Comme pour nous faire plus peur ? Comme pour nous
faire plus mal ! On nous propose une logique de purification de l’enclos
des moutons. L’Evangile dit exactement le contraire. « Si quelqu’un parmi
vous possède cent moutons et qu’il perde l’un d’eux, ne va-t-il pas laisser les
quatre vingt dix-neuf autres dans leur pâturage pour partir à la recherche de
celui qui est perdu jusqu’à ce qu’il le retrouve ? Et quand il l’a
retrouvé, il est tout joyeux : il le met sur ses épaules, rentre chez lui,
puis appelle ses amis et ses voisins et leur dit : ‘Réjouissez-vous avec
moi, car j’ai retrouvé mon mouton, celui qui était perdu !’ » (Luc 15.
4-7). Il arrive un moment, lorsque l’on est chrétien, où l’on ne peut plus se
taire. Où l’on doit proclamer combien il est plus important de rassembler et de
chercher la paix que de dessiner des moutons noirs et traiter les gens en boucs
émissaires. Car savez-vous pourquoi Jésus raconte cette petite parabole ?
Parce que comme il fait bon accueil à des gens de mauvaise réputation -
voleurs, traîtres, profiteurs et autres – leur parle et mange avec eux, il se
trouve des bien-pensants pour dire qu’au lieu de se souiller ainsi il ferait
mieux de laisser ces gens de côté. C’est à ces bien-pensants que Jésus donne
une leçon sur l’art d’être berger, et de résoudre les problèmes plutôt que les
chasser. Sûr, c’est bien plus exigeant et compliqué de dialoguer que de
cataloguer, mais là-dessus Jésus ne transige pas et choisit toujours la
première option. Il sait bien que la paix est à ce prix. Alors quand vient
notre tour, quel regard voulons-nous porter sur notre humanité – celle, déjà,
qui peuple notre pays ? Il arrive un moment, lorsque l’on est chrétien, où
l’on ne peut plus se taire ; où l’on doit crier haut et fort que c’est
trahison d’oser donner à cet enclos la forme d’une Croix. »&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Enchant(i)é(r) !</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2007/10/23/Enchantier</link>
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    <pubDate>Tue, 23 Oct 2007 10:25:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Articles, billets, chroniques</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Après avoir repris les commandes en vol l'année passée, nous sommes sur la
piste d'envol pour débuter la nouvelle année (scolaire). Nous avons un certain
nombre de chantiers engagés : dont certains matériels ou encore l'
expression de notre identité de MV. Mais au delà de ces actions, je
souhaiterais que nous abordions maintenant une phase d'anticipation sur nos
besoins et ambitions futures. En effet, parer aux difficultés au fur et à
mesure qu'elles s'invitent peut sembler déjà une bonne chose, mais c'est à la
fois peu efficace et encore moins stimulant. C'est pourquoi je propose à tous
de réfléchir, et de faire part au secrétariat de la MV, de tout ce qui vous
semble important de ce qui concerne notre AVENIR. Au niveau des différentes
activités, comme d'un point de vue du fonctionnement général. Comme, par
exemple &amp;quot;tiens, il faudra songer à trouver un nouveau Président pour la MV, car
celui ci est complètement dans les nuages, et va se mettre tout le monde à
dos&amp;quot;. Ce n'est qu'un exemple, bien sûr. A part cela, je souhaite à tous de
continuer à trouver, et faire, leur place dans notre Maison, et de savoir
donner comme recevoir pour découvrir un monde de richesses. Et pour celles et
ceux qui y ont foi, à travers la lumière du Christ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Votre dévoué Président , Jacques VEROT&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Une censure qui manque de chair</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2007/09/19/Une-censure-qui-manque-de-chair</link>
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    <pubDate>Wed, 19 Sep 2007 10:44:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Articles, billets, chroniques</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;Des blogs cathos obligent La Redoute à retirer un bijou représentant un
squelette avec une couronne, de la marque Corpus Christi, l'assimilant
peut-être un peu vite à une sorte de crucifix blasphématoire. Stéphane
Lavignotte, pasteur de La Maison Verte, s'étonne de cette censure.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;La « fatwa » sur un dessinateur suédois excite la presse
internationale. En revanche, le retrait de la vente - après une mini-agitation
orchestrée par quelques blogs catholiques conservateurs - par La Redoute d’un
collier représentant un squelette, lui-même orné d’une couronne, le tout
agrémenté d’une perle, de la marque Corpus Christi, est passé sous silence par
la plupart des médias (1).&lt;br /&gt;
Je trouve tout cela stupide.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D’abord le deux poids-deux mesures. Une censure musulmane fait les choux
gras de la presse. Une censure catholique est passée sous silence. L’une est
une intolérable atteinte à la liberté d’expression. L’autre, tout le monde s’en
fiche.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, oui, il s’agit bien d’une atteinte à la liberté d’expression.
Certes, c’est un objet commercial. Mais c’est l’œuvre d’un créateur :
Thierry Gouguenot (2), dont la boutique est d'ailleurs dans l'arrondissement de
La Maison Verte. Il s’inscrit, s’inspire d’un mouvement, le mouvement gothique
(3). Il y a courant de pensée, mouvement de création, réflexion et parcours
d’un créateur (4).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut trouver cela moche - ce n’est pas mon cas. On peut être en désaccord
avec le mouvement gothique et discuter - ce serait intéressant et utile - sa
vision du rapport à la mort, à la vie, au sens de vivre la vie, de l’absurdité
du monde. Mais ces désaccords ne peuvent justifier une censure. Pourquoi
?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La liberté d’expression est un principe de base de notre démocratie. Elle a
ses limites qu'indique la loi : l’insulte, l’appel à la discrimination, à
la haine, à la violence raciale. Dans ces cas, la société se donne le droit de
« censurer ». Je crois que ces limites sont des exceptions
nécessaires, je crois aussi qu’on ne peut guère en rajouter sans mettre en
danger le principe de la liberté d’expression et donc notre vie démocratique.
Le blasphème est une forme de critique - certes dure à vivre pour certains
croyants - mais qui participe de la virulence commune du débat public.
J’ajouterais même, comme croyant, que le blasphème est nécessaire à notre foi.
Il nous empêche de nous endormir dans les certitudes et les représentations
faciles de Dieu. Je pense aussi - mais je fais plus là référence au débat sur
les caricatures de Mahomet - que cela ne doit pas nous exonérer du débat et de
l’effort de compréhension de l’autre et de ce qui le blesse.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans le cas de ce bijou, non seulement les limites légales et
communément admises de la liberté d’expression n’ont pas été dépassées, mais il
ne semble pas blasphématoire. Ce bijou peut être vu au contraire comme une
saine invitation au débat.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si son créateur a bien voulu faire référence à la mort du Christ - ce qui
n'est pas sûr - alors ce bijou, cette mise en exergue du squelette, nous
rappelle toute l’horreur que représente cette croix ou ce crucifix qui est
notre symbole. Ce que les chrétiens portent autour du cou, ce n'est pas le
pendentif d'un dauphin ou d'un chat. Mais un instrument de torture, le moyen de
mise à mort le plus infamant de son temps, l'image d'un humain arrêté, torturé,
mis à mort, laissé à sécher sur le bois. Le squelette nous rappelle cette
violence alors que nous tentons de l’esthétiser en permanence en choisissant
des bijoux avec des formes et des couleurs doucereuses, que nous les ornons de
diamants ou d’or. Et la croix huguenote ne fait pas exception ! La
violence de ce bijou nous rappelle ce que disait Paul : nous adorons un
prophète crucifié, scandale pour les juifs, folie pour les grecs. Ne
passons-nous pas souvent trop vite du prophète crucifié à la croix glorieuse
?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce squelette rappelle aussi ces nombreuses œuvres d’artistes contemporains
où le christ est remplacé par un soldat mort dans les tranchées de 14-18, une
femme violée, etc. On doit aussi trouver de telles représentations avec des
crucifix du Moyen-Age, hanté par la mort, la peste, les maladies. Parce qu’il
était aussi humain, nous nous rappelons que le Christ est crucifié chaque fois
qu’un humain est crucifié par la violence sociale, politique, culturelle, du
sexisme, de l'homophobie, de la maladie, de la prison. Et en Mission populaire,
cette réalité, nous la rencontrons tous les jours.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce sens que ce squelette est plus fidèle au symbole de la croix
que la plupart des crucifix que nous trouvons dans nos bijouteries. Il l’est
aussi dans un autre sens.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En lui mettant une couronne et une perle, le créateur semble rappeler à la
fois le texte biblique, la résurrection et la vie de l’esprit. Ce qu’on lit
dans les évangiles : la couronne d’épines mise par les soldats romains
pour moquer le roi des juifs. La résurrection : pour les chrétiens qui
croient en la résurrection, cette couronne nous rappelle que Jésus est le roi
de nos vies, malgré la mort qu’il va vaincre, le vrai roi contre toutes les
puissances - économiques, politiques, religieuses - qui voudraient guider nos
vies. L’esprit : La perle est un symbole que l’on trouve dans les croix
protestantes - même si c’est plus souvent la colombe - qui rappelle l’esprit,
cet esprit continue à courir le monde malgré la mort et les murs, cet esprit
qui inspire nos vies pour préparer le retour du Christ et l'installation de son
Royaume de justice.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En rendant violente l’image de la mort, et en esthétisant la couronne et la
perle, le créateur renverse les représentations habituelles :
l’esthétisation du corps du christ, la violence de la couronne d’épine. C’est
sans doute une critique gothique des représentations chrétiennes habituelles.
Mais une saine critique qui nous oblige à réfléchir à nos symboles, qui
paradoxalement redonne de la force à l’idée de résurrection et de combat contre
toutes les morts culturelles, sociales, de genre, etc. Cette saine critique
nous invite à rechercher en permanence le sens de nos symboles, pour ne pas
tomber dans l’habituel, le bigot, le religieux qui sont si loin de l'événement
Jésus Christ.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'artiste a-t-il voulu dire tout cela ? A-t-il même voulu représenter
un crucifix ? Je n'en sais rien, j'aurais plaisir à en discuter avec lui.
En attendant, je le remercie de m'avoir obligé à penser ma foi.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Décidemment, je trouve idiote et scandaleuse cette censure.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Stéphane Lavignotte, pasteur de La Maison Verte&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1)&lt;a href=&quot;http://www.pointblog.com/past/2007/09/16/la_redoute_un_collier_corpus_christi_et_les_blogs.htm&quot; title=&quot;fr&quot;&gt;Pointblog&lt;/a&gt; a levé le lièvre dimanche. (&lt;a href=&quot;http://www.la-croix.com/afp.static/pages/070917152451.q5lfrf96.htm&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;L'AFP&lt;/a&gt; a lancé l'affaire par une dépèche avant hier, France-Info
l’évoque rapidement ce matin, Libé qui en fait à peine une brève, &lt;a href=&quot;http://aliceadsl.lci.fr/infos/france/societe/0,,3548090-VU5WX0lEIDUzNg==,00-pendentif-pas-tres-catholique-.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;LCI.fr&lt;/a&gt; de même, &lt;a href=&quot;http://www.rue89.com/2007/09/18/la-redoute-retire-de-la-vente-un-bijou-blasphematoire&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;rue89&lt;/a&gt; en fait un peu plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) &lt;a href=&quot;http://www.guideparismode.fr/paris_marque_zoom-start-1-p1-307.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://www.guideparismode.fr/paris_marque_zoom-start-1-p1-307.html&lt;/a&gt;
Thierry Gougenot , originaire de la ville de Lyon,est le créateur de la marque
de bijoux Corpus Christi,qui allient les symboles mortuaires de la religion
catholique et leur délicate beauté.Mélangeant ces objets forts,à caractères
nécessairement morbides,à des éléments plus doux et moins connotés.Il reussit à
faire une collection de bijoux non stéréotypée, légére,loin des clichés du
bijou gothique type,souvent lourd,et utilisant encore et toujours les mêmes
visuels.&lt;br /&gt;
(3) &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_gothique&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_gothique&lt;/a&gt; Le mouvement gothique
est apparu entre la fin des années 1970 et le début des années 1980 au
Royaume-Uni, et perdure avec plus ou moins de vitalité principalement en Europe
mais également sous des formes légèrement différentes dans le monde entier.
Cette sous-culture issue des mouvements punk et new wave, s'inspirant du cinéma
expressionniste allemand, du fantastique et du roman gothique, se caractérise
notamment (sans s'y réduire cependant) par une esthétique sombre, macabre,
parfois provocatrice. Cette dernière se traduit par un code vestimentaire (la
mode gothique) essentiellement basé sur le noir et les couleurs sombres,
souvent accessoirisé avec des clous ou des éléments considérés comme mystiques,
et perçu selon les points de vue comme sexy, provocateur, effrayant ou
excentrique.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(4) Voir un entretien très intéressant avec Thierry Gougenot &lt;a href=&quot;http://bloodytearsofastrangeangel.over-blog.net/categorie-809304.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;. Où l'on voit son intérêt profond et ancien pour l'art
sacré, un rapport intéressant aux objets perdus.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>« Le chrétien, un homme révolté ?»</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2007/05/31/Le-chretien-un-homme-revolte</link>
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    <pubDate>Fri, 01 Jun 2007 14:57:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Articles, billets, chroniques</category>
        <category>Bible</category><category>engagement</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cet article de Jean-Loup Othenin, nouveau membre du conseil de La
Maison Verte, paraîtra en juillet dans le journal Présence de la Mission
Populaire. Fortement inspiré par le résultat des dernières élections et
l'inquiétude pour la situation des sans-papiers.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;André Trocmé&lt;img src=&quot;http://blog.lamaisonverte.org/public/trocm_.JPG&quot; alt=&quot;trocm_.JPG&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; /&gt; et Albert Camus&lt;img src=&quot;http://blog.lamaisonverte.org/public/camus.JPG&quot; alt=&quot;camus.JPG&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C’est quoi, être chrétien ?&lt;/strong&gt; C’est aimer son prochain, c’est
annoncer la bonne nouvelle de l’avènement du Royaume de Dieu, c’est tendre
l’autre joue à celui qui nous frappe, c’est pardonner à ceux qui nous ont
offensé et les aimer quand même car &lt;em&gt;&lt;strong&gt;« ils ne savent pas ce
qu’ils font »&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; ? Pour beaucoup c’est être docile et modéré,
fraternel diront certains. Pour beaucoup aussi, c’est respecter les autorités
humaines car &lt;em&gt;« il n’y a pas d’autorité qui ne vienne de Dieu »&lt;/em&gt;
(Romain, 13, 1). Pourtant Jésus lui-même a dit de rendre à César ce qui est à
César et à Dieu ce qui est à Dieu ; ce qui revient à distinguer clairement
les autorités humaines, de Dieu lui-même, et à dissocier les ordres qui
viennent des hommes, des obligations de notre conscience et de notre foi. Alors
que faut-il faire ? Que faire en face d’autorités dont les pratiques se
révèlent contraire à notre foi ? Obéir et se résigner, ou se révolter et
s’opposer ? Durant la seconde guerre mondiale, c’est cette question qui
s’est posée à tous les chrétiens du monde et notamment aux habitants du plateau
du Chambon-sur-Lignon, terre d’accueil de la Montagne Protestante, et seul
village honoré collectivement plusieurs années ensuite par Yad Vashem de la
médaille des Justes pour avoir caché et sauvé plusieurs milliers de juifs (des
enfants pour la plupart) ainsi que des refugiés de toutes origines et
confessions. En juillet 1943, le pasteur Daniel Curtet fait un exposé aux
jeunes du plateau dans lequel il leur explique que le chrétien se trouve, sur
ce sujet, en équilibre entre deux abîmes : accorder trop d’importance aux
lois humaines, ce qui serait contraire au message du Christ, et nier purement
et simplement les autorités en place (en l’occurrence l’Etat Français de Pétain
et la puissance occupante nazie), ce qui serait contraire à Romain 13. Or la
réponse se trouve aussi dans la Bible : chaque fois qu’il y a conflit
entre la foi et la loi, &lt;em&gt;« il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes
»&lt;/em&gt; (Actes 5, 29). Et le pasteur Curtet de dégager aussitôt trois cas où le
chrétien se doit d’entrer en résistance : lorsque l’Etat veut être le
maître absolu, lorsque l’Etat ne laisse pas l’Eglise prêcher librement, et
surtout lorsque l’Etat ne respecte pas les droits de la personne. C’est au
cours de l’été 1942, sur ce même plateau du Vivarais-Lignon, en Haute-Loire, à
l’extrême nord des Cévennes, à moins d’un kilomètre à vol d’oiseau du
Chambon-sur-Lignon, qu’est venu s’installer un jeune écrivain souffrant de
tuberculose. Il venait profiter du bon air... il s’appelait Albert Camus et
travaillait alors sur ce qu’il appelait une &lt;em&gt;« sorte de roman »&lt;/em&gt; et
qui sera publié quelques années plus tard, en 1947, sous le titre de La Peste.
Dans son carnet, il notera : &lt;em&gt;&lt;strong&gt;« je me révolte donc je suis
»&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;. Dans L’Homme Révolté, en 1951, il reprendra cette réflexion
fondamentale en lui donnant une portée universelle et une dimension
collective : &lt;em&gt;&lt;strong&gt;« Je me révolte donc nous sommes
».&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, ce qui fonde l’homme, ce qui fait qu’un homme est un homme, ce ne
serait donc pas seulement d’être conscient de penser, comme le disait Descartes
avec son célèbre &lt;em&gt;« cogito ergo sum »&lt;/em&gt; (je pense donc je suis),
mais ce serait de se révolter. En effet à quoi bon être capable de penser, si
penser conduit seulement à constater l’absurdité du monde et des comportements
humains dans ce monde ? Donc si je me révolte, je suis, mais plus
encore : nous sommes… Car en se révoltant, l’homme ne devient pas
seulement homme lui-même, il fonde et proclame l’humanité toute entière par sa
propre révolte. L’homme révolté fait ce saut qualitatif qui justifie l’homme.
Pour le chrétien, il y a là comme une rédemption à portée de chacun. Nous,
chrétien ou non, n’avons donc jamais été aussi égaux et libres que devant la
révolte. Son cri n’est pas intellectuel, il est instinctif. Pousser le cri de
la révolte contre l’intolérable, dénoncer et refuser l’inacceptable, c’est non
seulement pour celui qui pousse ce cri proclamer qu’il existe lui-même, mais
c’est aussi et surtout entrainer à sa suite toute l’humanité dans le mouvement
inverse de celui de la chute. &lt;em&gt;&lt;strong&gt;« Quiconque sauve une vie, sauve
l’humanité toute entière »&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;, rappelle le Talmud cité sur la plaque
honorant les Justes et posée en 1979 par Yad Vashem en face du Temple du
Chambon-sur-Lignon. Pousser le cri de la révolte, c’est avoir une foi en éveil,
une foi vivante et agissante, c’est donner un sens à cette foi, c’est être
vigilant et être prêt à résister, au nom de l’homme, que Jésus Christ (faut-il
le rappeler) a tenu à replacer au centre de la foi, notamment un jour de
Sabbat, en rappelant que la loi (la loi divine, et donc a fortiori la loi des
hommes), était faite pour l’homme et non l’inverse. Nul n’est plus libre que le
chrétien ; nul ne devrait être plus conscient de ses responsabilités.
Résister, ce mot devrait être gravé dans la conscience des chrétiens et plus
encore dans celle des protestants, comme Marie Durand l’a gravé dans la pierre
de la Tour de Constance. Dans un exposé fait en 1948 au couvent des dominicains
de Latour-Maubourg, Albert Camus concluait son intervention en ces
termes : &lt;em&gt;« Les chrétiens sont nombreux. (…) Si les chrétiens s’y
décidaient, des millions de voix, des millions vous m’entendez, s’ajouteraient
dans le monde au cri d’une poignée de solitaires, qui sans foi ni loi, plaident
aujourd’hui un peu partout et sans relâche, pour les enfants et pour les
hommes. »&lt;/em&gt; Que ne pourrait-on pas avoir le même regret aujourd’hui ?
Oui, mais nous ne sommes plus en guerre, me direz-vous. Mais en 1948, la menace
nazie était déjà écartée. En fait, ce dont Albert Camus avait pleinement
conscience, c’est que les menaces qui pèsent sur l’homme sont permanentes et
multiformes. Son roman La Peste, dont, rappelez-vous, la première version a été
écrite alors qu’il séjournait au Chambon-sur-Lignon en 1942-43, se termine sur
ces mots : &lt;em&gt;« Ecoutant, en effet, les cris d’allégresse qui
montaient de la ville, Rieux se souvenait que cette allégresse était toujours
menacée. Car il savait ce que cette foule en joie ignorait, et qu’on peut
pourtant lire dans les livres, que le bacille de la peste ne meurt ni ne
disparaît jamais, qu’il peut rester pendant des années endormi dans les meubles
et le linge, qu’il attend patiemment dans les chambres, les caves, les malles,
les mouchoirs et les paperasses, et que, peut-être, le jour viendrait où, pour
le malheur et l’enseignement des hommes, la peste réveillerait ses rats et les
enverrait mourir dans une cité heureuse. »&lt;/em&gt; Alors je me pose la question,
comme je vous la pose aussi : Sommes-nous des chrétiens ? Sommes-nous
prêts ? Ce que notre conscience nous demande, notre foi l’exige !
C’est peut-être là le vrai Réveil... Aujourd’hui, les paroles prononcées en
chaire dans le Temple du Chambon-sur-Lignon par le pasteur André Trocmé un
certain dimanche 23 juin 1940, bien avant la proclamation des lois anti-juives
de Vichy, sont d’une étrange actualité : &lt;em&gt;&lt;strong&gt;« Le devoir des
chrétiens est d’opposer à la violence exercée sur leur conscience les armes de
l’esprit. Nous résisterons chaque fois qu’on exigera de nous des soumissions
contraires aux ordres de l’Evangile. Nous le ferons sans crainte, comme aussi
sans orgueil et sans haine. »&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Loup Othenin-Girard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Egard Morin et les &quot;Maisons de la Fraternité&quot;</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2007/04/24/Egard-Morin-et-les-Maisons-de-la-Fraternite</link>
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    <pubDate>Tue, 24 Apr 2007 00:45:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Articles, billets, chroniques</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Lors des présidentielles, Edgar Morin a proposé la création de &amp;quot;Maisons de
la Fraternité&amp;quot;.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Si j’avais été candidat... , par Edgar Morin&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE MONDE | 24.04.07 | 14h26 • Mis à jour le 24.04.07 | 14h26&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chères concitoyennes et chers concitoyens, je dois d’abord rappeler que la
France ne vit ni en vase clos ni dans un monde immobile. Nous devons prendre
conscience que nous vivons une communauté de destin planétaire, face aux
menaces globales qu’apportent la prolifération des armes nucléaires, le
déchaînement des conflits ethnico-religieux, la dégradation de la biosphère, le
cours ambivalent d’une économie mondiale incontrôlée, la tyrannie de l’argent,
l’union d’une barbarie venue du fond des âges et de la barbarie glacée du
calcul technique et économique.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le système planétaire est condamné à la mort ou à la transformation. Notre
époque de changement est devenue un changement d’époque.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne vous promets pas le salut, mais j’indiquerai la longue et difficile
voie vers une Terre Patrie et une Société Monde, ce qui signifie d’abord la
réforme de l’ONU pour dépasser les souverainetés absolues des Etats-nations
tout en reconnaissant pleinement leur autorité pour les problèmes qui ne sont
pas de vie/mort pour la planète.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ferai tout mon possible pour donner à l’Europe consistance et volonté en
y instituant une autonomie politique et militaire. Je lui présenterai un grand
dessein : réformer sa propre civilisation en y intégrant l’apport moral et
spirituel d’autres civilisations ; contribuer à un nouveau type de
développement dans les nations africaines ; instituer une régulation des
prix pour les produits fabriqués à coût minime dans l’exploitation des
travailleurs asiatiques ; élaborer une politique commune d’insertion des
immigrés ; enfin et surtout en faire un foyer exemplaire de paix,
compréhension et tolérance ; dans ce sens, intervenir au Darfour, en
Tchétchénie, au Moyen-Orient et prévenir la guerre de civilisations.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne la France. Je ne formulerai pas un programme, inopérant
dans les situations changeantes ; je définirai une stratégie qui tienne
compte des événements et des accidents. Pour l’immédiat je susciterai deux
rencontres entre partenaires sociaux, l’une sur l’emploi et les salaires,
l’autre sur les retraites.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je constituerai deux comités permanents visant à réduire les ruptures
sociales :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) un comité permanent de lutte contre les inégalités, qui s’attaquera en
premier lieu aux excès (de bénéfices et rémunérations au sommet) et aux
insuffisances (de niveau et qualité de vie à la base) ;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) un comité permanent chargé de renverser le déséquilibre accru depuis 1990
dans la relation capital-travail.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etant donné l’intégration vitale d’une politique écologique, je constituerai
un troisième comité permanent qui traitera des transformations sociales et
humaines qui s’imposent.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’indiquerai la voie d’une politique de civilisation qui ressusciterait les
solidarités, ferait reculer l’égoïsme, et plus profondément reformerait la
société et nos vies. De fait, notre civilisation est en crise. Là où il est
arrivé, le bien-être matériel n’a pas nécessairement apporté le bien-être
mental, ce dont témoignent les consommations effrénées de drogues,
anxiolytiques, antidépresseurs, somnifères. Le développement économique n’a pas
apporté le développement moral. L’application du calcul, de la chronométrie, de
l’hyperspécialisation, de la compartimentation au travail, aux entreprises, aux
administrations et finalement à nos vies a entraîné trop souvent la dégradation
des solidarités, la bureaucratisation généralisée, la perte d’initiative, la
peur de la responsabilité.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi je réformerai les administrations publiques et inciterai à la réforme
des administrations privées. La réforme vise à débureaucratiser, déscléroser,
décompartimenter, et donner initiative et souplesse aux fonctionnaires ou
employés, à offrir bienveillance pour tous ceux qui doivent affronter les
bureaux. La réforme de l’Etat se ferait non par augmentation ou suppression
d’emplois, mais par modification de la logique qui considère les humains comme
objets soumis à quantification et non comme êtres dotés d’autonomie,
d’intelligence et d’affectivité.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je proposerai de revitaliser la fraternité, sous-développée dans la trilogie
républicaine Liberté-Egalité-Fraternité. Tout d’abord, je susciterai la
création de Maisons de la Fraternité dans les diverses villes et dans les
quartiers des métropoles comme Paris.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces maisons regrouperaient toutes les institutions à caractère solidaire
existant déjà (Secours populaire, Secours catholique, SOS Amitié, etc.) et
comporteraient de nouveaux services voués à intervenir d’urgence auprès des
détresses, morales ou matérielles, à sauver du naufrage les victimes d’overdose
de drogue ou de chagrin. Ce seraient des lieux d’initiatives, de médiations, de
secours, d’information, de bénévolat et de mobilisation permanente.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En même temps, il faudrait instituer un Service civique de la Fraternité
qui, présent dans les Maisons de la Fraternité, se vouerait de plus aux
désastres collectifs, inondations, canicules, sécheresses, etc., non seulement
en France mais aussi en Europe et Méditerranée. Ainsi la fraternité serait
profondément inscrite et vivante dans la société reformée que nous
voulons.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre conception de la fraternité, les délinquants juvéniles sont non
des individus abstraits à réprimer comme les adultes, mais des adolescents à
l’âge plastique où il faut favoriser les possibilités de rédemption. Nous
considérons les immigrés non comme des intrus à rejeter, mais comme des frères
issus de la pire misère, celle qui a été créée à la fois par notre colonisation
passée et par ce qu’a entraîné dans leurs pays l’introduction de notre économie
en détruisant les polycultures de subsistance et en déportant les populations
agraires dans le dénuement des bidonvilles urbains&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le cours actuel de notre civilisation privilégie la quantité, le
calcul, l’avoir, je m’emploierai à une vaste politique de la qualité de la vie.
Dans ce sens, je favoriserai tout ce qui combat les multiples dégradations de
l’atmosphère, de la nourriture, de l’eau, de la santé. Toute économie d’énergie
doit constituer un gain de santé et qualité de vie. Ainsi, la désintoxication
automobile des centres-villes se traduira par la diminution des bronchites,
asthmes et maladies psychosomatiques. La désintoxication des nappes phréatiques
réduira l’agriculture et l’élevage industriels au profit d’une ruralité
fermière, laquelle restaurera la qualité des aliments et la santé du
consommateur.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La réduction des intoxications de civilisation - dont l’intoxication
publicitaire, qui prétend offrir séduction et jouissance dans et par des
produits superflus -, du gaspillage des objets jetables, des modes accélérées
qui rendent obsolètes les produits en un an, tout cela doit nous conduire à
renverser la course au plus au profit d’une marche vers le mieux, et s’inscrire
dans une action continue en faveur de deux courants amorcés qu’il faut
développer : la réhumanisation des villes et la revitalisation des
campagnes. Cette dernière comporte la nécessité de réanimer les villages par
l’installation du télétravail, le retour de la boulangerie et du
bistro.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En matière d’emploi, j’instituerai des aides à la création et au
développement de toute activité contribuant à la qualité de la vie. La
politique des grands travaux que je proposerai pour développer le ferroutage,
élargir et aménager les canaux et créer des ceintures de parkings autour des
villes et autour des centres-villes permettra à la fois de créer des emplois et
d’accroître la qualité de la vie. Les dépenses qu’elle nécessitera seront
compensées en quelques années par la diminution des maladies
socio-psycho-somatiques provoquées par stress, pollutions et
intoxications.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En matière d’économie, j’agirai pour une économie plurielle, qui est en
gestation sur la planète de façon dispersée, et dont les développements
permettraient de surmonter la dictature du marché mondial. En France l’économie
plurielle, qui comportera les grandes firmes mondialisées, développera les
petites et moyennes entreprises, les coopératives et mutuelles de production
et/ou consommation, les métiers de solidarité, le commerce équitable, l’éthique
économique, le microcrédit, l’épargne solidaire qui finance des projets de
proximité, créateurs d’emplois. Le développement d’une alimentation de
proximité qui ne dépend plus des grands circuits intercontinentaux nous
fournira des produits de qualité fermière et de plus nous préparera à affronter
les éventuelles crises planétaires.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne l’éducation, la mission première a été formulée par Jean-
Jacques Rousseau dans l’Emile : &amp;quot;Je veux lui apprendre à vivre.&amp;quot; Il s’agit
de fournir les moyens d’affronter les problèmes fondamentaux et globaux qui
sont ceux de chaque individu, de chaque société et de toute
l’humanité.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces problèmes sont désintégrés dans et par les disciplines compartimentées.
Ainsi, pour commencer, j’instituerai une année propédeutique pour toutes les
universités sur : les risques d’erreur et d’illusion dans la
connaissance ; les conditions d’une connaissance pertinente ;
l’identité humaine ; l’ère planétaire que nous vivons ;
l’affrontement des incertitudes, la compréhension d’autrui et enfin les
problèmes de civilisation contemporaine.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’élan pour la grande réforme surgira des profondeurs de notre pays quand il
percevra qu’elle prend en charge ses besoins et ses aspirations. Car, sclérosé
dans toutes ses structures, le pays est vivant à la base. Le changement
individuel et le changement social seront inséparables, chacun seul étant
insuffisant. La réforme de la politique, la réforme de la pensée, la réforme de
la société, la réforme de la vie se conjugueront pour conduire à une
métamorphose de société. Les futurs radieux sont morts, mais nous ouvrirons une
voie pour un futur possible.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette voie, nous pouvons nous y avancer en France, espérer la faire adopter
en Europe. Et, faisant de nouveau de la France un exemple, elle apportera
l’espérance d’un salut planétaire.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;p&gt;Edgar Morin, sociologue, est directeur de recherche émérite au CNRS,
président de l’Agence européenne pour la culture (Unesco).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Chroniques sur Fréquence Protestante</title>
    <link>http://blog.lamaisonverte.org/post/2007/04/01/Chroniques-sur-Frequence-Protestante</link>
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    <pubDate>Sat, 21 Apr 2007 17:38:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Editeur</dc:creator>
        <category>Articles, billets, chroniques</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Tous les jours à 12h sur &lt;a href=&quot;http://www.frequenceprotestante.com/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Fréquence Protestante&lt;/a&gt;, la chronique d'un pasteur ou d'un
prédicateur laïc. Retrouvez celles de &lt;a href=&quot;http://www.frequenceprotestante.com/recherche.php?recherche=lavignotte&amp;amp;submit=OK&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Stéphane Lavignotte&lt;/a&gt;, pasteur de La Maison Verte.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
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